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Réplique à Marc-François Bernier - L'enfer Quebecor n'existe tout simplement pas

J. Serge Sasseville - Vice-président aux affaires corporatives et institutionnelles chez Quebecor Media  4 décembre 2010  Médias
Dans un texte d'opinion publié le 2 décembre dans les pages du Devoir, le professeur Marc-François Bernier a porté de sérieuses accusations à l'égard de la direction de Quebecor, reprochant à celle-ci de s'ingérer dans le travail de ses journalistes afin d'assouvir une prétendue volonté de propagande et de désinformation.

Pour appuyer ses dires, M. Bernier, un ancien journaliste syndiqué du Journal de Québec, dont le passage dans cette salle de rédaction semble avoir laissé un goût amer de part et d'autre, s'en remet au témoignage d'un journaliste en lock-out du Journal de Montréal ainsi qu'à une étude qu'il a lui-même réalisée au profit de la CSN, centrale qui représente ces mêmes journalistes.

Il évoque par ailleurs deux autres de ses propres études, l'une faisant état de la perception de la population québécoise à l'égard des pratiques de Quebecor et l'autre, des craintes suscitées au sein des journalistes du Québec par la convergence. Deux études à la méthodologie douteuse avec des questions appelant des réponses prédéterminées, ce pour quoi nous avons déjà eu l'occasion de faire part de nos réserves à M. Bernier.

Défoulement collectif

De plus, de son propre aveu, M. Bernier fait reposer une partie de son analyse sur ce qu'il a entendu le week-end dernier au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) au cours d'un événement que le journaliste Stéphane Baillargeon n'a pas hésité à qualifier lui-même de «défoulement collectif contre l'empire» dans son article du Devoir du 29 novembre dernier. Or, se référer à un défoulement collectif n'est-il pas précisément l'antithèse du type de démarche scientifique à laquelle un universitaire digne de ce nom devrait se livrer?

La gravité des accusations portées aurait en effet exigé que M. Bernier, tout docteur qu'il est, s'appuie sur davantage que des perceptions, des craintes et des témoignages de parties intéressées afin de monter une thèse crédible.

Au contraire, M. Bernier a plutôt choisi de s'ériger en prophète d'une religion dont il a lui-même écrit les textes sacrés, conçu les préceptes et choisi les apôtres, religion hors de laquelle personne ne peut trouver de salut. Au centre de cette religion se trouve une obsession pour Quebecor et la convergence, qu'il s'acharne depuis plusieurs années à diaboliser, accusant l'entreprise des plus grands péchés contre l'éthique et la démocratie, deux valeurs dont il semble se prétendre le seul gardien légitime.

Voir l'ensemble

Nous invitons toutefois les lecteurs du Devoir à aller au-delà des incantations de M. Bernier et à considérer l'ensemble du «bilan éthique et démocratique de Quebecor».

Ce faisant, ils découvriront une entreprise qui emploie plus de 15 800 hommes et femmes dévoués et compétents, dont environ 7500 bénéficient de l'une des 107 conventions collectives. Au cours des cinq dernières années, Quebecor a négocié et renouvelé en partenariat avec ses syndicats près de 100 conventions collectives, dont deux importantes conventions renouvelées par anticipation chez Vidéotron, le tout sans conflit de travail.

Cette entreprise et ses employés sont en outre assujettis à un ensemble d'organismes réglementaires, législatifs et professionnels, allant de l'Autorité des marchés financiers au CRTC, en passant par le Bureau de la concurrence, lesquels la surveillent constamment, s'assurant que les comportements de Quebecor servent les intérêts de la population.

L'enfer Quebecor?

Qui plus est, il faudrait mettre au bilan de cette entreprise le fait qu'elle emploie plus de 1000 journalistes, dans plus de 250 médias différents. De ce nombre, il est intéressant de noter que M. Bernier ne s'est penché que sur les expériences vécues par des journalistes employés dans les deux seules unités ayant récemment traversé des conflits de travail.

N'en déplaise à M. Bernier, l'enfer Quebecor qu'il évoque n'existe tout simplement pas.

On pourrait en revanche se demander pourquoi, au cours des dernières années, M. Bernier n'est pas sorti de son cénacle pour dénoncer l'abolition sans appel de 800 postes chez CBC/Radio-Canada ou encore l'ultimatum de fermeture lancé par Gesca aux employés de La Presse pour forcer le renouvellement de leurs conventions collectives?

De la même façon, il y a plus d'un an que les journalistes de la Tribune de la presse à Québec refusent sans droit et abusivement d'accréditer des journalistes du Journal de Québec, sans que M. Bernier ait osé les sermonner, une situation gênante pour la réputation internationale du Québec et dénoncée par Reporters sans frontières.

Et où était-il enfin pour déplorer les outrages au tribunal dont se sont rendus coupables les membres du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal en forçant l'accès à la salle de rédaction du Journal en juillet 2009? L'éthique et la morale ne valent-elles pas autant pour tous? Peu s'en faudrait donc pour que nous puissions à notre tour accuser M. Bernier de répéter les mêmes arguments et d'occulter des faits pertinents.

Intérêts démocratiques

Quant à l'obsession que celui-ci nous prête à l'égard des pratiques et du manque de transparence de CBC/Radio-Canada, il faudrait plutôt se demander pourquoi les journalistes de Gesca n'en font pas autant. Ce n'est peut-être pas étranger au fait qu'une multitude d'entre eux agissent comme pigistes au sein de la société d'État et ne veulent donc pas nuire à cette forme de convergence qui leur est directement profitable.

Enfin, il doit être dit que nous ne nous excuserons jamais de marteler les mêmes thèmes quand il s'agit de dénoncer la mauvaise utilisation des fonds publics, par CBC/Radio-Canada ou qui que ce soit, de décrier les conditions dans le réseau de la santé et les écoles, ou encore d'exposer les pratiques douteuses de l'industrie de la construction. Ce faisant, ce sont bel et bien les intérêts démocratiques des Québécois que nous servons et tout bilan digne de ce nom se doit d'en tenir compte. Quebecor est une entreprise responsable et fière de la relation privilégiée qu'elle a développée depuis 60 ans avec les citoyens du Québec, lesquels le lui rendent bien, comme en témoignent ses résultats.

***

J. Serge Sasseville - Vice-président aux affaires corporatives et institutionnelles chez Quebecor Media
 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    4 décembre 2010 00 h 36
    Il reste que...
    Cette entreprise, Québécor, constitue un véhicule d'insignifiance qui abrutit la population québécoise. Merci beaucoup au nom de tous ces Québécois et ces Québécoises qui vous le rendent bien.
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  • Fabien Nadeau - Inscrit
    4 décembre 2010 07 h 52
    Ça fait du bien
    Bonjour, M. Sasseville,

    Ah, que votre texte a dû vous faire du bien! Et que j'adore la Guerre des Empires que se livre Quebecor, Gesca et Radio-Canada dans les pages du Devoir!

    Je suis d'accord avec vous, Quebecor ne téléguide pas ses journalistes. Elle les met à la porte.
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    4 décembre 2010 09 h 03
    Triomphe de la nullité !
    Malheureusement, dans un monde qui carbure à la cupidité,à la recherche des profits faciles, à la démagogie, au populisme niais et où le déficit démocratique est évident, les «Quebecors» de ce monde font la loi. Heureusement, qu'il existe encore des journaux comme Le Devoir pour compenser quelque peu. Cependant, la majorité s'abreuve à l'imbuvable mixture de Quebecor parce que la facilité trouve toujours plus d'adeptes que la pensée complexe. Évidemment, la mégalomanie des puissants n'a pas commencé avec le 21e siècle mais les moyens d'abrutissement sont aujourd'hui démultipliés et le peuple ne peut plus compter sur une «culture populaire» solide comme refuge contre la folie des dirigeants....il ne lui reste que la culture de masse que les Quebecors lui servent à grand frais.
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  • Michel Bédard - Inscrit
    4 décembre 2010 14 h 42
    ZZZZ...
    Parlant de démocratie, de manipulation d'info, d'abrutissement des masses, l'ex-pdg de TVA, Daniel Lamarre (passé du cirque des médias au cirque du soleil) a déjà dit que "la mission première des médias est de contrôler l'image, le message et l'opinion", lu dans La Presse (topo sur sa vie). Contrôler l'opinion ! Nous le savions tous, mais qu'un ex-bonze de l'info l'avoue enfin, candidement et publiquement, ça fait chaud au coeur... Y a pas de démocratie sans libération de l'info. Quebecor nous renseignerait adéquatement sur les enjeux et problèmes de l'heure... Oui, TVA est aux premières loges pour nous rapporter des histoires de chiens écrasés... Pain des médias, le malheur est accrocheur et se vend bien. À mon sens, la période où les médias travaillent le moins bien (dans les intérêts du citoyen), c’est pendant les périodes électorales... (ex: TVA ou TQS a déjà présenté un topo fort éclairant sur ce que mangent les candidats aux restos entre deux tournées de poignées de mains... etc). Show time. C'est d'autant plus triste et tragique que les campagnes électorales sont des moments forts où le peuple devrait être appelé à réfléchir davantage, pour mieux déterminer son avenir. Dac avec les trois premiers commentaires lus avant l'envoi de cette réaction. Michel Bédard, Fierté Montréal.
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  • sco100 - Abonné
    4 décembre 2010 16 h 49
    Toujours deux côtés à une médaille...
    La CSN a tout intérêt à peindre PKP en apôtre d'une sorte de capitalisme sanguinaire. En fait d'hémoglobine, toutefois, la CSN ne donne pas sa place comme sangsue en chef. Ils nous coûtent sérieusement cher, Claudette et ses fonctionnaires.

    Ce qui est regrettable dans un conflit de travail dans les médias, c'est qu'il devient impossible d'obtenir l'heure juste à cause de la so-so-so machin qui fait allégrement déraper le reste des journalistes syndiqués (Marissal est particulièrement triste) des autres médias pour qui désinformer devient alors un geste citoyen.

    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/pkp
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  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit
    5 décembre 2010 14 h 55
    Qué... quoi
    C'est PKP lui-même qui dévalorisent Québécor en allant jouer sur toutes les scènes la pauvre victime accompagnée par sa "super-vedette de femme". Qu'est-ce que la justice a à faire de son égo. Il est vrai que le J de M a du talent pour abrutir le petit peuple à madame Marois. La CSN n'est là que pour ramasser des cotisations syndicales. Le syndicalisme ne sert plus à grand chose. Une inertie totale. Des batailles de coq parfois mettent du temps à trouver un gagnant. Et n'allez pas croire que je suis contre le profit. Québécor, dans ce conflit, prend une décision d'affaires n'en déplaise à tous ceux qui peuvent facilement nous faire croire qu'ils en savent plus que les autres tels certains journalistes et tous ces doctes qui ont un diplome parfois trouvé... dans une boite de cracker Jack, je dirais. Avant d'écrire, ils devraient prendre plus de temps et réfléchir.
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