Musique en ligne : entre iTunes et MySpace, Bandcamp fait son nid
Photo : source www.lindice.bandcamp.com
L’auteur-compositeur-interprète montréalais Vincent Blain a fait paraître en 2010 quatre minialbums sur Bandcamp.
C'est peut-être un hasard total. Ou le reflet de l'évolution des habitudes des internautes en ce qui a trait à la musique. Mais alors que le réseau social et diffuseur de musique MySpace périclite et que son propriétaire News Corp vient de congédier presque la moitié des employés de la boîte, la plateforme musicale en ligne Bandcamp voit son impact et son influence bondir.
En fait, Bandcamp n'est pas un concurrent direct de MySpace: ce n'est pas un site de réseautage ni un endroit pour mettre en ligne des vidéos ou alimenter un blogue. Conçu pour la musique, Bandcamp est un site destiné à l'écoute et au téléchargement en ligne. Point. Un cousin branché de la boutique d'iTunes et un antiMySpace, en quelque sorte.
Là où MySpace est un fouillis d'une lourdeur agaçante, Bandcamp est rapide, léger, propre, minimaliste, voire intuitif. Et surtout, il a été conçu pour les artistes et les mélomanes. «C'est tellement simple, que tu te demandes comment personne ne l'a fait avant!», lance Laurie Boisvert, directrice de l'étiquette montréalaise Dare to Care et de sa petite soeur, Grosse Boîte.
Bandcamp offre de la diffusion en flux de qualité acceptable (128 kbps), l'écoute intégrale des albums, et la possibilité d'acheter des titres à l'unité ou les disques via Paypal ou par carte de crédit. C'est l'artiste qui détermine le prix de vente, s'il désire en mettre un (voir encadré).
Le site propose à l'internaute de télécharger sa musique dans le format de son choix (MP3 320 kbps, FLAC, AAC, Ogg Vorbis...), et les fichiers — offerts à l'unité ou en album — peuvent comprendre les paroles, la pochette en fac-similé et tout autre fichier (PDF, vidéo) que l'artiste aura bien voulu intégrer.
85 000 groupes
Depuis plusieurs mois, une grande quantité de groupes musicaux, dont plusieurs du Québec, se sont inscrits — gratuitement — sur Bandcamp. À ce jour, ils sont près de 85 000 formations à y avoir leur page.
C'est certainement l'Américain Sufjan Stevens qui a le plus attiré les projecteurs sur Bandcamp, alors qu'il y avait mis en ligne en août dernier son plus récent EP, All Delighted People. Quant à l'artiste new-yorkaise Amanda Palmer, elle n'a eu besoin que trois petites minutes pour y vendre pour 15 000 $ de son disque de reprises de Radiohead jouées au ukulélé.
Et au Québec? «C'est pas mal Malajube, avec son minialbum Contrôle, et les artistes de l'étiquette Saboteur, Numéro# et Omnikrom, qui ont été parmi les premiers à adopter Bandcamp ici, nous dit Shanti Loiselle, qui s'occupe de la promotion Web chez Iconoclaste, une boîte montréalaise qui travaille avec Émilie Proulx et Jordan Officer, entre autres artistes. Mais beaucoup d'artistes l'utilisent aujourd'hui. Le grand public commence à savoir ce que c'est, et à être moins hésitant.»
Le iTunes des «indés»
L'auteur-compositeur-interprète montréalais Vincent Blain, qui a travaillé par exemple avec Navet Confit et Le Husky, a fait paraître en 2010 quatre minialbums sur Bandcamp, qui, bout à bout, ont formé son disque Le Bonheur (www.lindice.bandcamp.com). Il sort enchanté de son expérience sur le site. «Pour un musicien qui n'est pas "signé" avec une maison de disques, c'est compliqué de vendre ses pièces sur iTunes. Il faut absolument passer par un intermédiaire, qui prend une part des ventes. Tout comme iTunes, qui prend 40 % des ventes. Bandcamp, c'est gratuit à l'abonnement, ouvert à tous, et ils ne prennent que 15 %.»
Le calcul est simple pour les musiciens, qui ont rarement des dollars en trop à la fin du mois pour leur REER. Chez Iconoclaste, on se sert des deux plateformes en parallèle. «ITunes a vraiment la force du nombre», explique Shanti Loiselle. Même pensée chez Dare to Care, qui a adopté Bandcamp comme boutique numérique en ligne de ses artistes (Coeur de pirate, Jimmy Hunt, Tricot Machine, Panache...), tout en rendant ses titres disponibles chez le géant d'Apple. «Il fallait faire une mise à jour de notre site Web pour la vente en ligne, et c'était beaucoup, beaucoup trop d'investissement de développer complètement un portail d'achat. Bandcamp a été une solution rapide et abordable», explique Laurie Boisvert.
En plus des ventes numériques, Bandcamp permet aux indépendants de vendre des copies physiques de leurs oeuvres, raconte Vincent Blain. «On reçoit un courriel avec les informations de vente, et on n'a qu'à mettre notre disque dans une enveloppe et courir à la boîte aux lettres!» Voilà qui saura plaire aux mélomanes un tant soit peu éclectiques qui vivent en dehors de Montréal ou de Québec.
Faible réseautage
On le disait, Bandcamp n'est pas un réseau social. Il est donc plutôt ardu de naviguer d'une page d'artiste à une autre. «Il n'y a pas d'algorithme de recommandation sur Bandcamp, les profils ne sont pas reliés entre eux», précise Laurie Boisvert. La seule façon de surfer est de cliquer sur les «étiquettes» que les administrateurs du site auront ajoutées, du genre «Montréal», «folk», «pop» ou «post-rock». Et le moteur de recherche laisse encore à désirer.
Toutefois, Bandcamp s'intègre aisément aux autres réseaux sociaux, notamment à Facebook. «La journée où ils ont ajouté le bouton "J'aime", de Facebook, il y a eu beaucoup plus de trafic sur les pages Bandcamp de nos artistes», se réjouit la directrice de Dare to Care. En plus, ajoute Shanti Loiselle, «leurs lecteurs de musique s'incrustent partout ailleurs, et on peut changer leurs couleurs, les rendre transparents... il y en a des petits, des grands, des moyens!»
C'est un peu là la particularité de ce site. Bandcamp se concentre sur la musique, les réseaux sociaux, eux, répandent la bonne nouvelle.
En fait, Bandcamp n'est pas un concurrent direct de MySpace: ce n'est pas un site de réseautage ni un endroit pour mettre en ligne des vidéos ou alimenter un blogue. Conçu pour la musique, Bandcamp est un site destiné à l'écoute et au téléchargement en ligne. Point. Un cousin branché de la boutique d'iTunes et un antiMySpace, en quelque sorte.
Là où MySpace est un fouillis d'une lourdeur agaçante, Bandcamp est rapide, léger, propre, minimaliste, voire intuitif. Et surtout, il a été conçu pour les artistes et les mélomanes. «C'est tellement simple, que tu te demandes comment personne ne l'a fait avant!», lance Laurie Boisvert, directrice de l'étiquette montréalaise Dare to Care et de sa petite soeur, Grosse Boîte.
Bandcamp offre de la diffusion en flux de qualité acceptable (128 kbps), l'écoute intégrale des albums, et la possibilité d'acheter des titres à l'unité ou les disques via Paypal ou par carte de crédit. C'est l'artiste qui détermine le prix de vente, s'il désire en mettre un (voir encadré).
Le site propose à l'internaute de télécharger sa musique dans le format de son choix (MP3 320 kbps, FLAC, AAC, Ogg Vorbis...), et les fichiers — offerts à l'unité ou en album — peuvent comprendre les paroles, la pochette en fac-similé et tout autre fichier (PDF, vidéo) que l'artiste aura bien voulu intégrer.
85 000 groupes
Depuis plusieurs mois, une grande quantité de groupes musicaux, dont plusieurs du Québec, se sont inscrits — gratuitement — sur Bandcamp. À ce jour, ils sont près de 85 000 formations à y avoir leur page.
C'est certainement l'Américain Sufjan Stevens qui a le plus attiré les projecteurs sur Bandcamp, alors qu'il y avait mis en ligne en août dernier son plus récent EP, All Delighted People. Quant à l'artiste new-yorkaise Amanda Palmer, elle n'a eu besoin que trois petites minutes pour y vendre pour 15 000 $ de son disque de reprises de Radiohead jouées au ukulélé.
Et au Québec? «C'est pas mal Malajube, avec son minialbum Contrôle, et les artistes de l'étiquette Saboteur, Numéro# et Omnikrom, qui ont été parmi les premiers à adopter Bandcamp ici, nous dit Shanti Loiselle, qui s'occupe de la promotion Web chez Iconoclaste, une boîte montréalaise qui travaille avec Émilie Proulx et Jordan Officer, entre autres artistes. Mais beaucoup d'artistes l'utilisent aujourd'hui. Le grand public commence à savoir ce que c'est, et à être moins hésitant.»
Le iTunes des «indés»
L'auteur-compositeur-interprète montréalais Vincent Blain, qui a travaillé par exemple avec Navet Confit et Le Husky, a fait paraître en 2010 quatre minialbums sur Bandcamp, qui, bout à bout, ont formé son disque Le Bonheur (www.lindice.bandcamp.com). Il sort enchanté de son expérience sur le site. «Pour un musicien qui n'est pas "signé" avec une maison de disques, c'est compliqué de vendre ses pièces sur iTunes. Il faut absolument passer par un intermédiaire, qui prend une part des ventes. Tout comme iTunes, qui prend 40 % des ventes. Bandcamp, c'est gratuit à l'abonnement, ouvert à tous, et ils ne prennent que 15 %.»
Le calcul est simple pour les musiciens, qui ont rarement des dollars en trop à la fin du mois pour leur REER. Chez Iconoclaste, on se sert des deux plateformes en parallèle. «ITunes a vraiment la force du nombre», explique Shanti Loiselle. Même pensée chez Dare to Care, qui a adopté Bandcamp comme boutique numérique en ligne de ses artistes (Coeur de pirate, Jimmy Hunt, Tricot Machine, Panache...), tout en rendant ses titres disponibles chez le géant d'Apple. «Il fallait faire une mise à jour de notre site Web pour la vente en ligne, et c'était beaucoup, beaucoup trop d'investissement de développer complètement un portail d'achat. Bandcamp a été une solution rapide et abordable», explique Laurie Boisvert.
En plus des ventes numériques, Bandcamp permet aux indépendants de vendre des copies physiques de leurs oeuvres, raconte Vincent Blain. «On reçoit un courriel avec les informations de vente, et on n'a qu'à mettre notre disque dans une enveloppe et courir à la boîte aux lettres!» Voilà qui saura plaire aux mélomanes un tant soit peu éclectiques qui vivent en dehors de Montréal ou de Québec.
Faible réseautage
On le disait, Bandcamp n'est pas un réseau social. Il est donc plutôt ardu de naviguer d'une page d'artiste à une autre. «Il n'y a pas d'algorithme de recommandation sur Bandcamp, les profils ne sont pas reliés entre eux», précise Laurie Boisvert. La seule façon de surfer est de cliquer sur les «étiquettes» que les administrateurs du site auront ajoutées, du genre «Montréal», «folk», «pop» ou «post-rock». Et le moteur de recherche laisse encore à désirer.
Toutefois, Bandcamp s'intègre aisément aux autres réseaux sociaux, notamment à Facebook. «La journée où ils ont ajouté le bouton "J'aime", de Facebook, il y a eu beaucoup plus de trafic sur les pages Bandcamp de nos artistes», se réjouit la directrice de Dare to Care. En plus, ajoute Shanti Loiselle, «leurs lecteurs de musique s'incrustent partout ailleurs, et on peut changer leurs couleurs, les rendre transparents... il y en a des petits, des grands, des moyens!»
C'est un peu là la particularité de ce site. Bandcamp se concentre sur la musique, les réseaux sociaux, eux, répandent la bonne nouvelle.
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