Libre opinion - Un juste prix pour CBC/Radio-Canada
Les audiences du CRTC sur l'avenir du modèle de financement de la télévision généraliste ont donné lieu à des échanges musclés la semaine dernière. Certains soutiennent que CBC/Radio-Canada ne devrait pas profiter d'un éventuel régime de négociation de la juste valeur de ses propres signaux de télévision parce qu'elle reçoit plus d'un milliard de dollars du gouvernement.
Cette position est farfelue. Les deux seuls télédiffuseurs privés canadiens qui l'ont avancée, dans le cadre de ces audiences, sont nos deux compétiteurs principaux au Québec dont la soif pour de nouveaux revenus est si grande qu'ils n'hésitent pas à nier le véritable intérêt des contribuables. Parce que cela fait maintenant leur affaire, ils sont prêts à écarter du revers de la main l'apport énorme du radiodiffuseur public à la production canadienne. Dans le cas de V, cette récente prise de position à notre égard est encore plus étrange qu'elle n'est même pas évoquée dans son mémoire déposé le 11 septembre 2009 pour soutenir ses arguments devant le CRTC.
Il est vrai que CBC/Radio-Canada reçoit un peu plus d'un milliard de dollars du Parlement. Mais ne confondons pas les enjeux. Cet argent sert aussi à financer de nombreux services non commerciaux, comme par exemple les réseaux de radio sans publicité aucune. Mais, pour lui permettre de livrer aux Canadiens ses 29 services, en français et en anglais, à travers six fuseaux horaires, CBC/Radio-Canada doit également générer plus de 600 millions de dollars en revenus commerciaux — surtout par la vente de publicité — qui sont de plus en plus à risque en raison de la fragmentation de l'assiette publicitaire.
Nos chaînes de télévision généraliste dépendent en fait de 40 % à 50 % de ces revenus commerciaux. Ce modèle de financement dit «mixte» a été favorisé et soutenu par le gouvernement et le CRTC depuis le début de la télévision. À moins de revoir entièrement ce modèle, CBC/Radio-Canada ne peut être soumis à des règles différentes de celles qui s'appliquent aux privés pour générer les revenus commerciaux nécessaires à son financement.
Les abonnés au câble ou à un service de distribution par satellite paient pour recevoir les signaux de la télévision de Radio-Canada et de CBC Television, mais l'argent qu'ils versent est entièrement conservé par les câblodistributeurs et les compagnies de distribution de signaux par satellite. Pas un seul cent n'est remis au radiodiffuseur public.
CBC/Radio-Canada investit plus dans le contenu canadien sur ses deux principaux réseaux, soit environ 670 millions de dollars par année, que tous les télédiffuseurs généralistes privés réunis. L'inclusion de CBC/Radio-Canada dans un tel régime représente le meilleur moyen de s'assurer que les revenus générés par une juste rétribution des signaux soient investis dans des contenus télévisuels canadiens de grande qualité, produits ici.
Les audiences actuelles ont pour but d'assurer la survie du système de radiodiffusion qui doit être économiquement plus juste et culturellement plus pertinent. Le seul gagnant d'un régime qui exclurait CBC/Radio-Canada serait l'industrie du câble et du satellite qui pourrait continuer de faire des profits en vendant la programmation de CBC/Radio-Canada tout en privant les citoyens d'un juste retour sur leur investissement. Un tel système ne serait manifestement pas dans l'intérêt des contribuables.
Cette position est farfelue. Les deux seuls télédiffuseurs privés canadiens qui l'ont avancée, dans le cadre de ces audiences, sont nos deux compétiteurs principaux au Québec dont la soif pour de nouveaux revenus est si grande qu'ils n'hésitent pas à nier le véritable intérêt des contribuables. Parce que cela fait maintenant leur affaire, ils sont prêts à écarter du revers de la main l'apport énorme du radiodiffuseur public à la production canadienne. Dans le cas de V, cette récente prise de position à notre égard est encore plus étrange qu'elle n'est même pas évoquée dans son mémoire déposé le 11 septembre 2009 pour soutenir ses arguments devant le CRTC.
Il est vrai que CBC/Radio-Canada reçoit un peu plus d'un milliard de dollars du Parlement. Mais ne confondons pas les enjeux. Cet argent sert aussi à financer de nombreux services non commerciaux, comme par exemple les réseaux de radio sans publicité aucune. Mais, pour lui permettre de livrer aux Canadiens ses 29 services, en français et en anglais, à travers six fuseaux horaires, CBC/Radio-Canada doit également générer plus de 600 millions de dollars en revenus commerciaux — surtout par la vente de publicité — qui sont de plus en plus à risque en raison de la fragmentation de l'assiette publicitaire.
Nos chaînes de télévision généraliste dépendent en fait de 40 % à 50 % de ces revenus commerciaux. Ce modèle de financement dit «mixte» a été favorisé et soutenu par le gouvernement et le CRTC depuis le début de la télévision. À moins de revoir entièrement ce modèle, CBC/Radio-Canada ne peut être soumis à des règles différentes de celles qui s'appliquent aux privés pour générer les revenus commerciaux nécessaires à son financement.
Les abonnés au câble ou à un service de distribution par satellite paient pour recevoir les signaux de la télévision de Radio-Canada et de CBC Television, mais l'argent qu'ils versent est entièrement conservé par les câblodistributeurs et les compagnies de distribution de signaux par satellite. Pas un seul cent n'est remis au radiodiffuseur public.
CBC/Radio-Canada investit plus dans le contenu canadien sur ses deux principaux réseaux, soit environ 670 millions de dollars par année, que tous les télédiffuseurs généralistes privés réunis. L'inclusion de CBC/Radio-Canada dans un tel régime représente le meilleur moyen de s'assurer que les revenus générés par une juste rétribution des signaux soient investis dans des contenus télévisuels canadiens de grande qualité, produits ici.
Les audiences actuelles ont pour but d'assurer la survie du système de radiodiffusion qui doit être économiquement plus juste et culturellement plus pertinent. Le seul gagnant d'un régime qui exclurait CBC/Radio-Canada serait l'industrie du câble et du satellite qui pourrait continuer de faire des profits en vendant la programmation de CBC/Radio-Canada tout en privant les citoyens d'un juste retour sur leur investissement. Un tel système ne serait manifestement pas dans l'intérêt des contribuables.
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