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Radio-Canada: Michel Cormier devient directeur de l'information

Le journaliste Pierre Duchesne est retiré de l'Assemblée nationale

Stéphane Baillargeon   25 février 2012  Médias
Michel Cormier remplacera Alain Saulnier comme directeur général de l’information, dès avril.<br />
Photo : Société Radio-Canada
Michel Cormier remplacera Alain Saulnier comme directeur général de l’information, dès avril.
Deux journalistes piliers de Radio-Canada rentrent à Montréal, l'un après une promotion, l'autre, une démotion.

Michel Cormier est fait nouveau directeur général de l'information, en remplacement d'Alain Saulnier, congédié de son poste avant-hier. M. Cormier était depuis quelques mois directeur de Radio-Canada Atlantique.

Par ailleurs, le journaliste Pierre Duchesne perdra son poste de correspondant parlementaire de Québec. Il était en place depuis 2005. Il sera réaffecté à Montréal en septembre, contre son gré.

M. Cormier, un ancien correspondant à l'étranger de la télévision publique, prendra la tête du service d'information le 10 avril. Cette instance intègre les différentes plateformes radio-canadiennes (radio, télé et Internet). Son prédécesseur, Alain Saulnier, a été congédié par le nouveau vice-président principal Louis Lalande, lui-même arrivé en fonction il y a cinq semaines.

Le grand patron justifie le changement de capitaine en expliquant que c'est maintenant au tour de M. Cormier de poursuivre la tâche d'intégration multiplateforme.

«Alain nous a accompagnés dans la première étape, qui était celle du regroupement des services d'information, a dit hier après-midi M. Lalande à l'émission Désautels de Radio-Canada. Je le remercie d'ailleurs, je l'ai dit [jeudi] et je le redis, parce qu'il nous a accompagnés dans ça de façon importante et avec succès. Maintenant, l'autre rendez-vous, c'est d'apporter des ajustements dans l'ensemble des différentes facettes de la pratique du métier, mais en respectant l'ADN du service public et de ses services fondamentaux d'information.»

L'animateur Michel Désautels est revenu à la charge pour savoir en quoi M. Saulnier ne pouvait mener à bien cette nouvelle étape. Finalement, parlant d'un autre point, M. Lalande a eu cette réponse: «Michel Cormier n'a pas d'attaches dans la structure et le fonctionnement du service d'information, a-t-il dit. C'est important. Dans un exercice comme ça, Michel va nous apporter un regard de fraîcheur, un regard qui va nous permettre de simplifier les choses et de nous inspirer de façons différentes. Ça pourrait être dangereux, venant de quelqu'un de l'externe. C'est un avantage venant de quelqu'un de l'interne.»

En revanche, le nouveau directeur général de l'information ne possède à peu près aucune expérience de gestion. À ce sujet, le vice-président réplique que Michel Cormier est un homme de terrain et que sa nomination confirme «l'intégrité et l'indépendance» du service d'information au sein de Radio-Canada.

N'empêche, le congédiement d'Alain Saulnier a été très mal reçu par les employés. Le journaliste entré au service public il y a 28 ans jouit d'une enviable réputation professionnelle. Son départ a été souligné en direct sur les ondes de RDI, avant-hier après-midi. Il était question de la centrale nucléaire Gentilly-2 quand l'animateur Michel Viens de RDI a interrompu la conversation avec une journaliste pour expliquer les applaudissements nourris parvenant de la salle des nouvelles.

«Mes collègues rendent hommage à Alain Saulnier, a-t-il dit pendant que les caméras se déplaçaient en coulisse. Toujours directeur de l'information, il quittera ses fonctions au cours des prochains jours. Il en a été aujourd'hui informé et ça a été un choc pour la majorité de mes collègues, et je m'inclus là-dedans.»

Un rare cas de télé en direct se couvrant elle-même parce que la nouvelle exceptionnelle le justifiait. L'extrait en ondes à compter de 15h22 se retrouve sur YouTube.

Le Syndicat des communications de Radio-Canada (CSN) a aussi vivement réagi. Dans un communiqué, le syndicat se déclare «outré» par le congédiement, «qui se produit à la veille du dépôt du prochain budget fédéral où Radio-Canada sera fortement touché».
 
 
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    25 février 2012 10 h 49
    Les ciseaux de la censure à Radio-Canada
    Comment un directeur en services depuis quelques semaines peut-il décemment congédié et destitué de leurs postes des gens exceptionnellement compétents?

    Destitué un journaliste parlementaire comme Pierre Duchesne c’est à n’y rien comprendre! Duchesne fait un excellent travail comme correspondant parlementaire à Québec, trop peut-être aux yeux de certains. Congédié un homme comme Alain Saulnier après 28 ans d’excellents services, c’est impensable quand on pense à son remplaçant, qui aux dires de Lalande, paraît avoir été choisi justement pour son «inexpérience», donc facilement manipulable.

    Je ne pense pas qu’il faille déserter Radio-Can. pour ces choix contestés et contestables dans la direction (Lalande-Cormier). Ce serait faire le jeu politique des dirigeants. Il faut au contraire soutenir les employés radiocanadiens dans le mécontentement généralisé.
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    25 février 2012 10 h 55
    J’ajouterai également…
    Qu’adopter TVA n’est pas une solution. Avec des commentateurs politiques fort en gueule comme l’ex-député libéral d’Outremont à Ottawa, Jean Lapierre, qui rappelons-nous en 2005 traita Gilles Duceppe et le Bloc de «nazistes» [! ], ce n’est certes pas une alternative. Du temps de Claude Charron c’était autre chose à TVA, aujourd’hui c’est à oublier…

    Au-delà tous ces problèmes d’informations, ce qui inquiète surtout c’est qu’on s’aperçoit qu’on ne veut surtout pas que les Québécois réfléchissent, se questionnent, s'intéressent, ou soit interpeller par les véritables enjeux politiques.

    Même les bulletins d'informations sont semés de nouvelles qui n'en sont pas et qui souvent entretiennent le divertissement et la distraction. Informer véritablement? Non, surtout pas! Il faut aller pour la facilité, l'inculture et les fausses nouvelles.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    25 février 2012 12 h 58
    Cormier
    Je me méfie de Cormier. J'ai l'impression que c'est un conformiste et un yesman dans l'âme, qu'il veut un service d'information sans dents et respectueux des instances politiques et économiques.
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  • Tremblay Hugo - Inscrit
    25 février 2012 16 h 28
    Parfum de Russie
    Suite au congédiement d'Alain Saulnier et à la démotion de Pierre Duchesne, correspondant de RC sur la colline parlementaire, on peut s'amuser à trouver des éléments de comparaison avec ce qui se passe dans des pays où des forces occultes cherchent à contrôler et influencer l'opinion publique.
    Les tensions idéologiques entre journalistes et pouvoir politique ne sont pas nouvelles à Radio-Canada. Madeleine Poulin notamment anima l'émission de télé Le Point à l'époque des négociations constitutionnelles du Lac Meech. À cette époque, les politiciens fédéraux en pleine tourmente constitutionnelle craignait de « passer à la varlope» en allant se faire interviewer par mme Poulin. ( épisode Trudeau). Coincidence ou pas, quelques mois avant le référendum sur l'accord de Charlottetown, Radio-Canada annonce un changement de direction au Point et c'est Jean-François Lépine qui en prend la direction. Dès son arrivée, celui-ci dit qu'il veut faire entendre des nouvelles voix, des points de vues différents et il invite régulièrement un professeur d'université du nom de ... Stéphane Dion. En fait, m. Dion doit sa visibilité et sa carrière d'homme politique à JF Lépine. Je me rappelle aussi que le traitement de l'information sous la direction de m. Lépine était très discuté, certains analystes parlant de «Jamais vu» dans l'affirmation d'un biais, dans ce cas-ci fédéraliste.
    Or, on retrouvait dans l'équipe du Point sous JF Lépine un jeune journaliste du nom de Michel Cormier. Je ne fait ici juste qu'une constatation. J'ai apprécié son travail comme correspondant à l'étranger mais qu'on se rappelle que c'est sous cette équipe du Point que l'émission a considérablement chuté dans les sondages, comme si le contenu de l'émission ne correspondait plus au public auquel il était destiné.

    Ce congédiement et cette démotion laisse présager le pire. J'espère que des politiciens à Québec se lèveront pour dénoncer ce q
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  • Tremblay Hugo - Inscrit
    25 février 2012 17 h 02
    parfum de Russie (fin)
    une erreur a fait que mon texte a été amputé. Voici la fin:


    Ce congédiement et cette démotion laisse présager le pire. J'espère que des politiciens à Québec se lèveront pour dénoncer ce qui ressemble de plus en plus à un putsch pour le contrôle de l'information au Québec.
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  • gaetanfo - Abonné
    25 février 2012 17 h 52
    Michel Cormier a aussi été correspondant à Québec...
    Michel Cormier a aussi été correspondant parlementaire à Québec...
    Plutôt engagé me semble-t-il.
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