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Ce qu'ils ont dit du Devoir

Déclarations et témoignages à l'occasion du centenaire du Devoir

Le Devoir   13 janvier 2010 09h35  Médias
Des personnalités québécoises et canadiennes de tous les milieux, des lecteurs et des lectrices ont rendu hommage au journal indépendant Le Devoir maintenant fier centenaire. Propos recueillis par Marco Bélair-Cirino.


Chers artisans du Devoir,

Notre rencontre avec vous dimanche dernier nous a fait réaliser, à mon épouse et moi, la place importante qu'occupe Le Devoir dans notre quotidien (dans mon cas, oublier le journal au bureau est probablement une faute plus grave que d'oublier la date d'anniversaire de mon épouse). Mon addiction au Devoir date depuis très longtemps. En 1993, lorsque j'habitais en France, je demandais aux Québécois qui me visitaient de m'apporter deux choses: des numéros récents du Devoir et une boîte de May West (personne n'est parfait!). Pour mon épouse, brésilienne, il aura été (et il continue de l'être) une fenêtre extraordinaire sur la culture québécoise (elle est entre autres une fan invétérée de Garnotte, et je vous assure qu'elle comprend toutes ses caricatures).

Encore une fois, toutes nos félicitations pour ce journal que, j'en ai maintenant la confirmation, vous nous offrez en y mettant toute la passion qui vous honore.

Au plaisir de continuer à vous lire.

Michel Gagnon, Professeur

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«C’est pour moi comme Québécois et premier ministre un honneur d’être à cet événement pour souligner les cent ans du journal Le Devoir. D’ailleurs, j’ai noté au passage les remarques que Pierre Karl Péladeau a faites sur cette relation que vous avez avec le journal Le Devoir, vous qui l’avez appuyé avec beaucoup de sincérité et malgré cela, ils ont critiqué le groupe que vous présidez. Ça m’a beaucoup étonné. Moi, ça ne m’est jamais arrivé.

Mon invitation, moi, m’est venue de Michel David, Gil Courtemanche, Lise Payette, Antoine Robitaille et Bernard Descôteaux, tous étant de fervents supporters de chacune de mes décisions. [...] La critique du pouvoir est essentielle dans une société démocratique. Le Devoir est un journal indépendant. C’est le fier représentant de la liberté de presse qui est un fondement de notre démocratie.

Le Devoir est grand. Le Devoir est dynamique. Le Devoir est nécessaire. J’en félicite aujourd’hui tous ses artisans. Cent ans après sa naissance, les artisans du Devoir demeurent les dignes héritiers de l’homme qui a fondé le journal. Henri Bourassa, petit-fils de Louis-Joseph Papineau, a été un farouche défenseur du fait français et un homme d’État. [...]

Ici se sont succédé plusieurs des plus grands pionniers du journalisme canadien et québécois. On pense à ceux des premières heures: Olivar Asselin, Jules Fournier, Omer Héroux et Georges Pelletier, qui ont été des plumes exceptionnelles, des analystes clairvoyants, et des personnalités qui méritent le respect.

Puis, une véritable tradition s’est installée avec Gérard Filion, André Laurendeau, Pierre Laporte, Michel Roy, Jean-Marc Léger — des journalistes que j’ai connus un peu parce que je les ai croisés au passage — Gilles Lesage, le caricaturiste Normand Hudon, Claude Ryan — que j’ai un peu mieux connu — Paul Sauriol, Jean-Pierre Charbonneau et Lise Bissonnette, qui ont tour à tour incarné l’excellence du journal Le Devoir.

Longtemps, on a cité des éditoriaux flamboyants de Gérard Filion qui a combattu la Grande noirceur dans les années cinquante. Longtemps, on a cité ceux de Claude Ryan qui étaient de véritables jugements de Salomon. À l’époque, les canadiens-français sont devenus des Québécois. Encore aujourd’hui, on réfère aux écrits de Lise Bissonnette qui a pris les rênes du Devoir en 1990, alors que le journal connaissait des difficultés qui menaçaient sa survie. Mme Bissonnette aura mis en œuvre un audacieux plan de redressement qui a permis à l’entreprise de retrouver son élan vital. [...] Et aujourd’hui, sous la direction éclairée de Josée Boileau et de Bernard Descôteaux, inspirés par des vétérans, comme Louis-Gilles Francoeur qui, en passant, est le journaliste sur les questions de l’environnement le plus réputé et intelligent au monde. [...]

Le Devoir peut s’enorgueillir d’avoir été l’un des éclaireurs de la conscience des Québécois. Et, avec vous, il continue de jouer un rôle essentiel en nourrissant le débat démocratique à sa manière, en se faisant un ardent promoteur de notre langue et de notre culture, et, en honorant chaque jour les idéaux de son fondateur. Ce soir, au nom de tous les Québécois, je veux dire à tous les artisans du journal Le Devoir que nous sommes très fiers de vous. Bon anniversaire et longue vie au journal Le Devoir.»


Jean Charest, premier ministre du Québec et président d’honneur du dîner officiel du centenaire du Devoir

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«C’est un journal indispensable à notre démocratie. Il y a peu de médias au Québec qui ont pris position par exemple pour le projet de pays, ce qu’a été capable de faire Le Devoir, parce que Le Devoir est un journal libre, qui n’est lié à aucun intérêt particulier autre que celui de ses artisans. J’apprécie beaucoup la qualité du travail qui s’y fait, la profondeur qu’on met dans les articles qu’on écrit, la diversité. J’aime aussi beaucoup le fait qu’on donne la parole aux gens. [...]

Le Devoir, qui est notre ami. Un ami respectueux est aussi plus dur, plus exigeant. Quand on nous critique, on est davantage atteint, peut-être que si c’est un journal plus identifié aux fédéralistes. Mais, en même temps, on attend ça de nos amis. On n’attend pas de la complaisance. Je crois que jamais Le Devoir n’a été complaisant avec nous. C’est ce que j’apprécie aussi.»


Pauline Marois, chef de l’Opposition officielle

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«Nous sommes ici pour saluer les accomplissements d’une grande institution montréalaise et québécoise. Je dirais: notre trésor montréalais et québécois. [...] C’est une aventure de presse extraordinaire. Mais, c’est aussi une aventure intellectuelle, politique, sociale et culturelle qui a marqué et qui marque encore notre histoire. [...] Oui, Le Devoir est resté fidèle à ses valeurs d’indépendance et de rigueur. Il est aujourd’hui une référence journalistique.»

Gérald Tremblay, maire de la Ville de Montréal

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«Je tiens à féliciter tous les artisans du Devoir pour cet anniversaire exceptionnel. [...] Après avoir su relever de nombreux défis tout au long de votre histoire, vous pouvez maintenant regarder l’avenir avec optimisme. Votre lectorat est en hausse constante ce qui démontre que votre journal a bien sa place dans un univers médiatique de plus en plus compétitif. [...] Longue vie à votre quotidien.»

Stephen Harper, premier ministre du Canada

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«Je me considère comme un ami du Devoir, même si celui-ci n’est pas toujours très tendre à l’endroit de l’entreprise que j’ai le privilège de diriger. Il n’en demeure pas moins que ça m’apparaît essentiel qu’on puisse avoir un espace de débats. [...] Je le reçois avec mon exemplaire du Journal de Montréal, ce qui me permet de le lire aux premières heures du matin. [...] Je considère cette institution essentielle pour le bien-être de la collectivité.»

Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Quebecor

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«On a assez fêté le Canadiens de Montréal pendant l’année 2009. Ça suffit. C’est le temps de passer au Devoir... et de gagner une coupe Stanley en 2010. Longue vie au Devoir.»

Andrew Molson, copropriétaire des Canadiens de Montréal

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«La recette de la longévité du Devoir, je pense qu’il n’y en a pas. Je crois que le refus de la complaisance face à l’humeur du jour, le courage de dire les choses comme elles sont en dépit de la rectitude [...], la résistance face à la dictature des sondages d’opinion ont fait du Devoir un incontournable. Pour quiconque peut comprendre les tenants et aboutissants des grands débats qui animent notre société, c’est un secret de polichinelle que de dire que si on veut être entendus des ministres, du premier ministre, des députés, des grandes administrations publiques, des décideurs, on tente de faire valoir notre point de vue dans les pages du Devoir. Le Devoir a su devenir au fil du travail acharné de ses artisans depuis des décennies la référence en matière d’analyse politique fine, d’environnement, d’économie et de culture.»

Michel Arsenault, président-directeur général de la Fédération des travailleurs du Québec

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«Cent ans dans la vie d'un individu, c’est presque un exploit. Mais dans la vie d'un journal comme le nôtre, c'en est tout un. [...] Aujourd’hui, Le Devoir se porte bien. Il a toujours des lecteurs, comme vous qui le fouettez et le fustigez parfois, mais qui demeurez fidèles, soit parce qu’il exprime vos idées, soit parce qu’il vous stimule. Mon souhait ce soir c’est que notre fringant vieux journal puisse encore dans les années qui viennent questionner la société québécoise et surtout s'imposer comme le journal de la jeunesse, quel qu'en soit la forme.»

Francine Bérubé, présidente de l’Association des Amis du Devoir et présidente du comité du 100e anniversaire du Devoir

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«La Presse qui a 125 ans, Le Devoir qui a cent ans, je trouve que c’est à célébrer comme journaliste et comme société aussi. On est concurrents dans les idées et on se retrouve quelque part aussi parce qu’on fait tous ce métier-là. J’ai été attiré par le journalisme d’abord par Claude Ryan. Pour moi, Claude Ryan reste un modèle de rigueur et de fidélité à des principes. Je suis un lecteur du Devoir depuis toujours.»

André Pratte, éditorialiste en chef de La Presse
 
 
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