Lock-out au Journal de Montréal - Le vrai problème: la concentration de la presse, juge la FPJQ
Québec — Favorable à la modernisation des dispositions antibriseurs de grève, la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) juge cependant que les parlementaires doivent se pencher sur la véritable cause de l'interminable lock-out au Journal de Montréal: la concentration de la presse.
«La concentration de la presse est la principale raison qui explique la durée exceptionnelle du conflit au Journal de Montréal», a affirmé hier le président de la FPJQ, Brian Myles, qui comparaissait devant la Commission de l'économie et du travail (CET) avec Claude Robillard, le directeur général de l'organisme qui compte 2000 membres.
Alors que la CET échangeait sur une modification de la notion d'établissement, définie dans les dispositions antibriseurs de grève du Code du travail, pour l'étendre à tout autre lieu où s'accomplit le travail de journalistes syndiqués, par exemple, empêchant ainsi le recours à des journalistes de remplacement en cas de grève ou de lock-out, la FPJQ a recommandé que les élus mettent aussi sur pied une commission parlementaire pour étudier la concentration de la presse. Un tel exercice avait eu lieu en 2001. «Dix ans dans un contexte d'effervescence tel qu'on le connaît dans le monde de l'information, c'est une éternité; la donne a radicalement changé», estime Brian Myles.
Équilibre détruit
La FPJQ n'a ni le mandat ni la compétence pour intervenir sur des questions reliées au droit du travail, a-t-il rappelé, mais elle est souvent intervenue sur des enjeux professionnels qui peuvent faire l'objet de négociations entre les journalistes et leur employeur «dans un souci de préserver des valeurs fondamentales que sont la qualité et la diversité de l'information».
«Le lock-out [au Journal de Montréal] démontre que la concentration de la presse et la convergence ont détruit l'équilibre entre les parties et que la Loi antibriseurs de grève, obsolète, n'est plus en mesure d'assurer la défense de l'intérêt public tel que nous l'entendons», a-t-il dit. «Dans l'industrie des médias, le rapport de force, il a été brisé» par le lock-out au Journal de Montréal, mais aussi par celui au Journal de Québec précédemment, estime le président de la FPJQ.
«Ce qui va arriver, c'est que la tentation du lock-out va être là dans les médias où il y a un fort potentiel de convergence et les journalistes vont négocier dans la crainte d'un lock-out», prédit-il.
Brian Myles a rappelé que la FPJQ a tenté à de multiples reprises de freiner la concentration de la presse, mais celle-ci s'est imposée au Québec. «La pâte à dents est sortie du tube et on ne pourra pas la remettre à l'intérieur», a-t-il dit. Il faut toutefois opposer un contrepoids aux conglomérats comme Quebecor, a plaidé Brian Myles. Le lock-out organisé par Quebecor soulève «un enjeu central: est-ce qu'on veut qu'une poignée de dirigeants d'un immense empire de presse puisse dicter sans contrepoids la couverture de l'actualité»?
Les dirigeants de la Commission de la culture et de l'éducation, laquelle s'est déjà intéressée à la concentration de la presse il y a dix ans, n'ont toutefois pas l'intention de revenir sur le sujet. «Il n'y a jamais eu d'intention du gouvernement ou de l'opposition à ce sujet», a expliqué au Devoir la semaine dernière le libéral Pierre Marsan, président de la Commission. «Nous sommes en pleins travaux découlant de notre mandat d'initiative sur le décrochage scolaire.»
Pierre Curzi, vice-président de la Commission, a confirmé cette lecture. «Je n'ai jamais entendu parler sérieusement de cette option», a dit le député péquiste.
***
Avec la collaboration de Stéphane Baillargeon
«La concentration de la presse est la principale raison qui explique la durée exceptionnelle du conflit au Journal de Montréal», a affirmé hier le président de la FPJQ, Brian Myles, qui comparaissait devant la Commission de l'économie et du travail (CET) avec Claude Robillard, le directeur général de l'organisme qui compte 2000 membres.
Alors que la CET échangeait sur une modification de la notion d'établissement, définie dans les dispositions antibriseurs de grève du Code du travail, pour l'étendre à tout autre lieu où s'accomplit le travail de journalistes syndiqués, par exemple, empêchant ainsi le recours à des journalistes de remplacement en cas de grève ou de lock-out, la FPJQ a recommandé que les élus mettent aussi sur pied une commission parlementaire pour étudier la concentration de la presse. Un tel exercice avait eu lieu en 2001. «Dix ans dans un contexte d'effervescence tel qu'on le connaît dans le monde de l'information, c'est une éternité; la donne a radicalement changé», estime Brian Myles.
Équilibre détruit
La FPJQ n'a ni le mandat ni la compétence pour intervenir sur des questions reliées au droit du travail, a-t-il rappelé, mais elle est souvent intervenue sur des enjeux professionnels qui peuvent faire l'objet de négociations entre les journalistes et leur employeur «dans un souci de préserver des valeurs fondamentales que sont la qualité et la diversité de l'information».
«Le lock-out [au Journal de Montréal] démontre que la concentration de la presse et la convergence ont détruit l'équilibre entre les parties et que la Loi antibriseurs de grève, obsolète, n'est plus en mesure d'assurer la défense de l'intérêt public tel que nous l'entendons», a-t-il dit. «Dans l'industrie des médias, le rapport de force, il a été brisé» par le lock-out au Journal de Montréal, mais aussi par celui au Journal de Québec précédemment, estime le président de la FPJQ.
«Ce qui va arriver, c'est que la tentation du lock-out va être là dans les médias où il y a un fort potentiel de convergence et les journalistes vont négocier dans la crainte d'un lock-out», prédit-il.
Brian Myles a rappelé que la FPJQ a tenté à de multiples reprises de freiner la concentration de la presse, mais celle-ci s'est imposée au Québec. «La pâte à dents est sortie du tube et on ne pourra pas la remettre à l'intérieur», a-t-il dit. Il faut toutefois opposer un contrepoids aux conglomérats comme Quebecor, a plaidé Brian Myles. Le lock-out organisé par Quebecor soulève «un enjeu central: est-ce qu'on veut qu'une poignée de dirigeants d'un immense empire de presse puisse dicter sans contrepoids la couverture de l'actualité»?
Les dirigeants de la Commission de la culture et de l'éducation, laquelle s'est déjà intéressée à la concentration de la presse il y a dix ans, n'ont toutefois pas l'intention de revenir sur le sujet. «Il n'y a jamais eu d'intention du gouvernement ou de l'opposition à ce sujet», a expliqué au Devoir la semaine dernière le libéral Pierre Marsan, président de la Commission. «Nous sommes en pleins travaux découlant de notre mandat d'initiative sur le décrochage scolaire.»
Pierre Curzi, vice-président de la Commission, a confirmé cette lecture. «Je n'ai jamais entendu parler sérieusement de cette option», a dit le député péquiste.
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