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Questions d'image - L'inacceptable raisonnement

Jean-Jacques Stréliski   16 mai 2011  Médias
En affirmant sans nuance, dans sa chronique du 5 mai du Journal de Montréal, que l'État devrait cesser de soutenir financièrement les artistes et les organismes culturels, Nathalie Elgrably-Lévy, chargée de formation à l'Institut d'économie appliquée (IEA), a certainement atteint le seul objectif qu'elle poursuivait: faire scandale dans un journal à sensation.

Mais au-delà de la polémique qu'elle a déclenchée — les réactions sont fort nombreuses — et de la surdose de populisme et de dogmatisme à laquelle elle nous a exposés, cette chronique s'apparente cependant davantage à de la propagande conservatrice qu'à de la diffusion du savoir.

Les enseignants ont, bien entendu, droit à leur opinion personnelle; il y va d'ailleurs de la libre expression académique. Mais une fois cela établi, justement, n'ont-ils pas de surcroît, qu'ils le veuillent ou non, l'obligation morale d'étayer tout ce qu'ils avancent par des sources sérieuses, réunies en une pensée rigoureuse?

J'ai donc pris le temps de consulter quelques collègues et éminents professeurs ou encore des étudiants de HEC Montréal, pour voir si tous partagent l'opinion de Mme Elgrably-Lévy. Leurs réponses académiquement construites s'imposent sans ambages.

Pour Pierre Ballofet, professeur agrégé et responsable pédagogique du DESS en communication marketing, «il faudrait dire un mot sur la pensée "économiste", et non économique, qui sous-tend le raisonnement de la chroniqueuse. En fait, c'est une pensée inerte qui émane surtout d'une pure spéculation intellectuelle. Partir de quelques principes présentés comme lois ou vérités premières, puis se laisser dériver au fil d'un raisonnement qui relève du sophisme conduit à la barbarie ou au ridicule, ce qui est plutôt le cas ici».

«Les cyniques, disait Oscar Wilde, sont ceux qui connaissent le prix de tout et la valeur de rien.»

Il existe d'autres modes de décision que ceux des marchés dans nos sociétés. Les choix de politiques faites en matière de culture, comme de santé ou d'éducation sont de cet ordre.

«Après tout, conclut-il, le terme économie ne désigne-t-il pas, dans son étymologie, la règle de la maison? Comprendre ceci, c'est aussi comprendre que tout ne peut se réduire à cette dimension. Aucun économiste sérieux ne l'affirmerait au demeurant. Il ne s'agit donc pas tant d'argumenter sur le caractère "rentable" ou non de la culture. Le domaine culturel comporte certaines dimensions économiques, le réduire à celles-ci est non seulement réducteur, mais conduit à des non-sens tout à fait étrangers à une discipline économique bien comprise.»

Un doctorant en économie, actuellement en poste au Bureau d'économie théorique et appliquée de Strasbourg, Francis Gosselin, s'insurge de toute sa jeunesse et questionne: «Sans la subvention publique, quid de la Grande Bibliothèque, du Centre canadien d'architecture, du Cirque du Soleil, d'Ubisoft, des salles de théâtre et des festivals de jazz et Juste pour rire, des Quartiers des spectacles et de l'innovation, de la SAT, de la Biosphère, du musée Pointe-à-Callière, etc.?»

Voilà pour le recadrage universitaire et la véhémence démonstrative. Ce n'est pas tout.

Il nous faut aller là où le propos de Mme Elgrably-Lévy ne s'est jamais rendu: au centre du savoir et de la connaissance de la nouvelle économie, dite économie créative, celle qui, précisément, hybride la créativité des artistes aux innovations technologiques de l'heure, pour créer des entreprises et des managements de type nouveau et fécond.

Patrick Cohendet et Laurent Simon sont des mentors de l'économie créative, codirecteurs de MosaiC, Centre de recherche en management de la création dans la société de l'innovation, ils ne souscrivent en rien à la doctrine néoclassique conservatrice de la chargée de formation à l'IEA.

Patrick Cohendet souligne d'entrée de jeu un point de fond avec lequel Mme Elgrably-Lévy ne sera sans doute pas d'accord: l'artiste crée d'abord de la richesse locale. Pensons à Lepage et Nagano à Montréal ou Béjart à Bruxelles, etc. Au contact du monde des affaires, l'art subventionné s'immisce alors dans la vie économique. Avec pour résultat de faire émerger parfois de véritables empires. Ubisoft — premier fabricant mondial de jeux vidéo — en est un exemple proche et probant. Et Cohendet d'ajouter qu'à l'échelon planétaire, les modèles économétriques du réputé chercheur danois Bengt-Åke Lundvall montrent clairement que les pays qui s'en tirent le mieux économiquement et politiquement sont précisément ceux qui ont délibérément mis en place un «climat créatif et culturel».

Laurent Simon, quant à lui, conclut que «le monde qui vient fait peur aux traditionalistes, car ses modèles sont moins maîtrisables que l'analyse d'une économie centrée sur les schémas classiques de production et de rendement». Et, se référant à son tour à l'étude d'un autre réputé chercheur français, Pierre-Michel Menger, Portrait de l'artiste en travailleur, il affirme que «l'art est le ferment du nouveau capitalisme».

Pouvait-on trouver conclusion plus ouverte à l'expression d'une pensée si fermée?

***

Jean-Jacques Stréliski est professeur associé à HEC Montréal, spécialiste en stratégie d'images.
 
 
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  • André Loiseau - Abonné
    16 mai 2011 05 h 56
    Mirage
    La jolie Nathalie, créature échappée des écuries des conservateurs et de l'ADQ, avec sa gueule de sirène.
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  • jean-jacques@streliski.com - Abonné
    16 mai 2011 07 h 18
    Une erreur de nom
    Il faut lire professeur Patrick Cohendet et non Patrick Cohen. Une coquille a été commise lors de la correction d'épreuve. Mille excuses. JJS
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  • Jean Lapointe - Abonné
    16 mai 2011 07 h 24
    Non à l'économisme.

    L'économisme, tout comme le psychologisme et le sociologisme, est à combattre.

    Pourquoi ? Parce que c'est là s'enfermer dans un système d'explication et être complètement fermé aux autres approches.

    Pourquoi? Parce que c'est prendre pour la réalité l'idée que l'on s'en fait. C'est qu'à mon avis la réalité nous échappe toujours en partie. On essaye de l'approcher mais on Ny arrive jamais complètment. Et on n'y arrivera jamais parce que nous en sommes incapables.

    Les gens qui tombent dans l'économisme, le sociologisme ou le psychologisme tahissent un manque de formation en philosophie.

    Comme madame Elgrably-Lévy , ces gens-là deviennent alors doctrinaires et considèrent comme des dogmes ce qui n'est qu'une représentation mentale parmi d'autres.

    Ces représentations nous aident à mieux saisir une partie de la réalité mais elles ne peuvent remplacer cette réalité.

    Et ils peuvent faire beaucoup de torts parce qu'ils perdent contact avec la réalité.
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  • Jean-René Moisan - Abonné
    16 mai 2011 11 h 45
    Merci
    Merci pour les nuances apportés et la rectification des faits. La démagogie peut faire des dommages graves dans notre société, et il est important que des spécialistes comme vous répliques `l'obscurantisme.

    Merci!
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  • Mathieu Vallet - Inscrit
    16 mai 2011 13 h 03
    Elgrably-Lévy
    Je ne peux pas croire qu'Elgrably-Lévy continue d'être chroniqueuse pour le Journal ou d'être invitée par TVA pour commenter l'actualité économique. C'est tout simplement du gros n'importe quoi à chacune de ses interventions. Un(e) étudiant(e) de premier cycle universitaire en administation serait capable de faire mieux...

    Une citation qu'Elgrably-Lévy devrait sans doute méditer avant ses prochains commentaires publiques :

    « Personne ne peut être un bon économiste, s'il n'est qu'un économiste » - Friedrich Hayek (et pourtant, il est des leurs).
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  • Nancy Giroux Dépanneur Du Coin 2007 - Abonnée
    16 mai 2011 14 h 01
    De précisions en précisions!
    Depuis environ 2 semaines que je lis ce qui s'écrit suite à l'article de Madame Elgrably-Lévy. Cela ne fait qu'être de plus en plus précis et me permet de me faire une tête!

    Merci monsieur!
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  • Eric St-Louis - Inscrit
    16 mai 2011 14 h 26
    Les subventions aux artistes
    Investir plus d'argent dans la culture en période d'austérité est complètement inconséquent. La raison majeure qui fait que les gens achètent moins de disques, vont voir moins de spectacles, de pièces de théâtre, de show d'humoristes est simple. En période de crise, les gens coupent dans l'amusement, le divertissement pour joindre les deux bouts.

    On prend dans leurs poches, ils coupent l'amusement, bref les artistes s'en ressentent évidemment. Donner encore plus de subvention dans cet état ne ferra que créer l'illusion que le (tamis) culturel est plein et opulent alors qu'en fait, on tente de régler un problème en grossissant le problème de base, PRENDRE PLUS D'ARGENT DANS LES POCHES DES GENS.

    Les gens n'irons pas voir plus de spectacle, ou plutôt (OUI) ils iront mais pour voir des spectacles gratuits ou subventionnés à l'os ce qui revient à dire qu'on entretient l'illusion ...

    La façon de la droite de penser est simple et efficace, rendez-nous du cash pis les gens retourneront aux activités culturelles qui sont essentielles pour se sortir de la morosité ambiante. Richard Desjardins, Plume Latraverse, Gilles Vigneault, Yann Perreau, Mononc Serge, Karkwa. Tous ces artistes moins commerciaux qu'un Éric Lapointe ou des Kains sont-ils subventionnés tant que ça? J’en doute et pourtant ... Le choix des subventions qui ne donne qu'aux artistes (moulés) dans le tube radiophonique est un autre débat qui devrait nous intéresser. L'idée qu'on paye des gens qui se prostitue l'idéologie et la pensée pour faire du cash sur une voie tracée d'avance m'écœure beaucoup plus ... Être un artiste, c'est avant tout être libre !!! (Même libre des subventions)
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  • asclepios - Inscrit
    16 mai 2011 15 h 41
    Nathalie Elgrably-Lévy est une véritable économiste
    Je dois me porter à sa défense, puisqu'elle ne le fera pas. Je m'adresse en particulier à vous, Monsieur Mathieu Vallet.

    Madame Elgrably-Lévy est en parfait accord avec votre citation de Hayek. En fait, elle ne serait pas une économiste si elle se contentait d'enseigner aux HEC. Pour être utile, selon cette façon de penser, elle doit mettre ses talents directement au service de la liberté. En faisant parler d'elle et de l'Institut Économique de Montréal, elle a pleinement atteint ses objectifs et toute tentative de l'amener à votre niveau de discussion est vouée à l'échec.

    C'est pourquoi je pense que ce texte de Jean-Jacques Stréliski fait fausse route. Il vaudrait mieux faire réaliser aux journalistes qui se tournent vers les experts de l'IEDM que ceux-ci ne sont pas impartiaux et sont en fait de farouches militants de la liberté économique.

    François Genest
    http://atenacite.blogspot.com
    Twitter: @FGenest
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  • Nancy Giroux Dépanneur Du Coin 2007 - Abonnée
    16 mai 2011 15 h 52
    Pas juste du divertissement!!
    On ramène souvent à la culture à du divertissment, à de l'amusement!!! La culture est un moteur de changement important dans la société. Oui, certes parfois elle divertit, mais elle éduque, informe, fait réfléchir, développe l'esprit critique, etc.... elle améliore la vie des gens en général, pas seulement (de grâce) en faisant Rire!!!Elle est "payante" socialement!
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  • Roland Berger - Abonné
    16 mai 2011 19 h 59
    Ce n'est qu'un début !
    L'élection majoritaire de Stephen Harper a ouvert la trappe à tout ce qu'il y a de rétrograde et obtus. Mais ce n'est qu'un début ! Les riches auront leurs petits plaisirs sans devoir tolérés la présence d'individus de la classe moyenne.
    Roland Berger
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  • Olivier Carrier - Inscrit
    16 mai 2011 21 h 10
    Nathalie Elgrably-Lévy est une économiste?
    @ François Genest

    C'est une piètre défense. Vous n'adressez aucunement les points soulevés. Nathalie Elgrably-Lévy est critiquée principalement pour son manque de rigueur. Vous éludez complètement la question et finissez par nous répondre que de mettre cela en cause est une sorte d'attaque contre la personne et qu'elle n'a donc pas à répondre.* Come on.

    Pour moi elle est économiste dans le sens où elle connaît les différentes théories économiques et peut interpréter des données afin de donner le portrait d'un cas précis. Ok, elle peut le faire, ça la qualifie. Savoir si elle trace un portrait fidèle de la situation, ça c'est autre chose. Plusieurs fois on a pu la voir utiliser des concepts et énoncés économiques d'une manière carrément fallacieuse. Elle est dans une démarche qui s'adresse aux faiblesses des lecteurs et non à leur sens critique.
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  • Raphael Lafleur Lambert - Inscrit
    16 mai 2011 23 h 04
    Ouverture des débats
    Je vous conseille d'aller lire le commentaire d'Éric St-Louis. Il est courageux de s'avancer contre l'opinion commune.

    Pour ma part, je ne vois pas d'inconvénients à ce qu'on investisse dans la culture, mais il faut s'avouer certaines choses. Subventionner et investir dans la culture, c'est en faire une industrie et un produit commercial. C'est donc mettre dans une boîte en carton la fierté d'un peuple. La véritable culture ne s'achète pas, ne se consomme pas, bref, n'a pas de prix. Mais les artistes, oui.

    Je n'ai pas de problème à ce que l'état risque son argent, qui pourrait aller ailleurs comme en éducation ou en santé, à le mettre dans la culture, mais ça, uniquement si c'est rentable. Autrement, aussi bien mettre l'argent à la recousse des pays du tiers monde, il y aurait beaucoup plus de noblesse dans le geste pour la préservation de la culture.
    Que l'état investisse dans les entreprises manufacturières ou les entreprises culturelles comme le cirque, tant que ça fait rouler l'économie, c'est un geste logique. Donner de l'argent aléatoirement à n'importe quel quidam qui se proclame artiste est un risque trop élévé économiquement. L'état doit donc choisir à qui doit aller la subvention, ce qui peut amener des conflits d'intérêts. La solution logique, mais méprisable parce qu'elle est capitaliste, est de simplement laisser les gens choisir ce qu'ils considèrent comme culturel VIA l'achat. Plus l'état laisse de l'argent aux individus, plus la société reflète vraiment ce que veut la population, et non la volonté de politiciens.
    Et dernièrement, je trouve ça maladroit d'avoir besoin d'insulter une personne pour dire qu'elle a tort. Les arguments rationnels suffiront. C'est manquer de mots que d'avoir à insulter Nathalie en disant qu'elle ne sait pas de quoi qu'elle parle. La contredire suffira à le montrer. Les insultes ne font que faire perdre de la crédibilité aux yeux des lecteurs avertis.
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  • bouge87 - Inscrit
    17 mai 2011 00 h 06
    L'utilité de l'art n'est pas à discuter. Qui sommes nous pour la remettre en question? La Grèce antique s'est sortie de sa nuit militaire grâce aux penseurs et au théâtre.
    Gens de droite, cessez d'utiliser l'argument du «bon payeur de taxe qui se lève tous les matins pour travailler, et qui ne veut payer pour les artistes.»

    Je suis un travailleur, me lève tous les matins et me couche assurément plus tard que la majorité des travailleurs (si c'est un argument valable de dévouement),travaille au moins 80h semaine, et pourtant, je vie largement en dessous du seuil de la pauvreté, parce que je suis un artiste? Hey, je suis diplômé?!? Brisons le préjugé de l'artiste-assisté-social, pour commencer. Ensuite, je voudrais affirmer haut et fort en tant que travailleur payant des impôts que je suis fier d'en payer et en paierait d'avantage; dans mes années plus lucratives comme dans mes années de pauvreté. Je vie dans une société fière de ses acquis sociaux, fière de sa culture qui fait sa différence et son affirmation.

    Payer des impôts n'est pas s'appauvrir. C'est s'enrichir collectivement. Investir dans la culture, c'est s'assurer un pont entre le passé et le présent, c'est se permettre de se rêver au futur et c'est se mettre face à soi-même.

    Selon Guy Nadon: «Un acteur, c'est un ancien spectateur, qui quitte la salle, monte sur scène, se vire de bord et s'adresse à ses semblables en interprétant ce qu'ils sont géographiquement, sociologiquement, culturellement(...) nous autres, ce dont on a besoin au Québec, c'est des meilleurs acteurs possible, des meilleurs esprits scientifiques, des meilleurs économistes, des meilleurs sportifs. On a besoin de monde qui travaille très fort pour le plus grand bénéfice de notre communauté.»... Tiens c'est drôle, il dit qu'on a besoin de bons économistes... Nathalie Elgrably-Lévy, elle, dit qu'on n'a pas besoin d'artistes... Parce qu'on ne se le cachera pas, dans notre société, avec le faible bassin de population et les marchés internationaux de plus en plus restreints (à cause de coupures des Conservateurs?!?), l'art a besoin de financement public pour sa via
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  • bouge87 - Inscrit
    17 mai 2011 00 h 06
    L'utilité de l'art...

    Aussi, l'utilité de l'Art n'est pas à discuter. Qui sommes nous pour la remettre en question. Elle existe depuis toujours, est nécessaire, a été complice de toutes les révolutions, a créé la démocratie en sortant la Grèce Antique de sa noirceur militaire en la mettant face à elle-même grâce au théâtre et à ses penseurs... Ah tiens... Ces Conservateurs dont Nathalie Elgrably-Lévy se réclame ne sont-ils pas en train de nous plonger dans un avenir militaire?
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  • Vincent Collard - Abonné
    18 mai 2011 10 h 18
    RESTONS SIMPLES
    Recentrons le débat et réfutons plutôt les sophismes d'Elgrably-Lévy sur son propre terrain : l'économie classique.

    À titre d'illustration, prenons le secteur, très à la mode, des ressources naturelles.

    1. COÛT/BÉNÉFICE
    • Le secteur de la culture, au Québec, génère PLUS d'activité économique (plus d'emplois, plus d'argent en circulation, plus de retombées commerciales directes et indirectes) que les secteurs RÉUNIS de la forêt, des mines et des pêcheries.
    • L'argent public consacré à UN SEUL de ces secteurs dépasse pourtant largement le budget du ministère de la Culture. Cela aussi se vérifie facilement.

    Un dollar investi en culture est donc infiniment plus rentable qu'un dollar investi dans l'exploitation des ressources naturelles.

    2. BALANCE COMMERCIALE
    • L'économie de la culture profite en quasi-totalité aux Québécois. Et l'activité culturelle attire des touristes étrangers, qui viennent dépenser leur argent chez nous.
    • L'exploitation des ressources profite d'abord aux sociétés étrangères. Et elle crée des irritants nuisibles au secteur touristique.

    Bref: la culture fait entrer l'argent au pays, tandis que l'exploitation des ressources le fait sortir.

    3. SANTÉ / ENVIRONNEMENT
    • Le seul impact de l'activité culturelle est lié au transport des personnes et de l'équipement. Mais nombre d'artistes promeuvent gratuitement les comportements écoresponsables. L'accès à la culture réduit le stress qui cause nombre de pathologies — grandes économies pour le système de santé.
    • Le secteur des ressources brûle énormément de carburant en transportant des millions de tonnes d'équipement et de matières premières. Il cause des dégâts majeurs qu'il faut réparer: reboiser, dépolluer, indemniser les pêcheurs ruinés, relocaliser les citoyens des villages miniers, traiter des troubles respiratoires, psychosociaux... Cela coûte très cher.

    Bref: la culture profite à l'économie de la santé et de l
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  • asclepios - Inscrit
    18 mai 2011 15 h 07
    Oui, Nathalie Elgrably-Lévy est une économiste!
    @ Olivier Carrier

    Vous avez raison, elle est dans une démarche qui s'adresse aux faiblesses des lecteurs et non à leur sens critique. Mais elle est visiblement convaincue d'avoir raison, et il faut envisager la possibilité qu'elle pense que ses détracteurs sont de mauvaise foi.

    Elle n'a pas répondu aux nombreux critiques qui ont pris la peine de lui faire valoir l'apport social des artistes. C'est tout à fait justifié dans la mesure où sa vision économiste lui interdit de considérer l'existence d'apports à l'économie autres que via le travail individuel et le salaire versé par l'employeur privé. C'est une vision simpliste, mais qui a une logique interne qui plaît clairement à beaucoup de Québécois.

    Mme Elgrably-Lévy enseigne aux HEC et je suis sûr qu'elle y fait le travail qu'on attend d'elle. Cependant, je ne pense pas que ce soit en tant qu'économiste qu'elle ait signé ses chroniques d'opinion prônant l'abandon du financement public des artistes. Pour ma part, je crois que c'est en tant que militante de l'Institut Économique de Montréal.

    L'IEDM a tout à fait le droit de diffuser ses points de vue. La faute revient au Journal de Montréal et au Journal de Québec, qui n'ont pas compris qu'ils se sont fait duper et qu'ils ont donné une tribune publicitaire gratuite à l'IEDM. Ces journaux devraient, à tout le moins, exiger des revenus publicitaires pour la diffusion des chroniques de Mme Elgrably-Lévy.

    François Genest
    http://atenacite.blogspot.com
    Twitter: @FGenest
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