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    Le Journal de Montréal - Quebecor: le conflit s'étend jusqu'au Canal Vox

    19 janvier 2010 |Isabelle Paré | Médias
    Presque un an jour pour jour après le lock-out décrété au Journal de Montréal, la partie de bras de fer se poursuit entre Quebecor et ses journalistes syndiqués.


    Au cours des derniers jours, des journalistes du Journal de Montréal, chroniqueurs à des émissions diffusées sur Canal Vox par Vidéotron, filiale de Quebecor, ont eu la surprise d'apprendre qu'ils étaient éjectés des ondes, sans aucun préavis.

    Officiellement, on aurait invoqué le besoin de renouveler certaines formules pour justifier l'éviction des «lock-outés». Mais selon Claudia Larochelle, syndiquée en lock-out au Journal de Montréal et chroniqueuse à l'émission Le Livre Show diffusée au Canal Vox, un mot d'ordre tout droit venu des hautes sphères de Quebecor serait à l'origine de l'interruption abrupte de son contrat avec Vox.

    «Je tenais cette chronique avec grand bonheur depuis trois ans. Avant les fêtes, c'était même clair de la part de toute l'équipe qu'on se revoyait pour les enregistrements dès janvier 2010. Vendredi, j'ai reçu un appel de la direction des programmes évoquant des raisons nébuleuses pour m'annoncer que je ne revenais pas. C'est une façon pour Quebecor de nous isoler encore plus», déplore celle qui vient en sus de perdre son ultime gagne-pain.

    Un autre journaliste, qui a tenu à garder l'anonymat, a expliqué hier avoir aussi été écarté des ondes de Vox au même moment, de façon assez impromptue. La direction aurait là encore invoqué le désir de modifier le format de l'émission, éliminant du coup quelques anciens chroniqueurs.

    Contacté hier, Quebecor a acheminé la demande du Devoir directement à la chaîne de télévision. L'attachée de presse du Canal Vox a, de son côté, dit devoir aller aux sources pour expliquer plus à fond les raisons de ces décisions. Au moment de mettre sous presse, elle n'avait pas rappelé Le Devoir.

    Ces épisodes viennent s'ajouter à celui, similaire, vécu par le chroniqueur économique Jean-Philippe Décarie, écarté de façon inélégante des ondes de Salut Bonjour diffusée à TVA (propriété de Quebecor), quelques semaines après le début du lock-out.

    Hier, le président du Syndicat des travailleurs de l'information au Journal de Montréal, Raynald Leblanc, a dénoncé ces manoeuvres insidieuses, visant à saper le moral des syndiqués. «Ça prouve l'importance de continuer notre combat contre cette espèce de convergence multiplateforme qui n'a pas de sens. Faut-il être dévoué à Quebecor corps et âme pour pouvoir travailler au Québec?», a dénoncé le porte-parole des 253 journalistes en lock-out.

    Selon ce dernier, la main de fer de Quebecor ne frappe pas que les journalistes qui critiquent ses façons de faire, mais aussi les artistes et les politiciens. Les artistes qui s'attaquent à Star Académie ou à l'empire de Pierre Karl Péladeau en paient le fort prix, dit-il, et voient vite leur couverture de presse réduite à néant, tant à la télévision qu'ailleurs. «On ne peut pas se permettre d'avoir une entreprise au Québec qui a le contrôle absolu sur tout. Est-ce qu'un artiste se sent libre de dire quoi que ce soit contre Quebecor? J'en doute. Ce n'est pas sain», dénonce Raynald Leblanc.

    Demain matin, le Syndicat des journalistes fera le point sur le conflit qui s'enracine au Journal de Montréal et dévoilera les activités prévues pour marquer ce triste anniversaire.












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