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Lock-out au Journal de Montréal - La FPJQ réclame l'intervention de Charest

Artistes et politiciens se sont réunis hier lors d'une soirée de solidarité envers les employés du journal

Stéphane Baillargeon   25 janvier 2010  Médias
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) réclame l'intervention du premier ministre Jean Charest pour régler le conflit de travail au Journal de Montréal, propriété de Quebecor Media.

La décision d'imposer un lock-out a été affichée sur la porte principale du Journal de Montréal, il y a un an, le 24 janvier, à 0h35. Un spectacle commémoratif organisé pour l'occasion réunissait hier soir environ 750 personnes pour Le Show du cadenas auquel ont notamment participé les artistes Richard Desjardins, Louise Forestier, le groupe Tricot Machine et l'humoriste Christian Vanasse.

«Le lock-out est l'outil par lequel Quebecor veut imposer à ses journalistes en premier lieu, mais aussi à toute la société, cette nouvelle façon d'organiser l'information, dit un communiqué diffusé hier matin par la Fédération. Les enjeux sous-jacents sont trop importants pour que la situation perdure. La FPJQ souhaite la reprise des négociations dans les meilleurs délais, et elle réclame l'intervention du premier ministre, Jean Charest. C'est à lui que revient l'ultime responsabilité de faire comprendre aux deux parties que la résolution du conflit passe par la négociation, et rien d'autre.»

La Fédération, fondée en 1969, rassemble plus de 1800 journalistes (patrons et employés) de 250 médias. En entrevue au Devoir, le président de l'organisme a répété que la situation exceptionnelle appelait une démarche extraordinaire.

«Nous estimons les enjeux trop importants pour que le premier ministre fasse la sourde oreille», a dit le président Brian Myles, lui-même journaliste au Devoir. La position réclamant son intervention a été adoptée à l'unanimité par le conseil d'administration de la FPJQ. «Il faut que M. Charest mette de l'huile dans cet engrenage très rouillé et qu'il réussisse à faire entendre le bon sens. Il faut que les négociations reprennent, dans l'intérêt de tous, y compris de la population dans son ensemble.»

Dans son communiqué, la Fédération explique s'inquiéter de plusieurs «intentions» de Quebecor. L'analyse cite l'intégration croissante des différents médias de l'empire à travers sa nouvelle agence QMI. La FPJQ rappelle qu'elle a «souvent sonné l'alarme pour freiner cette concentration et cette convergence excessives».

Le texte dit encore: «Le citoyen y perd au change si l'intégration des contenus entraîne la répétition des mêmes informations sur de nouveaux supports de diffusion. Il ne faut surtout pas confondre la variété de ces supports et la variété des informations.»

M. Myles refuse de voir dans ces propos une prise de position pro-syndicale dans le cadre du conflit. «Nous sommes pour la liberté de presse et la qualité de l'information, résume-t-il. Ce sont les valeurs fondamentales qui ont toujours guidé nos interventions dans ce dossier. Au final, il ne nous revient pas de dire si les journalistes doivent travailler 32 ou 35 heures par semaine, ni de juger le détail des centaines de clauses en jeu dans une convention collective. Par contre, nous pouvons affirmer que trop de convergence nuit à la diversité de l'information.»

«Casser les syndicats»

La soirée de solidarité musicale lancée a cappella par Loco Locass a attiré plusieurs journalistes travaillant pour d'autres médias, notamment Radio-Canada, La Presse et aussi Le Devoir. À l'entracte, Amir Khadir, député et codirigeant de Québec solidaire, a carrément parlé d'un «combat idéologique». Il a demandé à l'État québécois, qui a financé l'achat de Videotron par Quebecor, de se questionner sur la volonté du président de cette entreprise de «casser les syndicats».

Gilles Duceppe, Jack Layton, Richard Bergeron et le même Amir Khadir ont tous manifesté un appui sans équivoque aux syndiqués dans un dossier publié ce week-end sur RueFrontenac.com, le site des lock-outés. «Il faut une diversité de l'information, a dit M. Duceppe au site d'informations. Ce conflit qui perdure n'est bon ni pour les artisans du Journal de Montréal ni pour l'image de Quebecor. Quebecor doit comprendre le rôle fondamental qu'il joue dans l'information. L'entreprise doit réaliser que nous ne sommes que 2 % de francophones en Amérique du Nord. Quebecor a un rôle à assumer et, pour ça, il faut que le conflit se règle.»
 
 
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  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mardi 26 janvier 2010 10h23
    Le syndicaliss.....marxiste-léniniste...
    c'es quossé don qui dit Duceppe.....!

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