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L'enlisement - Le lock-out au Journal de Montréal aura un an dimanche

Stéphane Baillargeon   21 janvier 2010  Médias
C'est l'impasse, totale et brutale. Un an après le lock-out imposé le 24 janvier 2009, les quelque 250 employés du Journal de Montréal battent encore et toujours le pavé. Le quotidien produit par les cadres tire à tout autant d'exemplaires. L'ombre d'un début de semblant de rapprochement des parties en conflit n'existe tout simplement pas.

«On n'a pas la clé de ce conflit-là», a dit hier matin Raynald Leblanc, président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM), en annonçant l'organisation d'une «soirée de solidarité», en chansons, ce dimanche 24 janvier, jour anniversaire du lock-out. «Il n'y a qu'une personne qui ait la clé, c'est Pierre Karl Péladeau [propriétaire de Quebecor et donc du Journal]. Notre seule clé, c'est notre volonté de vouloir négocier. Nous, on veut que M. Péladeau nous mette sur la table ne serait-ce que son plan d'affaires, ses problèmes, qu'on en discute et qu'on arrive à des solutions.»

Il n'y a eu aucun échange depuis le 11 décembre. Les mandataires de Quebecor ont alors réitéré leur volonté ferme de mettre à pied des employés, notamment dans les secteurs jugés dorénavant inutiles ou improductifs, par exemple celui des petites annonces, lessivées par les sites comme ebay.ca ou lespac.com.

«Le bilan qu'on fait, c'est que la crise structurelle qui touche les journaux nous oblige à adapter notre force de travail, commente Isabelle Dessureault, vice-présidente affaires publiques de Quebecor Media. Nous l'avons répété depuis des mois: l'élément qui achoppe concerne les mises à pied. Tout le reste dépend des négociations autour des postes à éliminer.»

Mme Dessureault refuse de préciser combien des 253 employés la direction veut passer à la trappe. Elle ajoute cependant que des primes allant jusqu'à un an et demi de salaire, soit plus de 100 000 $, ont été offertes aux personnes touchées.

Depuis un an, les syndiqués reçoivent 76 % de leur salaire habituel, une somme versée par les caisses syndicales (CSN, FNC et le STIJM). Le site Internet ruefrontenac.com génère de plus en plus de revenus selon les syndiqués et pourrait bientôt contribuer au «fonds de défense professionnelle» en lieu et place du syndicat des travailleurs de l'information.

Rue Frontenac a attiré environ deux millions d'internautes différents en moins d'un an. Le site d'information occupe la centaine de journalistes en lock-out, certains plusieurs dizaines d'heures par semaine. Les autres piquettent devant la permanence du Journal de Montréal, rue Frontenac.

Tous seront à quelques intersections de là, dimanche, au cabaret Latulipe, pour le Show du cadenas qui réunira sur scène Richard Desjardins, Tricot Machine, Louise Forestier et le groupe El Motor, Loco Locass et Jean-Sébastien Lavoie, un ex-employé du JdeM.

«Tous ces artistes sont liés d'une manière ou d'une autre à Quebecor, notamment par l'entremise du distributeur de disques Select, mais ils ont décidé de quand même nous appuyer», notait hier le journaliste Philippe Renaud, coorganisateur du spectacle.

L'humoriste Christian Vanasse, du groupe Les Zapartistes, animera la soirée.
 
 
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  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 21 janvier 2010 09h02
    Il ne faut pas que Péladeau perde.
    Ce qui est en jeu c'est le droit de gérance de l'entreprise qui est en jeux. Le propriétaire d'une entreprise doit conserver à 100% son droit de gérance, après tout c'est SON investissement pas celui du syndicat. De plus comme on peu voir à la ville et au gouvernement, la chose la pire qu'une entreprise peu faire c'est d'assurer un plancher d'emploie. Cela crée dans le système une pperte de compétitivité.
    De plus ce qu'offre Québecore comme prime de séparation est extrèmement généreux.

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    jeudi 21 janvier 2010 09h32
    Pour mettre fin au lock-out
    Deux mesures: boycotter tous les produits Quebecor;
    boycotter tous les annonceurs du JdM.
    Les lock-outés pourraient travailler là-dessus.

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    jeudi 21 janvier 2010 10h37
    Qu'est-ce que PKP a investi, monsieur Archambault?
    Il n'a rien investi du tout, il a HÉRITÉ de cette entreprise...
    Et n'a-t-il pas bénéficié en plus d'argent public?

  • Maco
    Abonné
    jeudi 21 janvier 2010 11h15
    OUF!
    Droit de gérance!

    Regarder ce que le droit de gérance a fait à notre économie. Ce ne sont pas les employés qui ont mis dans la m... les entreprises, ce sont ceux qui ont le «droit» de gérance. Ils ont pris des décisions «stratégiques » qui ont mis en péril la société dans laquelle VOUS vivez. C'est l'argent de millions de travailleurs qui ont remis la machine en route. Donc, votre productivité, ce ne sont pas les travailleurs qui doivent l'assumer, ce sont les «gérants»(!)

    Quelle belle affaire.

  • Philippe Landry
    Inscrit
    jeudi 21 janvier 2010 19h08
    Savoir de quoi on parle
    @ Monsieur AUclair,

    Que faites vous des 3000 emplois en nouvelles technologies que Vidéotron a créés au Québec depuis 2005 afin de moderniser son service? Si vous connaissez le marché extrêmement compétitif de l'informatique, vous savez qu'à court terme, il aurait été infiniment plus rentable d'exporter ces emplois qualifiés vers l'Inde ou la Chine. Par contre, le fait de créer ces emplois au Québec
    constitue un réel projet de développement durable puisque cela accroît nos compétences en ce domaine tout en enrichissant énormément notre société à long terme (pensez-y, 3000 emplois direct hautement qualifiés!).

    Comme on peut le voir, les entreprises de PKP font plutôt bonne figure en terme d'économie durable, malgré les quelques emplois non-rentables qu'il a coupés au Journal de Montréal. N'oublions pas que contrairement à la presse - qui n'est qu'un organe de propagande privé pouvant se permettre de fonctionner à perte - le JDM se doit de rapporter des profits sous peine de fermeture.

    En fait, si on aime tellement taper sur PKP, c'est surtout à cause de son origine culturelle, et non pour sa philosophie de gestion: une sorte de haine de soi.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    jeudi 21 janvier 2010 19h52
    PKP
    « Il n'a rien investi du tout, il a HÉRITÉ de cette entreprise...
    Et n'a-t-il pas bénéficié en plus d'argent public? » (Sylvain Auclair)
    -----------------------------------------------------------------------------

    Depuis quand est-ce interdit et mal vue d'hériter en toute légitimité de l'entreprise de ses parents. Il va de soi que PKP est l'héritier légal de cette entreprise, et non le syndicat et ses sbires; ce qui lui donne le droit d'administrer sa propre business à sa guise.

    Incidemment, de quel "argent public" PKP a-t-il bénéficié!

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 08h10
    À madame Chouinard
    Je répondais à M. Archambault, qui disait que l'entreprise constituait l'investissement du propriétaire. D'ailleurs, Pierre Péladeau n'a rien investi de sa poche pour créer Quebecor; il l'a fondé sur un prêt de ses parents. Le reste, il le doit au travail de ses employés.
    Par ailleurs, si je propose un bocyott, c'est pour ÉQUILIBRER les choses: les employés ne gagnent rien? Alors, que l'employeur ne gagne rien non plus. Comme ça, les DEUX parties auront intérêt à conclure.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 22 janvier 2010 10h58
    Pierre-Karl
    (..) D'ailleurs, Pierre Péladeau n'a rien investi de sa poche pour créer Quebecor; il l'a fondé sur un prêt de ses parents. Le reste, il le doit au travail de ses employés (Sylvain Auclair)
    --------------------------------------------------------------------------------

    Vous feriez mieux de vous documenter avant de répandre des insanités. Le père de Pierre Péladeau, Henri, est mort ruiné, à l'âge de 51 ans et c'est à partir de ce jour-là que Pierre Péladeau a décidé que ça ne lui arriverait pas et qu'il deviendrait millionnaire; donc, Pierre Péladeau n'a pas fondé Québécor à partir d'un prêt de ses parents....

    A noter que Pierre-Karl, du vivant de son père, Pierre, était déjà président des imprimeries Québécor-Europe et vice-président du conseil d'administration de Quebecor Inc. Le succès de son journal, Pierre Péladeau le doit à ses proches collaborateurs du temps (Beauchamp et autres), et non pas aux salariés-syndiqués actuels du journal qui sont payés pour le travail qu'ils effectuent et dont ils ont accepté les conditions de travail lors de leur embauche.

    PKP n'est pas en lutte contre ses employés mais contre son syndicat....contrainte qui n'existait pas du temps de son père.

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