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    Médias - Combien pour un épisode de La Galère ?

    1 mars 2010 |Paul Cauchon | Médias
    Il n'y a pas seulement le prix du contenu des journaux qui fait l'objet d'un débat sur Internet. Le prix des émissions de télévision aussi, alors qu'Apple tente de négocier la vente d'émissions à 99 cents l'épisode sur iTunes, pour ouvrir la voie au développement de son iPad.

    Comme le rapportait le New York Times récemment, ces négociations sont difficiles avec les grands réseaux de télévision. Ceux-ci estiment que le contenu télévisuel est cher à produire et prétendent qu'ils obtiennent de meilleurs revenus avec les câblodistributeurs qui diffusent leurs produits.

    Mais les réseaux ne peuvent pas ignorer la formidable force de frappe d'iTunes et ses dizaines de millions d'utilisateurs payants.

    Apple avait commencé à vendre des émissions sur iTunes à la fin de 2005, des épisodes à 1,99 $ (et même, plus récemment, à 2,99 $ pour des émissions en HD). Mais l'entreprise de Steve Jobs cherche maintenant à «casser les prix», en faisant valoir que la vente de musique en ligne a vraiment explosé lorsqu'elle a commencé à vendre les pièces musicales à 99 cents.

    Les réseaux américains, eux, doutent que ce raisonnement s'applique à la télévision, et ils craignent qu'en vendant des épisodes télévisuels à si bas prix le contenu soit dévalorisé.

    On ne sait pas trop comment ces négociations vont se terminer — Apple a même tenté de négocier avec les réseaux la possibilité de vendre des abonnements mensuels à 30 $ pour un vaste ensemble d'émissions. Ce qui, en passant, représenterait une concurrence directe aux entreprises de distribution par câble et par satellite.

    Le juste prix

    Ce qui est certain, c'est que ce débat illustre, encore une fois, la difficulté de parvenir à un juste prix pour le contenu créatif dans l'univers numérique.

    Alors qu'aux États-Unis iTunes a fait des pas de géant en offrant des émissions fort populaires (de Lost à Mad Men) sur iTunes, l'offre télévisuelle sur iTunes Canada fait vraiment dur. Peut-être que le marché n'est pas là, tout simplement? Sur l'iTunes canadien, on trouvait la semaine dernière quelques émissions américaines (et non les plus populaires) et, semble-t-il, aucune émission québécoise francophone. Radio-Canada avait fait une tentative en offrant un titre l'année dernière (Tout sur moi, si ma mémoire est bonne), sans avoir soulevé un grand enthousiasme.

    Le système de prix du iTunes canadien frôle d'ailleurs le ridicule. On y trouve depuis le début des Jeux olympiques de Vancouver une émission, Daily Highlights, qui présente en une minute ou deux les faits saillants de la journée olympique. L'émission se vend 99 cents l'unité... ou 2,99 $ pour un bloc de 30 épisodes (qui serait assez fou pour payer 99 cents des faits saillants à l'unité alors que l'on peut en avoir 30 pour 3 $?)

    Radio-Canada ouvre un nouveau front

    Au Québec, je suppose que nous étudierons avec attention les leçons de l'expérience américaine avec l'iPad pour savoir s'il faut vraiment se lancer dans la vente d'émissions en ligne.

    En attendant, Radio-Canada a plutôt ouvert un autre front, avec le lancement de son site Tou.tv, qui propose plusieurs titres en ligne, que l'on peut regarder en visionnement direct, sans payer.

    Mais encore là, ce projet ne représente pas la solution miracle à la diffusion de contenus télévisuels sur Internet. Le contenu est limité: plusieurs émissions de Radio-Canada, quelques titres d'Artv et de Télé-Québec, quelques productions de producteurs indépendants (en documentaires, par exemple), mais rien du côté de la télévision privée. On sait que Quebecor fait bande à part dans ce domaine, en tentant plutôt de développer le vidéo sur demande sur Illico, avec ses propres produits.

    De plus, comme nous l'apprenait récemment La Presse, plusieurs auteurs et réalisateurs sont perplexes face au projet de Radio-Canada. Ces créateurs comptent en effet sur les revenus des DVD et des rediffusions à la télévision. Ils craignent donc qu'avec la diffusion sur Tou.tv, les rediffusions à la télévision soient moins courues, et les ventes de DVD en chute libre.

    Que ce soit au moyen de meilleurs contrats négociés au départ avec les créateurs pour tout couvrir, ou par un juste prix à définir pour le consommateur sur Internet, aucun modèle clair ne semble s'imposer. On tâtonne encore.

    Les consommateurs ont un faible pour la gratuité

    Sans surprise, un grand sondage Nielsen publié il y a deux semaines, réalisé dans 52 pays auprès de 27 000 personnes, démontrait que 85 % des gens préfèrent que le contenu demeure gratuit sur le Web.

    Mais quand on décortique ce sondage, on trouve des données qui méritent réflexion. Ainsi, lorsque Nielsen a demandé aux «sondés» pour quel genre de contenu ils pourraient envisager de payer, ce sont les films et la musique qui ont obtenu le plus haut taux de réponse, soit près de 60 %, suivis du «contenu vidéo professionnel» (est-ce que ce sont les émissions de télévision?) à 50 %. Les journaux? 42 %.

    Et 71 % des répondants affirment que le contenu en ligne devrait être «considérablement meilleur» que ce qui est actuellement gratuit pour qu'ils acceptent de payer.

    Le cas de la télévision est d'ailleurs fort complexe, puisque plusieurs consommateurs considèrent qu'ils payent déjà pour les émissions en s'abonnant au câble et au satellite. Est-ce que cela les empêcherait de payer pour des émissions sur le Web? Peut-être qu'à 99 cents...
     
     
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