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    Médias - Naissance de Nouveau Projet

    Un magazine québécois de qualité, engagé et touche-à-tout

    http://nouveauprojet.com/
    Où sont passées les utopies, y compris dans la télésérie Mad Men? Comment bâtir une ville humaine selon l'urbaniste danois Jan Gehl, défenseur de la piétonnisation? Qu'est-ce qu'une vie bonne, aujourd'hui? L'underground est-il encore possible? La musique classique peut-elle survivre? Comment insuffler de la raison à la politique des émotions? Peut-on résister à la publicité? L'agriculture anti-industrielle est-elle viable?

    Le magazine Nouveau Projet décline ces interrogations ramenées finalement à celle-ci: comment «(Sur)vivre au 21e siècle», selon le thème central du premier numéro tout beau, tout chaud. La publication de quelque 160 pages est lancée ce soir à la Société des arts technologiques de Montréal. Tirée à quelque 8000 exemplaires, elle sera en vente en kiosque et en librairie partout au Québec.

    «Nouveau projet veut mener des idées nouvelles, s'engager pour du changement dans la société, participer à la réflexion sur nos façons d'agir individuelle et collective», explique le journaliste Nicolas Langelier, âme dirigeante de cette publication sur laquelle il planche depuis des années. «C'est une publication engagée, avec une idée forte, marquée, avec des textes développés et en même temps, c'est accessible et antihermétique.»

    Dans son texte introductif, le directeur-rédacteur en chef revient sur les raisons de cet engagement et sur le thème central du premier numéro. «À ce moment précis de l'Histoire, alors que collectivement nous semblons hésiter entre le radicalisme, l'inaction totale et le refuge dans une poésie aussi cute qu'inoffensive, Nouveau Projet prend parti pour la nécessité de choisir l'engagement, en soi et en sa société, écrit-il. De se mettre au service de quelque chose de plus grand que soi. De redéfinir ce qui est nécessaire, ce qui est important. Et d'ainsi, peut-être, chacun à notre manière, inventer une nouvelle conception de ce qui est possible.»

    Il parle aussi de revaloriser plusieurs notions plus ou moins démodées, le «travail sur soi», la «recherche du sens», la spiritualité, le devoir et l'espoir. Nouveau Projet déploie ainsi un postmodernisme positif, une synthèse de tradition et de modernité, de réflexions savantes et de cultures populaires, bien en phase avec un certain esprit du temps.

    Pari double


    Les collaborateurs arrivent de partout, avec une concentration de philosophes, dont Charles Taylor («Les chercheurs de sens anxieux»), Daniel Weinstock (sur Mad Men) et même Caroline Allard, auteure des Chroniques d'une mère indigne, diplômée de philo. Le contenu allie le court et le long. Joseph Heath et Andrew Porter publient 40 feuillets de réflexions contre la politique-spectacle.

    L'«acte de résistance» va aussi prendre la forme de «petits livres» à paraître dans une nouvelle collection baptisée Documents. Le premier, traitant d'économie en moins de 100 pages, sortira en mai.

    L'aventure éditoriale fait ainsi doublement le pari du papier. «On est plusieurs à penser que l'Internet nous a déjà socialisés à mort et qu'un peu de lecture solitaire — sans hyperlien, ni bouton "J'aime", ni clochette pour vous dire de tourner la page — pourrait nous faire le plus grand bien», écrit encore le directeur dans son texte-manifeste.

    Nouveau Projet n'est pas contre le nouveau pour autant. Un site Internet, lancé aussi cette semaine, permettra d'acheter les articles à la pièce et de suivre l'actualité entre les publications. Une organisation, Atelier 10, chapeaute ces mondes interreliés.

    L'abonnement annuel donne droit à deux livres et aux deux numéros. La direction en revendique déjà plus de 700. Le prochain Nouveau Projet est prévu en septembre.












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