Quand papy est accro à son ordi
Les internautes de 55 ans et plus fréquentent avec assiduité le cyberespace, révèle une étude du CEFRIO
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
«Les jeux et les concours permettent aux aînés d’évoluer dans un environnement technologique ludique rassurant», soulignent les auteurs de l’étude du CEFRIO.
La statistique, dévoilée au début du mois de février par le Pew Research Center aux États-Unis, a de quoi surprendre: 3 % des personnes âgées de 75 ans et plus possèdent aujourd'hui une console de jeu. 19 % des 57-65 ans et 8 % des 66-74 ans sont d'ailleurs logés à la même enseigne au pays du vieux Jimmy Carter.
Le chiffre fait apparaître des images amusantes, images qu'une étude dévoilée cette semaine par le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO) vient désormais conforter.
En effet, loin de s'équiper pour plaire à leurs enfants et petits-enfants, les aînés succombent finalement à l'appel de la technologie pour... se divertir eux aussi, mais également pour jouer en ligne, seuls ou en réseaux, peut-on lire dans ce rapport qui dresse un portrait atypique de la Génération A au Québec, les 55 ans et plus. Sale temps pour les préjugés.
Peur, dites-vous ?
Les séniornautes, comme les a baptisés le CEFRIO, n'ont pas peur des mondes numériques qu'ils fréquentent même régulièrement dans une proportion de 47 %. Et pour y faire quoi? Envoyer des courriels, bien sûr, un outil de communication adopté par la quasi-totalité de ces internautes (98 %), mais aussi pour... jouer en participant à des concours (81 %) et en prenant part à des jeux en ligne (69 %), régulièrement ou occasionnellement.
C'est largement plus que la moyenne de la population: la dernière mesure des comportements dans le cyberespace effectuée par le Centre indique en effet que 21 % des Québécois jouent en ligne chaque mois.
«Les jeux et les concours permettent aux aînés d'évoluer dans un environnement technologique ludique rassurant», soulignent les auteurs de cette recherche pour expliquer leur découverte après avoir passé au crible les habitudes en ligne de 2000 utilisateurs de 55 ans et plus.
Des jeux, oui, mais lesquels? Sans doute des jeux pour stimuler sa mémoire, jeux pour planter des carottes — de type Farmville ou Farm City —, jeux d'éléments à assembler, jeux de restaurant virtuel à exploiter (l'étude ne le précise pas)... et qui principalement semblent faire le bonheur des aînées (au féminin) dont les deux tiers avouent un penchant pour cette activité en ligne. Les personnes vivant seules (72 %) sont aussi, sans surprise, les plus enclines à se perdre dans ces divertissements numériques, justement conçus pour éviter de voir le temps passer.
En ligne plus longtemps
Ceci explique peut-être cela, mais aussi le fait que les séniornautes consacrent finalement plus de temps à Internet que le reste de la population, indique le CEFRIO. Des chiffres: en moyenne, ils passent 15,7 heures par semaine sur la Toile, contre 14,1 heures pour le reste de la population. Chose étonnante, dans cette classe d'internautes, un tiers fréquente même le cyberespace plus de 20 heures par semaine. «Cela est comparable au nombre d'heures que les grands utilisateurs de la génération C (les 12-24 ans) passent sur Internet», a résumé la semaine dernière Jacqueline Dubé, la présidente du Centre.
L'aîné branché est un joueur, mais il ne fait pas que cela, poursuit l'étude sur la génération A qu'il est désormais possible de qualifier de «génération @». Au-delà du jeu, il cherche aussi à s'informer en consultant les sites de nouvelles dans une proportion de 71 %. Un séniornaute sur cinq avoue même préférer aujourd'hui cette nouvelle voie d'accès à l'information, par l'entremise d'un ordinateur ou même d'un téléphone intelligent, trouvant du coup passéistes les médias en format traditionnel.
Grand-maman fait du téléchargement
Et ce n'est pas tout: le train de la modernité passe, et l'aîné ne fait pas que le regarder puisque 78 % de cette frange de la population regarde ou télécharge des photos, près de la moitié de ces internautes de 55 ans et plus visitent des blogues, écoutent de la musique et téléchargent également des fichiers musicaux — légalement ou pas? L'enquête ne le précise pas.
Les réseaux sociaux occupent par ailleurs 43 % des séniornautes qui écoutent la télévision en ligne (37 %) et la radio (41 %), commentent le quotidien et l'actualité dans les forums de discussion (32 %), téléphonent par l'entremise de Skype (26 %) et lisent même des livres (14 %).
Le document de 30 pages, dévoilé par le CEFRIO, malmène passablement l'image d'Épinal qui colle à la peau de la génération vieillissante, sauf sur un point: l'insécurité qui persiste encore et toujours dans le contexte des mutations sociales en cours. Oui, les séniornautes font des transactions bancaires en passant par le Web. 50 % s'y adonnent régulièrement, 18 % de manière occasionnelle. Ils consultent leur compte bancaire (74 %) et effectuent même des achats en ligne (57 %), mais ils le font avec crainte: 67 % des aînés soumis à la question par le Centre ne jugent pas sécuritaire la transmission d'informations personnelles en ligne, peut-on lire, prouvant du coup que les technologies de l'information peuvent mettre à mal les préjugés, mais pas tous.
Le chiffre fait apparaître des images amusantes, images qu'une étude dévoilée cette semaine par le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO) vient désormais conforter.
En effet, loin de s'équiper pour plaire à leurs enfants et petits-enfants, les aînés succombent finalement à l'appel de la technologie pour... se divertir eux aussi, mais également pour jouer en ligne, seuls ou en réseaux, peut-on lire dans ce rapport qui dresse un portrait atypique de la Génération A au Québec, les 55 ans et plus. Sale temps pour les préjugés.
Peur, dites-vous ?
Les séniornautes, comme les a baptisés le CEFRIO, n'ont pas peur des mondes numériques qu'ils fréquentent même régulièrement dans une proportion de 47 %. Et pour y faire quoi? Envoyer des courriels, bien sûr, un outil de communication adopté par la quasi-totalité de ces internautes (98 %), mais aussi pour... jouer en participant à des concours (81 %) et en prenant part à des jeux en ligne (69 %), régulièrement ou occasionnellement.
C'est largement plus que la moyenne de la population: la dernière mesure des comportements dans le cyberespace effectuée par le Centre indique en effet que 21 % des Québécois jouent en ligne chaque mois.
«Les jeux et les concours permettent aux aînés d'évoluer dans un environnement technologique ludique rassurant», soulignent les auteurs de cette recherche pour expliquer leur découverte après avoir passé au crible les habitudes en ligne de 2000 utilisateurs de 55 ans et plus.
Des jeux, oui, mais lesquels? Sans doute des jeux pour stimuler sa mémoire, jeux pour planter des carottes — de type Farmville ou Farm City —, jeux d'éléments à assembler, jeux de restaurant virtuel à exploiter (l'étude ne le précise pas)... et qui principalement semblent faire le bonheur des aînées (au féminin) dont les deux tiers avouent un penchant pour cette activité en ligne. Les personnes vivant seules (72 %) sont aussi, sans surprise, les plus enclines à se perdre dans ces divertissements numériques, justement conçus pour éviter de voir le temps passer.
En ligne plus longtemps
Ceci explique peut-être cela, mais aussi le fait que les séniornautes consacrent finalement plus de temps à Internet que le reste de la population, indique le CEFRIO. Des chiffres: en moyenne, ils passent 15,7 heures par semaine sur la Toile, contre 14,1 heures pour le reste de la population. Chose étonnante, dans cette classe d'internautes, un tiers fréquente même le cyberespace plus de 20 heures par semaine. «Cela est comparable au nombre d'heures que les grands utilisateurs de la génération C (les 12-24 ans) passent sur Internet», a résumé la semaine dernière Jacqueline Dubé, la présidente du Centre.
L'aîné branché est un joueur, mais il ne fait pas que cela, poursuit l'étude sur la génération A qu'il est désormais possible de qualifier de «génération @». Au-delà du jeu, il cherche aussi à s'informer en consultant les sites de nouvelles dans une proportion de 71 %. Un séniornaute sur cinq avoue même préférer aujourd'hui cette nouvelle voie d'accès à l'information, par l'entremise d'un ordinateur ou même d'un téléphone intelligent, trouvant du coup passéistes les médias en format traditionnel.
Grand-maman fait du téléchargement
Et ce n'est pas tout: le train de la modernité passe, et l'aîné ne fait pas que le regarder puisque 78 % de cette frange de la population regarde ou télécharge des photos, près de la moitié de ces internautes de 55 ans et plus visitent des blogues, écoutent de la musique et téléchargent également des fichiers musicaux — légalement ou pas? L'enquête ne le précise pas.
Les réseaux sociaux occupent par ailleurs 43 % des séniornautes qui écoutent la télévision en ligne (37 %) et la radio (41 %), commentent le quotidien et l'actualité dans les forums de discussion (32 %), téléphonent par l'entremise de Skype (26 %) et lisent même des livres (14 %).
Le document de 30 pages, dévoilé par le CEFRIO, malmène passablement l'image d'Épinal qui colle à la peau de la génération vieillissante, sauf sur un point: l'insécurité qui persiste encore et toujours dans le contexte des mutations sociales en cours. Oui, les séniornautes font des transactions bancaires en passant par le Web. 50 % s'y adonnent régulièrement, 18 % de manière occasionnelle. Ils consultent leur compte bancaire (74 %) et effectuent même des achats en ligne (57 %), mais ils le font avec crainte: 67 % des aînés soumis à la question par le Centre ne jugent pas sécuritaire la transmission d'informations personnelles en ligne, peut-on lire, prouvant du coup que les technologies de l'information peuvent mettre à mal les préjugés, mais pas tous.
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