Lettres - Une belle histoire
À retenir
Je dois vous raconter. La première fois que mon père m'a pincé à lire Le Devoir, il a été stupéfait.
Il ne comprenait pas que je comprenne. Après avoir remis sa paternité en question, il m'a décrit son admiration pour André Laurendeau: «Aussitôt qu'il a vu à quel point le gouvernement était sale, il a démissionné.» Mon père, tout pauvre qu'il était, ne manquait pas de droiture et il savait la reconnaître. Un beau vendredi soir, je me rends à la taverne pour boire une bière avec mon vieux qui aimait beaucoup les vendredis. À la blague il raconte à ses chums que je me prenais pour un intello: «Le petit lit Le Devoir, imaginez-vous!» Ce soir-là, j'ai vu dans l'oeil rieur de mon père, une très touchante et très vibrante fierté.
Je n'ai pas encore 100 ans, mais j'approche... Et j'aime toujours mon père. Bonne fête, Le Devoir.
***
André Caron - Le 8 janvier 2010
Il ne comprenait pas que je comprenne. Après avoir remis sa paternité en question, il m'a décrit son admiration pour André Laurendeau: «Aussitôt qu'il a vu à quel point le gouvernement était sale, il a démissionné.» Mon père, tout pauvre qu'il était, ne manquait pas de droiture et il savait la reconnaître. Un beau vendredi soir, je me rends à la taverne pour boire une bière avec mon vieux qui aimait beaucoup les vendredis. À la blague il raconte à ses chums que je me prenais pour un intello: «Le petit lit Le Devoir, imaginez-vous!» Ce soir-là, j'ai vu dans l'oeil rieur de mon père, une très touchante et très vibrante fierté.
Je n'ai pas encore 100 ans, mais j'approche... Et j'aime toujours mon père. Bonne fête, Le Devoir.
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André Caron - Le 8 janvier 2010
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