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    Cinq questions pour les médias en 2012

    V va-t-elle devenir plus populaire que la télévision de Radio-Canada?

    10 janvier 2012 |Stéphane Baillargeon | Médias
    De la diffusion des Jeux olympiques au projet iPad de La Presse, l'an de grâce 2012 sera riche en propositions médiatiques. Voici cinq autres questions à se poser, devant l'année des médias qui commence.

    Quel sort attend la Société Radio-Canada (SRC)?

    Le média national est en bien mauvaise posture, face à un gouvernement qui ne l'aime pas et à une concurrence de plus en plus implacable. Les conservateurs ont annoncé des compressions de 10 % pour l'enveloppe de la société d'État dans le prochain budget fédéral. La radio perd du terrain par rapport aux radios parlées privées. Dans la grande région montréalaise, le 98,5 FM pourrait continuer de gruger des parts de marché au 95,1, déjà deux fois moins populaire à toute heure du jour, selon les relevés de décembre. La télévision peine aussi, globalement. D'une semaine à l'autre, l'an dernier, TVA triomphait avec 21 à 22 % des parts de marché, tandis que la généraliste d'État stagnait autour de quelque 11 ou 12 % des points. La chaîne V la talonne, avec près de 9 % des parts, et qui sait si, en continuant son impressionnante renaissance, l'autre chaîne privée ne va pas dépasser la vieille institution radio-canadienne dès cette année.

    Quel avenir pour la télévision?

    La fusion des écrans et le réseautage de la télé s'accentuent. À preuve, Apple prépare un nouveau gadget pour mieux fusionner les écrans d'ordinateur et de télévision, probablement une iTV, en fait. L'interconnectivité amplifie le phénomène du visionnement sur demande. En même temps, la «télé sociale» (comme dans «média social») permet aux téléspectateurs-internautes de réagir en direct aux diffusions d'émissions-événements. Tout le monde en parle ou Star académie ont encore un bel avenir devant elles...

    Le déclin des journaux va-t-il se poursuivre?


    Il faut vraiment beaucoup d'optimisme, jusqu'à l'aveuglement, pour croire que le déclin des revenus publicitaires et la fuite des lecteurs ne se poursuivront pas. Comme l'écrit Pascal Lapointe dans son blogue (sciencepresse.qc.ca), «le Québec, protégé un temps par la barrière linguistique, subira tôt ou tard le tsunami».

    Le Huffington Post Québec va-t-il modifier le paysage médiatique?

    Des experts, dont Martin Lessard dans le blogue Triplex de Radio-Canada, pensent que certains gros joueurs, comme Le Journal de Montréal, ont le plus à craindre de cette nouvelle concurrence. Le modèle d'affaires s'appuie sur un modèle éprouvé aux États-Unis, liant la production de quelques journalistes payés à des contenus fournis gratuitement par d'innombrables collaborateurs. En France, le pays européen comptant le plus de pure players (des sites sans support imprimé), les prévisions vont bon train pour la disparition d'un grand nouveau média cette année, voire de quelques-uns. Rue89, un des plus connus, vient de rejoindre le groupe Nouvel Observateur.

    Quel est l'avenir de la bande AM?

    La Presse posait la question hier, et un ancien vice-président du CRTC, Michel Arpin, répondait que les jours de cette bande sont comptés, puisque les stations du média quasi centenaire ne rapportent ni public ni profit. En 2006, le Canada comptait 177 stations de radio AM. Il en reste 141. Le cimetière des chaînes comprend notamment toutes les anciennes grandes chaînes montréalaises disparues ou transférées vers le FM depuis une quinzaine d'années, dont CKVL, CBF et CKAC. Il en reste une dizaine, et des observateurs moins pessimistes misent sur le développement des radios ethnoculturelles pour assurer la relève.












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