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    Médias - Radio-Canada en 2015

    10 avril 2012 |Stéphane Baillargeon | Médias
    Radio-Canada/CBC n'existait pas en 1912 et sombrera comme le Titanic bien avant 2112 si la tendance se maintient. Mais, en 2015, après les compressions mises en branle la semaine dernière, de quoi aura l'air le grand paquebot de l'information et du divertissement?


    Les compressions budgétaires totalisent quelque 200 millions de dollars pour trois années budgétaires. Deux cents millions sur une enveloppe triennale de 3,2 milliards. Une importante saignée, surtout après le trou de 171 millions de 2009, mais peut-on parler d'une atteinte à la vie de l'organisme?

    Pour faire face à cette crise budgétaire, la société de la Couronne applique immédiatement un plan pour réduire ses dépenses (par exemple en éliminant 650 postes) et tenter d'accroître ses revenus. Les choix concrets ne sont évidemment pas innocents.

    La quasi-fermeture de Radio-Canada International (10 millions sur 12 et 41 postes éliminés) concentre l'esprit de la métamorphose en cours. Puisqu'il faut couper, pourquoi ne pas se débarrasser de cette vieille affaire du temps de la guerre froide? Comme Internet diffuse déjà tout, sur tout, y compris radio-canada.ca, pourquoi continuer d'en rajouter à l'ancienne?

    En même temps, le choix des gestionnaires épouse la perspective conservatrice délaissant le soft power en relations internationales. Le gouvernement a aussi mis la clé sous la porte de l'organisme Droits et Démocratie et de l'aide aux tournées étrangères des artistes canadiens. Tout se tient.

    Les effets des compressions sur la programmation de la radio et de la télévision généralistes deviendront plus évidents à compter de l'automne. Les séries rapetisseront. Il n'y aura plus d'émissions de nuit à la Première Chaîne. Le service des sports se contractera, mais l'information générale ne devrait pas trop souffrir. Espace Musique diffusera de la publicité, enfin si le CRTC autorise le virage commercial que les concurrents privés décrient déjà.

    Pour le reste, vu de l'extérieur, même avec un oeil très sympathique à l'essentiel service public d'information et de divertissement, il faut bien reconnaître que tout n'est pas catastrophique dans la crise en cours. La décision la plus chargée symboliquement entraînera par exemple la vente de la grande tour de l'est et de ses immenses stationnements, signes d'un urbanisme archaïque qui encourage les nababs restants à voyager en char pour rejoindre des studios poussiéreux enfouis au sous-sol. Les nouvelles constructions ne vengeront pas le massacre du Faubourg à m'lasse, l'ancien quartier ouvrier éradiqué, mais elles contribueront au moins un peu à freiner l'étalement urbain. Franchement, qui s'en plaindra?

    De même, pourquoi ne pas avoir pensé avant à «faire les choses autrement», selon la formule employée maintenant pour annoncer l'épargne d'une centaine de millions de dollars, soit la moitié de la ponction triennale? Depuis une semaine, tout en se désolant pour les personnes affectées par les pertes d'emplois et la précarisation conséquente des postes, des observateurs ragent contre cette machine où l'on fait toujours avec plus: plus de techniciens, plus d'assistants, plus de recherchistes, plus de cadres aussi.

    RC/CBC paye-t-elle pour avoir trop tardé à se réformer elle-même? Pour la CBC, surtout la télévision, c'est l'évidence. Le Globe and Mail notait ce week-end que ce réseau n'a même pas suivi le mouvement de la nouvelle révolution des séries de qualité amorcée par les chaînes spécialisées sur le continent il y a une quinzaine d'années déjà.

    Pour RC, la crise semble au contraire couper un élan de redéfinition bien visible dans la mise en place de certaines excellentes nouvelles émissions à la radio, de Tou.tv et des rapprochements intermédiatiques en information. Ces heureuses initiatives découlent du plan quinquennal Partout, pour tous, que les compressions freinent dans son élan.

    La direction annonce un ralentissement des réformes pour économiser de l'argent. Dommage. Parce que la société aurait encore bien besoin de «faire bouger les choses», comme le dit ce plan.

    Pourquoi par exemple a-t-il fallu endurer Les lionnes durant sept saisons? Cette émission est symboliquement sortie des ondes alors que le gouvernement annonçait les compressions. Qui sait ce qui l'aura remplacée en 2015? Une nouvelle production digne d'un service public, même affaibli, ou une reprise encore plus insignifiante?
     
     
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