Médias - La survie du Conseil de presse est menacée par le retrait de Quebecor
Le retrait des journaux de Quebecor du Conseil de presse du Québec menace sa crédibilité, son financement, son utilité et même sa survie, estime son président, le juge à la retraite John Gomery. Il craint également les contrecoups de ce divorce unilatéral sur la qualité de l’information et la liberté de la presse au Québec, mais espère toujours convaincre Pierre Karl Péladeau de revenir sur cette décision.
Le Conseil agit à titre de tribunal d’honneur du journalisme au Québec, défend le droit à l’information et traite les plaintes du public. Il réagissait hier pour la première fois depuis que la Corporation Sun Media lui a annoncé, dans une missive datée du 29 juin, le retrait dès le lendemain du Journal de Montréal et du Journal de Québec pour «insatisfaction accumulée». Quebecor reproche entre autres au Conseil, dans cette lettre dont Le Devoir a obtenu copie, des décisions «arbitraires» concernant ces deux quotidiens.
Pour M. Gomery, la défection «d’un média qui représente jusqu’à 40 % de tous les médias dans la province» menace la survie même de l’organisme à long terme. «Nous avons l’intention de continuer, dit-il. C’est difficile de prévoir si nous aurons la crédibilité que nous souhaitons avoir.»
«Est-ce que 60 % des médias répondront aux plus hauts standards journalistiques alors que 40 % ne seront soumis à aucune restriction? demande M. Gomery, inquiet que le public soit privé de recours. Ce serait un double standard inacceptable dans une société démocratique. Nous affrontons une crise très sérieuse pour la liberté de presse dans cette province.»
Il redoute également qu’un affaiblissement du Conseil, un organisme d’autorégulation, n’ouvre la porte à une intervention de l’État dans les normes et pratiques journalistiques. Aux critiques qui lui reprochent son peu de pouvoir, il répond que «nous ne pouvons peut-être pas punir, mais nous pouvons critiquer, et nos critiques sont prises au sérieux. Apparemment, Le Journal de Montréal, lui, n’aime pas les reproches.»
Même si Quebecor s’oppose, dans sa lettre de désistement, à ce que le Conseil traite dorénavant les plaintes concernant Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, le juge Gomery précise qu’ils continueront à les examiner. «Les portes du palais de justice sont ouvertes à tout le monde. Je ne peux pas prédire qu’il n’y aura pas de poursuites, mais je peux prédire que ces poursuites ne seront pas maintenues. Nous avons le droit de continuer», estime-t-il.
Quebecor a fait savoir par courriel au Devoir qu’il ne ferait pas de commentaires. John Gomery et le p.-d.g de Quebecor Pierre Karl Péladeau doivent se rencontrer le 15 juillet.
Le Conseil agit à titre de tribunal d’honneur du journalisme au Québec, défend le droit à l’information et traite les plaintes du public. Il réagissait hier pour la première fois depuis que la Corporation Sun Media lui a annoncé, dans une missive datée du 29 juin, le retrait dès le lendemain du Journal de Montréal et du Journal de Québec pour «insatisfaction accumulée». Quebecor reproche entre autres au Conseil, dans cette lettre dont Le Devoir a obtenu copie, des décisions «arbitraires» concernant ces deux quotidiens.
Pour M. Gomery, la défection «d’un média qui représente jusqu’à 40 % de tous les médias dans la province» menace la survie même de l’organisme à long terme. «Nous avons l’intention de continuer, dit-il. C’est difficile de prévoir si nous aurons la crédibilité que nous souhaitons avoir.»
«Est-ce que 60 % des médias répondront aux plus hauts standards journalistiques alors que 40 % ne seront soumis à aucune restriction? demande M. Gomery, inquiet que le public soit privé de recours. Ce serait un double standard inacceptable dans une société démocratique. Nous affrontons une crise très sérieuse pour la liberté de presse dans cette province.»
Il redoute également qu’un affaiblissement du Conseil, un organisme d’autorégulation, n’ouvre la porte à une intervention de l’État dans les normes et pratiques journalistiques. Aux critiques qui lui reprochent son peu de pouvoir, il répond que «nous ne pouvons peut-être pas punir, mais nous pouvons critiquer, et nos critiques sont prises au sérieux. Apparemment, Le Journal de Montréal, lui, n’aime pas les reproches.»
Même si Quebecor s’oppose, dans sa lettre de désistement, à ce que le Conseil traite dorénavant les plaintes concernant Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, le juge Gomery précise qu’ils continueront à les examiner. «Les portes du palais de justice sont ouvertes à tout le monde. Je ne peux pas prédire qu’il n’y aura pas de poursuites, mais je peux prédire que ces poursuites ne seront pas maintenues. Nous avons le droit de continuer», estime-t-il.
Quebecor a fait savoir par courriel au Devoir qu’il ne ferait pas de commentaires. John Gomery et le p.-d.g de Quebecor Pierre Karl Péladeau doivent se rencontrer le 15 juillet.
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