Médias - Coup de pouce historique aux radios communautaires
Les quelque 140 radios communautaires et de campus du Canada ont raison de se réjouir: le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a rendu jeudi un verdict historique en accordant à ce secteur aux moyens limités un financement annuel stable, qui se chiffre à près de 800 000 dollars pour la première année.
Si ce coup de pouce financier est possible, c'est que le CRTC a décidé de réacheminer une plus grande proportion de l'argent destiné au soutien du développement du contenu canadien (DCC) dans les coffres du Fonds canadien de la radio communautaire (FCRC), créé en 2007 par trois associations canadiennes pour appuyer les initiatives radiophoniques locales. Le Conseil a ainsi statué, entre autres, que la contribution des radiodiffuseurs privés à la fondation Musicaction serait diminuée au profit du milieu radiophonique communautaire et étudiant.
Le vice-président de la radiodiffusion du CRTC, Michel Arpin, reconnaît que la situation financière des radios communautaires justifie une telle décision. «La radio communautaire est une industrie relativement fragile par rapport au secteur privé commercial et au secteur public», a-t-il fait valoir, ajoutant qu'elle souffre d'ailleurs de «sous-financement chronique» dans l'ensemble du pays. Par cette politique, le Conseil tient donc à ce que «la radio communautaire soit distincte de la radio commerciale» et «[offre] une diversité de voix aux auditeurs», le tout en favorisant des contenus oraux locaux — qui, en ces temps de convergence, tendent à disparaître.
«Une reconnaissance»
Le directeur général de l'Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ), Martin Bougie, a reçu cette décision comme une «reconnaissance». «Ça nous repositionne dans le paysage. On n'est plus juste celui qui comble un vide, mais celui qui a un rôle à jouer aux côtés de la radio commerciale et publique», a-t-il avancé. Même si l'Association évaluait à environ 20 millions de dollars le manque à gagner annuellement pour permettre aux radios communautaires et de campus au Canada de «bien jouer leur rôle», l'annonce d'un soutien économique durable fait du bien. «Chacun doit avoir les moyens de réaliser sa mission. En bout de ligne, ce n'est pas une question de bien financer les médias, c'est de permettre au citoyen d'avoir un service de radio qui est pertinent pour lui et qui a des contenus diversifiés», estime M. Bougie.
Il reste que les petits marchés, comme la radio de Tête-à-la-Baleine, en Basse-Côte-Nord, demeurent fragiles et manquent de ressources. Ces stations éloignées, dans un marché peu rentable, manquent de moyens et de bénévoles pour, entre autres, combler les 20 heures de contenu oral local hebdomadaires. Mais Martin Bougie n'y voit pas un problème majeur pour l'instant. «Le CRTC, dans sa politique, ouvre la porte à des dérogations pour des stations qui pourraient avoir de la difficulté à remplir quelques exigences. C'est ça qu'on va surveiller.»
La décision du Conseil rendue jeudi abolit également la distinction entre les radios communautaires, ce qui simplifiera la supervision de ces stations et le renouvellement des licences. Quant aux radios de campus, elles pourront désormais répartir à leur convenance sur leurs plages horaires les 504 minutes hebdomadaires réservées aux annonces publicitaires.
Si ce coup de pouce financier est possible, c'est que le CRTC a décidé de réacheminer une plus grande proportion de l'argent destiné au soutien du développement du contenu canadien (DCC) dans les coffres du Fonds canadien de la radio communautaire (FCRC), créé en 2007 par trois associations canadiennes pour appuyer les initiatives radiophoniques locales. Le Conseil a ainsi statué, entre autres, que la contribution des radiodiffuseurs privés à la fondation Musicaction serait diminuée au profit du milieu radiophonique communautaire et étudiant.
Le vice-président de la radiodiffusion du CRTC, Michel Arpin, reconnaît que la situation financière des radios communautaires justifie une telle décision. «La radio communautaire est une industrie relativement fragile par rapport au secteur privé commercial et au secteur public», a-t-il fait valoir, ajoutant qu'elle souffre d'ailleurs de «sous-financement chronique» dans l'ensemble du pays. Par cette politique, le Conseil tient donc à ce que «la radio communautaire soit distincte de la radio commerciale» et «[offre] une diversité de voix aux auditeurs», le tout en favorisant des contenus oraux locaux — qui, en ces temps de convergence, tendent à disparaître.
«Une reconnaissance»
Le directeur général de l'Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ), Martin Bougie, a reçu cette décision comme une «reconnaissance». «Ça nous repositionne dans le paysage. On n'est plus juste celui qui comble un vide, mais celui qui a un rôle à jouer aux côtés de la radio commerciale et publique», a-t-il avancé. Même si l'Association évaluait à environ 20 millions de dollars le manque à gagner annuellement pour permettre aux radios communautaires et de campus au Canada de «bien jouer leur rôle», l'annonce d'un soutien économique durable fait du bien. «Chacun doit avoir les moyens de réaliser sa mission. En bout de ligne, ce n'est pas une question de bien financer les médias, c'est de permettre au citoyen d'avoir un service de radio qui est pertinent pour lui et qui a des contenus diversifiés», estime M. Bougie.
Il reste que les petits marchés, comme la radio de Tête-à-la-Baleine, en Basse-Côte-Nord, demeurent fragiles et manquent de ressources. Ces stations éloignées, dans un marché peu rentable, manquent de moyens et de bénévoles pour, entre autres, combler les 20 heures de contenu oral local hebdomadaires. Mais Martin Bougie n'y voit pas un problème majeur pour l'instant. «Le CRTC, dans sa politique, ouvre la porte à des dérogations pour des stations qui pourraient avoir de la difficulté à remplir quelques exigences. C'est ça qu'on va surveiller.»
La décision du Conseil rendue jeudi abolit également la distinction entre les radios communautaires, ce qui simplifiera la supervision de ces stations et le renouvellement des licences. Quant aux radios de campus, elles pourront désormais répartir à leur convenance sur leurs plages horaires les 504 minutes hebdomadaires réservées aux annonces publicitaires.
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