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Le Show du cadenas II au Métropolis - La ferveur, envers et contre tout

Sylvain Cormier   25 janvier 2011  Médias
Le grand Gilles Vigneault sur la scène du Métropolis, hier soir, lors d’un spectacle rassemblant les forces vives de l’humour et de la chanson — les Zapartistes, Bernard Adamus, Damien Robitaille et Karkwa — à l’occasion d’un anniversaire que nul ne pouvait ignorer. Le Show du cadenas, deuxième du nom, soulignait les deux années de combat syndical et de résilience humaine des lock-outés du Journal de Montréal. <br />
Photo : Jean-François Leblanc - Le Devoir
Le grand Gilles Vigneault sur la scène du Métropolis, hier soir, lors d’un spectacle rassemblant les forces vives de l’humour et de la chanson — les Zapartistes, Bernard Adamus, Damien Robitaille et Karkwa — à l’occasion d’un anniversaire que nul ne pouvait ignorer. Le Show du cadenas, deuxième du nom, soulignait les deux années de combat syndical et de résilience humaine des lock-outés du Journal de Montréal.
Ça a démarré mollement. Était-ce la Sibérie dehors qui rendait tous ces gens, ces spectateurs, ces militants, ces lock-outés, leurs amis, leurs conjoints, si gourds? Tout un Métropolis engourdi, c'est un mammouth dans sa gangue glaciaire. Le premier discours n'a rien arrangé: il y avait de la fatigue dans ces mots lourds: «écœuré», «dégoûté». Était-ce ça? Un certain épuisement des troupes, après 731 jours de lock-out des employés syndiqués du Journal de Montréal?

C'est humain, se disait-on. Fallait-il en plus qu'ils fêtent quand l'heure n'est pas à la fête? Souligner l'anniversaire, les deux ans du lock-out, ça allait de soi, mais s'enthousiasmer? Ça ne se commande pas. L'imitation d'Amir Khadir, premier numéro des Zapartistes, est tombée à plat. Ça regardait mal.

Et puis est arrivé Damien Robitaille, et il a fait son Damien. La salle a esquissé un sourire dès l'intro d'On est né nu. À la chanson suivante, la salle se dandinait. À Homme autonome, c'était le party. La chanson ne manquait pas de piquant dans le contexte, relevé par Damien: «C'est une chanson que j'ai écrite il y a trois ans parce que je savais que j'allais la chanter ici ce soir et que ça signifierait la fin de ma carrière de chanteur...»

Froidure du temps ou de l'âme, Damien avait réchauffé son monde. «Est-ce que vous voulez de l'amour?» Ouiiii. «Combien?» Pleiiin. Et Damien de lancer Plein d'amour. Simple comme bonjour.

De là, c'était tout bon, et ce Métropolis rempli à ras bords exultait, hurlait, manifestait colère ou joie à toutes les occasions. L'imitation de Pierre «Citizen Karl» Péladeau, par Christian Vanasse des Zapartistes, a dûment fait son effet. «Voilà comment vous me remerciez, moi qui vous ai remerciés!», a lancé le PKP zaparté sous les «Voyou!» lancés de partout. Bourbon Gautier, ajout bienvenu au programme, avait une chanson de circonstance: «T'as beau avoir... / T'es pas beau à voir...»

Un monde meilleur

Cette foule avait besoin de se défouler, mais aussi de croire à un monde meilleur. C'est ce monde-là que leur a chanté le grand Gilles Vigneault en personne, solide et solidaire, alignant Mon pays et Les gens de mon pays comme autant de motifs de fierté et de ferveur, envers et contre tout. Ce sont ces mots-là — «Je vous entends demain parler de liberté!» — que les lock-outés avaient besoin d'entendre, et leur clameur était chaude.

Au retour de l'entracte, le véritable Amir Khadir et l'écrivain-chroniqueur Gil Courtemanche se sont succédé, et la charge du premier contre le «vieux capitalisme carnassier» — montrant du doigt le gouvernement québécois plutôt que le seul PKP —, n'était que prélude à la «prise de risque» du second. Pas gêné, Courtemanche a proposé, dictionnaire à l'appui, toute une série de synonymes au fameux «voyou». «À défaut de figurer dans le dictionnaire, Péladeau devra peut-être le poursuivre en diffamation...» Les Zapartistes, déguisés en «Snoros Cocasses», ont enfoncé le clou avec leur Libérez-nous de... Péladeau.

Suivaient Bernard Adamus, puis Karkwa. J'ai quitté le Métropolis pour écrire ces lignes alors qu'Adamus, sa Rue Ontario et son Brun permettaient à tous de chanter à tue-tête. Exutoire nécessaire, salutaire. Après ça, tout redevenait possible, et Karkwa allait de toute évidence se charger de mener lock-outés et non lock-outés ailleurs. Loin, très loin de la froide réalité.
 
 
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  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    25 janvier 2011 08 h 17
    «se sont succédé» et non «se sont succédés»,
    si je ne m'abuse de ma cornemuse.
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  •  
  • Sylvain Cormier - Abonné
    25 janvier 2011 10 h 42
    Il y a une faute d'accord, là...
    J'ai bien lu et vu, comme vous, cette faute dans l'accord de succéder. Ce matin. Hier à minuit moins une, le temps manquait: c'était relire ou publier. Le lot des textes à écrire immédiatement après un spectacle est toujours ingrat. La coquille guette (il y en a dans le texte), la correctrice n'est plus là, on fait au mieux. Ça n'excuse rien. Je tenais néanmoins à cette petite mise en contexte. Spectacle et texte, hier, ne se sont pas seulement succédé. Ils se sont bousculés. Avec un s.
    Bien à vous,
    Sylvain Cormier
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  • Raymond-Marie Guay - Abonné
    25 janvier 2011 21 h 46
    Qu'à la "fote" ne tienne!
    Merci pour votre article M. Cormier.
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