3800 journalistes du Québec appuient 253 lock-outés du Journal de Montréal
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Alec Castonguay, président du syndicat de la rédaction du Devoir, a rappelé que les demandes concernant la loi anti-briseurs de grève concernent bien d’autres employés.
Après que leurs collègues des autres médias eurent demandé l'intervention de la Caisse de dépôt et placement (CDP) et du gouvernement dans le conflit au Journal de Montréal, les lock-outés du quotidien se sont réunis hier après-midi pour discuter stratégie. La première assemblée générale des syndiqués depuis le rejet à près de 90 % des offres patronales (le 12 octobre) a notamment porté sur la reprise des rencontres devant médiateur, prévue cette semaine.
La coalition de journalistes non syndiqués et de syndicats de journalistes représentant quelque 3800 professionnels a officiellement présenté hier matin sa demande d'intervention à un employé de la CDP, au siège social montréalais de l'institution qui possède 45 % des actions de Quebecor Media, propriétaire du Journal de Montréal. Le texte est reproduit dans la page Idées du Devoir d'aujourd'hui. Le président de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, a promis de rencontrer une délégation de la coalition dans les prochains jours.
Le regroupement mis en place la semaine dernière, à l'initiative de la pigiste Émilie Dubreuil, rassemble tous les grands syndicats professionnels du Québec, dont ceux de Radio-Canada, TVA et La Presse. La position commune demande au gouvernement de «moderniser» le Code du travail «qui protège mal les employés dans le contexte des nouvelles technologies qui permettent de travailler à distance». Cet enjeu se retrouve au coeur du conflit. Des tribunaux ont jugé que Le Journal de Montréal n'emploie pas de briseurs de grève. Le regroupement souhaite aussi «la tenue d'une commission parlementaire sur le phénomène de la concentration de la presse». Quebecor Media contrôle aussi le réseau TVA, Le Journal de Québec, des dizaines d'hebdomadaires et de magazines au Québec.
Évolution du Code du travail
Les porte-parole de la coalition refusent de réduire leur action à une réaction corporatiste, tout en avouant avoir des intérêts dans ce dossier. «Les enjeux touchent toute la classe journalistique, a dit Frédéric Murphy, du Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse. Ce n'est pas innocent non plus. Ce qui est demandé comme concessions aux syndiqués touche beaucoup aux clauses professionnelles.»
Le collègue Alec Castonguay a rappelé que les demandes concernant la loi anti-briseurs de grève concernent bien d'autres employés. «Les médias ne font pas exception dans le Code du travail, a observé le président du syndicat de la rédaction du Devoir. L'économie a évolué, les gens peuvent travailler de la maison par Internet ou vidéoconférence. Le lieu physique n'a plus d'importance dans les médias en général, comme dans plusieurs autres secteurs. D'autres entreprises pourraient donc décréter des lock-out et ne plus avoir besoin de leurs employés [en utilisant l'équivalent] de briseurs de grève au Québec ou à l'extérieur du Québec.»
Le conflit au Journal de Montréal a maintenant plus de 21 mois. Quebecor a fait savoir au Devoir qu'il n'y aurait pas de commentaire concernant l'action intermédiatique.
La coalition de journalistes non syndiqués et de syndicats de journalistes représentant quelque 3800 professionnels a officiellement présenté hier matin sa demande d'intervention à un employé de la CDP, au siège social montréalais de l'institution qui possède 45 % des actions de Quebecor Media, propriétaire du Journal de Montréal. Le texte est reproduit dans la page Idées du Devoir d'aujourd'hui. Le président de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, a promis de rencontrer une délégation de la coalition dans les prochains jours.
Le regroupement mis en place la semaine dernière, à l'initiative de la pigiste Émilie Dubreuil, rassemble tous les grands syndicats professionnels du Québec, dont ceux de Radio-Canada, TVA et La Presse. La position commune demande au gouvernement de «moderniser» le Code du travail «qui protège mal les employés dans le contexte des nouvelles technologies qui permettent de travailler à distance». Cet enjeu se retrouve au coeur du conflit. Des tribunaux ont jugé que Le Journal de Montréal n'emploie pas de briseurs de grève. Le regroupement souhaite aussi «la tenue d'une commission parlementaire sur le phénomène de la concentration de la presse». Quebecor Media contrôle aussi le réseau TVA, Le Journal de Québec, des dizaines d'hebdomadaires et de magazines au Québec.
Évolution du Code du travail
Les porte-parole de la coalition refusent de réduire leur action à une réaction corporatiste, tout en avouant avoir des intérêts dans ce dossier. «Les enjeux touchent toute la classe journalistique, a dit Frédéric Murphy, du Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse. Ce n'est pas innocent non plus. Ce qui est demandé comme concessions aux syndiqués touche beaucoup aux clauses professionnelles.»
Le collègue Alec Castonguay a rappelé que les demandes concernant la loi anti-briseurs de grève concernent bien d'autres employés. «Les médias ne font pas exception dans le Code du travail, a observé le président du syndicat de la rédaction du Devoir. L'économie a évolué, les gens peuvent travailler de la maison par Internet ou vidéoconférence. Le lieu physique n'a plus d'importance dans les médias en général, comme dans plusieurs autres secteurs. D'autres entreprises pourraient donc décréter des lock-out et ne plus avoir besoin de leurs employés [en utilisant l'équivalent] de briseurs de grève au Québec ou à l'extérieur du Québec.»
Le conflit au Journal de Montréal a maintenant plus de 21 mois. Quebecor a fait savoir au Devoir qu'il n'y aurait pas de commentaire concernant l'action intermédiatique.
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