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    Le Devoir, c'est moi - Au coeur du séisme

    17 mai 2010 | Hélène Clément | Médias
    Le colonel Bernard Ouellette lit son Devoir tous les matins, qu’il soit au Québec ou en Haïti.
    Photo : Source Minustah Le colonel Bernard Ouellette lit son Devoir tous les matins, qu’il soit au Québec ou en Haïti.
    Faire partie du Devoir, c'est y travailler, l'appuyer, le lire assidûment. De cette communauté, qui s'est construite depuis 100 ans, nous avons retenu quelques portraits. Chaque lundi, jusqu'en décembre, nous vous présenterons un lecteur, une lectrice, du Québec comme d'ailleurs, abonné récent ou fidèle d'entre les fidèles, même quand ils traversent de dures épreuves.

    «Vous êtes journaliste au Devoir? Je lis la version électronique tous les matins avant de commencer ma journée de travail», raconte le colonel Bernard Ouellette, chef d'état-major de la force militaire de la mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah), rencontré il y a deux semaines à l'aéroport Toussaint Louverture. «Il est sur la liste de mes favoris sur le Web.»

    En ce mardi après-midi, à l'instar des autres voyageurs assis dans l'unique salle d'attente de l'aéroport de Port-au-Prince, le colonel Ouellette attend le vol 961 d'Air Canada à destination de Montréal. Un retour au bercail d'une petite semaine, le temps de prendre un bon bol d'air frais avant de revenir poursuivre le travail amorcé en Haïti, il y a de cela neuf mois.

    «Le Devoir fait partie de ma vie depuis 1997, époque où j'effectuais une maîtrise en études internationales, à l'Université Laval. J'étais commandant au sein du Royal 22e Régiment, et mon unité était abonnée au journal. Je l'aime pour son format plutôt mince, son peu de publicité et ses analyses rigoureuses. Et les journalistes rapportent plutôt bien les faits.»

    Chargé de la sécurité à Port-au-Prince depuis juillet 2009, le colonel était dans le bâtiment qu'occupait l'ONU au moment du tremblement de terre du 12 janvier dernier. «Nous étions en pleine préparation pour les élections législatives et sénatoriales prévues les 28 février et 3 mars 2010. Je finissais de lire les plans. Il était 16h53. J'ai entendu un grand bruit, et la terre s'est mise à trembler au point qu'il était impossible de se remuer. Là, j'ai réalisé ce qui se passait. Puis les murs intérieurs de mon bureau se sont effondrés. Je me suis précipité sous ma table de travail.»

    Trente-cinq secondes. Un court moment qui a semblé une éternité pour tous ceux qui ont vécu le séisme. «J'ai réussi à sortir par la fenêtre, à longer le mur du bâtiment jusqu'au balcon puis à sauter d'une hauteur de 25 pieds [7,60 m]. Dehors, ce n'était que poussière et gens qui hurlent. Je n'avais aucune idée de l'ampleur du désastre. À 17h30 j'ai regardé ma montre. Le commandant de la force militaire étant à l'extérieur du pays et l'adjoint au commandant parti rejoindre sa femme à l'hôtel Montana, c'était moi le responsable. D'abord, de faire savoir au reste du monde que nous étions en détresse. Puis de commencer l'opération de sauvetage.»

    Le bâtiment des Nations unies n'était plus que gravats. L'ONU allait être confrontée à l'un des pires désastres de son histoire.

    Dominant Port-au-Prince et sa baie, le Christopher était l'un des hôtels luxueux d'Haïti. Il abritait une centaine de chambres en cours de rénovation. L'ONU en avait fait son quartier général. Le bureau du colonel Ouellette se trouvait au rez-de-chaussée de l'annexe du bâtiment de six étages où travaillaient 500 personnes. Tous n'ont pas eu la chance du chef d'état-major de la Minustah qui se rappellera longtemps cette nuit infernale passée à évacuer les blessés et à extirper les morts des décombres. Et à veiller à la sécurité des gens en cas de nouvelles secousses.

    Quand même optimiste

    Depuis, le personnel de la Minustah joue pleinement son rôle en multipliant les activités de secours et de protection. «Nous assurons, entre autres choses, la sécurité des personnes déplacées dans les camps. À ce jour, la Minustah a aidé à réinstaller 7300 déplacés dans des zones plus sûres, à distribuer eau et aide médicale, à améliorer les conditions sanitaires.»

    Le colonel Ouellette fait part de son optimisme sur la situation du pays. «On note une légère diminution des activités de bandes, des crimes en tous genres et des enlèvements. La situation est stable dans l'ensemble.»

    Quant au retrait des tonnes de pierres et de gravats, il faudra attendre encore plusieurs mois. «Au sein de la Minustah, composée de 8306 Casques bleus issus de 19 pays membres de l'ONU, ingénieurs et autres organisations civiles locales et internationales s'activent au quotidien à chercher des solutions de nettoyage. Il reste encore beaucoup de travail à faire.»

    Ordinateurs sous les gravats, systèmes de communication ne fonctionnant qu'à faible régime et manque de temps. Durant les trois semaines qui ont suivi le tremblement de terre, le colonel Bernard Ouellette n'a pu lire son journal favori. Qu'en était-il de la couverture de presse sur le séisme? Il l'ignore. Par contre, au cours des dernières semaines, il n'a pas remarqué d'article sur Haïti.

    «Je pense que Le Devoir devrait en parler au moins une fois par semaine afin de mieux renseigner les lecteurs sur la sécurité, le rôle des militaires et des policiers; l'aide humanitaire; la situation et les enjeux dans les camps de sinistrés; la situation politique actuelle et à venir; la situation sur le retrait des débris; le rôle des ONG et leur impact envers la population haïtienne.»

    C'est noté.

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