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Médias - Le choc des empires: Quebecor contre «Radio-Gesca»

Stéphane Baillargeon   31 décembre 2010  Médias
Une scène du Bye Bye 2008 présenté à Radio-Canada et qui a suscité la controverse. Cette année, Quebecor n’a pas été invitée aux activités promotionnelles.<br />
Photo : Source Radio-Canada
Une scène du Bye Bye 2008 présenté à Radio-Canada et qui a suscité la controverse. Cette année, Quebecor n’a pas été invitée aux activités promotionnelles.
Harangues, insultes et mesquineries en tous genres: la «bataille de ruelle» bat son plein entre les chroniqueurs corporatistes et les vedettes organiques des deux grands clans médiatiques du Québec. Un effet pervers inattendu de plus de la concentration de la presse...

Échaudé par le dur traitement médiatique (dont une photo de paparazzi avec ses enfants) qui a suivi sa prestation au Bye Bye 2008 de Radio-Canada, le couple Véronique Cloutier et Louis Morissette a refusé d'inviter des représentants de Quebecor en entrevue promotionnelle cette année. Dans Le Journal de Montréal, Michelle Coudé-Lord et Richard Martineau dénoncent le geste. «Radio-Canada est en train de se comporter comme un État dans l'État, a proposé le chroniqueur. Non seulement cet organisme PUBLIC boycotte-t-il certains médias, mais il refuse de dévoiler comment il dépense les deniers publics!»

Il y a quelques semaines, le même Martineau apostrophe, rue Saint-Denis à Montréal, les manifestants d'un mouvement anti-israélien réclamant le boycottage d'une boutique. La scène captée il y a deux semaines se trouve sur YouTube. Le chroniqueur sermonne le groupe en tenant un enfant dans ses bras. Il évoque un argument contre Radio-Canada. Soudain, la femme de M. Martineau, l'animatrice Sophie Durocher, aperçoit le journaliste André Noël, de La Presse, près des manifestants. Elle souligne sa présence avec ironie et elle applaudit avec son mari qui lance: «André Noël, objectif!»

M. Martineau a ensuite évoqué la rencontre incongrue dans sa chronique du Journal de Montréal (JdeM), en lockout. M. Noël a répliqué sur le site syndical Rue Frontenac qu'il faisait ses emplettes des Fêtes, qu'il était tombé sur cette manif par hasard.

«Contrairement à ce que vous avez écrit, je ne vous ai pas engueulé, je n'ai pas témoigné mon appui à cette manifestation et je n'ai jamais dit que "c'est correct ce qu'ils font" en parlant des manifestants», écrit-il. Dans une nouvelle chronique du JdeM, Richard Martineau a réaffirmé qu'il avait bel et bien été harangué par M. Noël, éludant sournoisement le noeud de l'affaire sur la raison de sa propre présence près des manifestants.

Une bataille de ruelle

Ça joue dur, et si la tendance se maintient, comme dirait l'autre, ça va encore jouer dur en 2011 entre les mammouths qui occupent presque tout le corridor médiatique au Québec. Dans un coin (on ne dit pas droit...) Quebecor et ses innombrables filiales, dont deux navires amiraux, TVA et Le Journal de Montréal, lockouté depuis bientôt deux ans. Dans l'autre coin (on ne dit pas gauche...), Radio-Canada, média d'État, et puis Gesca (dont La Presse), bras médiatique de l'empire Power Corporation. Leur alliance peut-être formalisée, en tout cas bien observable concrètement, fait que les chroniqueurs québécoriens parlent de «Radio-Gesca».

«J'ai l'impression que les choses se corsent au petit royaume des médias du Québec: il y a beaucoup d'acrimonie et d'agressivité entre les conglomérats et surtout entre les porte-parole plus ou moins officiels, notamment les chroniqueurs», observe Marc-François Bernier, professeur de journalisme à l'Université d'Ottawa. Il parle carrément de journalisme de propagande et de chronique libre-service.

«C'est de la bataille de ruelle, poursuit-il. Dans cette lutte, on ne respecte pas les trois grands principes du journalisme: la vérité [dans bien des cas], l'équité et l'intégrité. On ne dit pas tout, on attaque à répétition et on le fait pour des motifs qui ne sont pas toujours liés au droit du public à l'information et qui ont plutôt à voir avec l'entreprise et la corporation.»

Pierre Trudel, professeur à l'Université de Montréal, approfondit cette question. «Le public est-il vraiment intéressé par les critiques adressées d'un groupe de presse à l'autre de cette manière? demande le professeur du centre de recherche en droit public, spécialiste des communications. Rien ne nous indique que le peuple se passionne pour ces chicanes entre vedettes des médias.»

La servitude volontaire

L'intuition laisse croire au professeur Bernier que Quebecor serait plus agressive, ou à tout le moins plus active dans cette lutte, peut-être parce que ses médias occupent tellement de place. En tout cas, ses enquêtes par sondage lui révèlent que l'obligation d'autopromotion et la pratique de l'autocensure existent partout, avec une manière plus marquée chez les journalistes de Quebecor.

«Toujours taper sur le même clou, ce n'est plus de l'information, c'est du martelage de la part d'une brigade de chroniqueurs, dit-il alors. À la décharge du Journal de Montréal, il faut reconnaître que les chroniqueurs plus de gauche sont partis au déclenchement du lockout. Il ne reste que ceux de droite, qui chantent la même partition, selon un canevas commun. Le patron du conglomérat [Pierre Karl Péladeau] est un libertarien. Il a un problème philosophique avec Radio-Canada, qui demeure un concurrent économiquement. Il y a donc un contexte, comment dire, visqueux. Il y a une guerre à finir entre des conglomérats qui se détestent.»

Le professeur Trudel pointe alors vers l'appauvrissement généralisé du débat au Québec. «On a tendance à gratter les mêmes bobos ici, et du fait même à délaisser beaucoup de questions fondamentales, dit-il. Il n'y a pas beaucoup de perspectives pour renouveler la façon de penser, de voir, de manière très prévisible. On peut deviner à l'avance, à quelques mots près, ce que va écrire n'importe quel chroniqueur. En même temps, des enjeux importants sont ignorés et négligés, par exemple les questions environnementales ou la guerre en Afghanistan.»

Un effet pervers de la concentration

Les patrons eux-mêmes ne donnent pas l'exemple. Le magnat Pierre Karl Péladeau et le vice-président de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, sont en procès parce que le second a reproché au premier de se comporter en «voyou». Certaines vendettas s'expliquent peut-être un peu par des motifs très particuliers, dont un mariage, un divorce et deux ou trois enterrements de carrière.

N'empêche, cette personnalisation doublée d'une pipolisation cache des causes structurelles beaucoup plus profondes. «Il n'y a pas assez de médias au Québec, résume le professeur Bernier. Au Canada anglais, il y a plus de diversité et les médias ne sont pas tous dans le même kilomètre carré au centre de Montréal.»

La décennie s'achève ainsi en réalisant les pires pronostics de ses débuts, quand Gesca et Quebecor se consolidaient. «On est rendu, après le Nouveau-Brunswick, l'État nord-américain où il y a le plus de concentration de la presse, dit le professeur Bernier. C'est assez inquiétant tout ça.»

Cela dit, il faut bien que les médias appliquent à eux-mêmes la doctrine sévère qu'ils réservent à (presque) tous. «Chaque média a ses angles morts, ses parts d'ombre qu'il ne va pas exposer, note alors M. Bernier. C'est correct que les autres braquent les projecteurs sur ces zones. Par contre, ici, au lieu d'avoir six ou sept groupes, on se retrouve avec un monde médiatique très polarisé autour de deux grandes coalitions qui se surveillent et se piquent sans cesse.»

Il donne alors l'exemple du livre Derrière l'État Desmarais: Power de Robin Philpot. Les journaux de Gesca, propriété de Power Corporation, n'en ont pas glissé un mot, ou alors très peu. De même, La Presse ne remet jamais en question la surprésence de ses commentateurs vedettes sur les ondes de la Première Chaîne de la radio d'État. Certains matins, on en compte deux ou trois à l'heure, ce qui fait beaucoup.

«Les gens de Quebecor ont raison de s'attaquer à cette alliance du privé et du public, dit le professeur Bernier. Si Radio-Canada pouvait se tenir à l'écart des autres médias, ça réglerait déjà un peu le problème. C'est une part de la solution: Radio-Canada devrait redevenir indépendante, cesser de faire la promotion des intérêts privés de Gesca et diversifier son bassin de collaborateurs, y compris en puisant chez Quebecor...»

L'analyste recommande finalement de prendre conscience des enjeux de cette bataille pour les réputations de tout un chacun, des médias comme des journalistes. «Au lieu de rester dans la bouette, il faudrait tenter de s'élever un peu. Ce n'est pas très glorieux ce qui se passe en ce moment.»

 
 
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  • Frédéric Jeanbart
    Inscrit
    vendredi 31 décembre 2010 01h13
    Les monopoles me font suer...
    Gesca et Québécor devraient se faire morceler. La "convergence" ou "concentration" des médias ne sont que des mots vides de sens, mais que l'on a eu soin de draper d'un voile positif sous des prétextes strictement et platement "pécuniers" en oubliant tout le reste, telle une doctrine issue de syllogismes... Ceci alors que la seule véritable expression pour en dépeindre les intentions serait "stratégie monopolistique", en soit bien déviante et négative face à nos prétentions de démocratie! Il ne suffit pas de changer les mots pour avoir l'air "correct", il faut que l'on se réveille en tant que citoyens et gouvernements responsables : les monopoles de marché, qui plus est dans l'information, sont anti-démocratiques et déviants. On le constate, on le voit, alors quoi, que faut-il de plus?!?...

  • l poisson
    Inscrit
    vendredi 31 décembre 2010 03h24
    Comme M. André Pratte, M. Martineau sert son maître
    Dans la page éditoriale de La Presse, le commentateur-cadre André Pratte défend de son mieux les positions politiques et les intérêts économiques de la famille Desmarais. Par ailleurs les journalistes syndiqués de La Presse exercent leur travail d'information en étant protégés par une convention collective.

    Cet équilibre précaire n'existe pas actuellement au Journal de Montréal. Après bientôt deux ans de lock-out, le stress commence à faire ses ravages. Avec un enfant dans ses bras, le comportement erratique de M. Martineau traduit bien cette tension.

    Les pressions plus ou moins subtiles de M. Péladeau ne doivent pas être plus faciles à subir que celles de la famille Desmarais, malgré les compensations financières. Mais dans les deux cas, la première victime est le droit du public à l'information. Voilà l'essentiel.

    Maillon de Québécor, Canoé a récemment été condamné à payer 100,000$ à Me Susan Corriveau pour atteinte à sa réputation. Suite à une chronique enflammée du populiste Martineau, un internaute a ''beurré'' juste un peu trop épais et sa réaction au réactionnaire de service de PKP n'a pas été filtrée. Connaissant l'amour du ''banquier'' pour son or et son argent, pas étonnant que M. Martineau veuille rembourser sa dette ''morale'' en salivant comme il le fait pour se faire pardonner Et si possible, éviter un retour au Messager de Verdun. Tant que le lock-out persiste, il n'a pas à se faire trop d'inquiétudes. Au pis-aller, après avoir si bien porté les valises, il pourrait toujours aller en ouvrir à la télé. ( Bien sûr, je parodie ici juste un peu le style de ''Je suis Richard Martineau'').

    Sérieusement, à l'occasion de la commission parlementaire de février, il serait temps de reprendre les pourparlers sur des bases rationnelles pour la pérennité de Québécor face à ses actionnaires institutionnels ( Caisse de dépot, fonds de retraite...etc) ou autres et pour la sauvegarde d'emplois garant

  • François Ricard
    Abonné
    vendredi 31 décembre 2010 05h30
    Le droit à l'information
    Si l’information est vitale à l’homme pour assurer sa survie en tant qu’individu et en tant qu’espèce, l’information est un droit.
    Le droit à l’information est le droit fondamental de l’individu et de la collectivité de savoir et de faire savoir ce qui se passe et que l’on a intérêt à savoir.
    Malheureusement, au nom de la liberté d'expression, on a dénaturé ce droit de savoir. La seule liberté d'expression qui existe aujourd'hui, c'est celle de publier telle ou telle publicité plutôt que telle autre.
    Avec les empires Desmarais et Péladeau,la liberté de la presse n’est plus la liberté d’un individu désireux de propager ses idées, c’est la liberté de l’appareil thermodynamique maintenant possédé par des groupes d’intérêts financiers mais ce n’est pas celle du contenu, la liberté de l’information.

    À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :
    « Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    vendredi 31 décembre 2010 07h44
    Le mystère Laporte
    Comment il fait Laporte pour se maintenir? Pour ne pas être flushé par l'un des deux clans?

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 31 décembre 2010 10h31
    de la paresse des chroniqueurs
    Même au Devoir, j'ai l'impression de relire, semaine après semaine la même chronique de Payette, Bombardier, Francoeur etc.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    vendredi 31 décembre 2010 10h50
    Journaux-poubelles
    À Québec, nous avons le Journal de Québec. Bien que pas en lock-out, on y retrouve que des chroniqueurs de droite, de la même pensée que PKP.

    Ils éructent et vomissent sur toutes les pensées et idées soi-disant de "gauche". Ils sont souvent vulgaires et violents verbalement.

    Ils sont contre l'État, les syndicats, les assistés sociaux, les intellectuels, les musulmans. Ils voudraient voir couper la liberté d'expression de tous les Amir Khadir de ce monde.

    Ils ne vérifient pas souvent leurs sources, vont jusqu'à mentir pour justifier leurs prises de position et censurent, sur leur blogue, les commentaires qui ne leur sont pas favorable.

    Ils s'appellent Martineau, Duhaime, Hébert, etc...

  • Martin Dufresne
    Abonné
    vendredi 31 décembre 2010 12h53
    Martineau qui attaque André Noël...
    Quand on compare l'apport de l'un et de l'autre à l'information au Québec, on ne peut s'empêcher de penser au vieux proverbe arabe "Les chiens aboient mais la caravane passe"...

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    vendredi 31 décembre 2010 13h10
    Mon doux seigneur !
    Un vrai téléroman !

    La suite la semaine prochaine. Même heure, même chaîne. Même jour, même page.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 31 décembre 2010 13h13
    L'importance du Devoir
    La guerre que semblent se livrer de plus en plus « Radio Gesca » et Québécor ne peut que nuire au droit légitime du public d'être informé de manière vraiment complète et objective.

    D'où l'importance du rôle tenu par Le Devoir, un journal à la fois sérieux et indépendant, un quotidien qui se tient donc à l'écart des querelles qui existent entre ces deux empires médiatiques !

  • Isabelle Robillard
    Inscrite
    vendredi 31 décembre 2010 14h05
    Poubelles: le reflet de la pauvreté argumentaire
    Je pourrais moi aussi éructer sur les bien-pensants qui s'offusquent de voir des opinions différentes émerger dans certains journaux et dans certaines villes...à Québec en particulier.

    La vulgarité peut aussi se cacher derrière de belles phrases et des discours bien tournés. Il va falloir s'habituer au fait qu'il existe des courants de pensée qui ne viennent pas nécéssairement de la gauche sans tomber dans les basses insultes.

    Si on est vraiment pour la liberté d'expression et l'intellectualisme, eh bien utilisons des arguments pour exprimer notre désaccord envers les idées qui ne font pas notre affaire. Les insultes gratuites ne font que traduire la pauvreté de notre esprit.

  • asclepios
    Inscrit
    vendredi 31 décembre 2010 15h21
    Déjà vu?
    J'avais l'intention de commenter l'article, mais je vais plutôt remercier frankric de m'avoir fait découvrir John Swinton.

    La nécrologie qui lui est consacrée dans le New York Times en 1901 est intitulée :
    « The Noted Economist, Writer and Orator Gone — Was a Champion of the Cause of Workingmen with Voice and Pen — Spoke at Many Meetings. »

    Je traduis un paragraphe vers la fin de la nécrologie :
    « Il n'avait jamais peur de dire hardiment et sans réserve ce qu'il croyait. Étant un Écossais Calviniste, il était fortement imprégné de l'idée que la Providence Divine était du côté qu'il épousait. Il se vantait qu'il n'écrivait jamais, peu importe les idées de ses employeurs, une seule ligne contraire à ses honnêtes convictions telles que proférées du haut de sa tribune. »

    C'est intéressant de remarquer qu'il a été éditorialiste en chef au New York Times de 1860 à 1870, aux débuts de la révolution industrielle américaine. Ce qu'il est censé avoir dit en 1880 doit donc être considéré comme un coup de gueule plutôt qu'une conviction profonde.

    En passant, quelles sont les convictions profondes des éditorialistes en chef de La Presse et du Journal de Montréal en lock-out?

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    vendredi 31 décembre 2010 22h02
    Leur alliance peut-être formalisée, en tout cas bien observable concrètement...
    Bonsoir,

    Merci M. Baillargeon, pour cet excellent article que l'ont attendaient depuis fort longtemps.

    Voici ce que j'en retiendrai :

    ........... « Il n'y a pas assez de médias au Québec, résume le professeur Bernier. »

    .......... « il faut reconnaître que les chroniqueurs plus de gauche sont partis au déclenchement du lockout. Il ne reste que ceux de droite, qui chantent la même partition, selon un canevas commun » M. Bernier

    .......... « Les gens de Quebecor ont raison de s'attaquer à cette alliance du privé et du public, dit le professeur Bernier. »

    ........... «.....Radio-Canada devrait redevenir indépendante, cesser de faire la promotion des intérêts privés de Gesca et diversifier son bassin de collaborateurs, y compris en puisant chez Quebecor...» M.Bernier

    ........... « Leur alliance peut-être formalisée, en tout cas bien observable concrètement, fait que les chroniqueurs québécoriens parlent de «Radio-Gesca». » Stéphane Baillargeon

    ***

    Pour la 2ème fois -- après une première sortie en douceur il y a quelques mois -- vous avez osé aborder de front un sujet presque tabou au Québec.

    Donc l'air de rien (en faisant parler ces deux profs) vous nous en avez plus appris au sujet de la "SRC-Power" que tous les journalistes du Devoir réunis.

    En efffet, comme vous le dites si bien, c'est "observable concrètement" depuis 5 ans. J'ajouterais à visière baissée!

    Quant aux Québécoriens (à visière levée) - ils ne sont pas les premiers à en parler, loin de là !

    Ça fait au moins 3 ans que certains de vos abonnés en parlent en écrivant : "SRC-Gesca" ou SRC-Power".

    Donc, bien avant les gens de Québécor !

    Sur cela, je vous souhaite une bonne année 2011.


    Jean-Renaud Dubois
    Sainte-Adèle

  • Andre Vallee
    Abonné
    samedi 1 janvier 2011 06h33
    Je lis le devoir
    Ainsi je me tiens vraiment dans la recherche de la vérité et de l'intérêt publique. Mais je n'aime pas, et c'est immoral, que les deniers publiques versés à Radio Canada servent à promouvoir et défendre Power Corporation.

  • tonnerre
    Inscrit
    samedi 1 janvier 2011 21h40
    Un manque flagrant de diversité
    On commence a prendre conscience que la diversité est absente dans la diffusion des informations au Québec. Cette guéguerre entre Radio-Canada et Québécor nous le fait ressentir royalement.

    Comme simple citoyenne, je déplore depuis longtemps que peu de québécois sont aptes à penser en dehors de la propagande de masse semée en masse. Le contrôle qu'exerce les médias sur les québécois sont flagrants et il commence à être temps qu'on diversifie les façons de penser au Québec. Pourquoi la population du Québec aurait besoin des cris des artistes et des artisans des médias et des écrivains sacrés pour activer leur propre cerveau?

    Autrefois, on avait recours à ce moyen puisqu'on avait empêché les gens de s'instruire et de s'éduquer. Maintenant, ce n'est plus cas puisque certains de nos élus sont plus ignorants que bien des gens qui meublent notre collectivité.

    Cet article est un beau cadeau de Premier de l'An puisqu'il sus
    cite une belle réflexion. On a besoin de diversification dans les médias et dans les informations qui circulent. Ce qui signifie changement, évolution et transformation. Ainsi, on pourra accepter de voir de nouvelles idées circulées en toute liberté au lieu d'essayer de les contenir uniformes et identiques.

  • Paul Sven
    Inscrit
    dimanche 2 janvier 2011 09h45
    Diviser pour régner
    N'en déplaise à certains, le fait d'appartenir à un courant de pensée ne fait pas de la personne une persona non grata. On peut être de droite, de gauche ou du centre et respecter les autres, ne tombons pas dans ce travers qui a foutu le France en l'air et qui en menace beaucoup d'autres. Au bout du compte, ces divisions droite-gauche servent que ceux et celles dont la devise est diviser pour régner.

  • Roxanne Fortier
    Abonnée
    dimanche 2 janvier 2011 10h34
    Un libertarien, vraiment?
    PKP, un libertarien dont la conjointe a fortement milité pour que l'État québécois paie des cycles de procréation assistée aux couples, et qui veut que l'État (encore lui) lui paie un aréna pour son équipe de hockey à Québec...

  • France Marcotte
    Abonnée
    dimanche 2 janvier 2011 11h16
    En complément de lecture
    Un texte à mon avis encore plus important à ce sujet, écrit par M.Raymond Corriveau, est paru dans la page Idées de l'édition du Devoir du 30 décembre 2010. Le titre: L'information: des changements profonds à apporter.

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    dimanche 2 janvier 2011 20h29
    Le choc du pouvoir des empire de presse c'est bon pour les avocats point!
    Et il serait temps que Radio Canada, RDI invite des journalistes de Rue Frontenac, davantage aussi du Devoir afin de casser leur association en tant que chaîne publique avec un conglomérat de la presse écrite privée!!!

    Information pour M.Baillargeon. Dans un courrier de réponse que la société Radio Canada m'a envoyé. Ses responsables acceptent l'identification d'une société d'État de Radio Canada toutefois refusent l'identification de Radio Canada en tant que chaîne d'État, chaîne publique étant préférée. Il serait intéressant que S.Baillargeon relève cette peur chez les responsables radio canadiens d'être identifiés à des journalistes d'une propagande gouvernementale. Or, lorsqu'un réseau comme la société Radio Canada diffuse les cérémonies inhérentes à la nomination d'un nouveau Gouverneur général canadien, diffuse les allocutions du Gouverneur général ou de la reine la journée du premier juillet, fête du Canada. Il est difficile de ne pas identifier Radio Canada en tant que média ou chaîne d'État proprement dit. La vérité étant que Radio Canada tente de tenir sous silence autant que possible la question de l'avenir du Québec ce que son alliance avec l'empire Gesca permet de faciliter la chose.

    Tout à été dit sur la personnalisation grandissante de l'empire Québécor précisément dans le cas du Journal de Montréal devenu miroir des idées de Karl Péladeau depuis le lock out, qu'ajouter sinon que le droit au dialogue et la diversification des idées surtout au Journal et moindrement à TVA n'appartient pas au code d'éthique du propriétaire!

    C'est au Devoir que l'information au Québec se détermine comme possible et réalisée sans omission volontaire.

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    lundi 3 janvier 2011 13h05
    Analyse montréalo-centrique, et rivalité illusoire
    Cette analyse est incomplète puisqu'il y manque l'autre moitié du Québec médiatique, celle des régions, celle des 4 millions de personnes habitant hors du grand Montréal.

    Cet autre Québec est outrageusement dominé par les radios-poubelles, libertariennes sur le plan économique et conservatrices sur le plan social.

    Même si, techniquement, celles-ci n'appartiennent pas à Québécor, elles se situent à la même extrémité du spectre idéologique.

    Le résultat est prévisible: les Libéraux fédéraux sont «finis», et nous en avons encore de longues années à endurer les Conservateurs (Harper) et ex-conservateurs (Charest). Quant à Power, sentant le vent tourner, elle a commencé à investir dans les sables bitumineux (via Total).

    Personne n'ose appuyer ouvertement Charest ces temps-ci – mais quand on voit les entreprises coordonnées de démolition de Mme Marois et d'Amir Khadir... on s'aperçoit que cette rivalité entre deux ou trois «convergences» n'est qu'une illusion.

    En fait il y a bel et bien collusion au sommet pour nous maintenir dans l'esclavage des hydrocarbures, du pseudo-fédéralisme canadien, de l'obsession sécuritaire et des guerres de religion.

  • Ante circus
    Inscrit
    lundi 3 janvier 2011 13h45
    Quel autre empire médiatique?
    Au Québec, il n’existe qu’UN seul empire, Quebecor, et un seul empereur, PKP. Radio-Canada et Gesca forment une alliance. S’il y a une guerre, il n’y a qu’un belligérant, et c’est Quebecor. PKP fait flèche de tous bois et quand il rate ses cibles, il se présente en victime. Sa philosophie: le médium (moi) et les technologies de l’information (les miennes) sont le message; donc, cqfd: la pensée médiatique c’est la mienne et les autres, je les écrase quand je ne peux pas les acheter. Ce n’est pas un choc entre deux empires qui cause ce malaise dans la profession journalistique, c’est l’entêtement d’un empereur à être le maître du jeu. Spectacle pitoyable défendu par les sujets de Sa Majesté Pierre-Carl premier, avec le résultat que tous les médias, même les indépendants en souffrent. Déficit de crédibilité attribuable à un médiocre empereur qui met ses culottes à l’envers, en sachant fort bien que ses loyaux sujets vont juste baisser les yeux et lui baiser les pieds. Le secret de la Sainte-Vierge à Fatima: Pauvre Canada, Pôvre Québec...or!

  • Charles Dubois
    Inscrit
    lundi 3 janvier 2011 14h40
    Gesca le malin
    L'entente entre Radio-Canada et Gesca est plus pernicieuse et dangereuse pour la liberté d'information d'une démocratie. Les contribuables ne doivent pas aider Gesca ; c'est un cadeau d'une valeur incomensurable pour La Presse, Gesca et la famille Desmarais.

    Je répète cela depuis des lunes..


    M. Baillargeon a le droit de penser que le journaliste André Noel n'a rien à se reprocher et qu'il n'a pas harangué un autre journaliste de l'autre empire.. M. Noel serait blanc comme neige ?

  • Fabienne
    Inscrit
    lundi 3 janvier 2011 15h29
    Un petit marché de 7 millions d'habitants
    La diversité est certes souhaitable, surtout en matière d'information, mais il faut tout de même garder à l'esprit que le bassin de population au Québec ne permettrait pas à davantage de médias de survivre financièrement. Déjà La Presse a dû imposer à ses salariés d'importantes réductions de leurs conditions de travail (horaires, salaires, avantages sociaux, etc.). Bien sûr, on peut rétorquer que les Desmarais n'ont pas réduit leur train de vie pour autant, mais nul homme d'affaires n'est là pour faire la charité, malheureusement.
    Par ailleurs, Radio-Canada recourt ou a recouru aussi à des chroniqueurs d'autres médias que La Presse: Michelle Coudé-Lord (JdeM), Josée Legault (Voir et The Gazette), Louis-Gilles Francoeur (Le Devoir), etc. En même temps, cette tendance du serpent qui se mord la queue (les médias qui interviewent d'autres médias) devient agaçante. La SRC aurait avantage à varier ses sources...

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    lundi 3 janvier 2011 23h38
    Convergeance" entre une entreprise... d'État... et une entreprise... Privée !
    Bonsoir,

    .... «Par ailleurs, Radio-Canada recourt ou a recouru aussi à des chroniqueurs d'autres médias que La Presse: Michelle Coudé-Lord (JdeM), Josée Legault (Voir et The Gazette), Louis-Gilles Francoeur (Le Devoir), etc. » ( Fabienne )

    Faudrait voir la "réalité" Mme Fabienne...


    Comptez avec moi sur un an, à la RADIO de la SRC :

    - La Presse André Pratte éditorialiste en chef (une fois semaine) : pourquoi lui seulement Fabienne ? .................................. 40 présences par année ?

    - Chroniqueurs de Cyberpresse ou de La Presse : (au minimum, 15 par semaines x 40) ............................................ 600 présences par année ?

    ON COMPARE :

    Le Devoir ..... Josée Boileau a-t-elle ce privilège ? Chroniqueurs : 2 à 3 par semaine ?

    Voir............... Josée Legault : mettons 20 fois par année ?


    ***

    Je pourrais retenir votre conclusion : « à la radio SRC La SRC aurait avantage à varier ses sources...» Fabienne

    Mais je dirai plutôt : mettre fin à une "convergeance" (cachée à 97% de la population) entre une entreprise d'État et une entreprise Privée ! Convergeance pas formalisée ; en tout cas bien observable selon M.Baillargeon.

    Bonne année à tous

    JRD

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