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Bell Canada achète CTV et réduit sa participation dans le Globe and Mail

La Presse canadienne   11 septembre 2010  Médias
Bell<br />
Photo : Agence Reuters Archives
Bell
La société mère de Bell Canada a annoncé hier qu'elle prenait le contrôle du réseau CTV en rachetant, pour 1,3 milliard, toutes les actions de l'entreprise qu'elle ne détenait pas déjà.

Le conglomérat des télécommunications BCE espère ainsi être en mesure de fournir du contenu vidéo à ses millions d'abonnés par le biais de la télévision, d'Internet et des téléphones mobiles, et ainsi stimuler sa croissance future.

Le paysage médiatique s'est grandement transformé ces dernières années, avec l'arrivée des technologies à bande large et les changements dans les habitudes des consommateurs, a observé le chef de la direction de BCE, George Cope. «L'adoption de la télévision mobile est en voie de connaître une accélération rapide», a-t-il expliqué lors d'une téléconférence avec des analystes.

«La vidéo deviendra une partie intégrale de l'offre de produits de Bell et sera un facteur-clé de croissance à l'avenir. En fait, nous générons aujourd'hui davantage de revenus avec la télévision que nous le faisons avec nos activités de téléphonie à domicile, ce qui est tout un constat, compte tenu de l'histoire de Bell Canada», a-t-il poursuivi.

Selon M. Cope, la vidéo représente aujourd'hui environ 40 % des revenus résidentiels de Bell.

La transaction annoncée hier marque un réalignement significatif de la scène médiatique nationale, BCE s'emparant de la totalité de CTV tandis qu'une participation majoritaire du Globe and Mail passe entre les mains de la famille Thomson, qui investit dans le quotidien national depuis 1980.

Ces changements surviennent une décennie après que BCE, sous la gouverne de Jean Monty, se fut porté acquéreur de CTV au terme d'une transaction toute en espèces évaluée à 2,3 milliards $. Cette entente, conclue en 2000, était l'une des premières à s'inscrire dans la tendance émergente de «convergence» entre l'Internet, les télécommunications, les journaux et la télédiffusion. Cependant, BCE a plus tard vendu la plupart de sa participation dans CTV lorsque le successeur de M. Monty, Michael Sabia, a décider de se concentrer sur les activités de téléphonie de la société.

Une décennie plus tard, la technologie de transmission à bande large rend possible la convergence des contenus via de multiples écrans. Avec les progrès des réseaux sans fil et des services vidéo sur Internet, les sociétés de communications tentent maintenant d'élargir leur palette de contenus pour rejoindre leurs consommateurs sur toutes leurs plateformes.

Une décision similaire a été prise plus tôt cette année par un concurrent de Bell, le câblodistributeur Shaw Communications, qui s'est porté acquéreur de Global TV pour 2 milliards des mains de Canwest, en restructuration.

Vidéotron a lancé cette semaine son nouveau réseau de téléphonie sans fil et sa société mère, Quebecor a indiqué que ses services mobiles auraient recours aux contenus de sa télévision et de ses autres sources multimédias pour attirer de nouveaux clients.

Selon les prévisions de M. Cope, Bell devrait avoir, d'ici 2015, plus de 15 millions de consommateurs qui consulteront un écran vidéo, que ce soit sur leur téléviseur, leur ordinateur personnel ou leur téléphone cellulaire.

M. Cope croit que l'ère de la télévision mobile a débuté au Canada lors des Jeux olympiques d'hiver de Vancouver et que cet événement a enclenché le processus qui a mené à la transaction d'hier. CTV et ses réseaux sportifs RDS et TSN faisaient partie du consortium qui diffusait les Jeux.

Même si le Globe and Mail deviendra bientôt essentiellement la propriété de Woodbridge Company — appartenant à la famille Thomson —, BCE conservera une participation de 15 % dans le journal. Les autres propriétaires de CTVglobemedia, soit le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario et l'éditeur Torstar, qui imprime entre autre le Toronto Star, céderont leur part.

En tenant compte de la dette de CTV, BCE calcule que la pleine valeur de la transaction s'élève à 3,2 milliards. CTV exploite 27 stations à travers le pays, 30 chaînes spécialisés incluant les réseaux sportifs RDS et TSN, et des propriétés numériques comme CTV.ca, TSN.ca, RDS.ca, MuchMusic.com, MTV.ca et TheComedyNetwork.ca. Il détient aussi la chaîne de radio CHUM, qui exploite 34 stations au Canada.
 
 
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