Iran - Zahra Kazemi a-t-elle été inhumée ou pas?
Photo : Jacques Grenier
Stephan Hachemi, le fils de Zahra Kazemi, continue de réclamer le rapatriement de la dépouille de sa mère, morte alors qu’elle était aux mains d’agents du gouvernement iranien.
Le flou persiste autour du décès de la photographe montréalaise d'origine iranienne, Zahra Kazemi, qui a trouvé la mort en Iran vendredi dernier. Selon le fils de la journaliste, Stephan Hachemi, sa mère aurait été enterrée hier dans la nuit, alors que le ministère des Affaires étrangères du Canada refuse de confirmer l'inhumation et mentionne être toujours à la recherche du corps.
Lors d'un point de presse qui a réuni plusieurs porte-parole d'organismes, hier en fin de journée à Montréal, Stephan Hachemi a annoncé que sa mère avait bel et bien été enterrée. «Les informations en provenance de l'Iran nous indiquent qu'une organisation clandestine a inhumé son corps hier dans la nuit, a-t-il dit à l'occasion d'une brève allocution. Pourquoi le président Khatami a demandé une enquête approfondie de la part de quatre de ses ministres si c'est pour l'enterrer aussi rapidement?»
Pour Hossein Mahoutiha, coordonnateur de l'Association de la défense des droits de l'Homme en Iran, les auteurs du meurtre ont simplement voulu cacher leur geste et mettre un point final à l'histoire. «Ce sont ceux qui sont au pouvoir en Iran qui dirigent les organisations clandestines, dit-il. Ils veulent mettre Stephan devant un fait accompli pour le faire reculer.»
Visiblement, ce ne sera pas le cas. Stephan Hachemi a maintenant l'appui d'un avocat et entend bien continuer les démarches pour rapatrier sa mère. «Ce que je demande, c'est que le corps soit déterré et qu'il revienne au Canada, souligne-t-il. Je veux aussi que des médecins canadiens participent à l'autopsie pratiquée là-bas pour qu'on puisse faire la lumière sur les causes exactes de sa mort.»
Affaires étrangères
Mais au ministère des Affaires étrangères du Canada, on refuse de confirmer la version du fils. «Notre ambassadeur en Iran tente de savoir où est le corps, explique Reynald Doiron, porte-parole du ministère. Mme Kazemi pourrait encore être à la morgue ou ailleurs, on n'en sait rien.»
Une chose est sûre, le gouvernement du Canada ne tergiverse plus, il appuie désormais à 100 % les demandes de Stephan Hachemi pour le rapatriement du corps au pays, même si la mère de Zahra Kazemi, qui vit en Iran, aurait signé des papiers officiels qui acceptent son inhumation à Chiraz, le village natal de la journaliste. «Nous croyons que les instructions du fils doivent être appliquées, soutient Reynald Doiron. Les lois internationales sont claires à ce sujet, la famille peut recevoir le corps peu importe l'endroit du décès et la nationalité de la personne.»
La FPJQ
Le manque de coopération des autorités iraniennes, malgré l'annonce dimanche d'une enquête exhaustive, cache quelque chose, selon Anne-Marie Dussault, présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). «On n'accuse personne de meurtre à l'heure actuelle, mais si l'Iran n'a rien à cacher, pourquoi ne pas renvoyer le corps ici?»
La FPJQ s'est jointe à une dizaine d'organismes, notamment Reporters sans frontières, la Marche mondiale des femmes et l'Association des organisations de coopération internationale, pour envoyer une lettre au premier ministre Jean Chrétien dans le but qu'une enquête indépendante soit menée en Iran.
Le ministère des Affaires étrangères reçoit cette requête très froidement. «Nous sommes satisfaits des démarches entreprises par le président Khatami, affirme Reynald Doiron. Nous n'avons pas l'intention de demander une enquête indépendante pour l'instant, mais nous espérons que leur investigation sera rapide et complète.»
Ce que ne croit pas du tout Hossein Mahoutiha. «Le régime iranien a un long passé de violation des droits de l'Homme, dit-il. Il avait annoncé des enquêtes sur la mort des écrivains et des opposants en 1998, puis sur la mort des étudiants en 1999, mais on attend toujours les résultats.»
Selon la version iranienne, Zahra Kazemi est décédée vendredi à la suite d'une «attaque cérébrale». Elle avait été transférée dans un hôpital de Téhéran après avoir eu un malaise lors d'un interrogatoire mené par des agents du ministère de l'Information. Sa famille croit plutôt qu'elle aurait été battue à mort. Elle avait été arrêtée le 23 juin alors qu'elle photographiait des manifestations autour de la prison d'Evin, en Iran.
Lors d'un point de presse qui a réuni plusieurs porte-parole d'organismes, hier en fin de journée à Montréal, Stephan Hachemi a annoncé que sa mère avait bel et bien été enterrée. «Les informations en provenance de l'Iran nous indiquent qu'une organisation clandestine a inhumé son corps hier dans la nuit, a-t-il dit à l'occasion d'une brève allocution. Pourquoi le président Khatami a demandé une enquête approfondie de la part de quatre de ses ministres si c'est pour l'enterrer aussi rapidement?»
Pour Hossein Mahoutiha, coordonnateur de l'Association de la défense des droits de l'Homme en Iran, les auteurs du meurtre ont simplement voulu cacher leur geste et mettre un point final à l'histoire. «Ce sont ceux qui sont au pouvoir en Iran qui dirigent les organisations clandestines, dit-il. Ils veulent mettre Stephan devant un fait accompli pour le faire reculer.»
Visiblement, ce ne sera pas le cas. Stephan Hachemi a maintenant l'appui d'un avocat et entend bien continuer les démarches pour rapatrier sa mère. «Ce que je demande, c'est que le corps soit déterré et qu'il revienne au Canada, souligne-t-il. Je veux aussi que des médecins canadiens participent à l'autopsie pratiquée là-bas pour qu'on puisse faire la lumière sur les causes exactes de sa mort.»
Affaires étrangères
Mais au ministère des Affaires étrangères du Canada, on refuse de confirmer la version du fils. «Notre ambassadeur en Iran tente de savoir où est le corps, explique Reynald Doiron, porte-parole du ministère. Mme Kazemi pourrait encore être à la morgue ou ailleurs, on n'en sait rien.»
Une chose est sûre, le gouvernement du Canada ne tergiverse plus, il appuie désormais à 100 % les demandes de Stephan Hachemi pour le rapatriement du corps au pays, même si la mère de Zahra Kazemi, qui vit en Iran, aurait signé des papiers officiels qui acceptent son inhumation à Chiraz, le village natal de la journaliste. «Nous croyons que les instructions du fils doivent être appliquées, soutient Reynald Doiron. Les lois internationales sont claires à ce sujet, la famille peut recevoir le corps peu importe l'endroit du décès et la nationalité de la personne.»
La FPJQ
Le manque de coopération des autorités iraniennes, malgré l'annonce dimanche d'une enquête exhaustive, cache quelque chose, selon Anne-Marie Dussault, présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). «On n'accuse personne de meurtre à l'heure actuelle, mais si l'Iran n'a rien à cacher, pourquoi ne pas renvoyer le corps ici?»
La FPJQ s'est jointe à une dizaine d'organismes, notamment Reporters sans frontières, la Marche mondiale des femmes et l'Association des organisations de coopération internationale, pour envoyer une lettre au premier ministre Jean Chrétien dans le but qu'une enquête indépendante soit menée en Iran.
Le ministère des Affaires étrangères reçoit cette requête très froidement. «Nous sommes satisfaits des démarches entreprises par le président Khatami, affirme Reynald Doiron. Nous n'avons pas l'intention de demander une enquête indépendante pour l'instant, mais nous espérons que leur investigation sera rapide et complète.»
Ce que ne croit pas du tout Hossein Mahoutiha. «Le régime iranien a un long passé de violation des droits de l'Homme, dit-il. Il avait annoncé des enquêtes sur la mort des écrivains et des opposants en 1998, puis sur la mort des étudiants en 1999, mais on attend toujours les résultats.»
Selon la version iranienne, Zahra Kazemi est décédée vendredi à la suite d'une «attaque cérébrale». Elle avait été transférée dans un hôpital de Téhéran après avoir eu un malaise lors d'un interrogatoire mené par des agents du ministère de l'Information. Sa famille croit plutôt qu'elle aurait été battue à mort. Elle avait été arrêtée le 23 juin alors qu'elle photographiait des manifestations autour de la prison d'Evin, en Iran.
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