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Un conflit qui entre dans sa troisième année - 36 000 pétitionnaires pour un boycott du Journal de Montréal

Stéphane Baillargeon   24 janvier 2011  Médias
Près de 33 000 personnes ont signé une pétition de boycottage du Journal de Montréal lancée il y a trois mois par la CSN sur le thème «L'injustice en vente partout». Le texte explicatif dénonce «la mauvaise foi de l'employeur». Le lock-out qui touche le quotidien de Quebecor entrera dans sa troisième année cette nuit.

Une nouvelle pétition est aussi relayée depuis le 14 décembre (jusqu'au 14 mars) par le site de l'Assemblée nationale. Cet autre moyen de pression en appelle à la modernisation de la loi anti-briseurs de grève afin de «rééquilibrer le rapport de force». Cette seconde pétition, appuyée par un député, a recueilli à peu près 2900 signatures.

Ce qui fait près de 36 000 pétitionnaires au total. Enfin, sans tenir compte des doublons, s'il s'en trouve. Rappelons que les lock-outés du Journal de Montréal sont syndiqués à la CSN.

«Il y a eu un travail intensif de sensibilisation et de solidarité à l'égard des syndiqués du Journal de Montréal», explique au Devoir Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). «Nous sommes satisfaits. Combien de fois on voit lancer des campagnes de boycott qui rêvent de changer le comportement de la moitié du Québec. Ce n'est pas ça. L'effet des grandes campagnes sociétales contre le tabac ou l'alcool au volant ne se mesure pas à court terme.»

Elle ajoute que «des centaines» d'assemblées syndicales ont été convoquées sur le thème du boycottage. En plus, le résultat de la pétition appelant au boycottage a été distribué à deux reprises aux 350 et quelques annonceurs du JdeM. «Certains nous ont dit qu'ils ne renouvelleraient pas leurs annonces, dit encore Mme Carbonneau. Je crois que ce n'est pas sans impact.»

La CSN demande aussi au gouvernement de modifier les dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail du Québec dans sa première pétition appelant au boycottage. La vieille loi adoptée dans les années 1970 ne prévoyait pas la possibilité du télétravail. Les syndiqués du quotidien affirment que le recours à des travailleurs de substitution oeuvrant à distance facilite la production du journal tout en contrevenant à l'esprit de la loi anti-briseurs de grève. Deux jugements de tribunaux ont établi le contraire.

D'où la volonté de refonte du code. La proposition se retrouvera au centre des débats de la commission parlementaire sur le conflit qui commencera ses audiences dans deux semaines, à Québec.

Réaction de Quebecor

La direction de Quebecor, propriétaire du Journal de Montréal, refuse de commenter longuement le deuxième anniversaire du conflit. «Nous n'avons toujours pas l'intention pour l'instant de donner d'entrevues sur [ce sujet]», écrit au Devoir Serge Sasseville, vice-président aux affaires corporatives et institutionnelles de Quebecor. «Nous ne voulons prendre aucun risque d'envenimer les négociations en cours et nous craignons que des entrevues à ce sujet ne constituent un trop grand risque. Nous sommes d'avis que la solution de ce conflit de travail passe par la table de négociations. Nous entendons toujours conclure un règlement honorable et satisfaisant pour toutes les parties, par respect et reconnaissance des nombreuses années de services de la grande majorité des employés du Journal de Montréal, mais un règlement qui tienne compte du contexte très difficile dans l'industrie de la presse écrite [...].»

Mme Carbonneau confirme finalement que la tentative de rapprochement se poursuit devant le médiateur spécial nommé par Québec. La présidente refuse cependant de révéler l'état de cette démarche.
 
 
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    24 janvier 2011 07 h 08
    Etre gréviste en 2011
    Journaliste du JdM: 80,000$
    Procureur de la Couronne: 100,000$

    Aujourd'hui impossible de faire la grève à moins de 80,000 par année.

    Vous en connaissez des gens qui travaillent au salaire minimum et qui font la grève? Sont pas exploités eux autres...
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  •  
  • BROMONTOIS - Inscrit
    24 janvier 2011 09 h 52
    @ Rodrigue Tremblay
    Je n'ai jamais gagner de salaire comparable mais pour être honnête il faut concevoir que le salaire des journalistes et des procureurs de la Couronne doivent être concurrentiels . Nous sommes parti de l'Amérique du Nord et malgré que je ressens un brin de jalousie je dois en toute honnêteté dire que la majorité le mérite .
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  • Martin Richard Mouvement Action Chômage Montréal - Abonné
    24 janvier 2011 11 h 07
    Se syndiquer, d'abord
    Monsieur Tremblay, les gens qui travaillent au salaire minimum, ils essaient d'abord de se syndiquer, afin d'améliorer leurs conditions. C'est ce que font actuellement les salariés d'un magasin Couche-Tard à Montréal (http://www.csn.qc.ca/web/csn/communique/-/ap/Comm1 Serez-vous prêt à les appuyer, du haut de votre superbe? Sinon, ça démontrera que votre argument facile à l'égard des hauts salariés n'est qu'une argutie démagogique.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    24 janvier 2011 11 h 11
    @ Bromontois
    Vous avez raisons, quand on parle concurrentiel, on parle aussi d'offre et de demande. Malheureusement pour les journalistes, la demande est grandement en baisse, le travail n'est plus le même. La concurrence est féroce, c'est pour cela que ce conflit perdure, le syndicat ne veut accepter la nouvel donne.
    Aujourd'hui on a plus besoin de centaine de journalistes il y a une multitude de source pour la nouvelle. A moins qu'on se veuille un journal d'analyse et d'opinion (ce que ne sont aucun des journaux de Québécor) le nombre de journaliste requis est grandement réduit.
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  • Gaston Bourdages - Abonné
    24 janvier 2011 11 h 10
    Que manque-t-il aux gens «en pouvoir» dans ce triste et...
    ...tout autant désolant conflit de travail ?
    La 1ère question serait plutôt, je corrige :«Manque-t-il «quelque chose» aux gens «EN POUVOIR» en ce déplorable jour anniversaire ?
    Quels sont les véritables besoins de toutes celles et tous ceux affectés(es) ? Autant employés)es) qu'employeur ?
    Je mentirais à dire que «je comprends» Je n'ai cette ou ces expériences de «trottoirs». Plus encore, je doute posséder les qualités requises pour «passer au travers» un tel chapitre d'Histoire devie. Celle-ci, petit et grand «V».
    Mes respects et voeux d'un équitable règlement. Puisse cette grande dame qu'est celle de la dignité faire partie de cette si souhaitée entente.
    Gaston Bourdages
    Écrivain
    Saint-Valérien de Rimouski
    www.unpublic.gastonbourdages.com

    P.S. Pour Monsieur Baillargeont. Mercis à vous pour ce rappel d'une situation devant laquelle ma «pauvre» humanité se sent si impuissante. Ouache ! Il me rste la pensée «pis» dans la foi qui est mienne pour aujourd'hui (demain, je verrai...) la prière. Celle d'un ex-bagnard...lire ici «ex-client» de prison et de pénitenciers. Un livre raconte...
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  • Claude Archambault - Inscrit
    24 janvier 2011 11 h 13
    M Tremblay
    Un avocat a le choix, la couronne $100,000 et éventuellement une bonne chance de devenir juge quelque part dans une des cours, ou le privé $ky i$ the limit.

    Donc il est en bonne position.
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  • BROMONTOIS - Inscrit
    24 janvier 2011 13 h 17
    @ Claude Archambault
    Je vous croirais si le journal aurait fonctionné à perte mais je débarque quand c'est fait seulement pour augmenter les profits qui était très acceptable . Si une compagnie doit mettre des gens à pied pour survivre : d'accord . Je ne connaît pas votre emploi , mais j'aimerais vous voir mis en lock-out alors que les profits sont bons et remplacé par des gens qui travaillent à partir de leur domicile .
    Je ne suis pas riche mais pensionné et si je vous rencontre en panne sur la rue , je ne me poserai pas de question sur l'intérêt pour mon "bottom line" mais je vous aiderai . Je crois entre patron et employés qu'il devrait y avoir plus de compassion surtout si votre fortune augmente d'environ 22% cette année .
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    24 janvier 2011 15 h 58
    Boycott
    Depuis le lock-out, je boycotte Quebecor: je ne lis évidemment pas le JdM, je n'accepte pas le 24 H, je ne vais pas chez Archambault, je n'ai pas le câble... mais je fais affaire avec une imprimerie de Quebecor pour mon quotidien favori... Que faire?
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  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    24 janvier 2011 17 h 29
    Conditions de travail du personnel des quotidiens
    Tous les quotidiens du Québec ont, au cours des dernières années, revu à la baisse les conditions de travail de leurs employés.

    À l'exception du Devoir.

    Tous les quotidiens du Québec ont connu, au cours des dernières années, une baisse de leur tirage.

    À l'exception du Devoir.
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  •  
  • Eric Allard - Abonné
    24 janvier 2011 22 h 16
    Jugement défectueux de la cour
    On peut débattre longtemps à savoir si les employés du Journal de Montréal ont raison de se plaindre ou non de leurs conditions, toujours est-il qu'encore une fois, les juges n'ont pas eu le courage de faire leur travail correctement.

    La loi sur les briseurs de grève a été écrite dans un but très clair, et à une époque où les communications informatiques n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui. Donc, à cause de ces juges en herbe, toutes les personnes ayant un travail pouvant à la limite se réaliser par des briseurs de grève à la maison ne sont plus protégés par cette loi durant une grève ou un lock-out.

    Les employeurs ont bien entendu pris conscience de cette porte grande ouverte, et pendant que les syndiqués vont manger leurs bas durant un conflit de travail, pour le patron, la job va continuer à se faire à rabais. Les juges ont donc clairement créé une injustice pour des milliers de travailleurs québécois, et tant que je PLQ n'aura pas le courage d'y remédier, cette injustice demeurera.

    Mais voyons! Je rêve en couleurs!!! Le PLQ déplaire aux Péladeau et cie? Jamais on ne verra ça de notre vivant!
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