dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 12h20
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La difficile implantation du Parti pirate au Québec

La formation politique peine à faire entendre son appel à la liberté numérique

Fabien Deglise   23 janvier 2012  Médias
En 2009, la branche suédoise du mouvement a réussi à faire entrer un député au Parlement européen à la suite des élections européennes. 7,1 % des électeurs ont appuyé le parti.<br />
Photo : Agence France-Presse Olivier Morin
En 2009, la branche suédoise du mouvement a réussi à faire entrer un député au Parlement européen à la suite des élections européennes. 7,1 % des électeurs ont appuyé le parti.
C'est l'exception qui confirme la règle. Avant même d'avoir vu officiellement le jour, le Parti pirate du Québec, branche provinciale du Parti pirate du Canada, lui-même composante du Parti pirate international, a décidé de se saborder.

Depuis six mois, ce mouvement politique qui fait la promotion de la transparence, de la libéralisation des données gouvernementales, qui milite pour la réforme des lois sur les droits d'auteur et pour la modernisation du milieu de l'éducation par le numérique parle en effet dans le vide au Québec. Sa récente tentative de se donner une existence légale auprès du directeur général des élections vient en effet de se solder par un échec.

Dans les vieux pays d'Europe, ces «pirates» poursuivent toutefois leur implantation. En septembre 2011, ils ont réussi à faire élire 15 députés au Parlement de Berlin.

Loin de l'Europe

«On en est loin ici», résume Jack Anthony McLeod, un programmeur informatique de la région de Montréal qui, en août dernier, s'est donné pour mission de poser les bases provinciales du Parti pirate. «Nous avons rencontré des gens ici qui sont intéressés par le mouvement, qui partagent sa philosophie, mais qui ne veulent pas s'engager. Le Parti pirate du Québec ne verra donc pas le jour. Désormais, je vais plutôt concentrer mes forces sur les Partis pirates du Canada [qui compte près de 2600 membres]». La formation fédérale est actuellement en restructuration.

Techniquement, la dénomination «Parti pirate du Québec» est reversée jusqu'au 29 février prochain auprès du DGEQ, l'organisme qui encadre la constitution des partis politiques. Cette mise de côté pour usage futur ne devrait pas être renouvelée.

Selon M. McLeod, l'entrée manquée du Parti pirate sur la scène politique québécoise pourrait s'expliquer en partie par le nom de la formation, qui «donne l'impression d'un mouvement violent, dit-il, ce qui n'est pas le cas. Le terme pirate est utilisé ici dans le sens de liberté, mais visiblement, ce n'est pas la façon dont c'est perçu ici». L'homme reconnaît aussi que sa campagne de recrutement s'est jouée principalement dans les espaces numériques et que, «par des rencontres en tête à tête, elle aurait pu être plus efficace».

Mouvement naissant

Né en Suède il y a six ans, le Parti pirate et ses boutures, qui ont pris dans 33 pays à ce jour, poursuit sa lente infiltration de la sphère politique où il espère faire avancer l'idée d'un Internet libre dans des sociétés ouvertes où les entraves à la libre circulation de l'information, poussées par la révolution numérique, devraient désormais tomber.

La formation politique, officiellement implantée en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Finlande, en Suisse et même en Tunisie, appelle dans la foulée à la réforme des lois encadrant la propriété intellectuelle, le copyright et les brevets, afin de mettre tout ça au diapason de la nouvelle réalité numérique. Elle réclame aussi des mesures pour une protection accrue de la vie privée, et ce, tant dans les mondes virtuels que dans ceux qui ne le sont pas, et milite pour une réforme de l'éducation, histoire d'inscrire la transmission du savoir aux générations montantes dans la réalité socionumérique du présent.

Le message est parfois entendu, comme dans les pays scandinaves où le Parti pirate arrive à séduire l'électorat avec son programme progressiste. En 2009, la branche suédoise du mouvement a réussi à faire entrer un député au Parlement européen à la suite des élections européennes: 7,1 % des électeurs ont appuyé le parti. Mais c'est en Allemagne que la formation s'est le plus fait remarquer en septembre dernier. Au terme de l'élection législative dans le Land de Berlin, le Parti pirate a réussi à déloger le Parti libéral-démocrate, une institution de plus de 60 ans, au parlement régional. Quinze élus de ce parti y ont fait leur entrée, forts d'une récolte d'environ 9 % des suffrages.

Présent officiellement sur la scène politique dans plusieurs pays, le mouvement a également inspiré en Suède la formation d'un groupe religieux officiellement reconnu par les autorités locales: les kopimistes. À la blague, l'Église du kopimisme estime que la copie numérique et l'information sont sacrées. Les raccourcis-clavier «CTRL+C» et «CTRL+V» — correspondant au copier et au coller — sont aussi pour ce «groupe religieux» des symboles sacrés. À ce jour, 3000 fidèles ont répondu à l'appel du kopimisme, dont le nom est lié à l'expression anglaise copy me (copie-moi).
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Discret - Inscrit
    23 janvier 2012 12 h 08
    Vol pur et simple
    Ne nous leurrons pas, ce qui se dissimule derrière ces mouvements réclamant hypocritement la totale liberté de l'Internet, c'est ni plus, ni moins qu'une amorce de guerre contre le principe international du droit d'auteur. Ces gens-là veulent pouvoir piller gratuitement et en toute impunité le gagne-pain des auteurs de tous les horizons intellectuels et artistiques.

    La président Obama, suite au lobby des multi-milliardaires du Net comme Google, Wikipedia ou Yahoo, vient de refuser d'entériner deux projets de lois du Congrès visant justement à protéger les auteurs contre les abus du piratage sur le Web. C'est dire si l'heure est grave pour ceux qui gagnent difficilement leur vie par leur création artistique ou scientifique

    Et ils ont le culot, ou l'ingénuité, de s'appeler «Parti pirate»!

    Il faut appeler à la levée de bouclier de tous les milieux artistiques, culturels et politiques du monde entier pour résister à cette vague prônant ouvertement le vol qualifié.

    NON AU PIRATAGE SUR LE WEB!.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sylvain Fournier - Inscrit
    29 janvier 2012 17 h 12
    Vol qualifié?
    "Si nous ne modifions pas les droits d’auteur afin qu’ils soient adaptés aux réalités d’aujourd’hui, les artistes continueront d’êtres limités dans leur création et ils auront de plus en plus de difficulté à subvenir à leurs besoins à partir des revenus de leurs créations."

    Source: Parti Pirate du Canada
    https://www.pirateparty.ca/fr/a-propos

    Je n'y vois le mot "vol" nulle part...

    Et si l'industrie s'adaptait, comme elle peut le faire? Pensons à ITunes et Zik.ca qui ne seraient jamais nés sans le P2P...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012