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L’offre patronale est acceptée à 64 % au Journal de Montréal

La rédaction perd plus de la moitié de ses effectifs

Stéphane Baillargeon   1 mars 2011 18h48  Médias
Pour le président du syndicat, Reynald Leblanc, il s'agit d'un jour de deuil. <br />
Photo : Jacques Nadeau -Le Devoir
Pour le président du syndicat, Reynald Leblanc, il s'agit d'un jour de deuil.
Au terme d'une assemblée qui a duré toute la journée, les employés en lock-out du Journal de Montréal ont accepté, le coeur lourd, la dernière offre patronale, à 64%. Le président du syndicat Reynald Leblanc a parlé d’un «jour de deuil», y compris pour le mouvement syndical.

Et il a suffi d’un tweet pour enflammer une partie de l’assemblée syndicale déjà surchauffée.

Environ 200 syndiqués du Journal de Montréal attendaient à huis clos le résultat du vote au Palais des Congrès de Montréal, ce soir, quand RDI a vendu la mèche sur le média social Twitter. Quelques secondes auparavant une conseillère de la CSN avait donné en exclusivité, aux journalistes faisant le pied de grue à l’extérieur de la salle, le résultat du vote en faveur de l’entente de principe à 64,1%.

Un collègue a donc vite, vite relayé l’info sur le média social. Des syndiqués abonnés au site ont reçu l’info cruciale avant même l’annonce officielle à la tribune de l’assemblée. Quand ils sont sortis de la réunion, certains étaient donc en beau fusil.

«On a appris le résultat du vote par les médias! C’est vraiment une drôle de situation», a commenté la journaliste Pascale Lévesque en quittant de la salle. Une autre employée a carrément parlé d’«une honte pour la CSN».

En tout cas, quelle méchante ironie que les nouvelles technologies, au cœur de ce conflit de 765 jours, aient en plus perturbé l'ultime moment décisif.

Il y a plus de deux ans, avant même le lock-out, les négociations achoppaient en partie en raison des demandes patronales de mutation du travail vers les nouvelles plates-formes dématérialisées.

Une fois déclenché, le lock-out imposé le 24 janvier 2009 a été maintenu parce que les cadres bénéficiaient du télétravail des «employés de substitution», selon l’euphémisme patronal.

Retrouver leur vie


«Aujourd’hui, après une longue assemblée générale, les 253 travailleurs du Journal de Montréal ont décidé de retrouver leur vie à 64,1%», a déclaré en point de presse Raynald Leblanc, président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM). «Après 25 mois de luttes acharnées pour retrouver et garantir des conditions de travail et des conditions de départ adéquates, décentes et respectueuses, ces gens ont décidé de retourner à une vie normale.»

La direction syndicale a recommandé l’acceptation de l’entente négociée avec le propriétaire, Groupe Quebecor, devant Jean Poirier, médiateur nommé par le ministère du Travail, qui a participé à l’assemblée générale. «On l’a recommandée parce qu’on a frappé un mur, a précisé M. Leblanc. On ne voit pas comment on pourrait aller chercher plus. La seule façon de se sortir de ce conflit, c’était de recommander l’acceptation de l’entente pour que nos membres arrêtent de se promener en rond en piquetant autour d’un petit parc.»

Sauver un poste sur quatre

L’entente, datée du vendredi 25 février, bonifie l’offre rejetée à près de 90% en octobre dernier. L’employeur voulait alors conserver 49 employés (plus trois postes temporaires). Ils seront finalement 62 (plus un temporaire). Le gain affecte surtout la salle des nouvelles, qui passe de 32 à 42 postes.

N’empêche, au total, plus des trois quarts des emplois passent à la trappe. La rédaction perd plus de la moitié de ses effectifs. L’entente maintient 20 millions $ pour les indemnités de départ et d’autres mesures d’aide aux licenciés. Comme les membres du STIJM ne sont plus qu’environ 230 (sur 253 au départ), 170 personnes licenciées recevront, en moyenne, plus de 100 000 $ d’indemnités de départ.

Les syndiqués ont arraché deux concessions importantes. D’abord, la nouvelle convention ne comprend pas de clause de non-concurrence. En octobre, le patron voulait interdire aux journalistes licenciés d’aller travailler pour La Presse.

Ensuite, l’entente ne prévoit pas la fermeture du média syndical RueFrontenac, tel qu’exigé à l’automne. Le site et sa version papier ont été mis en place comme moyen de pression et comme lieu de maintien de la pratique et de la dignité professionnelles.

Une clause particulière concernant Rue Frontenac a cependant été longuement débattue hier en assemblée. La mesure approuvée par le médiateur prévoyait que Quebecor imprime et distribue la version papier du journal, dont la propriété aurait été transférée du syndicat vers une coopérative.

La proposition impliquait même des «crédits» d’impression et de distribution hebdomadaire de 2000 $ par fonction, soit environ 200 000 $ par année. En clair, Quebecor aurait imprimé et diffusé le journal qu’il voulait fermer il y a à peine quatre mois! La proposition a été rejetée, les futurs employés-propriétaires de RueFrontenac préférant se débrouiller seuls, sans leur ancien employeur.

Une défaite

Le protocole de retour au travail reste à négocier. Le président du STIJM Reynald Leblanc a parlé d’un «jour de deuil». Son prédécesseur à la tête du syndicat, Martin Leclerc, en sortant de la salle, a déclaré la mort dans l’âme : «Je tiens à m’excuser auprès des syndicats qui nous ont soutenu».

Un autre représentant syndical a plutôt rappelé le manque de solidarité de la population dans le conflit.

«C’est clair que pour nous, ce n’est pas une victoire, a dit André Fortin, conseiller à la CSN, la centrale syndicale à laquelle est associé le STIJM. On s’est battu mais il y a des éléments qui font qu’on a pas pu renverser les demandes de l’empire Quebecor.»

M. Fortin a insisté sur deux facteurs fondamentaux à ses yeux. «Première chose, la loi anti-scab. Nous avons fait des représentations pour la modifier parce que, présentement, avec le trou dans cette loi, c’est impossible de se battre contre un empire. Le rapport de force manquait au syndicat.»

Le deuxième point concerne à ses yeux le soutien de la population, particulièrement des lecteurs du Journal de Montréal. «Le conflit a deux ans, a noté M. Fortin. Ça fait deux ans que le syndicat est sur toutes les tribunes pour demander à la population de les aider. Or, le lectorat du journal a augmenté pendant le conflit. Ce manque de solidarité de la population a eu une répercussion directe sur le vote de l’assemblée syndicale.»

Le président Raynald Leblanc est revenu alors une dernière fois sur le sentiment d’avoir perdu la bataille menée depuis plus de deux ans, dont le résultat a été court-circuité par Twitter. Sa déclaration verbale faisait 140 caractères et pas un de plus, comme le veut la règle de ce média social:  «La défaite à un moment donné il faut l’accepter et vivre avec. Le mot défaite, ce n’est pas un bon mot. C’est un mot qu’on aime pas, mais il faut mettre fin à la souffrance.»
Pour le pr&eacute;sident du syndicat, Reynald Leblanc, il s&#39;agit d&#39;un jour de deuil. <br />
Jessica Nadeau et Gabrielle Deschaine, du Journal de Montr&eacute;al. <br />
L&#39;&eacute;motion &eacute;tait palpable au terme de l&#39;assembl&eacute;e. <br />
 
 
 
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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 05h48
    Un syndicat sclérosé
    Avec un gros montant dans un fonds de grève, le syndicat refusait de reculer en reconnaissant les changements rendus nécessaire dans un quotidien écrit. Il a voulu faire plier son entreprise en suggérant un boycott du journal, ce qui aurait aidé La Presse et fermer le Journal de Montréal. Un genre de sciage de branche sur laquelle ils étaient assis. Pas fort, pour demeurer poli.

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 07h19
    La solidarité qu'ossa donne...?
    Vous avez bien compris. La cause première et principale de la défaite des journalistes en lock-out du Journal de Montréal, c'est l'indifférence des citoyens qui ont contribué à l'augmentation du tirage du quotidien tout au long du calvaire que vivaient leurs concitoyens sans travail. Et que continueront de vivre une bonne partie d'entre-eux.

    Si quelqu'un vient encore me dire que les Québécois ont une tendance vers la gauche politique, les revendications sociales et l'action collective et syndicale, je lui demanderai de m'expliquer pourquoi on vient de constater le contraire, et de me trouver des motifs pour y croire encore.

  • yvesdeau
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 07h37
    David contre Goliath
    La population a laissé tomber les syndiqués. Sans l'appuie de la population ce n'était qu'une question de temps. Effectivement, c'est une triste journée pour le monde syndical. Jamais plus je n'achèterai le Journal de Montréal et pour les scabs je leur souhaitent le même sort

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 08h21
    100,000 dollars et vous quittez
    C'est ce qu'on appelle une offre qu'on ne peut pas refuser.

  • Jacques Lafond
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 08h43
    Journal de Montréal vs Rue Frontenac
    Je peux maintenant annuler mon abonnement au Journal de Montréal. Je vais possiblement m’abonner à Rue Frontenac pour les encourager un peu. Bien que je soupçonne ce journal d’être de la grosse propagande de gauche, du gros chialage sur tout ce qui bouge, et un silence parfait sur le nationalisme québécois, la langue française, la fierté nationale.

    Une chance que les syndiqués ont refusés l’offre de PKP d’imprimer et de distribuer Rue Frontenac. Une vraie chance. J’imagine qu’il y a des limites à l’imbécilité finalement. Parce que pendant tout ce conflit les syndiqués nous prouvaient que l’imbécilité n’avait pas de limites …

    lafond.overtime@gmail.com

  • Odette Morin
    Inscrite
    dimanche 27 février 2011 08h53
    N'oubliez pas le "dumping"
    Il y a certes, beaucoup (trop) d'inconditionnels de ce journal, mais avons nous affaire à une réelle augmentation du lectorat? Quelle fut ma stupéfaction lorsqu'un beau matin, au club vidéo de mon patelin, on offrait gratuitement et avec beaucoup d’insistance, cette feuille de chou.

  • Vincent Bussière
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 08h53
    La population!
    Laisser donc la popujlation tranquille comme dirait ma tante Ernestine, la population n'a pas à aimer les syndicats de bourgeois tels qu'ils sont devenus au Québec, pas plus qu'à aimer tous les Péladeau de ce monde, les syndiqués haut salariés du Journal, sont loins de leurs lecteurs, ceux qui lisent ce journal sont moins bien payés qu'eux , ils sont des travailleurs souvent non syndiqués qui ne se feront jamsi offrir $100,000.00 en échange de leur job.

    Les syndicats riches ne font plus d'effort pour syndiquer les gagnes petits, y a pas d'argent à faire là! Leur orientation est bien différente, ils ont des fonds de solidarités qui financent leurs patrons avec qui ils couchent et qui enrichissent leur exécutifs corrompus, ils protègent leurs acquis.
    Avant de penser à avoir l'appui de la population, les syndiqués auront des efforts à faire, aussi longtemps qu'un briqueteur ou un plombier sera aussi difficile à trouver qu'un médecin de famille et qu'ils gagnera plus qu'un psychiatre et qu'un avocat, attendez vous pas à une grande sympathie de la part de gens qui gagnent tout juste un peu plus que ce qui est considéré comme le seuil de la pauvreté.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 09h14
    Journalistes du J.de M. mieux payés que la moyenne québécoise
    Ce n'était pas aux Québécois, bien moins payés que les employés du Journal de Montréal, de boycotter le J. de M. parce que ces derniers refusaient de reculer dans leur convention collective échue, pour s’informer et/ou s'abonner au concurrent : La grosse Presse de la famille Desmarais.

    Que ceux qui croient que le syndicat était bien avisé de s'arc-bouter, continuent à déchirer leurs chemises ou boycottent le J. de M. pour s'informer à La Presse ou Radio-Canada, ce qui ne devrait pas tellement aider le monde syndical.

    Il va probablement y avoir quelques syndiqués qui vont entrer de reculons au journal en tentant de s’en venger. Nuire au patron, ce n’est pas tellement une bonne idée pour améliorer sa place de travail et son futur.

  • saga
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 09h26
    signer sans lire
    Le pire c'est que les employés en lock-out ont voté sans lire le document sur lequel ils votaient. L'assemblée se foutait des employés qui auront à vivre avec cette nouvelle convention. Ils ont même voté en majorité pour ne pas lire le document avant de voter sur son acceptation. C'est triste pour eux et pour les syndicats. Maintenant qu'il n'y a plus de conflit, la modernisation de la loi anti-scabs sera certainement mise de côté. Pourquoi ouvrir le code du travail pour 253 personnes qui ne sont plus en conflit?

  • Claude Kamps
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 09h31
    Contre qui et quoi les syndiqués se battaient ils?

    Les petites annonces déficitaires, kijiji, lespac et le changement technologique !

    Je comprend la frustration et la peine de voir que de se battre avec un fond de grève de 2ans n'a servi à rien !
    Perdre une stabilité d'emploi a rien de drôle!

    Y a pas 1% des syndicats de boutique qui ont la chance d'avoir un fond de grève vieux de 30 ans, 850.00 par semaine sans taxe, un luxe... En fait c'est à cause de cela un peu et aussi que bien des gens qui on pas votre protection, que la population a pas suivi !

    Cette bagarre était inévitable dans le monde des journaux écrits et payants.
    Il y a aucun journal de ce monde qui peut rester en place et profitable sans restructuration profonde, convergence et pigistes !

    Le syndicat à amené ses troupes dans un combat perdu d'avance.
    Pour avoir un salaire il faut être profitable et pas compter sur les revenus de la TV pour renflouer un journal dont les petites annonces sont devenues déficitaire....

    Demandez aux anciens du journal ce qui s'est passé quand les journaux de ce monde sont passé de la «linotype au plomb» au Mac et offset....
    Il y a eu des milliers d'emplois perdus et pour la plupart pas de réinsertion possible, il n'avait même pas une notion d'un ordinateur, ce sont des nouveaux employés de CEGEP qui les ont remplacés...

    Et ce sera pas le dernier combat inutile si on ne se demande pas contre qui les syndiqués se battent !

    Je souhaite à tout ces combattants qui y on cru de se reprendre en main, demain il y aura encore des jours heureux ( un à la fois! ) ... différents...

  • Henry Fleury
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 10h06
    Bon c'est la faute au monde!!!
    Bon c'est la faute au monde astheure. Non mais franchement, laissez la population tranquille et réglez vos choses entre vous. J'ai rien contre le JdeM, au contraire il torche très bien comme disait notre ami Charlebois en sortant de Chez Zola l'autre soir. Puis c'est vrai que le monde vire à droite, heureusement qu'il y a le printemps arabe pour nous faire la leçon. Merci Youssef, Rabbia, Mehdi...

  • André Michaud
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 10h46
    Enfin
    Je sympathise avec ceux et celles qui ont perdu leur emploi, ce n'est jamais facile de retrouver un emploi aussi bien rénuméré..

    On avait compris que le Journal de Montréal peut fonctionner à la satisfaction des annonceurs et des lecteurs, et cela sans ces syndiqués. Donc il est évident que l'entreprise n'avait plus besoin de tous ces employés. Comment le syndicat n'a t'il pas compris plus tôt?

    Heureusement les syndicats de La Presse et du Soleil ont été plus réalistes et ont évité le pire à ces employés..Si je travaillais au Journal de MOntréal, j'en profiterais pour changer de syndicat...

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 11h02
    À monsieur Lafond...
    Même si Rue Frontenac est vraiment aussi poche que vous le décrivez, ça ne devrait pas trop vous changer. Après tout, le Journal de Montréal, que vous appuyiez, c'est de la grosse propagande de droite, du chialage contre tout ce qui est lié au gouvernement du Québec, des attaques en règle contre tout ce qui est lié au nationalisme québécois ou aux syndicats et de la pub gratuite pour tout ce qui appartient à Quebecor (qui est est tellement fier du français qu'il n'a même pas d'accents aigus). Alors, chialage pour chialage...

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 11h26
    Un conflit de 265 jours?
    N'est-ce pas plutôt 765 jours, ou quelque chose d'approchant?

  • Jean-Michel Picard
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 12h32
    Du coeur au ventre
    Mes amis, ne désespérez pas : si le vent tourne à droite, c'est nécessairement que l'entraide et la solidarité existent : les réactionnaires se manifestent toujours lorsqu'ils sont talonnés par des valeurs humaines qui leur échappent. C'est le propre du réactionnaire !

    Que le syndicalisme de combat continue !
    Vive le Québec libre !

  • Vincent Collard
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 12h34
    Honte et tristesse
    Au delà du terrible mépris de Quebecor pour les artisans de son journal, il y a la non moins terrible insouciance du public dont il bourre le crâne. Comment les gens ont-ils continué à lire cette chose, qu'on n'ose même plus appeler un journal? La propagande même pas subtile de la soi-disant agence de presse QMI prise pour du cash par beaucoup de gens. J'entends chaque semaine des conversations qui me consternent...

    Ce jour est triste non seulement pour la communauté de travailleurs du JdM, mais pour le Québec tout entier. Hélas, le Québec en question ne s'en rendra pas compte avant un bon moment. Peut-être jamais.

    En 1987, j'étais là quand on a sorti le cercueil de René Lévesque de l'ancien Palais de justice où il était exposé. Dans la foule, j'ai entendu plusieurs de mes compatriotes lui demander pardon. Pardon!!! Sept ans après leur acte de lâcheté, ils prenaient soudainement conscience qu'en gobant la propagande de 1980, ils avaient trahi cette part d'eux-mêmes que Ti-Poil incarnait.

    Bien sûr, la vie brisée d'un ex-journaliste du JdM n'aura jamais cet effet. Peut-être un jour prendra-t-on conscience que Quebecor a floué non pas deux cents travailleurs, mais tout un peuple. Mais j'en doute. Le travail de sape de Quebecor est efficace.

    Pourtant, quelque part au coeur des gens, il y a un reste de conscience. Ils ne croient pas les conneries qu'ils lisent parce qu'ils sont stupides. Ils les croient parce que ça justifie leur manque de courage, d'intégrité, de dignité, de solidarité, parce que ça excuse leur égoïsme, leur paresse morale, leur mesquinerie, leur courte vue -- ces choses qui les font préférer voir tomber ceux qui ont obtenu de haute lutte des conditions de vie décentes plutôt que de se battre pour en obtenir eux-mêmes.

    Et ce que je lis ici n'est pas de nature à me rendre plus optimiste... J'espère seulement que les Fleury, Bousquet et Bussière de ce monde, lorsqu'ils frapperont un mur à leur tour, se souv

  • Monsieur Pogo
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 12h51
    @Georges Paquet

    La société québécoise est consensuelle (i.e. amorphe).

    C’est ce qui la caractérise au-delà des frontières.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 13h40
    Rue Frontenac.
    Au Québec, il y a certains créneaux intéressants qui pourraient faire partie du contenu de ce journal à qui je souhaite longue vie.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 14h06
    La solidarité
    On parle de solidarité à sens unique. La population a parlé avec ses deniers et par solidarité elle a choisi PKP. Car elle jugeait les demandes exagéré.

    Ce fut un bel exemple de solidarité, LIBRE.

  • Tube
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 14h09
    Le début de la fin
    C'est un triste jour, mais c'est loin d'être une défaite honteuse. Deux ans de résistance devant l'argent, l'arrogance et la bêtise est une victoire en soi, même si elle est amère. Je lève mon chapeau à ceux et celles qui l'ont menée.
    Péladeau a monté son empire avec l'argent de son père et celui de tous les équébécois. Il a montré son vrai visage pendant ce conflit, on ne l'oubliera pas de sitôt.
    Et si on se déconnectait de toutes ses cochonneries, une bonne fois pour toutes?

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 14h27
    Bémol sur la victoire du JdeM
    Il faut se rappeler que le JdeM a eu une technique de mise en marché agressive qui inclut la distribution GRATUITE de journaux dans ses succursales vidéos et dans les restaurants, par exemple. Je serais curieux de connaître l'impact de ces techniques sur le chiffre de ventes finales. Autre chose: l'absence de concurrence ont aussi gardé les lecteurs captifs.
    Je signale que, en dépit des techniques vindicatives de l'entreprise, de plus en plus d'animateurs et de journalistes ont quitté LCN ou TVA pour se retrouver à la SRC ou ailleurs. Pierre Duhamel était jusqu'à tout récemment sur Canoe. or, il se retrouve maintenant à La Presse. Michel C. Auger, un des meilleurs analystes politiques du Québec, était autrefois au JdeM. Après un bref séjour à La Presse, il est maintenant à la SRC. Combien de poids lourds ont fait le chemin inverse? Feriez-vous de même à leur place? L'équipe éditoriale du JdeM est maintenant constituée de sous-contractants captifs pris pour répéter les mantras libertariens de leur patron!
    La seule force de Québécor, c'est l'incapacité pour ses employés de travailler ailleurs. Si ce rapport de force venait à changer, les journalistes de Montréal et de Québec se rappelleront les règlements de conflits de leurs journaux.
    La victoire d'aujourd'hui risque d'être la défaite de demain.

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 14h40
    Toujours la même droite
    Il faut casser les syndicats des travailleurs payés décemment et non travailler à ce que tout le monde soit payé décemment. Le message que la droite a répété depuis bientôt 20 ans a passé. Que les bien rémunérés crèvent ! Pas leurs patrons, bien sûr.
    Roland Berger

  • mattort
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 15h16
    journal de montréal
    Bon maintenant , on s'attaque à quoi?

    Couche -Tard?

  • arick
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 15h47
    On tourne la page....
    Pas facile mais c'est enfin terminé. Pas tous élus, par contre quelques uns auront l'opportunité de s'intégrer ailleurs. Il y a sûrement de l'amitié au sein de l'organisation qui persiste entre vous, curieux mais possible, donc de l'espoir pour de l'ouverture et de l'emploi.

    Hé le syndicat! Gros zéro sur 100, allez ailleurs vous faire voir et laisser ces gens tranquilles maintenant...avis aux autres.

    Ps: Les bénéficiaires à $100K, une petite pensée pour ceux qui sont dans la misère, SVP. Pas sûr que ceux engagés ne préfèreront pas plutôt ce cash contre la job.

  • Monsieur Pogo
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 16h10
    Censure
    La société québécoise est devenue outrageusement consensuelle (lire, amorphe).

    C’est d’ailleurs ce qui la caractérise au-delà des frontières.

    Ce manque de consistance, qui l’a fait aveuglément adhérer aux idées de la droite, explique son absence d’appuis aux grévistes -quel qu’ils soient.

  • tohi1938
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 16h20
    Ça ne pouvait finir autrement!
    Et savez-vous pourquoi?
    À force de se croire indispensables, les journalistes ne se rendent jamais compte que leur seule importance est celle qu'ils se donnent.
    Par conséquent, il est normal que le lectorat ait augmenté et que le public ne se sente pas concerné par aléas d'une profession qui consiste de plus en plus à dénigrer, à mépriser tout ce qui bouge, dont bien évidemment le public en question.
    Rédiger une chronique sur les chiens écrasés, ou sur les divorces des riches n'a rien de vital. Ça distrait le temps de lire un paragraphe en diagonale.
    Le quatrième pouvoir? un mythe et miteux par les temps qui courent!

  • Jean-Pierre Drouin
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 16h23
    Quand un capitaliste se nourrit du sang de ses travailleurs !

    Comme on fait la guerre avec le sang des autres, on fait fortune avec l'argent d'autrui. André Suarès

    P.K. Péladeau a fait le sien en méprisant le sang, la sueur et l'intelligence de ses journalistes. Il ne se préoccupera jamais d'une information juste, rigoureuse et intelligente : simplement parce que l'argent facile ne reconnait pas de telles qualités. Longue vie à "Rue-Frontenac.com"; je le lis tous les jours ! ... en plus du "Devoir" bien sur !

  • Mangeclous
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 17h00
    Le monstre.
    Je ne me souviens plus si c'était Marcel Rioux ou Fernand Séguin qui se plaignait de voir des étudiants universitaires lire le journal de montréal. De plus, le pas joli triumvirat que constitue Céline Dion, TVA et le journal vous donne la force et l'attrait du monstre auprès des pauvres..
    La vérité c'est que le Québec est pauvre. Pauvre en leaders, en intellectuels, en gens honnêtes, en personnes humbles. Alors pourquoi pensez-vous que le résultat longtemps annoncé de ce conflit soit celui-là?
    Quand des travailleurs très bien payés et fier de leur appartenance se font dégrossir ainsi, qui voudra aller de l'avant et entreprendre une carrière dure et incertaine pour améliorer son sort alors que tous les dés sont joués d'avance? Imaginez les pauvres travailleurs, dont je fais partie, à moins de trente mille par ans???
    Ils ont fabriqué un monstre et une monstre ça a toujours faim; ça tombe bien y'a céline qui retourne à végas. À pleurer.

  • Steve Fortin
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 18h05
    1 cadre pour chaque 1,82 employés
    La prochaine fois que le JdM critiquera la gestion des finances publiques au Québec, la prochaine fois que PkPéladeau utilisera son média phare pour critiquer la gestion du CRTC, riez-lui en pleine face car JAMAIS une entreprise n'aura compté tant de cadres surpayés par employés que la sienne!

  • Pierre Brosseau
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 18h15
    SEXE, SANG, SPORT
    "Visez bas et juste", disait le père Pléadeau. Jacques Beauchamp, ajoutait: "Mettez des portraits, pis des noms".

    Ce fut et c'est la recette du JDM. Des titres accrocheurs, des nouvelles faciles à comprendre, surtout ne pas exiger d'effort avec des articles un peu longs, des portraits de vedettes, un système de livraison impeccable, mélangez bien le tout, roulement de tambour: c'est cuit.

    Le coup de génie de Péladeau cette fois, ce fut sûrement son agence de presse et l'utilisation des trous de la loi anti-scab. Rien à reprocher, il est un patron comme les néo-libéraux les aiment.

    Le peuple, lui, ne se sent pas concerné, il lit le JDM.

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 20h13
    Nous devrions vivres comme Robinson sur son île? Peut être.
    Une remarque en ce qui regarde ce règlement amer au Journal dont le contenu a sombré dans une médiocrité indescriptible depuis deux ans. Le gouvernement libéral de Charest a refusé de modifier la loi anti scab, une autre contribution minable que voilà de J.J.Charest qui a trouvé dans le malheureux souvenir d'anciens P.M comme L.Gouin, L.A.Taschereau, ses tristes modèles d'inaccomplissement.

    Dans tout ce dernier développement, il faut voir que le CRTC accorde des licences pour la propriété accumulée de plusieurs chaînes télés ou radios francophones aux mêmes joueurs. Cogeco, Astral et Québécor se partagent la plupart des chaînes télés spécialisées en convergence parfois avec la câblot distribution. C'est le CRTC qui procure ce droit de propriété considérable à ces entreprises dont Bell est l'un des autres méga joueurs. Quelqu'un qui veut boycotter toutes ces entreprises au Québec doit se couper de la technologie moderne. Vivre sans internet de préférence, oublier la télévision du câble puisque tous deux sont aux mains de Québécor, Bell et Astral. Se priver de radio, le premier média, parce que celui ci est sous la maîtrise nouvelle impériale de Cogéco.

    La -démocratie- des monopoles dans l'omnipotence technologique d'hypnose de nos cerveaux c'est ce que nous avons inventés pour nous procurer l'illusion du bonheur.

  • Marie Tourigny
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 20h37
    Or, le lectorat du journal a augmenté pendant le conflit. Vraiment?
    Il est écrit que le lectorat du journal a augmenté pendant le conflit. Ce manque de solidarité de la population a eu une répercussion directe sur le vote de l’assemblée syndicale.
    Il aurait été plus avisé d'écrire que le nombre de tirage du Journal avait augmenté. Les JDM gratuits au Dépanneur Shell, Couche-tard, Ultramar, au Super Club Vidéotron, au Salon des Pourvoiries de Montréal, sans oublier les copies gratuites avec mon abonnement de Du Devoir et les nombreux téléphones pour que je me réabonne. NON, nous avons soutenu les lock-outés. En n'achetant plus le JDM, en ne le lisant plus au restaurant, en changeant la page d'acceuil de Canoe par celle de Rue Frontenac.com, en ne regardant plus les nouvelles LCN et TVA Oui, il y a des anti-syndicats, comme moi qui ont essayé de faire une différence. Maintenant, je suis bien contente d'ête abonnée au Devoir depuis 2 ans. Je m'abonnerai aussi à Rue Frontenanc si cela est possible.

  • Kaomax
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 22h58
    Le fils P.C. Péladeau manque de stratégie et de jugement
    Pierre Carl Péladeau donne une très mauvaise image au groupe Québécor en baffouant ainsi ses employés du Journal de Montréal.

    Du point de vue stratégique, baffouer l'icone même qui a fait la fortune de la famille Péladeau, c'est équivalent de cracher sur le lait de sa mère.

    Lorsqu'une entreprise en vient à faire autant de bouquant avec son "icone financier", ça n'augure rien de valable à long terme pour les investisseurs.

    Ce qui fait foi de solidité en affaire, c'est l'habilité de bien traiter ses alliés. Les alliés de Québécor, c'est d'abord l'équipe qui aura contribué à fonder son empire.

    Plutôt que de licencier ses employés, Québécor aurait pu les réintégrer dans les nouvelles sphères de hautes technologies et ainsi conserver une image plus stable.

    Les prochains mois et la prochaine année sauront démontrer par ses conséquences en bourses, ce qu'une mauvaise décision peut apporter comme résultat.

  • hyde
    Abonné
    dimanche 27 février 2011 23h44
    Pas seulement une question d'argent
    Certains critiquent les lockoutés du Journal de Montréal parce qu'ils sont "grassement payé" et qu'ils n'ont aucune raison de brailler pour une diminution de salaire quand ils font 100 000$ par année.

    L'argent n'était pas le premier enjeu. C'était la qualité du contenu qui était en cause. Les effectifs sont coupés du 3/4, mais les journalistes devront faire plus de travail et travailler sur plusieurs plate-formes. Moins de temps pour faire le travail forcera les journalistes à bâcler leur travail.

    Le département politique et le département économique n'existe plus désormais. Étrangement, les médias en font pas mention. Dorénavant, une personne de Québec (sûrement du JdeQ) et une personne d'Ottawa s'occuperont de toutes nouvelles politiques. C'est donc dire que les nouvelles politiques du Journal de MONTRÉAL seront rédigés par quelqu'un de QUÉBEC et d'OTTAWA. Que par DEUX personnes: bonjour représentativité et pluralité de l'information!

    Les journalistes du Journal de Montréal s'occuperont de Actualité (meurtres, kidnapping et chats écrasés), de la section spectacles (voir publicité pour Québecor) et les sports.

    On résume: Sang, sexe et sports.

    C'était la dignité du journalisme qui était en jeu. L'argent n'était pas le premier accro.

  • asclepios
    Inscrit
    dimanche 27 février 2011 23h47
    Un point tournant.
    Ce conflit a été le point focal d'un arc-en-ciel de d'enjeux importants pour la nation Québécoise.

    Il a permis de mettre en évidence les tensions entre Québécor, Gesca et les diffuseurs publics, ce qui a mis à l'avant-scène la concentration des médias détenus par une poignée d'intérêts privés et la pauvreté de l'offre d'information qui en résulte.

    Il a aussi montré les limites du modèle actuel de négotiation qui dégénère trop souvent en une lutte de pouvoir entre syndiqués et patrons.

    Beaucoup d'idées discutables ont été proposées, comme l'introduction d'un statut professionnel pour les journalistes et l'assouplissement du code du travail en faveur des patrons, mais ces idées ont en fait été peu discutées.

    Je me réjouis d'avoir vu l'apparition de Rue Frontenac qui fait de l'excellent travail et donne un produit léché et agréable à lire. C'est un bon complément au Devoir en ce qui a trait à des points de vue indépendants.

    La population n'est pas dupe des partis pris des journaux et des chaînes télévisuelles. Dommage que les leaders politiques aient si peu d'imagination pour suggérer des solutions. Nous voulons conserver des sources d'informations indépendantes. Il va falloir gueuler un peu, je pense.

  • phileruth
    Inscrit
    lundi 28 février 2011 05h21
    Un combat exemplaire qui a fait des victimes
    Vu de Belgique et d'Europe, la tristesse des travailleurs du "Journal de Montréal" victimes d'un lock-out il y a plus de deux ans est parfaitement compréhensible. Le jour même où ils se prononçaient sur la proposition d'accord, les journalistes belges, réunis en assemblée générale nationale, votaient à l'unanimité une motion de soutien en leur faveur, démarche tout à fait inhabituelle dans ce type d'assemblée.
    Le combat mené depuis deux ans a donc laissé de nombreuses victimes sur le carreau. Il n'en demeure pas moins exemplaire pour les journalistes du monde entier. Et les soutiens à ruefrontenac se poursuivront, j'en suis sûr.
    Soyez fiers, amis, consoeurs, confrères, de la leçon que vous nous avez donnée. Elle nous inspirera.

    Philippe Leruth
    Vice-président de la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ)
    membre du comité de direction de
    l'Association Générale des Journalistes Professionnels de Belgique (AGJPB)

  • Richard Malouin
    Inscrit
    lundi 28 février 2011 07h34
    La faute de la population. Ah non
    Je suis très triste et cela est vraiment un recule pour la presse. Un jour de deuil et les personnes qui ont perdues leur travail ne méritais pas cela. Là ou je suis en désaccord est le fait qu'une partie de la défaite est attribué au fait que la population n'a pas aidée en n'achètent pas le journal de Montréal. Il est facile pour le syndicat de mettre la faute sur la population car elle ne peut pas ce défendre. La population est toujours la brebis sacrifiée. Messieurs les chefs syndicaux prenez vos responsabilité. vous avez baissé les bras devant l'employeur et laissé tombé vos membres. La population a le dos large. Mais, lorsque le simple travailleur (non syndiqué) va perdre son emploie, je ne vois pas beaucoup de journaliste et de chef syndicaux qui les appuies et qui cris. Vous criez lorsque cela vous apportes quelques choses. Je suis tanné que le peuple soit toujours coupable. Cela dit, je suis vraiment triste du dénouement de cette histoire.

  • pilelo
    Inscrit
    mardi 8 mars 2011 01h33
    rue Frontenac
    L'histoire n'est pas terminée. Rue Frontenac est un excellent journal, bien supérieur au JMtl. Il mérite de se développer. Il ne lui manque qu'une bonne mise en marché: abonnements, restaurants, publicité.

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