Rapport du CRTC - La télévision traditionnelle et la radio continuent de subir les contrecoups du virage vers Internet
Les Canadiens adoptent de plus en plus les services de télécommunications mobiles et migrent vers Internet pour consommer radio et télévision, au détriment de nos médias dits traditionnels. Tel est le constat qui ressort à la lecture de l'édition 2009 du Rapport de surveillance des communications, dévoilé hier par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Les données compilées par le Conseil révèlent que la télévision traditionnelle et la radio continuent de subir les contrecoups du virage vers Internet: leurs recettes ont respectivement chuté de 7,4 et 5,2 % en 2009, baisse de revenus publicitaires oblige. Les Canadiens seraient donc de plus en plus nombreux à utiliser leur téléphone intelligent ou leur ordinateur pour s'abreuver en radio et en émissions télévisées.
Ce creux a toutefois été compensé, précise le CRTC, par la forte hausse de distribution de signaux de télévision et par la popularité grandissante des services payants et spécialisés — comme la télé à la carte et la vidéo sur demande. Les revenus de ces deux secteurs ont fait un bond respectif de 5,8 et 7,4 %, ce qui explique en partie la hausse de 3 % des revenus de l'industrie de la radiodiffusion en 2009, qui ont atteint 14,4 milliards de dollars.
Le milieu des communications canadien se porte donc relativement bien, puisque l'industrie a vu ses revenus croître de 2,1 % en 2009, pour atteindre 55,4 milliards de dollars — ce qui représente 4,6 % du produit intérieur brut du Canada. Dans le contexte de mutation des médias, les consommateurs se font toutefois de plus en plus exigeants. «Les Canadiens réclament toujours plus de contenu, sous forme sonore, vidéo ou de données», constate le CRTC dans son rapport. Afin de s'ajuster à l'intérêt marqué des Canadiens pour les nouvelles technologies, le Conseil entend donc se faire vigilant et «surveiller par différents moyens la radiodiffusion par les nouveaux médias».
Entre autres constatations, le rapport indique que le nombre de lignes téléphoniques locales de résidence a diminué, passant de 13 à 12,7 millions en 2009, tandis que le nombre d'abonnés au téléphone sans fil a crû de 7,8 % en un an. Les recettes du réseau des services sans fil représentent d'ailleurs la plus grande part de l'industrie des télécommunications, soit 41 % du revenu total. Le nombre d'abonnés à la télévision numérique a quant à lui fait un bond de presque 12 %, passant de 6,8 millions en 2008 à 7,6 millions de personnes en 2009.
À savoir si les postes de télévision traditionnels pourront devenir payants dans un futur rapproché, le CRTC soutient qu'il faut attendre la décision de la Cour fédérale, qui doit statuer s'il appartient au Conseil de permettre à des télédiffuseurs privés d'exiger une compensation financière aux distributeurs. Le jugement est attendu pour l'automne.
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