La Pravda libérale
Le congédiement de l'éditeur du quotidien de langue anglaise The Citizen, Russell Mills, ramène une fois de plus dans l'actualité le comportement autoritaire de la famille Asper, propriétaire du groupe de presse CanWest et militant actif du Parti libéral du Canada. Mois après mois, Izzy Asper et son fils David sont en train de faire la démonstration des dangers considérables que l'absence de règles portant sur la propriété des médias écrits fait peser sur la liberté de la presse.
Depuis qu'ils ont acquis le National Post et la chaîne de quotidiens Southam, à laquelle appartiennent notamment The Ottawa Citizen et The Gazette, les Asper père et fils ont multiplié les bourdes et introduit un climat d'insécurité, voire de terreur professionnelle au sein de leurs 14 journaux régionaux. Parce qu'ils appartiennent au Parti libéral du Canada et soutiennent activement le gouvernement israélien d'Ariel Sharon, les Asper imposent aux équipes locales la publication hebdomadaire d'un éditorial unique rédigé de Calgary et leur interdisent d'écrire quoi que ce soit qui puisse contredire ou nuancer cette directive nationale. Selon certains témoignages de journalistes, ils iraient même jusqu'à intervenir dans la couverture quotidienne de l'information. Il suffit d'ailleurs de lire régulièrement le National Post pour constater à quel point ce journal ne présente désormais plus qu'une seule version des faits, en éditorial et en chronique, en ce qui a trait au conflit au Moyen-Orient. L'autre version est à ce point diluée dans une mer de propagande qu'elle en devient vide d'intérêt.
La semaine dernière, c'était au tour de l'éditeur du Ottawa Citizen d'être victime du politburo de CanWest pour avoir demandé la démission de Jean Chrétien. Russell Mills était à l'emploi du groupe Southam depuis plus de 30 ans, dont trois années à titre de président de cette importante chaîne de quotidiens. Dans un texte publié hier dans le Globe and Mail, M. Mills précise que son congédiement fait peser beaucoup d'incertitude sur les équipes locales parce que personne, sauf les Asper eux-mêmes, ne sait précisément ce qui doit faire l'objet d'une approbation avant publication de la maison mère de Calgary: toute critique d'un politicien, qu'il soit fédéral, provincial ou municipal, ou seules celles qui concernent le premier ministre Chrétien? Mais n'est-ce pas le rôle fondamental de chaque équipe éditoriale que de critiquer les gestes des hommes publiques?, demande M. Mills.
Toute la presse canadienne s'indigne du traitement que la famille Asper inflige à ses journaux locaux. M. Asper a droit à ses convictions, mais il a aussi le devoir d'encourager la libre circulation des idées.
Aux Communes, des députés se sont élevés contre les liens très étroits qui unissent la famille Asper et le Parti libéral. Ils ont raison. Au Sénat, un groupe d'anciens journalistes, dont l'ex-rédactrice en chef de The Gazette, Joan Fraser, entendent relancer le débat sur la concentration de la presse, l'automne prochain. Fort bien! Mais avouons qu'il serait tout de même cocasse d'assister à la mise en place par Ottawa de mesures susceptibles de protéger la presse indépendante et l'autonomie des salles de rédaction locales dans les grandes chaînes alors qu'au Québec, là où la concentration est la plus poussée, le gouvernement, qui connaît bien le problème, n'a jamais trouvé le courage politique de passer à l'action.
Depuis qu'ils ont acquis le National Post et la chaîne de quotidiens Southam, à laquelle appartiennent notamment The Ottawa Citizen et The Gazette, les Asper père et fils ont multiplié les bourdes et introduit un climat d'insécurité, voire de terreur professionnelle au sein de leurs 14 journaux régionaux. Parce qu'ils appartiennent au Parti libéral du Canada et soutiennent activement le gouvernement israélien d'Ariel Sharon, les Asper imposent aux équipes locales la publication hebdomadaire d'un éditorial unique rédigé de Calgary et leur interdisent d'écrire quoi que ce soit qui puisse contredire ou nuancer cette directive nationale. Selon certains témoignages de journalistes, ils iraient même jusqu'à intervenir dans la couverture quotidienne de l'information. Il suffit d'ailleurs de lire régulièrement le National Post pour constater à quel point ce journal ne présente désormais plus qu'une seule version des faits, en éditorial et en chronique, en ce qui a trait au conflit au Moyen-Orient. L'autre version est à ce point diluée dans une mer de propagande qu'elle en devient vide d'intérêt.
La semaine dernière, c'était au tour de l'éditeur du Ottawa Citizen d'être victime du politburo de CanWest pour avoir demandé la démission de Jean Chrétien. Russell Mills était à l'emploi du groupe Southam depuis plus de 30 ans, dont trois années à titre de président de cette importante chaîne de quotidiens. Dans un texte publié hier dans le Globe and Mail, M. Mills précise que son congédiement fait peser beaucoup d'incertitude sur les équipes locales parce que personne, sauf les Asper eux-mêmes, ne sait précisément ce qui doit faire l'objet d'une approbation avant publication de la maison mère de Calgary: toute critique d'un politicien, qu'il soit fédéral, provincial ou municipal, ou seules celles qui concernent le premier ministre Chrétien? Mais n'est-ce pas le rôle fondamental de chaque équipe éditoriale que de critiquer les gestes des hommes publiques?, demande M. Mills.
Toute la presse canadienne s'indigne du traitement que la famille Asper inflige à ses journaux locaux. M. Asper a droit à ses convictions, mais il a aussi le devoir d'encourager la libre circulation des idées.
Aux Communes, des députés se sont élevés contre les liens très étroits qui unissent la famille Asper et le Parti libéral. Ils ont raison. Au Sénat, un groupe d'anciens journalistes, dont l'ex-rédactrice en chef de The Gazette, Joan Fraser, entendent relancer le débat sur la concentration de la presse, l'automne prochain. Fort bien! Mais avouons qu'il serait tout de même cocasse d'assister à la mise en place par Ottawa de mesures susceptibles de protéger la presse indépendante et l'autonomie des salles de rédaction locales dans les grandes chaînes alors qu'au Québec, là où la concentration est la plus poussée, le gouvernement, qui connaît bien le problème, n'a jamais trouvé le courage politique de passer à l'action.
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