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    Rue Frontenac en situation précaire

    Une échéance capitale arrive ce vendredi pour le site des ex-lockoutés du Journal de Montréal

    17 mai 2011 10h46 | Stéphane Baillargeon | Médias
    Un dérivé hebdomadaire de Rue Frontenac en papier lancé en 2010 a cessé de paraître le 28 avril dernier.
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Un dérivé hebdomadaire de Rue Frontenac en papier lancé en 2010 a cessé de paraître le 28 avril dernier.
    Le site d’information des anciens lock-outés du Journal de Montréal pourrait fermer dès vendredi. Son sort se joue dans le cadre de négociations avec d’éventuels partenaires d’affaires qui se poursuivent cette semaine.


    «Vendredi est une échéance importante pour certains membres de l’équipe», explique au Devoir Richard Bousquet, coordonnateur du site RueFrontenac.com. Il a été rejoint ce matin.«Il n’y a rien de définitif encore et nous aurons de nouvelles rencontres dans les prochains jours avec des partenaires intéressés à se joindre au projet.  Mais certains membres vont quitter si les négociations n’aboutissent pas d’ici vendredi.»
     
    Rue Frontenac a été fondé à l’hiver 2009 à la fois comme source d’informations syndicales sur le conflit déclenché en janvier de cette année et comme site d’informations générales permettant aux lock-outés d’exercer leur métier. Un dérivé hebdomadaire en papier lancé en 2010 a cessé de paraître le 28 avril dernier.
     
    Une limite

    M, Bousquet précise que le comité de relance travaille autour de «deux ou trois pistes» d’alliances commerciales pour assurer la survie du site. Alors pourquoi y a-t-il urgence en la demeure? Pourquoi cette échéance de vendredi?
     
    «À un moment, il faut prendre une décision et fixer une limite, répond le coordonnateur. Nous n’avons plus de fonds de grève pour soutenir les membres. Il faut donc leur donner une chance de se trouver un autre travail rémunéré.»
     
    Rue Frontenac compte une quarantaine d’employés. Ils n’ont pas été rémunérés depuis trois semaines, en fait depuis la fin officielle du conflit du Journal de Montréal (JdeM).
     
    Jusque là, ils recevaient une enveloppe du fonds de grève du syndicat, vraisemblablement épuisé après plus de deux ans de conflit. Cette somme
    s’ajoutait à un versement provenant de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la centrale d’affiliation du Syndicat des travailleurs du JdeM. Ces deux sources sont taries.
     
    Depuis, les ex-employés du quotidien doivent piger dans les indemnités de séparation versées l’employeur, des primes évaluées à 100 000 $ en moyenne.
     
    Une coopérative condamnée?

    Un des plans de survie et de développement de Rue Frontenac implique la constitution d’une coopérative financée en partie par ces primes de départ. Ce modèle d’affaires exige tout de même la participation d’un partenaire bien en moyens qui n’a visiblement pas encore été trouvé.
     
    L’entreprise médiatico-commerciale ne serait pas viable sans cet apport extérieur. Dès le mois de mars, alors que le conflit de travail achevait, Lesaffaires.com publiait une analyse chiffrée prouvant l’insolvabilité du site. En utilisant les données de son kit média, constitué pour appuyer la vente de pub,  le journaliste Julien Brault montrait qu’«une hypothèse très généreuse» fixait à moins de 20 000 $ par mois les revenus mensuels du site, de quoi faire vivre une poignée d’employés seulement. Le fin observateur doutait aussi de la survie de l’hebdomadaire gratuit, quasi sans publicités,
    qui est effectivement tombé le mois suivant.
     
    La plupart des sites réussissant à produire de l’information en ligne sont soit rattachés à des médias traditionnels (cyberpresse.com, radio-canada.ca, ledevoir.com), soit liés à des organismes sans but lucratif. C’est le cas de projetj.ca, appuyé par une fondation et des universités.
     
    Peu d'exemples

    Peu d’entreprise d’information ont réussi à prospérer en ligne. Aux États-Unis le Huffington Post y est parvenu en misant sur la collaboration gratuite de centaines de journalistes et de chroniqueurs. En France, Mediapart offre un contre-exemple remarquable, mais dans un créneau particulier visant la production haut de gamme pour laquelle paye des dizaines de milliers d’abonnés.
     
    Le Journal de Montréal comptait 253 employés au moment du déclenchement du conflit le 24 janvier 2009. Soixante-deux d’entre-eux ont été réembauchés. Ils travaillent maintenant dans une salle toute neuve du Vieux-Montréal. La vieille permanence de la Rue Frontenac (qui a donné son nom au média syndical) est maintenant occupée par des services de Videotron, une autre entreprise de Quebecor. Le local de production de RueFrontenac.com demeure encore tout près, rue d’Iberville dans son cas.
     
    Pendant les dures négociations, la direction a commencé par exiger la fermeture du site et de l’hebdomadaire, puis a proposé d’en faire unpartenaire d’affaires en imprimant et distribuant le journal. Les syndiqués ont refusé net et obtenu les coudées franches pour développer leurs médias en toute liberté. 
     
    M. Bousquet affirme d’ailleurs que l’ancien employeur n’est pas intervenu depuis la fin du conflit pour tenter de nuire aux démarches de sauvetage deRue Frontenac. «Nous n’avons rien à reprocher à Quebecor», dit-il.
     
     
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