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    Médias - Gesca: tous sur le iPad

    Les sept quotidiens québécois du groupe délaisseront le papier

    17 mars 2011 |Stéphane Baillargeon | Médias
    Tous les journaux du groupe Gesca, et non seulement le navire amiral La Presse, muteront vers les tablettes électroniques dans les prochaines années. La décision a été annoncée hier aux employés du Soleil par Guy Crevier, président de Gesca, selon les informations obtenues par Le Devoir.

    Le «projet iPad» du président Crevier mise sur l'abandon partiel du papier d'ici quelques années, peut-être aussi tôt qu'en 2013. L'édition quotidienne de La Presse serait réduite d'environ 200 000 exemplaires (les jours de semaine), à quelque 75 000. Il s'agit d'une première mondiale pour un quotidien de cette taille et la première intention de dématérialisation massive révélée la semaine dernière a vite fait le tour du monde.

    Une équipe complète de spécialistes de l'informatique, de l'information et du marketing, des dizaines d'employés au total, préparent la grande mutation dans les bureaux de Montréal du groupe. La révolution repose sur une idée toute simple: un abonnement à un journal en échange d'une tablette d'Apple. Ce modèle d'affaires fonctionne très bien dans le secteur de la téléphonie cellulaire, où la location d'un service à moyen terme et le don d'un appareil vont de pair.

    Le consortium Gesca Ltée, une filiale de Power Corporation, compte sept quotidiens au Québec. Outre La Presse, on y retrouve La Voix de l'Est, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Droit, Le Quotidien et Le Soleil.

    «M. Crevier nous a dit que le "virage iPad" devra être négocié par tous les journaux du groupe Gesca, résume Baptiste Ricard-Châtelain, président du syndicat de la rédaction du Soleil. Nous, évidemment, on est contents de voir qu'on fait partie des projets d'avenir. Au premier abord, si on avait été exclu de cette grande transformation, ça aurait pu représenter une menace pour les travailleurs et pour le quotidien de la capitale, ce qui nous inquiétait beaucoup. Ce qu'on a entendu [hier] nous dit que nous avons un avenir au sein du nouveau projet. L'avenir des médias écrits est incertain, mais là, nous avons devant nous un projet qui pourrait être prometteur.»

    Une révolution


    Les employés qui ont vu l'ébauche de la nouvelle plateforme n'ont eu que de très bons commentaires à relayer au Devoir. Il s'agit d'un produit multimédia et interactif qui «révolutionne» la présentation de l'information. Le support faciliterait notamment la consultation très conviviale des différents contenus (textes, images et sons).

    M. Crevier rencontra à nouveau des employés de La Presse demain pour leur expliquer son audacieux projet de dématérialisation. Pour l'instant, le site Cyberpresse fédère les différents journaux, avec tout de même une prédominance marquée des productions journalistiques de La Presse.

    «On nous a expliqué que le modèle, le canevas de diffusion sur iPad, sera le même pour tous les journaux, mais qu'il sera adapté localement par chacune des publications, poursuit M. Ricard-

    Châtelain. C'est intéressant. Chacune des localités desservies actuellement par le groupe Gesca aura son quotidien iPad. L'entreprise a compris que pour conserver les marchés locaux, autant le lectorat que la publicité, il lui faut conserver des produits journalistiques locaux.»

    Le plan de sortie du papier mise aussi sur la possibilité d'attirer de nouveaux annonceurs et de nouveaux lecteurs. Le président syndical ajoute que «pour l'instant», la direction n'a pas présenté de «plan de contingence», de mises à pied quoi. Pourtant, les distributeurs du papier semblent inexorablement menacés par le tout-au-numérique.

    «Nous sommes très intéressés par ce genre de projets, reprend M. Ricard-Châtelain. Mais est-ce que le papier va disparaître d'ici deux ou trois ans ou de manière graduelle d'ici de sept à dix ans, on ne peut encore le dire. Chose certaine: les marchés évoluent vite, très vite...»












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