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L'analphabétisme numérique

Le code informatique trace-t-il les contours d'une nouvelle élite?

Fabien Deglise   27 janvier 2012  Médias
«Si vous ne devenez pas un véritable usager de la technologie [en apprenant ses rudiments de langage], alors c’est elle qui va vous utiliser», dit Douglas Rushkoff, observateur des mutations en cours.<br />
Photo : Agence France-Presse
«Si vous ne devenez pas un véritable usager de la technologie [en apprenant ses rudiments de langage], alors c’est elle qui va vous utiliser», dit Douglas Rushkoff, observateur des mutations en cours.
C'est une des résolutions les plus surprenantes du début de l'année. Il y a quelques jours, le maire de New York, Michael Bloomberg, a dévoilé sur son compte Twitter son intention d'apprendre d'ici la fin de 2012 les langages informatiques, ceux, composés de lignes de chiffres, lettres et symboles, utilisés pour créer des applications ou pour structurer l'information en réseau. Convaincu et déterminé, le premier magistrat de la Grosse Pomme est d'ailleurs passé de la parole aux actes en s'inscrivant à CodeAcademy, une école de programmation qui vient de voir le jour et dont les cours sont donnés en ligne par l'entremise de petits exercices d'encodage hebdomadaire.
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  • Louis Perreault
    Abonné
    vendredi 27 janvier 2012 06h05
    complètement ridicule
    Tout le monde n'a pas besoin d'être mécanicien pour conduire une auto! pas besoin d'être programmeur pour utiliser un ordi! La programmation est un métier comme un autre qui ne s'apprend pas en quelques heures sur le coin d'une table...

  • Sanzalure
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 07h03
    Un «must»
    Une personne haut placé qui doit résoudre un problème ne pourra imaginer utiliser une solution technologique appropriée s'il n'a pas la moindre idée des avantages, des inconvénients et des limites de la technologie.

    Serge Grenier

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 07h21
    innumérisme?
    Avant d'apprendre à coder, ce serait déjà bine d'après à compter. L'innumérisme est un mal plus répandu que l'analphabétisme. Il a des conséquences sociales toutes aussi importante. Cependant, ce un problème qui n'est pas pris en considération. Il faut dire que pour les "intellectualleux" ne pas maîtriser les mathématiques de base n'est pas important, voir un signe d'appartenance au groupe.

  • Maco
    Abonné
    vendredi 27 janvier 2012 09h23
    Délire ...
    Avec ce type de raisonnement, il faudrait apprendre la médecine, la justice, la fiscalité, enfin il faudrait tout savoir sur tout!

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 09h49
    La culture générale cela n'a jamais tué personne
    @Maco La culture générale est une bonne chose. Personnellement, je pense qu'il serait plus pertinent d'apprendre l'algorithmie que le codage. L'algorithmie est une compétence générale, alors que le codage est une compétence qui est tributaire de la technologie.

  • Marlène Pominville-Racette
    Abonnée
    vendredi 27 janvier 2012 09h53
    Analphabétisme numérique ???
    Vous poussez loin ce terme. Je sais qu'il n'y a pas de consécration vocabulaire pour cette appellation, mais généralement elle est utilisée pour souligner l'inaptitude à utiliser un ordinateur. J'ai fait un stage de 8 mois chez Communautique (voir www.communautique.qc.ca) où j'ai donné des centaines de formations d'initiation à l'informatique. Je peux vous assurer qu'avant d'être programmeur une très grande partie de la population devrait commencer par savoir utiliser leurs ordinateur, tablette, etc. Le vrai faussé numérique est là. Ceux qui savent naviguer la Toile et ceux qui ne savent pas... Et je suis certain que bien que cela va s'amoindrir avec l'omniprésence de l'informatique, quand j'enseigne à l'université même chez les jeunes (19-23 ans) il y a un fossé entre les participants du même âge.

    Je suis un promoteur de logiciel libre. Je crois sincèrement qu'une base en programmation serait super pour élargir les communautés participatives dans le développement de leurs outils numériques. Merci pour l'article, cela peut donner l'impulsion à quelques personnes ;)

  • polaire
    Abonné
    vendredi 27 janvier 2012 10h31
    Mais encore?
    Selon les enquêtes de Statistiques Canada, 50% des Canadiens ne savent lire le dépliant d'une boîte de Tylenol pour savoir combien de comprimés ils peuvent prendre, ne savent pas lire un horaire d'autobus (exemple des compétences minimales en litératie). C'est bien de savoir coder ... mais encore faut-il d'abord savoir lire, écrire, compter et comprendre l'information écrite.

  • Jean-François Lussier
    Abonné
    vendredi 27 janvier 2012 10h48
    Absurde
    Je suis d'accord avec Maco, le maire Bloomberg pourrait tout aussi bien apprendre la mécanique automobile ou les rudiments de la physique quantique. Ce qu'il apprendra dans son cours, il l'oubliera en moins d'un an faute d'occasions de mettre ses connaissances en pratique. Apprendre à utiliser un ordinateur, une tablette, Internet, les médias sociaux, les logiciels pertinents à son travail, voilà quelques exemples d'objectifs moins susceptibles de créer du « hype » (ou un article de journal!), mais autrement plus utiles pour le commun des mortels. Comme le remarque Marlène, c'est là que se trouve le véritable fossé numérique.

  • RobertB
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 12h45
    Ça une nouvelle?
    Je suis plutôt techno avec mes ordinateurs, écrans interactifs, Wifi, Cloud et tout le reste. La culture, quelqu'elle soit, c'est beau. Programmation «itout».
    Ma ça c'est une nouvelle dans un journal????
    «Insipite».
    Combien d'enfants meurent déjà chaque jour par manque d'eau potable, de la guerre, de maladies industrielles causées entre autre par les métaux toxiques des ordinateurs?
    Donnez-moi la réponse dans votre journal...
    Ça aussi c'est de la culture!

  • Marie-Claude Ducas
    Abonnée
    vendredi 27 janvier 2012 13h23
    Débat intéresssant, mauvaise cible
    Je suis bien d'accord avec les points de vue soulignés par plusieurs, dont Louis Perreault, Maco et Jean-François Lussier: aussi bien dire qu'on aurait tous intérêt à être électriciens, ou mécaniciens automobiles! La question de l'analphabétisme numérique, ou technologique, se pose bel et bien, mais à un autre niveau. Au quotidien, bien des gens se sentent "largués" par la technologie : pas pour le côté "comment ça marche", mais pour le côté "comment je m'en sert, à quoi ça me sert, et comment faire pour ne pas être distancié". Et là, le fossé qui se creuse entre les "whizz" et les "largués" (qui pourtant n'ont rien de demeurés mentaux: ils n'ont juste pas le profil du "early adopter") devient de plus en plus préoccupant.
    À ce sujet, voir l'article de Josée Blanchette, aujourd'hui même dans le même journal: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci
    Intéressante coïncidence quand même.

  • Philippe Chrétien
    Abonné
    vendredi 27 janvier 2012 14h09
    Gestionnaires de projets ...
    Je travaille en informatique depuis 20 ans. Plus du 3/4 des chef de projets informatiques avec lesquels j'ai eu à travailler ne savaient pas coder.

    Je suggèrerais que nous commençions par ces preneurs de décisions dont l'analphabétisme numérique coute des centaines de millions à l'état et aux entreprises.

    Pour ce qui est du maite de NY, je ne crois pas qu'il se mette à la programmation pour servir ses concitoyens. Il est le fondateur de Bloomberg L.P., une entreprise fondée sur la vente ET la dissimulation d'information numérique dans le domaine financier. En finance, la http://www.ledevoir.com/societe/medias/341186/l-an informatique est la pierre angulaire du cuccès.

  • Maco
    Abonné
    vendredi 27 janvier 2012 15h40
    Allons-y pour la culture générale ...
    Les notions d'algorithme est de formaliser notre pensée pour qu'une machine puisse exécuter des actions bien précises et d'un ordre fini. Partons de ceci et ajoutons-y le facteur humain et nous pourrons, d'une façon plus générale, en dégager des considérations d'ordre philosophique. Plus précisément, apprendre comment nous raisonnons (!). Poussons un peu plus et souhaitons-nous au moins ceci; reconnaître les sophismes. Nous sommes rendus à un point ou nous n'apprenons plus à faire un raisonnement «vrai»!

    Comme, d'accoler le terme intelligent à ces nouveaux outils. En fait, ce ne sont que des outils. Rien de plus, rien de moins. Et un outil ne permet qu'une chose : nous aider à accomplir une tâche. Nous ne sommes pas encore rendus à avoir créé l'intelligence. Un jour, peut-être! Mais pas aujourd'hui. Mon téléphone n'a pas fait preuve de «libre arbitre» jusqu'à maintenant. Les vôtres?

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 27 janvier 2012 17h07
    "Les penseurs du présent"...
    "Apprendre à encoder pour comprendre le présent et trouver sa place dans le futur: l'équation s'impose doucement dans un monde où les révolutions techniques du passé sont en train de muter en révolutions sociales."

    "À une autre époque, le notable se distinguait par sa maîtrise de la lecture et l'écriture. En 2012, le code informatique s'ajoute désormais à la liste de ces aptitudes qui tracent les contours de l'élite."

    On sent une certaine urgence à la lecture de cet article. L'auteur semble inquiet à l'idée d'être déclassé.

    Et les penseurs du présent, ils pensent à quoi à part l'informatique et ses machins?

    Et les commentaires...déplorable fermeture au dialogue beaucoup plus navrante.

    Moi je n'aime pas qu'on me bouscule et ce code-machin, je n'ai pas du tout envie de l'apprendre pour être dans la course. Je n'ai pas envie de courir, on ne va jamais assez vite et les coquins inventent toujours autre chose pour tromper les honnêtes gens, alors basta!

    Apprendre l'alphabet et les maths, ça ne prendre qu'un crayon et du papier et du temps, pas toute une quincaillerie.

    Et puis, par les temps qui courent, ceux qui ont les meilleurs chance de survie sont peut-être ceux qui savent encore faire du feu, jardiner et cuisiner.
    Et puis, savoir discuter, aimer...ce n'est pas piqué des vers non plus.

    Pendant que vous encoderez, moi j'apprendrai le nom des oiseaux et j'aurai la forêt à moi toute seule...

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 19h37
    Le codage comme outil créatif
    Madame Marcotte, Il y a cependant un intérêt pratique à savoir coder. En effet, la capacité de programmer est un outil de créativité important. Par exemple, des applications informatiques pour les cellulaires. Cela donne aussi un outil de plus pour les citoyens qui veulent vérifier par eux-même certaines information. Savoir programmer est en-soi une bonne chose. Cependant, mieux vaut savoir lire, écrire et compter en priorité. Ces simples exigences, il y a probablement 50% de la population adulte qui ne les atteint pas.

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