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L'information ne s'est jamais mieux portée

La crise des médias n'existe pas, selon un journaliste du magazine The Economist

Stéphane Baillargeon   14 novembre 2009  Médias
La crise des médias
Photo : Newscom
La crise des médias
Le journalisme, ce vieux, noble et lointain sous-produit de l'arbre, ne va pas vraiment mieux que la forêt boréale, à en croire les principaux intéressés, les pros de l'info eux-mêmes. Les membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) se réunissent d'ailleurs en congrès sur le thème «Sorties de crise» ce week-end, à Sherbrooke. Les ateliers de l'autopsie d'aujourd'hui reprennent la litanie des plaintes. «La gratuité de l'info est-elle un bonbon empoisonné?» «Face à la crise des médias, l'État doit-il intervenir?»...

La crise? Quelle crise? demande de très loin le grand reporter Andreas Kluth, qui travaille pour l'excellent magazine The Economist depuis 1997. «Il n'y a pas de crise médias, dit le fauteur de trouble, joint par téléphone en Californie. Évidemment qu'une part de l'industrie de l'information se meurt. En ce sens, il y a effectivement une grande crise pour les propriétaires des médias qui voient fondre leurs profits. Il y a aussi une crise pour les journalistes qui voient disparaître leurs emplois. Mais pour le reste de la société, est-ce une crise pour autant? Non, non et non.»

Pour s'en convaincre, il propose à chacun d'examiner concrètement ses habitudes de consommation médiatique. «Personnellement, je n'ai jamais été aussi bien informé par des sources de plus en plus diversifiées, confie-t-il. Mieux encore: je consomme maintenant une information de très grande qualité qui n'est plus seulement produite par des journalistes.»

Et pan! Andreas Kluth ne crache pas seulement dans la soupe: il jette ensuite le bol, la soupière, la louche, et même la cuisinière. En sciences, on dirait simplement qu'il propose un changement de paradigme, une mutation de la représentation du monde, une nouvelle manière de voir, de comprendre et d'expliquer les choses.

«Ce sont les journalistes eux-mêmes qui parlent de la crise des médias et en font tout un plat, poursuit le pourfendeur des clichés. Je le redis: du point de vue de tous les autres citoyens, cette crise n'existe pas. Ce n'est même pas vrai que certains sujets ne sont plus bien couverts. Au contraire. Pensez à tous ces blogues et ces sites tenus par les universitaires, les politiciens, les groupes de pression. Ils fourmillent d'informations qui ne demandent qu'à être prises.»

Après des assignations à Londres et à Hong Kong, M. Kluth couvre maintenant la côte ouest des États-Unis pour The Economist, une publication de référence à l'échelle mondiale. Encensée pour la qualité de ses reportages et de ses analyses, elle garde le fort de la pensée économique et politique libérale depuis le milieu du XIXe siècle. Et ça continue, mieux que jamais.

«The Economist se porte très bien pendant que d'autres vont très mal ou essaient de nous imiter, dit son journaliste. Je crois que nous correspondons très bien au Zeitgeist, à l'esprit du temps. Une bonne part du journalisme américain est devenue franchement médiocre. Elle se complaît dans une neutralité factice, la banalité, le beige. Notre époque demande autre chose, des opinions fortes, des points de vue forts. C'est ce qu'offrent certains blogues. Je dis souvent à la blague que The Economist est un blogue vieux de 160 ans. Sa voix est puissante, claire, avec une orientation nette et une pointe d'humour.»

Cette voix porte partout et s'intéresse à tout. The Economist est une publication mondiale qui traite du monde mondialisé pour une élite internationale riche et cultivée qui n'en demande pas moins. «Ce n'est pas un point de vue américain sur la planète, poursuit le journaliste... américain. Par contre, jusqu'à cet automne, nous n'avions rien d'intéressant à offrir sur le Web. Notre site vient juste d'être refondu et il n'explique donc pas notre succès.»

M. Kluth termine la rédaction de son premier livre sur les catastrophes et les désastres à partir des luttes titanesques entre le général carthaginois Hannibal et ses ennemis romains Fabius et Scipio. Il se confie régulièrement sur ce travail et divers aspects de son métier sur son blogue (andreaskluth.org) où il est récemment longuement revenu sur toute cette question de la crise des médias.

«Ma consommation médiatique a complètement été transformée en très peu d'années, dit le journaliste-blogueur. Ainsi, je ne suis abonné à aucun journal, mais je reçois sans cesse des articles sur mes écrans, des informations que j'ai sélectionnées dans une multitude de sources et pas seulement des nouvelles traditionnelles que je reçois de l'agence Associated Press sur mon iPhone. J'ai maintenant remplacé les éditeurs de contenus et je ne vais plus jamais les laisser s'introduire dans cet aspect de ma vie.»

Ce qui pose évidemment la question de la gratuité, voire du vol de certaines productions. M. Kluth explique alors que son propre magazine vient tout juste de lancer un abonnement en ligne payant. «Comme d'autres médias, nous faisons marche arrière par rapport à la gratuité. Mais je ne saurais dire si cette stratégie va réussir, ni pour qui. [...] La lutte est féroce, très darwinienne en fait. Seulement, il faut se rappeler que la crise des journaux a commencé bien avant l'arrivée de la gratuité et d'Internet. Nous vivons maintenant une accélération de ce déclin.»

Le déversement incessant de commentaires et d'informations, comme autant de bruits de fond de notre monde, ne lui déplaît pas non plus. Certains blogueurs n'attirent qu'une poignée de visiteurs? Et alors? «Ils avaient encore moins de chances d'être entendus autrefois, dit le journaliste. Les voix les plus intéressantes sont très entendues par contre, plus que jamais à vrai dire.»

Évidemment, ces voix ne sont pas toujours celles des journalistes. Cette simple vérité fait mal, constitue une véritable crise pour les plus mauvais échotiers. Sauf que la triste crise où s'enferment les uns peut aussi déjà constituer la mutation de biens d'autres. Et il faut toujours se méfier des idéologies de profession: le bûcheron se présente bien sûr comme le meilleur ami de la forêt et le journaliste comme le seul et unique gardien de la qualité de l'information...

«Soudainement, les professionnels découvrent qu'ils ne sont pas nécessairement les plus intéressants du monde, conclut le mordant et passionnant Andreas Kluth. En fait, on découvre surtout qu'une bonne part de la production journalistique s'avère atrocement ennuyante. Que cette portion des médias s'écrase et disparaisse, franchement, personne ne le regrettera. La crise de ce mauvais journalisme est même une excellente nouvelle. Le remplacement de ce mauvais journalisme professionnel par d'excellentes voix d'amateurs aussi...»






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  • Yvon Roy
    Abonnée
    vendredi 13 novembre 2009 23h44
    Forêt
    Un arbre peut parfois cacher toute une forêt.

  • Michel Gaudette
    Inscrit
    samedi 14 novembre 2009 08h47
    Ah bon !
    L'information ne s'est jamais mieux porté??? Ah bon...

    Moi ce que je connais, c'est la multitude de mes lettres d'opinion envoyées à des quotidiens et qui aboutissent dans la poubelle de ceux-ci.

    La liberté d'expression se porte TRÈS mal au Québec... Le quotidien LA PRESSE ne publie que des lettres ou textes de spécialistes dans ses pages d'opinion et fait très peu de place aux lecteurs (contrairement aux quotidiens angliphones publiant chaque jour des dizaines de lettres de ses lecteurs)... J'en sais quelque chose, croyez-moi!!! Le Journal de Montréal, on n'en parle même pas.. Il ne reste que Le Devoir...

    Et sur Internet, il n'existe àucun forum rassembleur, articulé et sensé...

  • Simon Blais
    Inscrit
    samedi 14 novembre 2009 09h20
    Le web, extraordinaire
    À 23 ans, je n'ai pas le câble à la maison et je ne suis abonné à aucun journal-papier. Internet est ma principale source de contact avec le fabuleux royaume des informations. Les contenus se libèrent de plus en plus, et je retrouve régulièrement d'excellentes émissions que j'avais l'habitude de visionner lorsque j'étais abonné au câble. Elles sont maintenant disponible gratuitement en webdiffusion. Cela ne veut pas que j'ai une vie sociale à zéro: Internet est un agenda communautaire extrêmement efficace et de plus en plus accessible. J'ai fait mes choix.

    Le média a changé, mais les informations multiples sont encore disponibles, et comment!

  • Godefroy
    Abonné
    samedi 14 novembre 2009 09h44
    Vive Internet
    « L'Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique.»

    Jacques Attali

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    samedi 14 novembre 2009 11h24
    Les problèmes avec Internet
    1- N'importe qui peut y écrire n'importe quoi.
    2- Quant à l'information fiable qu'on y trouve, elle provient le plus souvent de... journaux. Quand ces derniers auront disparu, il n'y aura plus que des blogues (voir problème numéro 1).
    3- En fait, le plus souvent, le net n'est pas une source d'information, mais une caisse de résonance, où on répète le plus souvent les mêmes informations de multiples fois.

  • Stéphane Leclair
    Abonné
    samedi 14 novembre 2009 13h23
    Oui, mais le Québec...
    Que M. Kluth, grand défendeur du libre marché, puisse affirmer que les blogueurs sont les nouveaux journalistes et que c'est tant mieux, ça ne m'étonne pas, mais ça ne me rassure pas non plus. Surtout qu'au Québec, contrairement au monde anglo-saxon, les blogues n'ont pas encore la crédibilité des journaux.

    À une époque où les dirigeants ne se sentent plus obligés de rendre des comptes à l'opposition ou aux vérificateurs, et très peu aux tribunaux, il revient aux journalistes de limiter les excès de tout ce beau monde. Un blogue avec 3000 lecteurs, ça fait moins de vagues qu'un journal avec 200 000.

    Je ne vois guère de blogueur québécois qui puisse enquêter sur, disons, les liens entre le crime organisé et l'industrie de la construction, en ayant l'assurance que son employeur va l'appuyer en cas de pépin juridique. Il n'y a pas de blogueurs à la galerie de presse de l'Assemblée nationale ou de la Chambre des communes.

    En même temps, Mme Payette l'écrivait ces derniers jours, les "vrais" journalistes ont délaissé l'information intelligente et l'enquête de fond, qui devraient pourtant être leur créneau, pour tomber dans l'infantilisme et le sensationnalisme.

    Donc, oui, il y a une crise. Et il est grand temps qu'on en parle.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 14 novembre 2009 17h21
    C'est la crise de la désinformation
    Sur l'Internet il y a tout.

    Avant l'Internet il n'y avait que l'information que les journalistes, les librairies, les éditeurs, les producteurs, décidaient qu'il serait disponnible et important de savoir. L'information coûtait cher (prix des livres) et il était donc impossible au commun des mortel de vérifier la pertinence et exactitude de l'information qu'on lui présentait.

    Ce que permet Internet c'est de s'informer soi-même, gratuitement. Ce ne coûte que du temps.

    Du n'importe quoi, des mensonges, de la désinformation, de la propagande, l'Internet en est plein mais les médias traditionels aussi.

    Or, l'Internet ne se présente pas comme un média qui garanti une information juste, les journeaux oui.

    La crise elle est là. La désinformation passée et toujours actuelle des médias traditionnels est mise à nue de façon éclattante par l'information disponnible (et de manière rétrospective) sur le Web et de plus en plus de gens sont horrifiés du degré élevé de cette désinformation. Surtout qu'elle se poursuit toujours et qu'avec l'Internet les journalistes ne peuvent faindre l'ignorance ou bien alors il s'agit d'incompétence.

    Cette perte de crédibilité s'accentue encore plus lorsque les journalistes se mettent à faire la guerre à de l'information très bien documentée sur le Web par des textes d'opinions non fondées et tentent de pratiquer la censure des lecteurs outrés.

    Andreas Kluth a parfaitement raison. Il n'y a pas de crise de l'information. Nous n'avons jamais eu tant de moyens pour bien s'informer.

    Toute la différence entre "se faire informer" et s'informer soi-même.

  • Andrew Savage
    Inscrit
    samedi 14 novembre 2009 18h03
    L'électron au service de l'aliénation
    En réalité, malgré l'abondance des sources, souvent tarées, l'accès à l'information politique et économique reste toujours limitée. Les tarifs et les lois réduisent l'accès. L'autocensure et les décisions par les tribunaux de ne pas publier demeurent, aussi. Les documents remis par les gouvernements sont toujours noircis sur plusieurs pages.

    Les noms disparaissent. L'accès est strictement contrôlé. Pourtant, c'est précisément ce qui devrait normalement intéresser le lecteur ou l'internaute. Ne parlons pas du jargon utilisé. Qui a lu au complet ou comprend les contrats en ligne accompagnant un téléchargement quelconque ? Des contrats d'adhésion sans contreparties. Tyranique.

    Internet amplifie la cacophonie, et l'ignorance des masses. Sans parler de la censure des pays qui émerge un peu partout. La participation politique, le web 2.0, est superficielle et surveillée. L'internaute est fiché et son impact est dérisoire. Son opinion a le poids d'une bouteille vide à la mer. Même comme consommateur. On ne s'intéresse pas à ce qu'il dit, mais à ce qu'il est : son profil de consommateur. Quand les élections se feront via la toile, on peaufinera son profil politique. Sans parler des possibilités de détourner sa volonté. Le profilage n'est pas que racial, il est total.

    Entre le lecteur et la réalité, il y a des millions de messagers, et des milliards de messages. Un immense centre de vente et d'achat, un gigantesque poulailler. L'explosion. L'éclatement. La Tour de Babel. Des centaines de pays, des milliers de langues et de nations, des milliards d'individus, des trillions de dollars, des zillions de bonnes et de mauvaises nouvelles publiques.

    Un seul profil par individu. Un centre commercial cosmique, bientôt quasi-télépathique, où l'information est gratuite ou presque, dit-on ; ce qui est faux, car il y a l'abonnement, et tout ce que ce brave internaute fournit sur lui-même, et qui monnayable, tôt ou tard. Abondance et illusion. Beaucoup de répétitions. Un web 2.0 faussement participatif sur l'essentiel ; un web unidirectionnel sournois. Un Himalaya de bébelles et de faussetés. La multiplication de la bêtise.

    Et rien ne change cependant dans les rapports entre les puissants et les faibles, entre les riches et les pauvres, entre les instruits et les ignorants, entre ceux qui ont un site et les autres. Entre des banquiers aigrefins et des clients crève-la-faim, qui se nourrissent de ces derniers. Clivages fondamentaux qui commandent le reste. Catégories fondamentales qui servent de points de repère et permettent un classement utile de cette abondance vide et virtuelle. Tous les arbres ne produisent pas des fruits comestibles, ni toutes les mines de l'or. Ni la toile un dialogue fécond. Un simulacre de démocratie. L'opinion ici est un bouchon de liège sur une mer empoisonnée : un poisson électronique.

    Krack! Le système traditionnel de transmission et d'interprétation de la nouvelle craque devant les possibilités d'internet. Les propriétaires et les employés des médias sont évidemment concernés, consternés. Temporairement. Comme si tout ce qu'ils accomplissaient avant étaient impeccables. Il y a loin de la coupe aux lèvres. Leur avenir dépend de celui des actionnaires, lesquels vont devoir s'adapter, comme tout le monde. Ils sauront bien s'adapter. Les autres disparaîtront dans le grand fleuve de la désinformation.

    Kluth ne s'étend pas sur les possédants et les possédés. Il ne parle pas ou peu de l'information répétitive, de la propagande. Du viol des foules. De l'insignifiance. De la concentration de agences de nouvelles. Des idées dominantes.

    Ni de la colonisation du web par les puissants, qui ne font qu'ajouter une arme de plus à leur arsenal déjà bien rempli.

    L'abondance de l'information ou de l'image est un fait, et une illusion. Un fait, puisqu'il y a évidemment davantage d'informations disponibles; une illusion, car cette information est souvent superficielle et inutile ; du privé inintéressant qui se croit du public indispensable; L'illusion de l'égalité ; l'exposition des caprices d'une engeance inqualifiable ; des fausses notes ; beurk ! KK !

    La quantité ne remplace pas la qualité. Une bombe atomique vaut des milliards de pétards à mèche. L'information sur la toile gave et étourdit. Ce qui est important demeure toujours secret. Le reste n'est que distraction ou publicité. Et source de profits pour une minorité, et d'aliénation pour la majorité. Comme toujours. Comme au temps de la domination des médias traditionnels.

    Les vendeurs et les prêcheurs se transforment mais ne meurent pas. Les nouveaux médias sont comme de nouveaux masques sur de vieux visages. Que de la technologie payante au service des plus riches. Le commerce de l'électricité à l'échelle planétaire et cosmique. Le colonialisme moderne. Écologique ? Mon oeil. Instructif ? Peut-être... Et pour ceux qui lisent entre les lignes : sûrement.

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    dimanche 15 novembre 2009 09h29
    Andrew Savage : 100%
    Bravo Andrew, vous avez tout compris alors que Mr. The Economist ne fait que régurgiter le pablum usuel...

    Les mensonges et la crédulité s'accouplent et engendrent l'opinion. - Paul Valéry

    L'information c'est immensément plus que le train-train quotidien de nouvelles et bien plus la définition du narratif autour duquel se définit la 'réalité' médiatique.
    Expliquez l'immense dichotomie entre l'histoire tel que comprise par Chomsky et Zinn et le pablum intellectuel servi aux grandissantes nations d'idiots du village électronique via Mindfuck Inc. ?

    Preuve de Concept
    MAKING THE WORLD SAFE FOR HYPOCRISY
    http://mtwsfh.blogspot.com/

    Les médias sont les créateurs de l'opinion publique. Ils constituent l'environnement dont la pression déclenche la combativité, la soumission ou le silence - Elisabeth Noëlle-Neumann

    CHOSE SAUVAGE XXX
    L'Allégorie Médiatique / Le Narratif des Médias en tant que Réalité par Procuration
    http://www.youtube.com/watch?v=Ec8qC_R4JuE

    "A cynical, mercenary, demagogic press will produce in time a people as base as itself" - Joseph Pulitzer

    Pour ce qui est de la grande liberté d'expression dont nous jouissons... yeah sure anytime ;)
    http://www.projectcensored.org/
    http://current.com/items/91167719_top-25-censored-

    Meanwhile...

    "We are watching a poorly staged rendition of Wag the Dog , interpreted for the morbidly stupid and performed by the criminally insane." - Jules Carlysle

    MERCI POUR LES MORTS MINDFUCK INC. !

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