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    V comme vendre

    Maxime Rémillard, de V Télé, pourfend la gratuité

    Maxime Rémillard
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Maxime Rémillard
    Maxime Rémillard, propriétaire de la chaîne généraliste V avec son frère Julien, critique à son tour la diffusion gratuite de contenu sur Internet. Il s'en prend particulièrement au site tou.tv lancé cet hiver par Radio-Canada pour diffuser en ligne des milliers d'heures de productions télévisuelles de plusieurs réseaux. Il lie même le problème de la gratuité à la question des redevances demandées par les télés généralistes aux distributeurs de signaux par câble ou par satellite.

    «Au Canada, les télédiffuseurs généralistes réclament depuis plusieurs années devant le CRTC et le Parlement canadien qu'on reconnaisse la valeur de leur contenu et que celle-ci soit récompensée par les distributeurs, a dit M. Rémillard hier matin à Montréal. En offrant notre contenu gratuitement et de manière universelle sur Internet, comment pourrions-nous maintenir notre revendication?»

    M. Rémillard est coprésident et chef de la direction de V Interactions, une entreprise de Remstar Corporation. Il présentait son bilan et ses perspectives près de neuf mois après la réincarnation en V de l'ex-réseau TQS. Son allocution prononcée devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain s'intitulait «V: vecteur de diffusion de la culture québécoise».

    Ce titre a été choisi pour souligner l'importance de la télévision généraliste comme «meilleur reflet de notre société». M. Rémillard a rappelé que cette année, les Québécois vont consacrer collectivement 3,8 milliards d'heures à regarder TVA, Radio-Canada, Télé-Québec et V.

    Ce qui à ses yeux n'excuse pas la décision de redonner le contenu sur le Web. «Le lancement d'un site comme tou.tv, qui offre tous les épisodes populaires de plusieurs télédiffuseurs publics, contribue à entretenir ce mythe de la gratuité de tout sur le Web, a ajouté M. Rémillard. La viabilité de ce modèle demeure à démontrer. [...] Nous savons que les internautes sont prêts à débourser pour un contenu qui a une valeur à leurs yeux. iTunes et plusieurs autres sites en ont fait clairement la démonstration.»

    La question du «modèle économique viable» a servi de fil rouge à sa présentation. Un peu comme le fait le magnat australien des médias, Rupert Murdoch, le président Rémillard demande de «tenir compte des coûts associés» à la production et à la diffusion des contenus et de «gérer la perception» de la gratuité sur la Toile.

    Le réseau généraliste le plus fort au Québec, celui du Groupe TVA, a annoncé cette semaine un bénéfice d'exploitation trimestriel de 1,5 million de dollars seulement, une baisse de 5 millions par rapport à l'an dernier. Par contre, les chaînes spécialisées ont augmenté leur marge moyenne à un fabuleux 23,5 %, avec des bénéfices de 729 millions en 2009. Le coprésident Rémillard a lié cette situation enviable aux revenus d'abonnement auxquels veulent avoir accès les généralistes, mais aussi à un «dumping tarifaire» qui serait pratiqué en publicité par les concurrentes spécialisées.

    Pour faire face, Remstar souhaite créer ses propres chaînes spécialisées. Une nouvelle licence l'autorise à lancer Génération V, dont 95 % de la grille s'organisera autour de vidéos du public. Cette nouvelle télé pourrait apparaître en 2011, si un distributeur en veut. On ne sait toujours pas si les clips du public seront fournis gratuitement...

    D'autres demandes de licence suivront, promet M. Rémillard. La chaîne amirale, elle, continuera sur sa lancée tout en augmentant son offre sur le Web. Ainsi, dès l'automne, sur V, l'humoriste Jean-François Mercier, hyperpopulaire sur YouTube (il y a déposé 87 bandes vues six millions de fois) animera une émission de variétés diffusée à 22h, du lundi au vendredi.

    Le public cible de cette chaîne a entre 18 et 49 ans. La chaîne a augmenté de 35 % sa part de marché dans ce large segment depuis sa mise en ondes il y a neuf mois.












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