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Médias - S'exprimer à la puissance dix

Paul Cauchon   31 mai 2010  Médias
C'est le retour du balancier, pourrait-on dire. Après avoir ouvert toutes les vannes en accueillant sur leur site Web les commentaires des lecteurs, voilà que plusieurs médias remettent en question cette pratique, s'interrogeant sur ce qui peut ressembler, certains jours, à un déluge incontrôlable.

Au début mai, le Washington Post revoyait sa politique des commentaires pour privilégier ceux véritablement signés de leurs auteurs, avec leur vraie identité, plutôt que ceux signés de pseudonymes.

Cette pratique d'accepter les commentaires signés de pseudonymes sur les sites Web crée un malaise grandissant. Un des principaux arguments voulait que l'on permette ainsi la publication de textes de contributeurs qui auraient des choses intéressantes à révéler, et qui ne pourraient le faire s'ils dévoilaient leur identité.

Mais à l'usage, on se rend compte que la pratique de l'anonymat sert souvent à écrire n'importe quoi et à sombrer dans les insultes, les approximations ou les demi-vérités. L'informateur qui aurait véritablement des révélations à faire peut, de toute façon, contacter les journalistes et les médias par courriel la plupart du temps.

Le Washington Post n'est pas un cas isolé. Le 19 mai dernier, le journal canadien The Ottawa Citizen déclarait qu'il entendait maintenant interdire les commentaires anonymes. «Nous avons essayé, et ça n'a pas bien fonctionné», a expliqué l'éditeur.

La semaine dernière, on apprenait qu'en Grande-Bretagne, tant The Independent que The Times refusaient maintenant les commentaires anonymes.

***

Pas le seul problème

Mais l'anonymat n'est pas le seul problème. Le Star Tribune de Minneapolis a récemment décidé de retirer les commentaires sur les reportages jugés trop controversés. The Globe and Mail avait également cessé d'accepter les commentaires à un moment donné sur certains articles, particulièrement ceux portant sur le conflit au Moyen-Orient, paraît-il, parce que la discussion dérapait sans cesse.

Les éditeurs de journaux, enthousiastes à l'idée d'ouvrir toutes grandes les portes pour susciter la participation citoyenne, découvrent maintenant qu'ils doivent consacrer des efforts disproportionnés pour gérer cette masse de commentaires, dont la pertinence n'est pas toujours évidente. Plusieurs médias ont maintenant des équipes de modérateurs à temps plein pour en venir à bout.

Au Devoir, depuis le lancement de notre nouveau site Internet en novembre dernier, le nombre de commentaires que nous recevons a littéralement triplé (précisons que, pour le moment, Le Devoir accepte encore les commentaires signés d'un pseudonyme sur son site).

Plusieurs médias québécois s'interrogent sur la pertinence d'ouvrir aussi largement leurs articles aux commentaires. À Radio-Canada, par exemple, on se demande si les ressources dégagées pour lire et approuver tous ces commentaires ne pourraient pas être mieux utilisées ailleurs.

Et on frémit en apprenant qu'un site comme The Huffington Post, aux États-Unis, reçoit environ 2,3 millions de commentaires par mois! Comme plusieurs autres, ce site cherche désespérément des façons de mieux encadrer ce déluge. On a instauré récemment un système de «badges» sur les articles en invitant les internautes à signaler eux-mêmes les abus.

***

Jouer avec le feu

Cette grande participation citoyenne dans les sites Internet n'est pas sans conséquence pour les médias. Car publier les commentaires sans les lire auparavant, sans l'intervention humaine d'un modérateur, c'est vraiment jouer avec le feu.

Début mai, le Conseil de presse du Québec rendait une décision dans une cause concernant l'hebdomadaire L'Avenir. Une lectrice s'était plainte des propos considérés comme «inexacts et méprisants» publiés dans un blogue lors de la dernière campagne électorale municipale. Le Conseil lui a donné raison, estimant que la publication n'avait pas fait les efforts adéquats pour contrôler les propos irrespectueux ou inexacts des lecteurs.

Ce n'est qu'une question de temps, estiment les spécialistes des médias, avant qu'un tribunal sévisse véritablement envers un média qui aurait laissé passer des propos jugés diffamatoires dans un blogue ou dans les commentaires envoyés à la suite des articles.

***

Dans un tout autre ordre d'idées: cette chronique hebdomadaire sera ma dernière dans sa forme actuelle. Nous profitons du départ de mon voisin de page, Bruno Guglielminetti, pour mettre fin à cette page Convergence du lundi, dont l'espace sera récupéré par le secteur culturel pendant l'été. À l'automne, nous présenterons une nouvelle page, repensée, qui proposera sûrement une intégration nouvelle avec notre site Web. Nous prenons également les prochaines semaines pour réfléchir aux meilleures façons de couvrir le merveilleux monde des médias, toujours en bouleversement continuel. En attendant, bon été!

***

pcauchon@ledevoir.com
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 31 mai 2010 07h35
    Censure au Québec
    Pour participer à plusieurs forums en anglais au Canada et aux USA et en français au Québec et en France, je peux dire que le pire endroit pour la liberté d'expression, et de loin, c'est le Québec. Le Québec a un problème avec la liberté d'expression qu'on ne connait vraiment ailleurs sur le continent.

    Une bon tiers de mes textes sont censurés alors que je ne verse jamais dans la vulgarité et la diffamation. La plupart de mes commentaires en fait sont souvent de simples faits, bien appuyés par la référence.

    Dure, dure, la liberté d'expression au Québec où le poids de l'idéologie et du lobby derrière elle, l'emporte souvent sur le poids des faits

  • France Marcotte
    Abonnée
    lundi 31 mai 2010 08h53
    Juguler l'oiseau
    Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce déluge de commentateurs se bousculant aux portillons virtuels n'a pas l'air de réjouir grand'monde dans les médias. On nous parle de tout ce que cela occasionne de surcharge de travail, de risque de poursuite, de dérapage...La populace "s'exprime", elle a besoin de se prononcer, elle dit tout ce qu'elle pense, c'est démesuré, incontrôlable! Les médias, menacés pour plusieurs de disparaître, ont cru bon d'ouvrir grandes leurs portes pour (fidéliser?) un lectorat, un spectateur. Mais voilà que celui-ci devient collant comme de la visite qui s'incruste! Le bureau des modérateurs devient un déversoir, un cabinet de psy, une vallée des larmes! Au secours! Y'a un problème, en effet, et je regrette aussi personnellement de vous importuner. Mais les médias eux-mêmes sont une sorte de provocation, ils appellent la réplique et dorénavant, lire le journal sans vouloir le commenter, partager, est devenu impensable, schizophrénique. Faudra juguler le flot, juguler l'oiseau! À moins d'y trouver quelque vertu?

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    lundi 31 mai 2010 11h13
    Retour de la gran messe?
    Quand les commentaires ne seront plus possible, ce sera une sorte de retour à la gran messe, où on doit écouter le message religieusement, sans possibilité d'émettre un commentaire.

  • Khayman
    Abonné
    lundi 31 mai 2010 12h05
    Vers l'avant
    Je suis enseignant au collégial et je ne peux pas m'exprimer pleinement sans menacer mon emploi. L'anonymat me permet de dénoncer les situations que nous vivons et que l'institution nie publiquement en utilisant son propre système de communications et en menaçant juridiquement les employés qui dérogent du discours officiel.

    Je crois que plutôt que de les couper, il faut au contraire augmenter les ressources consacrées à la modération des sites des médias. Directement connectés aux internautes, les modérateurs sont à même de saisir le pouls du public sur un sujet ou une question et d'influencer la présentation de l'information en conséquence.

    Le web 2.0 prône le travail collaboratif. Les médias qui voudront ramener l'information à sens unique se condamnent à redevenir des circulaires des différents lobbys en place (comme le Réveil pour Jean Tremblay).

  • Marie-Claude Huot
    Abonné
    lundi 31 mai 2010 12h34
    la contribution des lecteurs est une richesse (la plupart du temps...)
    Il serait dommage d'empêcher les lecteurs de réagir et de s'exprimer. Le Devoir bloque déjà les messages à caractère haineux ou diffamatoire et c'est très bien. J'approuverais une règle anti-pseudonymes. Si un lecteur a un commentaire à exprimer qu'il juge pertinent, il devrait être en mesure de le faire sous son nom réel, et dans le respect. Pour le reste, le dialogue entre les lecteurs (et avec les journalistes) contribue à la richesse d'un journal. À ce même journal de trouver les ressources nécessaires...

  • Olivier Bouchard
    Abonné
    lundi 31 mai 2010 13h33
    S'inscrire en faux
    Je ne commentes que rarement et ne lis que plus rarement encore les commentaires au bas des articles. Comme je ne les consulte pas, ils ne me dérangent pas et comme je ne m'y prononce pas, je ne dérange pas ceux qui s'y tiennent.

    Jusqu'ici, tout va bien.

    Mais le fait est que si je souhaite lire du commentaire sur quoi que ce soit, Internet regorge de blogues de forums et autres réseaux sociaux en tout genres pour me permettre d'y engager toutes les conversations qui m'intéressent.

    Ce qui m'embête, c'est de savoir que mes sources d'info "officielles", disons même "professionnelles", parmi lesquelles on retrouve la SRC et Le Devoir, sacrifient des ressources significatives à l'arbitrage au contrôle des commentaires, ressources qui autrement iraient à la production de contenu de qualité. Comme client qui, avec plaisir, paye pour ce service qu'est l'information construite et publiée professionnellement, ça m'emmerde.

    Peut-être, je dis bien peut-être, que les médias traditionnels devraient renoncer à se constituer en réseaux sociaux de seconde zone. Ça leur évitera ainsi d'avoir, à travers l'arbitrage nécessaire des commentaires, à se défendre d'être, encore plus qu'ils ne le sont vraiment, les arbitres de la bonne conscience, du bon goût et de l'acceptable de l'opinion publique.

  • bruno boutot
    Inscrit
    lundi 31 mai 2010 16h58
    On peut vous aider
    Vous posez les bonnes questions.
    Diverses réponses y ont été apportées ces dernières années par les structures qui ont le plus exploré les échanges entre individus dans des espaces collectifs: celles qu'on appelle "les communautés sur le Web".

    L'espace manque ici pour faire le tour de ces solutions, mais en voici quelques unes:
    - on ne cherche pas la collaboration de "tous les lecteurs", mais seulement d'environ 10%;
    - ceux-ci peuvent être accueillis et identifiiés avec une identité stable et deviennent ainsi des collaborateurs.
    - l'identité stable est une notion différente de l'anonymat (par exemple une personne qui écrit toujours avec le même pseudonyme a une identité stable),
    - leur collaboration peut être encadrée par des critères très précis annoncés d'avance - donc faciles à faire respecter
    - ces critères peuvent varier en ton, en style et en contenu selon les différents secteurs du journal.

    J'étais au Marché Bonsecours lors des 100 ans du Devoir. J'y ai vu les journalistes se pâmer devant la gentillesse et la culture des lecteurs présents. Je crois qu'il ne serait pas très difficile, pour commencer, d'expérimenter des échanges avec ces lecteurs que vous avez rencontrés.

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    lundi 31 mai 2010 18h22
    Infantilisation systématique du lecteur-internaute?
    Cet article manifeste le spectre de la censure envers les citoyens en tentant de dégager de nouvelles normes en s'inspirant d'actions de fermetures de blogues de la part de rédactions.

    L'auteur ne se contente pas de défendre l'idée d'interdire les pseudos ce qui peut se défendre. Il soulève l'hypothèse de peut être mettre fin aux tribunes des lecteurs. Le risque de diffamation étant trop grand, les ressources demandées de contrôle étant trop fortes pour poursuivre les tribunes sans coûts supplémentaires pour le journal.

    Vous faites quoi monsieur avec le libre droit à l'expression du citoyen? D'autant que la technologie du web ne fait qu'amplifier le très traditionnel courrier des lecteurs de la presse écrite.
    Si la grande presse fait le -ménage-. Demain, des petits sites webs d'informations par centaines feront leurs apparitions en étant ouverts aux blogues et ruineront définitivement la grande presse écrite papier et web.

    C'est un choix. Le Devoir devra y songer avant de se remettre le chapeau de l'élitisme intellectuel officiel sur la tête.

  • Emmanuel
    Inscrit
    lundi 31 mai 2010 20h34
    Fausses raisons.
    La difficulté de gérer les commentaire est une raison plus ou moins valable à mon avis. Ça m'apparait comme la raison du moindre effort.

    La gestion des commentaires peut-être faite par les utilisateurs. La qualité du filtre utilisateur est au rang de la qualité de la clientelle. Ironiquenent, publier des articles intelligents permettrait de ne pas abrutir le lecteur et même d'en cultiver leur intelligence.

    Je n'y voit que du positif.

  • Paul Cauchon
    Auteur
    Paul Cauchon
    lundi 31 mai 2010 20h55
    Pour poursuivre la discussion
    Il n'a jamais été question de mettre fin aux commentaires à la suite des articles. Pas au Devoir en tout cas. Mais cette chronique voulait mettre en lumière certains phénomènes nouveaux, avec lesquels les médias doivent vivre, dont les ressources grandissantes qu'ils doivent consacrer à la gestion des commentaires, dans un contexte de compressions budgétaires générales, ainsi que certaines implications juridiques.
    Certains d'entre vous font d'excellentes suggestions, par exemple en suggérant que des collaborateurs puissent gérer des espaces de discussion. Cela fait partie de nos réflexions.
    Par ailleurs, je ferai remarquer que la pratique de l'anonymat créé un malaise non seulement chez les médias, mais chez plusieurs lecteurs eux-mêmes.

  • Khayman
    Abonné
    lundi 31 mai 2010 21h30
    Et Untel, il n'était pas anonyme ?
    Pourtant, vous l'avez publié.

    On devrait plutôt parler de pseudonyme que d'anonyme, pour aller dans le sens du troisième point du commentaire de bruno boutot.

    http://classiques.uqac.ca/contemporains/desbiens_j

  • bruno boutot
    Inscrit
    lundi 31 mai 2010 21h54
    Conversation.
    D'abord, Paul, merci de participer à la conversation. Trop de journalistes ne se sentent pas concernés par les commentaires qui suivent leurs articles, alors que c'est là que commence la civilité: par l'exemple.

    Anonymat vs identité: ce n'est pas juste une question de nom, c'est aussi une question d'hébergement de toutes les contributions attachées à chaque nom. Par exemple, en cliquant ci-dessus sur "Paul Cauchon", on rejoint la liste de tous les articles écrits par Paul Cauchon. Dans les communautés comme, par exemple, MetaFilter.com, on accède ainsi à toutes les contributions de TOUS les membre.

    Ainsi, l'identité est plus qu'un nom devant un commentaire, c'est une accumulation de textes, une référence, une réputation qui se construit (ou se détruit).

    Quand à la modération, juste un mot: les "ressources grandissantes" viennent d'une méconnaissance des mécanismes de modération avec l'aide des membres. Plusieurs exemples montrent que ces mécanismes sont éprouvés, très efficaces et exigent peu de ressources.

  • lundi 31 mai 2010 22h30
    Comment mesurer le risque de diffamation?
    Poursuivant le débat malgré la fin de journée. Le chroniqueur P.Cauchon certainement pourra au moins lire cette interrogation et quelques autres personnes demain. Il arrive que certains messages soient censurés non pour l'emploi d'insultes envers des personnes publiques seulement par cause d'utilisation d'euphémismes envers ces figures publiques. Or, selon la définition de l'euphémisme. Celui ci consiste en -une figure de rhétorique qui consiste à exprimer des idées choquantes, tristes, désagréables en les adoucissant-. Certains blogues que je n'identifie pas n'hésitent pas à rejeter des messages qui recourent aux euphémismes.

    La peur de poursuites judiciaires peut t-elle justifier le rejet de tels commentaires? Cela semble exagéré pour beaucoup de gens d'autant que des individus dénués de notoriété généralement peuvent difficilement avancer des arguments nouveaux et en béton contre par exemple un J.Charest. Et lorsque cela est le cas, ces gens ne passent t-ils pas par l'intermédiaire présentement d'Amir Khadir qui bénéficie de l'immunité parlementaire en tant que député?

    En complément, il est vrai que des citoyens peuvent recourir par des lettres à la rédaction afin de préserver dans ce cas là leur anonymat et afin de communiquer des révélations sur leurs milieux sociaux. Les pseudos ne devraient plus êtres encouragés dans les blogues ou réactions. Cette opinion reste discutable évidement.

  • ysengrimus
    Inscrit
    mardi 1 juin 2010 07h37
    Le cyber-anonymat en occident...
    La sublime inventivité contestataire chinoise sur Internet ne doit pas faire oublier nos propres dispositifs de censure... Le cyber-anonymat occidental, par exemple, ne sert pas qu'à lancer des primeurs ou des bobards. Il a des raison qu’il faut décrire...

    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/11/29/le-cybe

    … qu’il faut COMPRENDRE, en fait… Chacun son tyran, en somme...
    Paul Laurendeau

  • mardi 1 juin 2010 08h22
    Un pseudo n'est pas nécessairement dans le but d'être anonyme.
    En terme de civilité, un pseudo ne s'engage pas de la même façon que quelqu'un qui signe ses commentaires. Il reste que se choisir un pseudo peut aussi donner de la couleur, un certain style à la personnalité de celui, de celle qui le choisit. En bref, un pseudo n'est pas nécessairement dans le but de rester anonyme. En ce qui me concerne, j'essaie de prêter des intentions positives, autant que possible, à ceux et celles qui utilisent un pseudo.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 1 juin 2010 13h19
    Gracieuseté des lecteurs
    M.Cauchon. Dans votre commentaire aux lecteurs vous dites: "Il n'a jamais été question de mettre fin aux commentaires à la suite des articles". Mais vous ne semblez pas particulièrement les apprécier, vous les tolérer comme si c'était un mal nécessaire à la presse pour survivre. Ou peut-être craignez-vous qu'ils ne deviennent de trop grande qualité, qu'ils en viennent à faire paraître fades les articles qui les inspirent? Moi je crois qu'ils peuvent à la longue amener les journalistes à se surpasser et c'est offert gratuitement...

  • Eric Folot
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 12h21
    Interdire la pratique de l'anonymat
    Je plaide pour une interdiction de la pratique de l'anonymat. Tout commentaire devrait être signé. Il n'y a pas de honte à exprimer son opinion. Mais comme toute liberté, la liberté d'expression doit s'accompagner d'une responsabilité. L'anonymat ne devrait jamais pouvoir servir de paravent et de moyen de limiter notre responsabilité face aux propos que nous exprimons librement.

    Eric Folot

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