Libre opinion - Télévision : réplique à Hubert T. Lacroix
Pierre Karl Péladeau - Président et chef de la direction de Quebecor et Quebecor Media
25 novembre 2009
Médias
La collectivité aurait pu s'attendre à ce que l'équipe du cabinet du président de CBC/Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, fasse preuve de plus de rigueur dans la rédaction du texte de la lettre signée par un des plus hauts fonctionnaires canadiens, soit le p.-d.g. de cette société d'État, lettre qui fut publiée dans l'édition du 24 novembre du Devoir.
Comment, en effet, rester impassible devant ce travestissement de la réalité lorsque M. Lacroix affirme que les distributeurs de signaux gardent l'argent que leur paient leurs abonnés sans verser un cent au radiodiffuseur public? Alors, que représentent pour notre télévision d'État les 103 millions de dollars de redevances versées par les distributeurs canadiens aux chaînes RDI/Newsworld et qui servent à financer les salles de nouvelles de CBC/Radio-Canada pour permettre aux Canadiens d'avoir des ressources d'information de qualité qu'ils soutiennent déjà à même les impôts qu'ils versent au trésor fédéral? Comment passer sous silence les autres sources de revenus de CBC/Radio-Canada et de ses chaînes spécialisées que sont les revenus publicitaires au montant de 390 millions de dollars, les dizaines de millions de dollars provenant du nouveau Fonds pour l'amélioration de la production locale, les aides gouvernementales et privées (les crédits d'impôt et le Fonds des médias du Canada dont le prédécesseur, le Fonds canadien de télévision, a permis à CBC/Radio-Canada de recevoir de plus de 97 millions de dollars pour l'année 2007-08), lesquelles s'ajoutent au financement gouvernemental annuel de 1,1 milliard de dollars?
Alors qu'il invoque la transparence et la rigueur, il est plutôt curieux de constater que, sans vergogne, le p.-d-g de CBC/Radio-Canada déclare que les sommes payées par leurs abonnés sont entièrement conservées par les distributeurs, alors qu'il sait fort bien que les distributeurs répartissent en très grande partie ces sommes entre les dizaines de chaînes spécialisées que le CRTC les oblige à offrir aux Canadiens.
Les sommes restantes, des centaines de millions de dollars, sont réinvesties par les distributeurs dans leurs réseaux afin de pouvoir distribuer de nouvelles chaînes, accentuer le développement de la télévision numérique, ajouter des chaînes en haute définition, implanter la vidéo sur demande et dans bien d'autres initiatives qui permettent aux Canadiens de bénéficier de l'un des meilleurs systèmes de distribution de signaux en Occident.
Devons-nous, dans un tel contexte, nous surprendre des déclarations faites la semaine dernière devant le CRTC par la haute direction de la société d'État, qui a comparé les distributeurs aux sociétés pétrolières? Le p.-d.g. de CBC/Radio-Canada et son entourage ne devraient-ils pas plutôt consacrer leurs efforts à la mise en place de mécanismes de responsabilité et de contrôle qui permettraient de garantir que les fonds de la société d'État sont utilisés pour respecter sa mission fondamentale, soit l'investissement dans «le contenu canadien original à l'écran», plutôt que de dépenser des sommes énormes payées à des professionnels afin de contester devant les tribunaux l'application de la Loi sur l'accès à l'information et lui permettre ainsi de cacher son gaspillage?
Les Canadiens ont droit à une télévision publique forte, mais pas à n'importe quel prix. La transparence dans la gestion des fonds publics n'est pas négociable, et CBC/Radio-Canada doit faire preuve de responsabilité tout en participant activement à l'enrichissement du système canadien de radiodiffusion et à l'épanouissement de ses artisans. Il faut éviter de se laisser détourner de ces objectifs.
Comment, en effet, rester impassible devant ce travestissement de la réalité lorsque M. Lacroix affirme que les distributeurs de signaux gardent l'argent que leur paient leurs abonnés sans verser un cent au radiodiffuseur public? Alors, que représentent pour notre télévision d'État les 103 millions de dollars de redevances versées par les distributeurs canadiens aux chaînes RDI/Newsworld et qui servent à financer les salles de nouvelles de CBC/Radio-Canada pour permettre aux Canadiens d'avoir des ressources d'information de qualité qu'ils soutiennent déjà à même les impôts qu'ils versent au trésor fédéral? Comment passer sous silence les autres sources de revenus de CBC/Radio-Canada et de ses chaînes spécialisées que sont les revenus publicitaires au montant de 390 millions de dollars, les dizaines de millions de dollars provenant du nouveau Fonds pour l'amélioration de la production locale, les aides gouvernementales et privées (les crédits d'impôt et le Fonds des médias du Canada dont le prédécesseur, le Fonds canadien de télévision, a permis à CBC/Radio-Canada de recevoir de plus de 97 millions de dollars pour l'année 2007-08), lesquelles s'ajoutent au financement gouvernemental annuel de 1,1 milliard de dollars?
Alors qu'il invoque la transparence et la rigueur, il est plutôt curieux de constater que, sans vergogne, le p.-d-g de CBC/Radio-Canada déclare que les sommes payées par leurs abonnés sont entièrement conservées par les distributeurs, alors qu'il sait fort bien que les distributeurs répartissent en très grande partie ces sommes entre les dizaines de chaînes spécialisées que le CRTC les oblige à offrir aux Canadiens.
Les sommes restantes, des centaines de millions de dollars, sont réinvesties par les distributeurs dans leurs réseaux afin de pouvoir distribuer de nouvelles chaînes, accentuer le développement de la télévision numérique, ajouter des chaînes en haute définition, implanter la vidéo sur demande et dans bien d'autres initiatives qui permettent aux Canadiens de bénéficier de l'un des meilleurs systèmes de distribution de signaux en Occident.
Devons-nous, dans un tel contexte, nous surprendre des déclarations faites la semaine dernière devant le CRTC par la haute direction de la société d'État, qui a comparé les distributeurs aux sociétés pétrolières? Le p.-d.g. de CBC/Radio-Canada et son entourage ne devraient-ils pas plutôt consacrer leurs efforts à la mise en place de mécanismes de responsabilité et de contrôle qui permettraient de garantir que les fonds de la société d'État sont utilisés pour respecter sa mission fondamentale, soit l'investissement dans «le contenu canadien original à l'écran», plutôt que de dépenser des sommes énormes payées à des professionnels afin de contester devant les tribunaux l'application de la Loi sur l'accès à l'information et lui permettre ainsi de cacher son gaspillage?
Les Canadiens ont droit à une télévision publique forte, mais pas à n'importe quel prix. La transparence dans la gestion des fonds publics n'est pas négociable, et CBC/Radio-Canada doit faire preuve de responsabilité tout en participant activement à l'enrichissement du système canadien de radiodiffusion et à l'épanouissement de ses artisans. Il faut éviter de se laisser détourner de ces objectifs.
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