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SPÉCIAL PHOTOJOURNALISME

Les meilleures photos de presse au monde dans chacune des pages du Devoir d'aujourd'hui

Isabelle Paré   8 septembre 2011 09h20  Médias
2e prix dans la catégorie «Reportage sur le vif»<br />
Un manifestant antigouvernemental à Bangkok, en Thaïlande, au mois de mai. Corentin Fohlen est un photographe français âgé de 30 ans qui a couvert plusieurs conflits.
Photo : Corentin Fohlen, Fedephoto
2e prix dans la catégorie «Reportage sur le vif»
Un manifestant antigouvernemental à Bangkok, en Thaïlande, au mois de mai. Corentin Fohlen est un photographe français âgé de 30 ans qui a couvert plusieurs conflits.

À retenir

A l'heure où l'image est reine, glorifiée mais aussi piratée, formatée, trafiquée à souhait dans le cyberespace, la photographie de presse fait office de dernier bastion de la vérité. Frère siamois de l'information, le journalisme photo n'a cessé de prendre du galon dans la seconde moitié du siècle dernier. Les pionniers qu'ont été les Henri Cartier-Bresson, Robert Cappa, Eugene Smith et cie ont changé à jamais la façon de croquer l'actualité, d'immortaliser cet «instant décisif», où l'image vaut mille mots.

Si Le Devoir ouvre aujourd'hui ses pages aux clichés les plus marquants de l'année, il fut un temps où la presse écrite n'avait cure de la photographie. Il fallut attendre l'entre-deux-guerres et l'ère chérie des magazines illustrés pour que l'image devienne la locomotive de plusieurs grands médias.

Si dès 1920 voyait le jour à New York la Keystone View Company, premier embryon d'agence de presse photo mondiale, ce n'est plusieurs années plus tard que les boîtes légendaires comme Reuters, AFP, Sygma, Gamma virent le jour, sans oublier la célèbre agence Magnum, fondée en 1947 par Capa, Cartier-Bresson et d'autres bonzes du genre.

Mais à l'instar des médias, le photojournalisme vit aujourd'hui des heures troubles. Confrontée à la mondialisation, à la révolution numérique et à l'ère du journalisme citoyen, la discipline doit se réinventer. De tous les points chauds de la planète déferlent dans la minute des images captées par des téléphones intelligents, rapidement relayées par le Web. Un des fleurons du photojournalisme, l'agence française SIPA, annonçait d'ailleurs récemment la mise à pied du tiers de ses effectifs, signant la fin de l'époque dorée du photojournalisme français.

La discipline est aussi bousculée par de nouvelles réalités, dont celle de la retouche généralisée des images numériques. L'an dernier, le jury du World Press Photo retirait à Stepan Rudik son prix, après avoir découvert que le cliché gagnant avait été modifié à l'ordinateur. Rudik avait effacé le pied d'un sujet inclus dans le cliché d'origine ayant servi à extraire le gros plan soumis au concours.

Déformation, amplification, trucage? La question continue de diviser les photoreporters alors que la frontière entre information et communication est de plus en plus floue. En France, une loi a même été déposée en 2009 pour réglementer la retouche d'images corporelles dans les publicités, afin de forcer les agences à identifier leurs photos enjolivées virtuellement. Cet élan d'authenticité gagnera-t-il le photojournalisme?

Même si le numérique favorise toutes les digressions, nombre de photojournalistes affirment aujourd'hui qu'une image retouchée est «une image qui ment». La dramatisation du sujet, l'exacerbation des couleurs servent-elles encore l'information, ou simplement les tirages?

Pour des images qui disent vrai, donc, feuilletez Le Devoir d'aujourd'hui qui rassemble le meilleur cru du photojournalisme mondial, intouché jusqu'à preuve du contraire. Du portrait saisissant de Bibi Aisha, croquée par Jodi Bieber (Photo de l'année), qui crie toute l'horreur d'un pays prisonnier de ses traditions, aux scènes de désolation saisies à Haïti par Riccardo Venturi (Contrasto) ou Olivier Laban-Mattel (France-Presse), ces images redisent toute l'importance du photojournalisme de qualité dans la quête de l'information vraie, sans artifices.
2e prix dans la catégorie «Reportage sur le vif»<br />
Un manifestant antigouvernemental à Bangkok, en Thaïlande, au mois de mai. Corentin Fohlen est un photographe français âgé de 30 ans qui a couvert plusieurs conflits. 1er prix dans la catégorie «Information générale»<br />
Le désastre en Haïti. Port-au-Prince, le 18 janvier 2010, vu à travers l’œil du photographe Riccardo Venturi. «Certaines personnes vivent vraiment comme au Moyen-Âge», raconte-t-il. 1er prix dans la catégorie «Reportage de vie quotidienne» <br />
Basé aux Pays-Bas, Martin Roemers a étudié la photographie à l’Académie des arts d’Enschede. Il a raflé les honneurs avec cette image de Calcutta tirée de sa série «Metropolis», consacrée à la vie dans les très grands centres urbains. 2e prix dans la catégorie «Arts et loisirs» <br />
Davide Monteleone, qui collabore au New York Times Style Magazine, est un photographe basé en Italie. Cette photo a été prise lors du défilé de Valeria Marini, pendant la Semaine de la mode de Milan. 2e prix dans la catégorie «Enjeux contemporains»<br />
À Da Nang, au Vietnam, une petite fille de neuf ans souffre des séquelles de l’Agent orange, ce terrible produit chimique utilisé massivement par l’armée américaine lors de la guerre.<br />
 
 
 
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  • Mario Gauthier - Inscrit
    8 septembre 2011 09 h 30
    Les images qui disent vrai?
    J.L. Godard disait: "une image n'est pas juste. C'est juste une image."

    Elle n'est pas non plus un fait, mais un fragment emprunté à la réalité. Et il y a une grande différence entre vérité et véracité.

    Si, comme vous l'écrivez "la photographie de presse fait office de dernier bastion de la vérité", cette vérité est, me semble-t-il, bien mince, voire illusoire. Bien souvent, le photographe ne met peut-être pas en scène la réalité, mais en choisit un infinitésimal fragment , et par extension, la connote d'emblée.

    ...Ne Jamais oubliez qu'un des anagrammes de "image" est "magie". Ce sont les fait qui comptent, pas ce que l'on en montre.

    Ceci dit, la photo demeure, indéniablement, une forme d'art. Mais l'art peut-il dire la vérité ou seulement convoquer "une vérité"?
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  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    8 septembre 2011 13 h 09
    Dis-moi ce que tu regardes
    Pour se démarquer dans le déferlement des images captées par téléphone et relayées par le Web, on dit que le photojournalisme poursuit sa quête de l'information vraie, sans artifices.
    Mais vers quoi pointe-t-on l'objectif?
    Avec les téléphones "intelligents", des citoyens ont fait circuler des images de lieux, de situations, qu'on ne voyait jamais.
    Les photojournalistes au service des médias, avaient-ils la liberté de regarder partout? C'est peut-être parce que le journalisme citoyen a fait monter les exigences que les photojournalistes deviennent encore meilleurs, ces photos d'aujourd'hui sont vraiment saisissantes, bouleversantes.
    Mais il y a encore des réalités que l'on ne voit jamais; ce sont les mêmes dont on entend jamais parler.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    8 septembre 2011 17 h 33
    Moins de place à la Une svp
    La photo de la Une aurait due être moins grande.
    Et plus de place ou plus de photos de la Maison symphonique, événement québécois majeur.

    Malheureux que les plus belles photos proviennent du monde négatif et destructeur : guerres, combats...
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  •  
  • Anne Genest - Abonnée
    8 septembre 2011 22 h 19
    « Il y a trop d'images »
    « Il y a trop d'images » titrait Bernard Émond... on en l'essentiel, la photographie en tant que forme artistique. Heureusement Le Devoir se penche, à notre plus grand bonheur, sur la question en nous rappelant les « Intouchables ». Bravo! Un dossier alléchant et porteur de sens.
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  •  
  • jobeleau - Inscrit
    12 septembre 2011 11 h 38
    En voie d'extinction
    Après la typographie, voici un autre métier en péril, emporté par la soi-disant démocratisation de la technologie. En fait, l'un comme l'autre (le typographe et le photographe) a joué un rôle important dans la compréhension du message écrit, même si bien peu de gens sont véritablement en mesure d'en comprendre toute l'importance. Suffit de voir les dégâts dans la majorité des médias écrits actuels et l'indifférence générale devant cette baisse flagrante de qualité pour comprendre que c'est une cause perdue d'avance. Heureusement, Le Devoir a su jusqu'à présent éviter cette fâcheuse tendance et je suis de ceux qui l'apprécient grandement.

    Merci d'attirer notre attention sur le travail de ces hommes et ces femmes et de leur accorder quotidiennement la place qu'ils méritent !
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