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La direction de La Presse court-circuite les syndicats

Stéphane Baillargeon   28 octobre 2009  Médias
Les syndicats de la CSN représentant les employés de La Presse se disent «profondément choqués» par la décision de leur employeur de faire directement pression sur leurs membres. Les employés du journal ont reçu avant-hier, à 19h26, un courriel signé par l'éditeur-président Guy Crevier, qui leur fait une «offre finale et globale».

«Nous sommes profondément choqués parce que cette attitude est irrespectueuse des syndicats», dit au Devoir Frédéric Murphy, secrétaire du Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse (STIP). «Nous avons été mandatés pour représenter les employés et Guy Crevier a pris une vilaine habitude de passer par dessus notre tête. Il nous avait déjà fait le coup en décembre 2007 lors de précédentes négociations.»

L'offre «finale et globale» en question tient en deux pages de PowerPoint. Elle arrive après des semaines de négociations à huis clos, rompues par la direction jeudi dernier. Les syndicats ont l'intention d'en discuter en assemblée générale dans les prochains jours, sans toutefois les soumettre au vote à cette occasion.

«Les propositions n'ont pas été déposées en bonne et due forme, dit le secrétaire Murphy. Pour le moment, il n'y a pas de dépôt final. On a un PowerPoint de deux pages, et c'est tout.»

Les employés de bureau se réunissent ce soir. Le STIP se réunira demain, à midi. Les syndiqués de la distribution sont convoqués dans une semaine.

Le n¶ud de l'affaire semble loger là. L'employeur veut éliminer (avec compensation) les postes de 102 aides-distributeurs au total, dont près de la moitié sont surnuméraires. «C'est un syndicat où les demandes de l'employeur sont très, très grosses», commente M. Murphy.

Les autres syndiqués perdraient des avantages, y compris la semaine de quatre jours pour certains journalistes, mais la mutation se ferait sans perte d'emplois dans ce cas. La direction a fait savoir, deux fois plutôt qu'une, que son offre «finale et globale» était à prendre ou à laisser d'ici le 1er décembre, sous peine de cessation des activités. «Nous allons voter d'ici là», dit laconiquement Frédéric Murphy.
 
 
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