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Médias - La madamisation

Stéphane Baillargeon   21 mars 2011  Médias
C'est fini. À 45 ans, l'âge d'être grand-mère, le magazine Madame au foyer raccroche son plumeau. Le numéro d'avril sera le dernier. La direction a évoqué des raisons «essentiellement économiques» pour justifier le seppuku.

Le nom de la chose, raccourci en 2000 au simple Madame, n'a pas aidé sa cause. Madame au foyer... Même en 1966, à sa naissance, ce nom de baptême n'annonçait pas exactement l'avant-garde féministe éclairée. C'est un peu comme si Le Bel-Âge avait choisi de s'intituler Mémère à l'hospice...

C'est un détail. Au fond, si Madame au foyer disparaît, c'est peut-être aussi parce que les autres médias pastichent et relaient maintenant allègrement sa formule, avec vie pratique, consommation, cuisine, bien-être, mode, beauté, santé et cocooning partout, tout le temps.

Observant le phénomène, une collègue féministe de la salle de rédaction du Devoir a parlé de la «madamisation des médias». Attagirl!

Tendances

Le concept éclaire une foule de tendances. La madamisation explique par exemple l'étonnante survie des magazines féminins dans le monde du papier en crise. Les femmes lisent, contrairement à leurs béotiens d'époux, et elles lisent encore beaucoup.

La madamisation justifie la très belle récente refonte du Globe & Mail, maintenant lu par une majorité de femmes plus ou moins professionnelles. Le prestigieux quotidien a refait sa maquette et revu certaines de ses sections pour leur plaire.

Ici, le désir de rejoindre l'équivalent contemporain de la «madame au foyer» (y compris dans sa version homme rose) formate les grilles de programmation des médias généralistes pendant la journée. Ce qui donne donc Deux filles le matin et Tout simplement Clodine à TVA et L'après-midi porte conseil à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Comme quoi, souvent, une matante se terre dans chaque madame. Comme quoi, dans les médias, la matantisation double la madamisation. À preuve, ces innombrables reportages consacrés la semaine dernière au retour de Céline Dion à Las Vegas.

Mais la madamisation des médias peut être entendue dans un autre sens. Il s'agit alors d'une perspective faisant envisager tous les problèmes du monde à partir du point de vue d'une certaine madame choyée, hors du foyer, la bourgeoise friquée et culturobranchouillée.

Cette madame des médias paraît plus obsédée de reconnaissance que de connaissance. C'est une envoyée spéciale sur son propre nombril de privilégiée. Les gadgets électroniques, iPod, iPhone, iPad, Twitter, Facebook et YouTube, si possible tous en mê-me temps, amplifient son narcissisme de citoyenne comblée.

Cette rebelle du confort se perçoit elle-même comme l'incarnation parfaitement légitime et cool de la «normalisation antinormative» décrite par l'essayiste Philippe Muray. On pourrait aussi parler d'une «mutine de Panurge» pour lui rendre hommage.

Si aucun média ne meurt de cette maladie, beaucoup en souffrent pendant la journée. C'est la madamisation qui se déploie sans gêne en avant-midi, à la Première Chaîne, quand une forte odeur de Paris Match imbibe tous les sujets traités, surtout les plus lourds. Rendus aux plus légers, les propos empestent le prout-prout-ma-chère, une sorte de mégaclique du Plateau en palabres dans un salon de Saint-Lambert.

L'après-midi, à la télévision d'État, d'autres néodames patronnesses jugent l'état du monde vu d'Outremont, ou tout comme. Pendant la semaine de relâche, une de ces lionnes-tigresses-cougars se demandait quoi faire avec son adolescente pendant que ses amies voyageaient en Europe.

Des chroniqueuses des journaux en rajoutent. Elles s'imaginent que le vulgum pecus partage leurs bobos de Bobos. Et le petit dernier qui a encore perdu son iPad. Et pourquoi on n'en a pas des belles affaires comme à Copenhague? La madame est souvent une parvenue.

Évidemment, on se comprend, la madamisation n'a rien à voir avec une quelconque essence féminine. C'est une attitude. Une idée générale. C'est l'institutionnalisation médiatique de la bourgeoise, de l'arriviste et de la faiseuse.

D'ailleurs, Marie-France Bazzo ne madamise pas à Télé-Québec. Anne-Marie Dussault non plus, à RDI. Jamais, en fait, tant mieux et merci. Même si une des deux se promène en ville avec un petit chien de sacoche...
 
 
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  • Nasboum
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 05h05
    info spectacle
    Votre analyse est juste mais je ne vois pas pourquoi les hommes ne sont pas plus susceptibles de jouir de ce genre de produit. La madamisation, c'est simplement le traitement spectacle de n'importe sujet. C'est croire que pour retenir l'attention de l'auditeur, il faut faire dans le fun, comme le dit si bien M. Homier-Roy, un prince de l'info spectacle. C'est devenu une méthode et une fin et rien de mieux que poursuivre avec Christiane Charette le matin pour le confirmer. Il reste encore des médias qui ne jouent pas ce jeu et je les écoute assidûment, les PBS de ce monde par exemple.

  • Claire Fortier
    Abonnée
    lundi 21 mars 2011 06h43
    À 45 ans, l'âge d'être grand-mère ?
    À 45 ans, l'âge d'être grand-mère ? Et les hommes, eux, sont encore pères à 60 ans !!!

  • Saladesaccoche
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 08h07
    110 % critique face à cette analyse
    La madamisation ? Qu'est-ce à dire ? Que 110 % n'est plus, mais se remplace par d'autres émissions (entre autres, Zone ou Culture physique) où le « mémèrage » de gars, dans un langage qui demande une adaptation à notre compréhension, parlant de sujets cruciaux et fournissant des exemples et des rappels tels que l'un ou l'autre joueur de l'un ou l'autre sport s'est décrotté le nez en 1954 et c'est pourquoi son équipe s'est plantée ? Allons ! La madamisation, c'est le signe que les femmes prennent de la place, et c'est tout ! La mononclisation (ouf ! le mépris de la madame se dit mieux... madamisation... trouvez-moi un terme et vite pour le pendant méprisant de l'homo erectus excluant sa femelle) n'est jamais analysé, cela va de soit. Il faut même en rajouter et s'offrir un petit moment de racolage sport, peu importe le sujet : le CH à toutes les sauces pour un clin d'oeil qui gagnent les coeurs. Quant à Nasboum qui conçoit que M. Homier-Roy est un prince de l'info, j'espère que tous ont leur planche de surf pour suivre la direction des vagues.


  • Abonné
    lundi 21 mars 2011 08h17
    Et dans le mille pardon le kilomètre...
    Il est vrai que les émissions - que le mâle que je suis écoute beaucoup car les choix ailleurs sont navrants - sont parfois énarvantes; particulièrement celle qui sévit entre 9h et 11h à la Première chaîne. Cependant il y a parfois l'information ou le point de vue intéressant; la capsule d'information aussi. Avez-vous écouté les diatribes du club des extrémistes de droite avec Maréchal en comparaison? Ouf, pénible. Arcand, Paul de son prénom, à la même chaîne, est dans le tu et toi avec ses chroniqueurs. La farce parfois grosse. Une chance que pour moi, je peux me réfugier dans la radio un peu naïve mais au son combien différente de cette chaîne qui diffuse si et tant faiblement qu'est CKIN, au 106,3, une radio "World"; souvent enterrée par une autre station qui hurle plus fort à la même fréquence. À l'heure des Charette et des Maréchal, on peut écouter un sympathique animateur néo-brunswickois je pense, à l'accent charmant, nous commenter et présenter des chansons souvent francophones cajun, zydeco, country, bref une belle culture différente, que j'aime bien et qui relaxe des shows de placotage Paris-Matchiens ou JDMistes.

  • Marie Labelle
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 08h53
    La Cynismisation
    Monsieur Baillargeon, votre article touche certains points justes, mais je pense que vos propos sont colorés, malheureusement, de la malheureuse marque de commerce du Québec en ce moment: le cynisme.
    Il est vrai qu'il y a enflure de bien des choses ces temps-ci: nos egos sont exacerbés, l'individualisme se fout de la solidarité, l'information se donne des airs de spectacle et l'on rit... beaucoup... pour ne pas pleurer.
    Radio-Canada devrait se questionner sur le vide culturel qu'il est en train de creuser et oui, aussi, sur les fanfaronnades sous hautes cotes d'écoute de certains de ses animateurs...hommes ou femmes.

  • France Marcotte
    Abonnée
    lundi 21 mars 2011 09h13
    Enfin nommé!
    Oh!, merci à votre collègue féministe de la salle de rédaction d'avoir enfin nommé ce phénomène délirant: la «madamisation des médias».
    "Évidemment, on se comprend, la madamisation n'a rien à voir avec une quelconque essence féminine. C'est une attitude. Une idée générale. C'est l'institutionnalisation médiatique de la bourgeoise, de l'arriviste et de la faiseuse", dit le journaliste.
    C'est encore plus clair quand on lit en version papier (où on capte plus que 20% de l'information...), alors, on se calme le ponpon et pourquoi bouder son plaisir, on rigole un bon coup de ces "néodames patronnesses d'Outremont"; moi la madamisation dénoncé comme phénomène médiatique décadent, je trouve que c'est très instructif - et ça touche tous les genres.
    Il était tant que ces faiseuses soient démasquées: elles n'aident en rien à faire avancer les femmes.

  • Felix Archambault
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 09h33
    Les bonnes femmes
    Merci M. Baillargeon pour votre article.

    Radio-Canada est un repaire de matante "cool" qui se forcent toujours pour donner un côté Paris Match et/ou 7 jours à tous leur sujet. Christianne Charest parle de livre qu'elle n'a pas lue (elle le dit elle-même) mais dont tout le monde en parle... Pu capable de cette radio de matante.

    Vous n'avez pas vraiment parlé de la Presse qui est LE journal des madames avec de moins en moins de journalistes et de plus en plus de columnistes.

    J'ai réglé le problème à la source et je n'écoute plus Radio-Canada, je ne lis plus La Presse et je choisis ce que j'écoute à la télévision pour éviter de voir le monde depuis un salon de St-Lambert. Ça ne m'empêche toutefois pas de les trouver gossantes les matantes.

  • MJ
    Inscrite
    lundi 21 mars 2011 09h46
    La madamisation
    Je n’ai jamais été une consommatrice de ces multiples magazines féminins qui nous assomment avec leurs diverses directives pour mieux paraître et autres balivernes! Tous ces magazines traînent d’ailleurs dans les salles d’attente des cliniques médicales comme si les femmes n’étaient destinées depuis la nuit des temps qu’à faire la potiche ou la bonniche! Une fois feuilletées ces chics revues glacées, j’en ai assez jusqu’à ma prochaine visite! Peut-être ne suis-je pas une “vraie femme”! Pas plus que je ne suis une auditrice ou téléspectatrice de ces émissions culturelles de survol qui sont ni plus ni moins que des “plugs” lancées dans une frénésie verbale qui frise le névrotisme et l’agitation vaine du pétard mouillé. Je préfère éplucher moi-même les sections culturelles des journaux pour décider moi-même de mes sorties culturelles. D’ailleurs, plus il y a de co-animatrices ou de co-animateurs pour ces émissions, plus le sujet est noyé, éclipsé et plus le diable est aux vaches.

    Certaines émissions du matin et de l’après-midi à la chaîne télé de Radio-Canada roulent autour de sujets de pacotilles et du divertissement bon marché! Ou encore ce sont souvent des entrevues teintées d’amateurisme et sans véritable profondeur. Rien de la qualité d’une émission sérieuse qu’animait d’Aline Desjardins à “Femmes d’aujourd’hui” dans les années 1960. Parmi ses invités: des philosophes, historiens, biologistes, écrivains, politiques, artistes, etc. Des entrevues ouvertes sur le monde des idées et des arts et pas fermées sur le Québec uniquement. Des femmes comme Françoise Faucher, Michèle Tisseyre, Aline Desjardins, Anne-Marie Dussault, Marie-France Bazzo, il y en a eu et il y en a encore trop peu dans notre espace médiatique.

  • Nasboum
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 09h52
    @saladessaccoche, @Francemarcotte
    J'ai dit 'prince de l'info spectacle', pas de l'info. Nuance. Je pense que c'est Madame Marcotte qui a bien résumé l'article. On ne parle pas de femmes ici mais d'un embourgeoisement kétaine de nos médias. Et l'émission de Christiane Charette en est l'exemple parfait. C'est ce qu'a voulu Radio-Canada depuis qu'ils ont chamboulé leurs emissions, il y a plusieurs années de cela. Quand je pense que mes taxes servent à financer ces inepties. Je vais me répéter, vive PBS...

  • Marc Gendron
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 10h17
    Parle, parle jase,jase
    ''une des deux se promène en ville avec un petit chien de sacoche... ''

    Qui? De grâce, qui?
    Please! please!

  • boubou
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 11h03
    C'est la faute à Oprah !!!
    Il y a environ 20 ans, Oprah Winfrey avait déjà compris que toutes ces madames sorties du foyer achètent des produits, carburent aux tendances, et consomment des opinions comme des petits pains chauds. En résumé, cette nouvelle clientèle fait vendre de la pub.
    Si les médias s'intéressent à ces dames, c'est parce qu'elles nourissent bien les médias...

  • RedLetter
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 11h12
    La faute des Madames???
    Tout le marketing est basé sur des notions d'ambitions. Les annonces de médicaments montrent de belles personnes en forme et aux cheveux blanc car une grande majorité a l'aspiration de vieillir beau et en santé. Donc SB a raison quand il dit: «Évidemment, on se comprend, la madamisation n'a rien à voir avec une quelconque essence féminine. C'est une attitude. Une idée générale. C'est l'institutionnalisation médiatique de la bourgeoise, de l'arriviste et de la faiseuse.» Mais ce qui m'énerve c'est qu'il n'a pas dit: «C'est l'institutionnalisation médiatique de la bourgeoisie, de l'arrivisme et de la débrouillardise.» Là peut-être que je me serais pas sentie encore blâmée en tant que femme pour un mal ancré dans la nature humaine et qui n'a rien à voir avec mon sexe.

  • Danièle Bourassa
    Inscrite
    lundi 21 mars 2011 11h42
    ben oui lancz-les vos tomates...
    Parlons donc de Marie-France Bazzo qui semble ici unanimement épargnée.

    Je l’aime bien Marie-France, mais moins que lorsqu’elle était à Indicatif présent.

    BazzoTV est dans l’ensemble un bon concept d’émission, mais aussi très axée sur l’apparence et le glamour. C’est du consommé politique léger.

    J’aimais bien, du temps d’Indicatif présent, les longues entrevues avec des gens d’un peu partout sur la planète qui nous en apprenait sur le monde dans lequel on vit, qui nous aidait à le comprendre, qui nous amenait à réfléchir et même à vouloir en savoir un peu plus...

    Mais bon….il y a peut-être une histoire de cote d’écoute…

  • France Marcotte
    Abonnée
    lundi 21 mars 2011 11h45
    À quoi ressemble une femme?
    Pour finir, avec leur évidente obsession pour leur apparence à l'écran, malheureusement, mesdames Bazzo et Dussault font aussi dans la matante; cette névrose obsessionnelle de la ride et du rictus gommés sont encore des vestiges de servitude et de rectitude féminine et nuit à leur crédibilité.
    À quand des vraies femmes dans les médias?

  • Lorraine Couture
    Abonnée
    lundi 21 mars 2011 12h52
    Les madames, les mères, les putes, les vierges, les mononcles, les boys et cie!
    Stéphane Baillargeon, je plains les madames de votre entourage!
    Vous avez voulu, sans doute, écrire un texte provocateur. Ce n'est qu'un éclat mesquin!

    Je me demande pourquoi certains journalistes du Devoir récupèrent les propos de Philippe Muray? L'avez-vous vraiment lu? J'en doute!

    Philippe Muray s'est attaqué à l'homo festivus, terme qu'il a lui-même forgé! Les créateurs de l'homo festivus, des hommes!

    Pour être informé au Québec, il faut ouvrir la télé à TV5, à CBC, à PBS.

    À qui la faute?

    Il y a des années que madame Lise Payette essaie de réveiller le peuple québécois...qui veut des humoristes...

    Il est trop tard...
    Vive les BOYS!

  • Marie-Claude Ducas
    Inscrite
    lundi 21 mars 2011 13h35
    Oh, please....
    Stéphane,
    je t'apprécie énormément comme chroniqueur en général, mais là, à mon avis, tu erres un peu pas mal... Je ne suis vraiment pas sûre de comprendre en qui consiste au juste cette supposée "madamisation"... et encore moins le lien qu'il y aurait à faire avec la disparition du magazine Madame. J'aurais tellement à écrire et à questionner. Parce que, ceci dit, ça touche à des questions intéressantes. Je suis moi-même en deadline, et je n'ai pas le temps de me pencher là-dessus intelligemment aujourd'hui. Mais je me garde cela pour plus tard. Soit ici, soit sur mon blogue (et sans doute les deux...) D'ici là, attention à ne pas te tailler une réputation de misogyne, ce serait dommage.
    À bientôt,
    Marie-Claude

  • Isabelle Lachance
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 14h15
    @ MJ
    Ah! Je me vois feuilleter ces magazines de salles d'attente en me disant: étanchons notre curiosité documentaire. Ça finit toujours par une écœurite que seul l'espoir de tuer le temps allège un peu. Quant à la madamisation par médias interposés, elle atteint assez fortement les femmes de ma génération (je suis née en 1973), même si elle ont été élevées par des femmes qui souhaitaient une égalité des chances et des conditions pour leurs filles – jamais dans mon choix d'activités ou mes intérêts ma mère, voire ma grand-mère n'auraient osé me rappeler que j'était une fille! Et je me souviens du sort que l’on réservait généralement aux « poupounes » à l’école… Mais si l'hypersexualisation nous effraie quand on pense aux plus jeunes et à l'impact de ce phénomène sur eux (mon fils de 6 ans a reçu cette année trois valentins qui laissaient voir assez clairement que le stéréotype de la fille qui veut plaire à tout prix a la vie dure...), elle n'est pas moins active dans les autres tranches d'âge: aussi m'est-il assez difficile, entre le Plateau et Outremont (entre la Clique et le Centre-de-l'Univers-connu, il y a le Mile-End!), d'engager des conversations avec les mères des amis de mes enfants. Le papotage et l'insignifiance sévissent et a-t-on le malheur d'avoir une apparence de personnalité et rien à dire sur la dernière séance de shopping de Madame ou sur sa décoration, elle sait faire entendre qu'il est bien beau que les fistons s'amusent, mais Maman peut retourner gentiment chez elle. Dans les années 70 et 80, dans mon coin du Québec rural, ce genre d'arriviste digérait l’ennui à petites doses de Valium, se pâmait à l'annonce de la mort de telle ou telle vedette française ou américaine; ses enfants, véritables cartes de mode, avaient fréquenté les Clubs Med de trois continents avant d'avoir parlé et elle lisait le _Paris Match_ et _Madame au foyer_ dans sa Lounge Chair. Tiens donc, la malheureuse n'

  • benoitethier
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 15h04
    tout à fait d'accord !
    LA madame d'Outremont a le monopole du bon goût et de la culture ma chère ! Et ce même si elle a quitté Outremont pour paraître plus dans le coup, dans le vent... ou plus jeune. Mais la madame d'Outremont persiste et signe où qu'elle soit ! Mais comme son statut social lui donne une voix, elle étend son royaume partout, notamment dans les médias.

    Autrefois les madames collaient des timbres dans des livrets pour AVOIR. Aujourd'hui les madames collectionnent les sorties culturelles pour ÊTRE CULTURÉE ! Comme le dit si bien Souchon : "On voit le vide à travers les planches !"

    Que nous réserve le futur ? La MADAME est morte ! Vive la MATANTE !

    Mais soyons un peu positif : Marie-France existe encore ! Elle se dit prétentieuse et fifille mais elle s'assume, elle, et n'a pas peur de se remettre en question !

  • Isabelle N. Miron
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 15h26
    C'est TELLEMENT vrai!
    Pour ma part, je ne me sens pas visée puisque je déplore ce phénomène depuis des années. Grande consommatrice de la Première Chaîne, j'ai lâché l'émission du matin puisque je n'en pouvais plus des questions "pipoles" même aux invités les plus sérieux, et l'après-midi, misère... Les Zapartistes le disent très bien dans leur dernier spectacle: " de grands enjeux de société au menu aujourd'hui. Le savon, en pain ou en bouteille?"

    Je déplore cette madamisation, qui n'a rien à voir avec les femmes elles-mêmes, mais plutôt avec la tendance généralisée au nivellement par le bas dans les médias...

  • Christiane Noiseux
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 15h32
    Faut-il encore lire Le Devoir?
    La bourgeoisie friquée et culturo branchouillarde d'Outremont devrait laisser monsieur Baillargeon à ses réflexions.

    Son article ayant dépasssé les limites de tolérance de mon narcissisme de citoyenne comblée je n'ai d'autre choix que de résilier mon abonnement au Devoir afin de lui éviter d'ëtre lu par des "madames" d'Outremont.

  • France Marcotte
    Abonnée
    lundi 21 mars 2011 15h40
    Madame Ducas
    Faire la "cute" et accuser à gauche à droite de misogynie (les bornes fontaines aussi?) sans s'expliquer outre mesure... Tous les symptomes de la madame.
    Travaillez pour un magazine?

  • Monique Girard
    Abonnée
    lundi 21 mars 2011 16h27
    Madamisation et petite madame!
    Félicitations monsieur Baillargeon pour votre article et non madame Ducas, ce dernier n'est pas en train de se tailler une réputation de misogyne. Son article est tout à fait pertinent pour nous amener à une réflexion sur la façon dont une certaine tranche de la société considère les femmes. Je suis femme mais cela ne m'empêche pas d'être critique devant ces magazines féminins et émissions télévisuelles et radiophoniques qui semblent s'adresser à un public jugé faible sur le plan intellectuel. Les sujets sont légers, ne doivent pas être trop sérieux, on doit avoir du fun! J'ajouterais que cet article s'inscrit en complément à un phénomène remarqué depuis quelques années se produisant lorsque certaines personnes s'adressent à des femmes. On les appelle Petite madame! Que puis-je faire pour vous ma petite madame???? La madamisation s'adresse à la petite madame! Il ne surtout pas la forcer à trop réfléchir la petite madame. On en prend soin de la petite madame! Bref, quarante années de féminisme pour en arriver là! Mais heureusement ce n'est pas généralisé et il y a de beaux modèles féminins comme....je m'excuse mais je vais en trouver....

  • Jacopo Belbo
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 16h50
    L'embourgeoisement
    Il y a un peu plus de 50 ans, Roland Barthes a décrit à travers son intemporelle œuvre « Mythologies » le caractère sociologique du petit bourgeois qui est en soi non pas un individu mais plutôt une (im)posture idéologique. D’une pertinence actuelle inouïe, son constat s’accorde parfaitement au conformisme ambiant et souligne l’émergence des trop nombreux vertueux ayatollahs de la bonne conscience ayant toujours le ton docte pour nous dire comment vivre. Les instances gouvernementales et commerciales nous rappellent quotidiennement quoi faire, quoi penser et surtout comment réagir face aux aléas de la vie. Pis encore, il semble que ce discours institutionnalisé se soit instillé dans le domaine privé et oriente les constats existentiels vers de grossiers jugements et projections de valeurs.

    Car le petit bourgeois ne peut concevoir une autre vision de la vie, un autre mode d’existence que la sienne. Affichant quelques attributs personnalisés bien hérités d’un insidieux conditionnement, dénotant son unique personnalité, il s’affiche en porte-étendard du bon goût, de la certitude de la vérité et marginalise avec un certain mépris celui qui s’écarte un tant soit peu de sa vision du monde. En fait, tout en étant banalement « mainstream » bien orienté par le cri du troupeau, ce crypto-individualiste est un insignifiant perroquet n’ayant pas la perspective et les capacités nécessaires pour remettre en cause ce qui sature ses sens. Ce modèle de l’homme moyen sans aspérité prompt à répondre de façon pavlovienne aux nouvelles tendances inaugure l’ère du tout pareil précurseur plus d’une censure officielle que d’une fort ardue mais noble sculpture du soi.

    Non seulement propulsé par la cupidité et l’illusoire certitude d’une notoriété instantanée et surtout si méritée, ces modernes affichent aussi un désespoir couvert par des couches de bonne humeur synthétique masquant la plus pathétique des condi

  • France Marcotte
    Abonnée
    lundi 21 mars 2011 17h04
    Faites pas ça madame Noiseux!
    Vous allez rater le meilleur!

    À Outremont, on n'aime pas ce qui décoiffe?

  • MichelB
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 17h51
    Petit-Bourgeois
    Je trouve votre analyse très juste M Baillairgeon.
    Courageuse aussi, parce que je soupçonne que beaucoup vont n’y voir que misogynie alors que j’y vois plutôt une dénonciation d’une pensée petit-bourgeois insupportable.
    René Homier-Roy, Franco Nuevo et autre imbuvables Kiwis participent autant à cette madamisation de nos ondes. C’est déplorable et il faut le dénoncer comme vous le faites.

  • LaeliaOh
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 19h46
    Ce n'est pas la faute aux médias!
    J'ai presque 45 ans, je ne suis pas grand-mère, mais je ne travaille pas. Je n'ai pas un riche mari industriel bourgeois qui fait que je peux tout avoir comme une parvenue de nulle part; je n'ai même pas l'air snob, ne serait-ce qu'en toc.

    J'habite la banlieue et sans être particulièrement branchée, je crois être au fait de ce qui se passe autour de moi. De ma propre initiative, je me garde informée et divertie, mais les offres radio et télévisuelle ne me conviennent pas souvent. Pas plus que celle des magazines de "madames" d'ailleurs.

    Après plusieurs années passées à la maison, je suis convaincue que ça prend une certaine volonté d'éviter l'encroûtement matantesque et un peu d'efforts personnels pour ne pas glisser: une pantoufle en Phentex est si vite arrivée. Je suis également persuadée qu'il est bien mal avisé de laisser la responsabilité de nous en garder à qui que ce soit d'autre que nous-même.

    J'ai tous les gadgets technos qui font faiseuse, pour reprendre l'expression employée ici, dans cet article. Ainsi, je glande donc la grande majorité de mes infos ici et là sur le net et sur les sites des journaux dits sérieux...

    C'est probablement pour ça que je ne "m'enmatantise" pas. Je n'ouvre pas la bouche dès qu'on me tend quelque chose à consommer... et les médias n'ont rien à voir dans ça.

  • Daniel Leduc
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 20h31
    L'homme petit gars
    Excellente chronique. Ça fait un bout que je trouve qu'on ne critique pas assez les femmes, comme si c'était mal vu, étant donné qu'elles ont tant souffert du complexe d'infériorité et tout. Mais c'est rendu que les hommes se font rentrer dedans en masse mais ne peuvent jamais répondre. L'image qu'on nous renvoi de l'homme dans les médias en est une de moumoune, de mauviette qui doit demander la permission à sa femme pour sortir avec ses chums. C'est l'homme petit-gars bien plus que l'homme rose, celui que les femmes doivent gronder à tout bout de champ en levant les yeux au ciel en désespoir de cause. L'épais sympathique et utile, le gnochon simplet qui n'a ni goût vestimentaire ou culinaire, ni culture. Et pourtant, je me demande où est celui qui, il n'y a pas longtemps, était carriériste de nature, qui travaillait de longues heures pour réussir, qui poussait toujours la machine à fond. Je crois qu'il est en voie d'extinction.

    On en est à repeindre nos locaux au travail ces temps-ci et le peintre nous présente des couleurs: papier de riz, cire d'abeille, pelure de pêches, peau de crocodile. Je crois que l'homme d'autrefois est disparu avec le beige, le jaune, le bleu et le brun. On a souvent dit que la femme est instinctive et l'homme cérébral. Je crois qu'on s'est trompé: c'est précisément le contraire. Les homme sont stimulés par le "gut" et l'instinct, les femmes sont plus sages et réfléchies. C'est pas pour rien qu'elles réussissent mieux à l'école. Mais l'instinct c'est aussi l'imagination et elle est nécessaire quand on veut résoudre des problèmes. Que les femmes prennent leur place c'est magnifique, mais ça ne veut pas dire qu'on doive, les hommes, se mette à plat ventre pour faire de la place.

  • Martin Dufresne
    Abonné
    lundi 21 mars 2011 21h31
    Pas le temps d'en écrire plus mais...
    Je suis d'accord avec Marie-Claude Ducas que le terme de "madamisation" joue la carte d'une bien vieille misogynie, celle qu'ont toujours maniée les soi-disant progressistes qui associaient aux femmes le discours de droite, et à la féminité, la passivité... alors même que le féminisme et d'autres femmes de tête bousculaient leur vision ron-ron de l'actualité politique et de la culture.
    Pour une Denise Bombardier auto-parodique dans sa componction, combien de chroniqueurs masculins qui portent de plus en plus à droite, multipliant jambettes et ronds-de-jambe aux luttes pour la justice sociale? Sans citer de noms, notons la pléthore de prénoms masculins dans le décompte des idéologues de droite et chroniqueurs de leurs états d'âme qui sévissent jour après jour dans nos médias vendus ou non.
    Et puis n'y a-t-il pas là une certaine jalousie?
    Examinons la haine déversée contre le succès d'Oprah Winfrey, qui a réussi aux USA une révolution des perceptions de la vie équivalente à celle impulsée par Madame Payette au Québec. Cela me semble témoigner de la frustration de ceux pour qui le verbe est nécessairement viril et couché en termes politiques.
    Non, la politique du spectacle et du je-me-moi est au moins aussi envahissante et perverse chez les recopieurs des communiqués de l'IEDM et les animateurs-vedettes couillus de nos médias. En ce sens parler de "madamisation" noie le pois(s)on.

  • Patricia Lalonde
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 22h35
    @Daniel Leduc
    Vous n'avez malheureusement rien compris à l'article. Ici c'est bien la madamisation des médias qui est critiquée et non les femmes. Votre point de vue essentialiste, qui me semble justement à l'opposé des propos de M.Baillargeon, sont une belle preuve de votre désintérêt pour l'égalité des genres, que vous croyez atteinte en plus. Je n'ai qu'une seule chose à dire: masculiniste qui s'ignore.

  • Paul Dawson
    Inscrit
    lundi 21 mars 2011 23h29
    Vieille nouveauté!
    La date de votre article devrait être le 21 mars 1980 au lieu de 2011.

    La confiante affirmation du vide; sauce féminine. Salaire égale...

    Oui mon champion.

  • Inherkha
    Inscrit
    mardi 22 mars 2011 09h11
    Un bon exemple..
    de la madamisation : Dan Bergman remplacé au micro d'espace Musique par ma tante France Castel.

  • Helene Charron
    Abonné
    mardi 22 mars 2011 09h26
    Mauvaise analyse
    Ce type d'analyse fourre-tout dénote encore une forme d'androcentrisme et de misogynie comme si les problèmes que les médias connaissent actuellement (et le vide qui les caractérise) étaient le résultat de la féminisation. Comme si, aussi, parler des "affaires" domestiques ou ménagères était nécessairement si superficiel alors que cela concerne les choses les plus récurrentes et les plus essentielles de la vie. En fait, tout dépend bien entendu de ce qu'on en dit et de comment on en parle.

    Bref, cette analyse mélange tout en faisant une sorte de populisme sociologique qui ne sert à rien ni personne sinon qu'à renforcer des lieux-communs stéréotypés sur le genre, comme cette idée idiote de "'matantisation" de l'éducation qui occulte le fait que l'éducation primaire est féminisée depuis le milieu du XIXe siècle et que depuis cette époque cela inquiète pour la construction de l'identité masculine des petits garçons. D'aileurs, on voit bien quel type de réflexions stéréotypées cet article suscite chez les lecteurs et les lectrices.

    La critique des médias et de la disparition de tout contenu de valeur doit être faite mais surtout pas de cette manière en réactivant les pires visions androcentriques qui excluent des choses essentielles tout ce qui concerne l'espace domestique et la gestion quotidienne de la vie.

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    mardi 22 mars 2011 09h34
    Le confort et l'indiférence !

    Le confort et l'indifférence !
    Que dire d'autre.

  • Cindy Begin
    Inscrit
    mardi 22 mars 2011 11h44
    Le pouvoir de la femme
    Jadis, la femme tenait la bourse de la famille. Épiceries, vêtements, loisirs… L'homme pourvoyait et la femme décidait. C'est pourquoi elle était souvent ciblée par les publicités.

    Maintenant, c'est souvent encore elle qui tient la bourse de la famille… mais elle pourvoit elle aussi! WOW, la manne pour les annonceurs!

    Voilà le pourquoi de la madamisation. Elle a toujour été et elle sera de plus en plus forte.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    mardi 22 mars 2011 12h37
    Féministes bornées et enragées, ne lisez pas, regardez la chaîne V
    J'ai commis un livre sur la correctitude politique et morale, livre pas encore publié. Et l'une des constations que j'ai faites, comme des milliers de femmes et d'hommes, c'est qu'il est INTERDIT d'employer une expression qui, apparemment, pourrait insulter les «Madames» «pures et dures».

    JSB, sociologue des médias

  • Helene Charron
    Abonné
    mardi 22 mars 2011 15h47
    Ah bon
    @ JS Baribeau
    D'abord, cette interdiction est plutôt faible si on compte le nombre toujours croissant de chroniqueurs, blogueurs et auteurs qui usent de néologismes à saveur sexiste pour faire de mauvaises analyses sociologiques.
    Et d'ailleurs, je tiens pour un acquis social le fait que les propos sexistes, racistes ou homophones soient moins tolérés socialement qu'autrefois. Il faut faire la différence entre la rectitude politique qui vise à détourner des débats sociaux essentiels et les conséquences linguistiques des avancées démocratiques et égalitaires de notre société. Le langage est intrinsèquement lié aux rapports sociaux et l'usage d'une langue réfléchie et épurée des expressions sexistes, racistes et homophobes contribue à instaurer une société plus égalitaire, où la vie est meilleure pour chacun et chacune. La pensée libre ne peut se déployer dans les lieux communs, les stéréotypes et la réaction conservatrice.
    Hélène Charron, et statut pour statut, voici le mien : PhD, Historienne et sociologue.

  • Martin Dufresne
    Abonné
    mardi 22 mars 2011 16h16
    Casser du sucre sur le dos des femmes demeure une tendance lourde
    ..quoi qu'en disent ceux et celles qui n'y voient guère. Après les plaisanteries de "blondes" et de "belles-mères", nous voici imposés les qualificatifs de "madames" et de "matantes", et ce même si la banalisation des discours et préoccupations roucoule tout aussi souvent dans des bouches masculines. Mais c'est au féminin qu'on acroche le discrédit, comme toujours. Coïncidence?
    Comment ne pas entendre là ce que de Gaulle appelait une certaine "chiennerie"?

  • Michel Bédard
    Inscrit
    mardi 22 mars 2011 18h13
    Lionnes légères et édentées, etc.
    SB écrit : "La madamisation n'a rien à voir avec une quelconque essence féminine. C'est une attitude, une idée générale, l'institutionnalisation médiatique de la bourgeoise, de l'arriviste et de la faiseuse». C'est pourtant clair, cela n’a rien à voir avec la misogynie. Oui, il y a 110%, le club des ex, les Boys, les guignols de l'humour, etc. On ne fait que "surfer", ploguer, avilir, pour mieux forger les comportements, pour faire consommer davantage... Plus on distrait le citoyen, considéré comme un simple et bête consommateur, moins il est amené à penser, à se prendre en mains. Pour le pouvoir économique et politique, un citoyen qui pense a toujours été un danger potentiel... Oui, confiante affirmation du vide, de la mort. Et le citoyen obnubilé en redemande... Tout pour amener au matérialisme, au pseudo confort et à l'indifférence... Lancé à la blague, mais avec un fond de vérité, ne dit-on pas que les centres commerciaux sont l'enfer des hommes, et le paradis des femmes ? À l'université, on apprend qu'un média est avant tout un "produit" à vendre... L''info se veut donc prioritairement et essentiellement un produit commercial, si possible divertissant (comme dans diversion) ... Banalisation... Rejoignons maintenant notre reporter sur le "théâtre" des opérations militaires, la "scène" du tremblement de terre... Info-spectacle.

  • CLOUTIER
    Inscrit
    mardi 22 mars 2011 20h56
    Très bon article
    C'est écrit avec humour et criant de vérité. Domage que les ''Parfaites'' ne soit pas capables d'autocritique...

  • Yves Rousseau
    Abonné
    mardi 22 mars 2011 21h10
    le titre masque le propos
    Le texte de SB est malheureusement coiffé d'un titre qui ameute les «masculinistes» et les «féministes» dans un faux débat. Même problème quand les médias jouent les générations les unes contre les autres. Le seul gagnant à ce jeu, c'est le capitalisme consumériste.

    La question à se poser c'est comment les médias dominants jouent la «game» de la consommation. Qui veut-on séduire pour avoir vos dollars? Il est clair que l'argent des femmes vaut celui des hommes.

    Pendant qu'on s'entredéchire, les caisses enregistreuses ne dérougissent pas.

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    mardi 22 mars 2011 22h56
    De la 'madamisation' à la 'matantisation' , il n'y a qu'un pas...
    ... qui ne sera pas difficile à franchir !

    Pour ce qui est de la légèreté insouciante de la Première Chaîne le matin, n'est-ce pas le fait d'une communicatrice qui a été encensée en son temps par sa fraîcheur dans l'abord des sujets graves et qui fait l'objet de ce tir groupé ? Ou est-ce plutôt le ton guilleret avec lequel elle aborde tous les sujets, du cold-cream à appliquer au bon moment sous une lumière sans ultraviolets jusqu'au génocide rwandais ? Pourtant cette dame a été un précurseur dans le domaine communicationnel radio-canadien et a fait école, ce qui aurait fallu rester sa chasse gardée, son 'branding' a plutôt fait des petits en raison de la paresse imaginative et conceptuelle des producteurs et idéateurs télévisuels d'aujourd'hui.

    C'est un effet direct de la prise progressive du pouvoir par les Femmes depuis la fédération et l'articulation discursive féminste de leurs idées, leurs valeurs et leurs pensées depuis un demi-siècle par l'exemple de L Payette, S Monet-Chartrand, A Desjardins, A Émond. H Pedneault, Pôl Pelletier, S Sontag, G Greer, S De Beauvoir, M Duras, etc.

    On pourrait reporter aussi le problème de la vacuité croissante du discours de certains artistes, écrivains, musiciens qui distillent un discours convenu hermétique comme un Tupperware qui sent le renfermé quand ouvert, mais aussi le niveau de souffrance épargnée par la subvention étaitique généralisée qui jette l'Artiste en général dans une complaisance satisfaite sur la culmination de son art, quand autrefois, jadis, naguère, la souffrance était sublimée dans l'atteinte du sommet de son Art, le Chef-d'Oeuvre, souvent reconnu à titre posthume.

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    mardi 22 mars 2011 22h58
    Et la 'matantisation' bureaucratique de l'État, elle ?
    Et la 'matantisation' bureaucratique de l'État, elle ?

    Ce sujet devrait être décortiqué et analysé en profondeur, en largeur et en épaisseur, notamment par M Bock-Côté (tiens, intellectuel rétro-progressiste de choc, on va rire !) pcq il y a des mâles bêta (pas si bêtas, tout de même) qui en souffrent et qui cause des dégâts professionnels par son effet délétère sur l'estime de soi déjà pas très forte des hommes qcois d'aujourd'hui.

    Et ce n'est pas être 'masculiniste' de percevoir un problème de glissement de pouvoir quand celui-çi est flagrant.

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 23 mars 2011 07h24
    Prenons une pause...
    Hélène Charron nous propose une pensée que chacun devrait intégrer et méditer avant d'écrire quoi que ce soit. "La pensée libre ne peut se déployer dans les lieux communs, les stéréotypes et la réaction conservatrice."

    Il n'est pas difficile de constater que Stéphane Baillargeon profite lui-même du phénomène qu'il dénonce. Titre accrocheur, substance légère, analyse superficielle, généralisation à outrane, dichotomie élémentaire, flatteries sans substance...

    Et j'en passe.

  • Michèle Dorais
    Abonnée
    mercredi 23 mars 2011 08h10
    Pourquoi s'en faire quand il y a mieux ailleurs ?
    J'ai balancé la télé par la fenêtre il y douze ans, bien 'tannée' de me faire lessiver le cerveau, et fait de même avec le méméring sidérant à la radio. Je me suis tournée vers les journaux en ligne plus pertinents.. et les grandes chaînes culturelles en ligne et en podcasts...
    En ce qui me concerne, R-C fait dans le plus petit dénominateur commun en saison... et pire en été. Exsangue, R-C n'en a plus que pour les émissions 'el cheapo' qui remplissent les cases horaires d'imbécilités mur à mur. L'ennui c'est que la culture naguère à la portée de tous devient maintenant élitiste... Pourquoi s'en faire ? Madame s'amuse ! Mais aux dépends de qui ?

  • Lorraine Couture
    Abonnée
    mercredi 23 mars 2011 09h43
    Le durcissement d'une pensée libre ramolissante - PRISE 2
    Beaucoup de madames ont été, sont et seront des piliers féminins.

    Certains journalistes et commentateurs se déshonorent en critiquant les madames et s’en félicitent sans doute!

    Les « madames » sont épouses, veuves, artisanes, mères, écrivaines, maîtresses, bourgeoises, ouvrières, marchandes, marginales, belles, laides, méchantes, gentilles, sédentaires, nomades, aimables, détestables, généreuses, égoïstes, rebelles, soumises, prétentieuses, modestes, victimes, manipulatrices, dévotes ou incroyantes…

    Elles s'emparent du Logos, et le font vibrer verticalement.

    Ma foi, je me demande ce que monsieur Stéphane Baillargeon espère? Porter une jupe et s’arroger le droit d’incarner la papauté et de chasser du monde des médias, le féminin omniprésent et bienfaisant.

    Alors que des hommes et des femmes de bonne volonté croient s’émanciper des idées tyranniques en lisant Le Devoir, et s’évertuent à réenchanter le monde, d'autres dénigrent les femmes et par le biais, refont l’éloge, ad nauseam, du phallus couronné.

  • Johanne Bouthillier
    Inscrite
    mercredi 23 mars 2011 10h56
    matantes et mononcles
    Au moins, les émissions de matantes offrent des sujets variés, souvent de mince envergure, il est vrai, mais variés.

    Les émissions de mononcles, comme Antichambre et ses nombreux clones, ressassent constamment des commérages sur un seul sujet sans envergure, le hockey. Tous les jours!

    Vive les matantes!

  • Monique Girard
    Abonnée
    mercredi 23 mars 2011 11h28
    Que d'enflure!
    Pourquoi parler de dénigrement des femmes, de misogynie, de stéréotypes et j'en passe? Les femmes se pensent-elles juchées sur un piédestal qu'elles ne peuvent faire l'objet de critiques? La dérision et l'auto-dérision sont souvent bénéfiques pour s'analyser. Bien sûr, il ne faut pas céder à la généralisation mais il faut admettre que beaucoup de femmes et aussi beaucoup d'hommes sont bien à l'aise dans le confort et l'indifférence et dans la consommation. On ne veut surtout pas se poser trop de questions. Ils et elles en ont pleinement le droit mais pourquoi ne pourrait-on pas en faire le constat? Cela n'enlève rien au fait qu'il y a des femmes exceptionnelles. Par ailleurs, tous ceux et celles qui dénoncent les appellations de madamisation et de matantisation peuvent-ils dire qu'ils n'ont jamais utilisé la p'tite madame pour s'adresser à une femme ou pour parler d'une femme en particulier? Cette appellation semble mieux acceptée dans la société. Elle est probablement plus sournoise et hypocrite. Je l'ai rarement vu être dénoncée. Deux poids, deux mesures?

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    mercredi 23 mars 2011 11h47
    Infantilisation plutôt que madamisation?
    Attention à ne pas perdre de vue le fond de cet article, au nom d'une certaine misogynie de façade.

    Il y eut une époque où si l'on voulait des potins-Plateau ou des potins sportifs, on achetait le Lundi ou le Journal de Mourial à la caisse du supermarché. Maintenant tout cela vient à nous par Internet sans qu'on l'ait demandé.

    La «madamisation» dont il est question va aussi de pair avec des tribunes radio complètement abrutissantes et agressives destinées au primate qui sommeille en chaque homme.

    Et généralement, la «madame» moderne, qui est surtout une consommatrice échevelée, retrouve son homo pas très sapiens dans une pub de char où elle joue le beau rôle face à un gars complètement abruti.

    À mon avis, ces postures caricaturales devraient être rangées dans la même catégorie «infantilisation des médias», mais je crains que le lobby de 6e année de l'école Saint-Nom-de-Machin de Lachute ne m'envoie promener par Twitter.

    ---
    Quant à Anne-Marie Dussault, elle est tombée de son piédestal cet hiver alors qu'elle a interviewé Bonhomme Carnaval le plus sérieusement du monde dans une émission d'information.

    Sur ce, je pense que je vais m'acheter un caniche de poche.

  • gis kar
    Inscrit
    mercredi 23 mars 2011 13h04
    Terme inadéquat
    Comme le terme madamisation ou matantisation semble déplaire à plusieurs, je suggère un terme moins péjoratif. Le féminisation semble plaire. Je suggère donc d'emprunter au Malaisien le terme "isteri" qui signie femme, et d'utiliser "istérisation des médias" à l'avenir. Ca semblerait mieux convenir selon mon humble avis

  • Joho
    Inscrite
    mercredi 23 mars 2011 13h53
    Je ferme la radio
    J'ouvre la radio à Radio-Canada en avant-midi, j'entend un recherchiste s'exciter parce qu'un tout nouveau parfum pour homme fait tellement bien sur sa peau. Rire et joie dans le studio, heureux qu'ils sont de la fin de ses angoisses et incertitudes. Je ferme la radio.

    J'ouvre en après-midi la fin de semaine, toujours à Radio-Canada, une collaboratrice cette fois nous parle de restaurants à New-York ou Vancouver, je ne sais plus. Je ferme la radio pcq les restaurants à NY je m'en crisse et je sais que l'émission est de la même eau.

    J'ouvre encore un fois la radio à Radio-Canada, un recherchiste parle d'un sujet sans intérêt mais prend bien soin de répéter une dizaine de fois qu'il a un poster de pompier nu chez-lui, visiblement il faisait de la provoc à deux balles. Je ferme la radio.

    Résultat je n'écoute plus radio-Canada au hasard, seulement quelques émissions liéés à l'information, et encore, avec l'envahissement des Pat Lagacé et autres boisvert, l'insignifiance ne concerne pas seulement la madamisation.

  • LiseTr
    Abonnée
    mercredi 23 mars 2011 14h12
    Trop de mots...
    Mais ç'est du André Arthur à la sauce montréalaise ça, ma foi! Moi qui croyais que l'on avait dépassé ça depuis longtemps maintenant que notre monde est tourné vers le monde. Trop de mots, trop de mots ici.

  • Persephone
    Inscrit
    mercredi 23 mars 2011 16h39
    Et le public-cible ?
    Je pense que plusieurs d'entre vous oublient la notion de public-cible. Je suis moi-même conceptrice web, et comme à la télé, nous devons faire des réflexions importantes sur le contenu que nous présentons, et ce toujours en fonction de l'utilisateur/auditeur visé. Le matin, la semaine, ce sont davantage les femmes qui ont l'opportunité d'écouter la télévision, et d'ordre général, elles ne veulent pas entendre parler de la crise libyenne ou de la culture créole en déclin, mais de tendances, de glamour. Radio-Canada fait des études de marché, comme la plupart des autres médias à l'échelle planétaire, et ces études inspirent ensuite les choix de contenus et de formules visuelles. Oui, on impute le rôle de bourgeoise inculte d'Outremont aux consommatrices de ce type de médias, mais la télé, la vente en général sont des milieux remplis de préjugés. Donc, matantisation, non... Adaptation au public-cible !

  • Diane Parent
    Abonné
    mercredi 23 mars 2011 16h49
    madamisation montée de lait belles-mères
    C'est vrai : j'avais oublié que ce sont toutes des "madames" qui meublent l'Antichambre, qui sont d'ex-premiers ministres en mal de commentaires, qui crient "LIBARTÉ" et contrôlent le droit à l'information à Ottawa...une chance qu'il y a Stéphane Baillargeon pour nous le rappeler !

    Signé : Une abonnée de longue date qui s'excuse de "madamiser" la section commentaire

  • Nasboum
    Abonné
    jeudi 24 mars 2011 06h44
    lecteurs du Devoir
    ça fait longtemps que je n'ai pas vu des commentaires aussi intéressants dans un article du Devoir. D'habitude, ce sont les mêmes qui radotent et pas très bien. Merci.

  • M.Pare
    Inscrit
    jeudi 24 mars 2011 13h37
    Je pensais que le Devoir était un journal sérieux...
    C'est comme toujours au feminin qu'on insulte les gens, les ministres, les journalistes...après les belles-mères et les matantes, les madames...non seulement les gars s'en donnent à coeur joie mais les femmes embarquent aussi pas mal. Et si on se défends, hommes (et femmes) nous sautent dessus à pieds joins. Pourrions-nous parler de mononc' des fois? Le machisme a la vie très dur! ca fait pas longtemps que la femme commence a prendre sa place en société, mais les hommes aimeraient bien les retourner à leur chaudrons!! Je suis féministe et j'en ai marre des ti-zommes frustrés qui sentent qu'ils perdent peu à peu leur ti privilèges...pauv ti gars!!

  • Daniel Lavigne
    Abonné
    jeudi 24 mars 2011 18h49
    Qualité de la radio de la Première Chaîne
    Thème abordé ici par plusieurs commentateurs. Une alternative radiophonique existe: France Culture. Disponibles en baladodiffusion, des émissions telles que Du grain à moudre, L'Esprit Public, Les Nouveaux chemins de la connaissance, etc. permettent de constater la pauvre qualité des émissions de la Première Chaîne. Dommage. Espérons que Patrick Beaudoin (nouveau patron de la radio de la SRC) saura s'en inspirer.

    Daniel Lavigne
    Québec

  • Sylvain Levesque2
    Inscrit
    jeudi 24 mars 2011 23h02
    exposer certains travers féminins ?
    M. Baillargeon est provocateur dans la forme, mais il décrit quelque chose de fort juste. Avec la place de plus en plus grande que les femmes prennent dans la société, c'est une évidence que les médias seront de plus en plus teintés par leurs préoccupations.
    Et là, loin de moi l'idée de laisser croire que c'est une déchéance... c'est simplement un changement.
    Si on veut être correct sur le plan de l'analyse, on ne peut pas souligner uniquement les beaux côtés de l'accession des femmes à plus de pouvoir. Il y a quelques travers qui viennent avec, et les médias les illustrent bien : un certain goût pour la superficialité, la consommation outrancière, l'obsession de l'apparence et du corps (ah! se faire du bien...), la valorisation du verbiage inutile et du potinage.
    Si on ne pouvait pas souligner ces travers, comme ce qui appartient en propre aux femmes qui nous tapent sur les nerfs (c'est bien de cela qu'on parle quand on parle de "madames", on ne parle quand même pas de celles qu'on aime !) c'est qu'il y aurait un déséquilibre navrant entre le traitement qu'on fait à l'un et l'autre genre.
    Ce qu'on souhaite au final, c'est un peu moins de "mononcles" et de "matantes", un peu plus d'inspiration, de créativité et d'indépendance d'esprit.

  • Benoit Guérin
    Inscrit
    vendredi 25 mars 2011 14h40
    Doucement
    Il n'y a pas de combat entre les femmes et les hommes. Il n'y a aucune raison de prendre un parti pris. Que ce soit des Ti-Gars, des petite madame, des petit monsieur, des mononcles, des matantes, sa reste une gang d'humains. Une gang d'humains qui écoute la télévision. Moi ce qui me désole, c'est de tout ramener au féminisme. Le féminisme c'est de se lever hommes et femmes ensemble pour dénoncer des situations l'encontre de l’intérêt de l'égalité. C'est comme si on avait inscrit la noiricisation du hip-hop québécois. Plus le hip-hop québécois avance, plus l'influence des noirs ce fait sentir. Bientôt, plus un seul groupe de rap ne pourra exister au québec sans un noir dedans! Hey! C'est pas raciste, c'est normal. Le hip-hop c'est leur culture, sa vient d'eux. On se l'approrie à notre gout, notre sauce et ils collaborent avec nous. Les madames, c'est pareils. Elles ont leur culture qu'elles transportent. Elles aiment comparer l'odeur des shampoings. Elles comprennet l'importance d'un porte savon qui fonctionne bien et qui se nettoye facilement. On s'adapte. Ce qui est navrant, c'est effectivement l'infantilisation. On nous parle comme si on étais déja tous dans un centre de personnes âgés. Mois, c'est ça qui me déplaît. Pas les femmes, pas leurs cultures, pas leur sujets, mais leur approchent qui nous fait soudainement sentir débile.

  • Louise Hurteau
    Abonnée
    samedi 26 mars 2011 23h59
    @Monique Girard @Isabelle N. Miron
    Bravo pour vos commentaires et j'abonde dans le même sens.

    @Persephone

    "de la crise libyenne ou de la culture créole en déclin, mais de tendances, de glamour...."

    Vraiment ? vous devriez refaire vos devoirs ici ! Quelle généralisation simpliste - faite le tour des commentaires ici même et vous noterez qu'une bonne tranche de femmes sont tout autant intéressées à la crise Libyenne, à la politique, à la science - en fait plusieurs d'entre-nous s'intéressent à tout ce qui fait la différence entre l'être et la paraitre.

    C'est sur que ce marché, Radio-Canada l'a perdu avec son nivellement par le bas et l'infantilisation de l'information. Peut être que finalement, leur formule s'adresse à une tranche de gens très spécifique et leur côte d'écoute générale déterminera la réussite de notre Radio-Canada style "à la Sarah Palin" style pas très futé mais qui fait semblant de l'être. Pour ma part, la télévision est disparue de nos vies depuis plus de 6 ans. On préfère l'Internet qui nous offre la possibilité du choix, la diversité et la qualité de l'information - bien sur on ne ferait pas partie de votre marché cible si je me base sur vos commentaires ;-)

    @ l'auteur: Bravo pour cet article une critique qui force la réflexion, demande du changement et qui honore l'intelligence des femmes et celle du peuple québécois en exigeant du contenu qualitatif plutôt qu'abrutissant !

  • Marie-Claude Trepanier
    Abonnée
    mardi 29 mars 2011 11h47
    Le poids des mots
    Selon monsieur Baillargeon, la madamisation n’est pas une question de genre, c’est une attitude qui concerne les deux sexes qui s’intéressent à un contenu associé à la vie pratique. À une certaine époque, les hommes qui s’intéressaient à la cuisine (aujourd’hui virilisée par la horde de cuisiniers à la mâlitude bien affirmée), à la mode et la beauté étaient traités de tapettes ou de fifs. Aujourd’hui, ce sont des matantes et des madames. La lutte contre l’homophobie a réussi à changer notre vocabulaire, qu’en est-il de celle contre la misogynie? Oui, le mot importe autant que la chose. Monsieur Baillargeon en bon journaliste ne devrait pas ignorer le poids des mots. Il aurait pu utiliser le terme «estivalisation des médias», comme d’autres seraient avisés de bannir « belles-mères » lorsqu’il n’est question que de beaux-pères !

  • asclepios
    Inscrit
    dimanche 3 avril 2011 11h50
    Merci!
    Les commentateurs sont généreux dans ce fil de discussion. J'ai envie de prendre le temps de tout lire, ce qui fait que je ne me prononcerai pas maintenant sur le fond.

    Mais par contre, il est utile de souligner l'intérêt des enjeux soulevés ici. Comme qui dirait : «Y a de quoi là».

    Peut-être juste un bref aperçu de ma pensée : le féminisme n'est pas homogène. Et un autre : le féminisme ne se résume pas à une lutte des genres. Bonne journée!

    François Genest

  • Raynald Boucher
    Inscrit
    lundi 4 avril 2011 11h18
    Oser la différence
    Je me demande si la Madamisation de nos médias n’est pas encore et toujours l’excuse choisie d’une minorité privilégiée et choyée qui adore gérer le monétaire pour plaire à une majorité qui aime à se satisfaire du populaire remettre à demain et acheter maintenant… de tout et de rien, comme des émissions télé de piètres qualités et souvent vides de sens profonds. Je préfère TV5 à bien d’autres.
    La cote d’écoute faisant preuve de tout ou de rien selon moi, si ce n’est que d’officialiser la vieille maxime qui dit qu’il vaut mieux bêler avec la majorité, que d’être seul dans son coin à se savoir bien malin de ne plus avoir besoin des autres pour se reconnaître différent.
    Il serait facile d’en faire tout un plat de lentilles sans goût ni saveur. Ou encore l’affaire d’une guerre puérile sexiste et vaine entre des points de vue de tous acabits au sujet de la qualité des messages que transportent nos médias, et qui me semble d’ailleurs perdue d’avance. Selon moi, il est ici question d’une réelle bataille existentielle entre l’être et le paraître. Entre le plein et le vide. À chacun sa croisade.
    Oser s’affirmer, s’afficher, dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas… Ils sont peu nombreux à le faire…
    Bravo à ceux et celles qui osent le faire. Qui osent la différence.

  • Matulu Tremblay
    Abonné
    lundi 4 avril 2011 21h59
    Fameux ce journal " Le Devoir".
    Je profite d'une offre du "Devoir" gratuit pour un mois. Je tombe sur Stéphane Baillargeon et la "madamisation" que j'ai entendu parler par miettes ici et là, je me croyais seule sur mon île avec mon "pus capable" les émissions de "matante", leurs angoisses, leurs rêves, bref, pus capable la clique de Radio-Canada, autant du côté des hommes que des femmes.

    Soulagement, de n'être plus toute seule sur mon île.

    Aurais-je trouver ma "gang" dans Le Devoir? Je vais voir......

    Matulu Tremblay
    Chicoutimi

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