La Tribune de la presse toujours sous pression
Que faire des nouveaux journalistes de Quebecor?
La question de l'accréditation de nouveaux journalistes taraude toujours la Tribune de la presse de Québec et la présidence de l'Assemblée nationale.
Quebecor a officiellement inscrit comme lobbyiste un de ses avocats dans l'épineux dossier. Il s'agit de Jean Masson, un libéral bien connu, spécialiste du droit parlementaire, rattaché au cabinet Fasken Martineau. Il travaille avec son collègue Christian Leblanc, spécialiste du droit des médias, qui, lui, ne s'est pas inscrit au Registre des lobbyistes.
Les deux avocats ont déposé, il y a plus de deux semaines, auprès du président de l'Assemblée nationale, un mémoire juridique dans lequel ils étayent la position de Quebecor qui veut faire admettre deux de ses reporters comme nouveaux membres de la Tribune. Le président Yvon Vallières prépare sa réponse. La présidence délègue le pouvoir d'accréditation à la Tribune depuis plus d'un siècle.
L'organisme rassemble tous les professionnels de l'information affectés à la couverture de l'Assemblée nationale, une cinquantaine de personnes au total. Une assemblée générale spéciale a décidé, à la fin septembre, de modifier les statuts de la Tribune afin de reporter l'étude de nouvelles demandes d'accréditation provenant d'un conglomérat aux prises avec un conflit de travail.
Les journalistes y voient une garantie de neutralité en cas de grève ou de lock-out. Le conflit de travail au Journal de Montréal, appartenant à Quebecor et Sun Media, fournit le premier cas concret. La Tribune applique son nouveau règlement en reportant l'étude de l'accréditation de nouveaux journalistes liés au Journal de Québec, également propriété de Quebecor.
Me Leblanc et Me Masson vont tenter de renverser la vapeur en faveur de l'empire médiatique. Jean Masson, un ancien organisateur politique libéral, a piloté la célébration du 10e anniversaire du décès de Robert Bourassa qui a notamment conduit à l'érection d'un monument dans les jardins de l'Assemblée nationale.
«Nous considérons que Me Masson fait un travail d'avocat, mais nous sommes régis par des règles très, très strictes pour l'enregistrement des lobbyistes», dit au Devoir Isabelle Dessureault, vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor. «Nous l'avons enregistré parce qu'il [tente] d'influencer une décision gouvernementale.»
Mme Dessureault confirme du même coup que la stratégie de lobbying n'exclut pas la judiciarisation du dossier, bien au contraire. La prochaine étape importante sera franchie avec la réponse du président Vallières au mémoire juridique de Quebecor.
Entre-temps, des accréditations journalières «avec un objectif spécifique» peuvent être accordées à des représentants de Sun Media, à la suite de demandes précises. Seulement, ces démarches laissent l'admission temporaire à la discrétion de la Tribune voire de son seul président, qui ne se privent pas d'ergoter selon des courriels tatillons fournis par Quebecor au Devoir. La compagnie juge d'ailleurs qu'il y a là un potentiel de conflit d'intérêts, des journalistes pouvant à la limite évincer un concurrent.
Quebecor a officiellement inscrit comme lobbyiste un de ses avocats dans l'épineux dossier. Il s'agit de Jean Masson, un libéral bien connu, spécialiste du droit parlementaire, rattaché au cabinet Fasken Martineau. Il travaille avec son collègue Christian Leblanc, spécialiste du droit des médias, qui, lui, ne s'est pas inscrit au Registre des lobbyistes.
Les deux avocats ont déposé, il y a plus de deux semaines, auprès du président de l'Assemblée nationale, un mémoire juridique dans lequel ils étayent la position de Quebecor qui veut faire admettre deux de ses reporters comme nouveaux membres de la Tribune. Le président Yvon Vallières prépare sa réponse. La présidence délègue le pouvoir d'accréditation à la Tribune depuis plus d'un siècle.
L'organisme rassemble tous les professionnels de l'information affectés à la couverture de l'Assemblée nationale, une cinquantaine de personnes au total. Une assemblée générale spéciale a décidé, à la fin septembre, de modifier les statuts de la Tribune afin de reporter l'étude de nouvelles demandes d'accréditation provenant d'un conglomérat aux prises avec un conflit de travail.
Les journalistes y voient une garantie de neutralité en cas de grève ou de lock-out. Le conflit de travail au Journal de Montréal, appartenant à Quebecor et Sun Media, fournit le premier cas concret. La Tribune applique son nouveau règlement en reportant l'étude de l'accréditation de nouveaux journalistes liés au Journal de Québec, également propriété de Quebecor.
Me Leblanc et Me Masson vont tenter de renverser la vapeur en faveur de l'empire médiatique. Jean Masson, un ancien organisateur politique libéral, a piloté la célébration du 10e anniversaire du décès de Robert Bourassa qui a notamment conduit à l'érection d'un monument dans les jardins de l'Assemblée nationale.
«Nous considérons que Me Masson fait un travail d'avocat, mais nous sommes régis par des règles très, très strictes pour l'enregistrement des lobbyistes», dit au Devoir Isabelle Dessureault, vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor. «Nous l'avons enregistré parce qu'il [tente] d'influencer une décision gouvernementale.»
Mme Dessureault confirme du même coup que la stratégie de lobbying n'exclut pas la judiciarisation du dossier, bien au contraire. La prochaine étape importante sera franchie avec la réponse du président Vallières au mémoire juridique de Quebecor.
Entre-temps, des accréditations journalières «avec un objectif spécifique» peuvent être accordées à des représentants de Sun Media, à la suite de demandes précises. Seulement, ces démarches laissent l'admission temporaire à la discrétion de la Tribune voire de son seul président, qui ne se privent pas d'ergoter selon des courriels tatillons fournis par Quebecor au Devoir. La compagnie juge d'ailleurs qu'il y a là un potentiel de conflit d'intérêts, des journalistes pouvant à la limite évincer un concurrent.
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