Québec commande une étude sur la crise des médias
La ministre de la Culture et des Communications annoncera ce soir à Sherbrooke qu'elle a commandé une étude sur «l'avenir de l'information et des médias au Québec dans le contexte de crise actuelle», selon les informations obtenues par Le Devoir. Ce mandat est confié par la ministre Christine St-Pierre à la professeure Dominique Payette. Ancienne journaliste-animatrice de Radio-Canada, Mme Payette enseigne au département d'information et de communication de l'Université Laval.
Les détails de l'enquête seront dévoilés en début de soirée dans le cadre du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui se tient à Sherbrooke jusqu'à dimanche. Mme Payette, qui est la fille de Lise et d'André Payette, a travaillé à Radio-Canada en même temps que la ministre Christine St-Pierre, une autre ancienne journaliste.
Un des ateliers de demain du congrès demande carrément si l'État doit intervenir dans la crise des médias. «Si oui, quelle forme devrait prendre l'aide de l'État? poursuit le descriptif. Aide financière directe, crédits d'impôt, taxe sur les services Internet, etc.? Quels médias mériteraient d'être soutenus et sur quelle base? Comment assurer alors l'indépendance de ces rédactions et salles de nouvelles? L'État devrait-il investir davantage en information? À travers Télé-Québec par exemple?»
Les mêmes questions pourront être reprises par la professeure Payette. Il a été impossible de savoir quand elle devrait remettre son rapport.
D'autres pays ont déjà tranché et de manière autrement plus large. La France a appelé des états généraux de la presse en janvier et a ensuite décidé d'augmenter ses investissements en «communications gouvernementales» pour soutenir davantage les médias écrits.
Les budgets de la publicité étatique dans les quotidiens et les magazines ont fait un bond de 47 % en 2009 pour atteindre 45 millions de dollars, contre 41 millions pour la télévision. L'État français a aussi repoussé d'un an l'augmentation des tarifs postaux et créé un statut d'éditeur de presse en ligne.
L'hémorragie n'est pas stoppée pour autant. La semaine dernière, les principaux syndicats de journalistes ont alerté le président Sarkozy sur la situation, jugée «extrêmement préoccupante», des médias d'information. Ils ont dénoncé l'assèchement des moyens d'enquête et la précarisation des emplois. Rien que depuis le début de l'année, 2300 journalistes français ont perdu leur emploi. Il en resterait environ 38 000. La «seule préoccupation» des actionnaires des groupes de presse est de «rentabiliser sans souci de qualité», dit la déclaration.
En Suisse, le Conseil des États a décidé cette semaine de maintenir des subventions à la presse associative et locale et de poursuivre la subvention du transport de tous les journaux. Ces trois mesures coûtent plus de 90 millions par année à la confédération.
Partout, des États-Unis à l'Allemagne, des voix inquiètes s'élèvent pour mettre en question les impacts qu'aura sur la démocratie l'affaiblissement généralisé de la presse de référence, à la base de la pyramide de l'information. «La presse de qualité est bien plus qu'un produit commercial, c'est un bien public, sans laquelle la démocratie se ronge elle-même», a écrit Jürgen Habermas dès 2008. Le philosophe, souvent présenté comme la conscience morale de son pays de l'après-guerre, ajoutait que les pouvoirs publics avaient une responsabilité évidente dans cette crise sans précédent. «Le seul point du débat, disait-il, est la question pragmatique de quelle manière l'aide du pouvoir est apportée.»
Les détails de l'enquête seront dévoilés en début de soirée dans le cadre du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui se tient à Sherbrooke jusqu'à dimanche. Mme Payette, qui est la fille de Lise et d'André Payette, a travaillé à Radio-Canada en même temps que la ministre Christine St-Pierre, une autre ancienne journaliste.
Un des ateliers de demain du congrès demande carrément si l'État doit intervenir dans la crise des médias. «Si oui, quelle forme devrait prendre l'aide de l'État? poursuit le descriptif. Aide financière directe, crédits d'impôt, taxe sur les services Internet, etc.? Quels médias mériteraient d'être soutenus et sur quelle base? Comment assurer alors l'indépendance de ces rédactions et salles de nouvelles? L'État devrait-il investir davantage en information? À travers Télé-Québec par exemple?»
Les mêmes questions pourront être reprises par la professeure Payette. Il a été impossible de savoir quand elle devrait remettre son rapport.
D'autres pays ont déjà tranché et de manière autrement plus large. La France a appelé des états généraux de la presse en janvier et a ensuite décidé d'augmenter ses investissements en «communications gouvernementales» pour soutenir davantage les médias écrits.
Les budgets de la publicité étatique dans les quotidiens et les magazines ont fait un bond de 47 % en 2009 pour atteindre 45 millions de dollars, contre 41 millions pour la télévision. L'État français a aussi repoussé d'un an l'augmentation des tarifs postaux et créé un statut d'éditeur de presse en ligne.
L'hémorragie n'est pas stoppée pour autant. La semaine dernière, les principaux syndicats de journalistes ont alerté le président Sarkozy sur la situation, jugée «extrêmement préoccupante», des médias d'information. Ils ont dénoncé l'assèchement des moyens d'enquête et la précarisation des emplois. Rien que depuis le début de l'année, 2300 journalistes français ont perdu leur emploi. Il en resterait environ 38 000. La «seule préoccupation» des actionnaires des groupes de presse est de «rentabiliser sans souci de qualité», dit la déclaration.
En Suisse, le Conseil des États a décidé cette semaine de maintenir des subventions à la presse associative et locale et de poursuivre la subvention du transport de tous les journaux. Ces trois mesures coûtent plus de 90 millions par année à la confédération.
Partout, des États-Unis à l'Allemagne, des voix inquiètes s'élèvent pour mettre en question les impacts qu'aura sur la démocratie l'affaiblissement généralisé de la presse de référence, à la base de la pyramide de l'information. «La presse de qualité est bien plus qu'un produit commercial, c'est un bien public, sans laquelle la démocratie se ronge elle-même», a écrit Jürgen Habermas dès 2008. Le philosophe, souvent présenté comme la conscience morale de son pays de l'après-guerre, ajoutait que les pouvoirs publics avaient une responsabilité évidente dans cette crise sans précédent. «Le seul point du débat, disait-il, est la question pragmatique de quelle manière l'aide du pouvoir est apportée.»
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