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Revue de presse - Plus ça change, plus c'est pareil

Manon Cornellier   17 octobre 2009  Médias
Personne n'approuve les nominations partisanes des conservateurs ou encore leur manie d'utiliser chaque annonce publique pour faire de la publicité pour leur parti ou leur député local, mais personne n'est dupe non plus de l'indignation libérale. Le National Post n'excuse pas les conservateurs mais il relève qu'à une autre époque, il était bien pratique pour les libéraux d'avoir un sigle aux couleurs du pays.

Le patronage, le favoritisme et la promotion de ses intérêts choquent toujours les partis d'opposition, et les conservateurs ne faisaient pas exception, note Barbara Yaffe, du Vancouver Sun. Mais, comme les libéraux, cela ne les a pas empêchés, une fois au pouvoir, d'« adopter avec enthousiasme » ses pratiques, dit-elle. Et elle croit que le chef libéral Michael Ignatieff n'agirait pas différemment, en particulier au chapitre des nominations. « Stephen Harper peut se tenir la tête haute aux côtés de Jean Chrétien et consorts quand vient le temps d'offrir des emplois aux amis du parti », écrit-elle. Harper avait promis de faire le ménage, mais quand est venu le temps, en 2006, de créer sa commission des nominations, il a tenté d'en confier la direction à un collecteur de fonds du Parti conservateur, Gwyn Morgan. Quand l'opposition s'y est opposé, il a mis la clé dans la commission sans cesser les nominations. Et il n'a pas oublié les amis du régime, puisque ceux-ci représentaient la majorité des dernières nominations au Sénat. Malgré tout, dit-elle, Harper n'est pas pire que la plupart des autres premiers ministres, et elle note que les libéraux n'ont encore rien suggéré pour changer les choses.

John Ivison, du National Post, avertit toutefois les conservateurs. « Ils doivent savoir que rien n'enrage plus les électeurs que de se faire acheter avec leur propre argent. » Ivison rappelle le coût payé par les libéraux pour avoir pris les fonds publics pour les leurs, dans le scandale des commandites. « Mais les conservateurs ont été élus pour mettre fin à cela », dit-il. Stephen Harper avait promis de remplacer la culture du « tout m'est dû » par celle de la responsabilité et de la reddition de comptes. Il semble l'avoir oublié, ajoute-t-il, en faisant référence à ces chèques en carton portant le sigle du Parti conservateur, le nom du député ou simplement sa signature, comme si tout cet argent était le leur. Selon Ivison, cela contrevient aux règles du Conseil du trésor selon lesquelles le gouvernement doit informer les citoyens au sujet de ses programmes et politiques d'une « manière non partisane et conforme aux principes de la démocratie parlementaire canadienne et de la responsabilité ministérielle ». De l'avis du journaliste, les conservateurs ont testé les limites de ces règles et cela pourrait leur faire du tort, au moment où les sondages leur sont favorables.

Colère

Don Martin, lui aussi du National Post, estime que les erreurs passées des libéraux ne justifient pas les écarts actuels des conservateurs. Offrir cela comme raison, comme certains l'ont fait cette semaine, ne fait qu'alimenter le cynisme à l'endroit d'Ottawa. « Le changement de gouvernement n'est rien de plus que l'arrivée de nouveaux chiens qui apprennent de vieux trucs. » Si une signature devait se trouver sur ces chèques géants, ce devrait être « celle de nos enfants qui porteront le fardeau de toutes ces dépenses à crédit ». Le chroniqueur convient que les libéraux savaient profiter de leurs annonces pour se mettre en valeur, mais, à son avis, les conservateurs ont poussé la tactique à sa limite. Martin est choqué par la concentration des dépenses dans les circonscriptions conservatrices, par le fait que le gouvernement a dépensé six fois plus pour la publicité de son plan de relance que pour sa campagne de sensibilisation sur la grippe H1N1. Et il y a les nominations et tout le reste. Martin trouve ironique que l'étalon de mesure des conservateurs pour juger un comportement acceptable soit celui qu'ont établi les libéraux par le passé.

Désabusement

Le Globe and Mail, lui, estime qu'on nage en pleine hypocrisie. Le quotidien dénonce le détournement des cérémonies publiques au profit du Parti conservateur, mais, quand il entend les libéraux demander au commissaire à l'éthique d'enquêter, il ne s'illusionne pas. Les libéraux, dit-il, ne cherchent que des munitions fraîches pour leurs attaques partisanes. « Cela ne veut pas dire que leur indignation ne soit pas bienvenue. Le gouvernement fédéral s'est embarqué, avec son plan d'action économique, dans des dépenses de milliards de dollars destinées à réduire l'impact de la récession. Transformer le programme de stimulation économique en occasion de photos pour le Parti conservateur relève d'un bas opportunisme, aux dépens des Canadiens en difficulté. » Le Globe souligne aussi la manie du gouvernement de tapisser de photos de Stephen Harper le site Internet du plan d'action. « Même le gouvernement à parti unique de la Chine serait impressionné par le nombre de photos du premier ministre et de ses loyaux ministres dans un site censé être un lieu neutre où les Canadiens peuvent s'informer sur un programme fédéral. » Mais la vérité, au bout du compte, dit le Globe, c'est que conservateurs et libéraux ont eu maintes fois l'occasion de mettre fin à cette partisanerie mal placée et qu'aucun ne l'a fait.
 
 
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  • Jocelyn Parent
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 08h12
    La loupe ou le télescope en matière de regard politique!
    Il est étrange de voir les journalistes critiquer les nominations partisanes que font les partis politiques qui détiennent le gouvernement, soit le droit légitime de gouverner. Et pourtant, la perspective que ces journalistes nous offre ne vise qu'à détourner le regard des citoyens.
    Le problème fondamental n'est pas les nominations partisanes, qu'elles soient des Conservateurs, des Libéraux ou d'un autre (éventuel) parti au gouvernement. Le problème fondamental a ses sources et origines dans la Constitution canadienne, laquelle accorde le PRIVILÈGE au Premier ministre de nommer qui il veut, selon les critères et considérations qui lui importent. Et c'est bien évident qu'un parti politique au pouvoir va nommer ses amis et collaborateurs ; quel parti oserait nommer ses adversaires dans des postes clefs?
    Tant que ce privilège ne sera pas retiré constitutionnellement des mains du Premier ministre, il y aura encore, et pendant longtemps, du patronage, du favoritisme et la promotion des intérêts de ce parti politique au gouvernement. Cela ne manquera pas d'attiser le cynisme des électeurs et citoyens, d'autant plus qu'un parti qui en remplace un autre à la gouverne de l'État fait rarement des politiques différentes de son prédécesseur ; les Libéraux peuvent s'indigner autant qu'ils veulent des nominations partisanes de Harper, eux feront la même chose à leur tour.
    Autre chose qui alimente le cynisme : les dépenses du gouvernement dans les circonscriptions détenues par le parti en place. Il n'y a rien d'étonnant là-dedans, c'est de la politique ! C'est comme cela que ça fonctionne à Ottawa autant qu'à Québec, et ailleurs dans le Canada. Un parti politique repose sur ses financiers et ses membres, non pas sur la population. C'est pourquoi le budget national/provincial ne devrait pas être remis exclusivement dans les mains du parti politique qui détient le gouvernement ; cela est moins évident dans les cas de gouvernement minoritaire mais le problème reste le même. Pour que le budget soit plus neutre, disons moins partisan, il faudrait qu'il revienne entièrement à la fonction publique, davantage neutre, elle qui répartirait les investissements à faire là où il y a des besoins, non plus là où il y a des candidats élus du parti formant le gouvernement, et rien pour les circonscriptions détenues par l'Opposition.
    Donc, peut-être que les journalistes vont enfin accepter de regarder les problèmes avec leurs causes véritables, plutôt que nous fournir une critique du système canadien sans vraiment vouloir en faire la critique.

  • Jean Thivierge
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 15h08
    Il était une fois un drapeau
    Après leur élection en 1963, les libéraux de Lester Pearson ont fait adopter le drapeau qui représente maintenant le Canada. À l'origine, on voulait symboliser le Canada par la feuille d'érable rouge sur fond blanc (nordicité sans doute) et comme le Canada s'étend d'une mer à l'autre, les deux bandes de couleur devaient symboliser l'eau. Curieusement, ces bandes qui devaient être de couleur bleue (l'eau)à l'origine sont devenues rouges sous le gouvernement majoritaire libéral de Lester Pearson. Maintenant ce sont les chèques avec logo conservateur et pourquoi pas sur les costumes des athlètes olympiques. Et après on s'étonne que le patriotisme ou la fierté nationale vole bas.

    Jean Thivierge, Québec

  • Alexandre Boulerice
    Inscrit
    samedi 17 octobre 2009 23h32
    Ne pas s'enfermer
    Les libéraux au pouvoir ont fait preuve de leur opportunisme crasse pour faire profiter les amis du parti. Aujourd'hui, malgré leurs belles promesse, les conservateurs font de même et multiplient les interventions favorables à leur formation politique. Du pareil au même. D'autre part, le NPD de Jack Layton offre autre chose. Il ne peut accéder au pouvoir? Seuls les citoyens peuvent en décider, pas les experts ou les analystes qui nous enferment dans ce pauvre choix "bleu-rouge". Refuser l'émergence d'une nouvelle force politique, c'est se résigner à voir ces deux visages corrompus de la politique continuer à régner en maîtres sur nos destinées. Nous valons mieux que cela. Il est temps de regarder, et d'envisager, une alternative.

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 18 octobre 2009 16h50
    À Alexandre Boulerice
    D'accord. Votons Bloc jusqu'à la machine politique bleu-rouge fasse une crise commune contre le Québec, ce dernier devenant alors indépendant par la force. Les Québécois seront ensuite libres de voter Québec solidaire, un parti québécois plus NPD que le NPD.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Kassabian,Ani
    Abonné
    lundi 19 octobre 2009 14h29
    "plus ça change,plus c'est pareil.
    Les parti d'oppositions sont trop faibles,pour s'interposer à l'économie dépensière de M.Harper.Ce qui déplait et frustre les électeurs,c'est qu'au lieu de dissiper les deniers publics parcimonieusement,il les fait de façon partisane,au vu et au su de tout le monde.
    De la façon dont vont les choses,je ne vois que deux hypothéses aux prochaines éléctions.
    1.-M.Harper aurait la majorité des sièges,mais comme parti d'opposition ce serait le NPD.
    Comme l'enthousiasme de depenser M.Harper ne se tarirait pas de sitôt,son ivresse des hauteurs le conduirait à sa perte.
    Le NPD utiliserait la même arme que M.Harper a utilisé pour défaire le gouv. de Paul Martin:La responsabilité et la réddition des comptes.Si le NPD en arrivait là,son parti bondirait dans les sondage.
    2.-M.Harper finirait son prochain mandat,mais sa mongolfière serait rendu si haut dans la stratosphère,qu'elle s'éclaterait,et la chute du PC serait vertigineuse.Et en attendant que le PLC trouve du nouveau sang,le NPD serait le gouv. élu.
    Oh! Il ne sera pas en reste pour dépenser les fonds publics,mais le fera sous le paravent de venir en aide à la population.
    Et tout ça pour vous dire que le déficit ne disparaîtra jamais,parcequ'il n'y a pas dans aucun parti que je connaisse
    la transparence et l'honnêteté voulues pour se défaire de ce boulet.En d'autres termes,"plus ça change,plus c'est pareil.

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