Revue de presse - Plus ça change, plus c'est pareil
Personne n'approuve les nominations partisanes des conservateurs ou encore leur manie d'utiliser chaque annonce publique pour faire de la publicité pour leur parti ou leur député local, mais personne n'est dupe non plus de l'indignation libérale. Le National Post n'excuse pas les conservateurs mais il relève qu'à une autre époque, il était bien pratique pour les libéraux d'avoir un sigle aux couleurs du pays.
Le patronage, le favoritisme et la promotion de ses intérêts choquent toujours les partis d'opposition, et les conservateurs ne faisaient pas exception, note Barbara Yaffe, du Vancouver Sun. Mais, comme les libéraux, cela ne les a pas empêchés, une fois au pouvoir, d'« adopter avec enthousiasme » ses pratiques, dit-elle. Et elle croit que le chef libéral Michael Ignatieff n'agirait pas différemment, en particulier au chapitre des nominations. « Stephen Harper peut se tenir la tête haute aux côtés de Jean Chrétien et consorts quand vient le temps d'offrir des emplois aux amis du parti », écrit-elle. Harper avait promis de faire le ménage, mais quand est venu le temps, en 2006, de créer sa commission des nominations, il a tenté d'en confier la direction à un collecteur de fonds du Parti conservateur, Gwyn Morgan. Quand l'opposition s'y est opposé, il a mis la clé dans la commission sans cesser les nominations. Et il n'a pas oublié les amis du régime, puisque ceux-ci représentaient la majorité des dernières nominations au Sénat. Malgré tout, dit-elle, Harper n'est pas pire que la plupart des autres premiers ministres, et elle note que les libéraux n'ont encore rien suggéré pour changer les choses.
John Ivison, du National Post, avertit toutefois les conservateurs. « Ils doivent savoir que rien n'enrage plus les électeurs que de se faire acheter avec leur propre argent. » Ivison rappelle le coût payé par les libéraux pour avoir pris les fonds publics pour les leurs, dans le scandale des commandites. « Mais les conservateurs ont été élus pour mettre fin à cela », dit-il. Stephen Harper avait promis de remplacer la culture du « tout m'est dû » par celle de la responsabilité et de la reddition de comptes. Il semble l'avoir oublié, ajoute-t-il, en faisant référence à ces chèques en carton portant le sigle du Parti conservateur, le nom du député ou simplement sa signature, comme si tout cet argent était le leur. Selon Ivison, cela contrevient aux règles du Conseil du trésor selon lesquelles le gouvernement doit informer les citoyens au sujet de ses programmes et politiques d'une « manière non partisane et conforme aux principes de la démocratie parlementaire canadienne et de la responsabilité ministérielle ». De l'avis du journaliste, les conservateurs ont testé les limites de ces règles et cela pourrait leur faire du tort, au moment où les sondages leur sont favorables.
Colère
Don Martin, lui aussi du National Post, estime que les erreurs passées des libéraux ne justifient pas les écarts actuels des conservateurs. Offrir cela comme raison, comme certains l'ont fait cette semaine, ne fait qu'alimenter le cynisme à l'endroit d'Ottawa. « Le changement de gouvernement n'est rien de plus que l'arrivée de nouveaux chiens qui apprennent de vieux trucs. » Si une signature devait se trouver sur ces chèques géants, ce devrait être « celle de nos enfants qui porteront le fardeau de toutes ces dépenses à crédit ». Le chroniqueur convient que les libéraux savaient profiter de leurs annonces pour se mettre en valeur, mais, à son avis, les conservateurs ont poussé la tactique à sa limite. Martin est choqué par la concentration des dépenses dans les circonscriptions conservatrices, par le fait que le gouvernement a dépensé six fois plus pour la publicité de son plan de relance que pour sa campagne de sensibilisation sur la grippe H1N1. Et il y a les nominations et tout le reste. Martin trouve ironique que l'étalon de mesure des conservateurs pour juger un comportement acceptable soit celui qu'ont établi les libéraux par le passé.
Désabusement
Le Globe and Mail, lui, estime qu'on nage en pleine hypocrisie. Le quotidien dénonce le détournement des cérémonies publiques au profit du Parti conservateur, mais, quand il entend les libéraux demander au commissaire à l'éthique d'enquêter, il ne s'illusionne pas. Les libéraux, dit-il, ne cherchent que des munitions fraîches pour leurs attaques partisanes. « Cela ne veut pas dire que leur indignation ne soit pas bienvenue. Le gouvernement fédéral s'est embarqué, avec son plan d'action économique, dans des dépenses de milliards de dollars destinées à réduire l'impact de la récession. Transformer le programme de stimulation économique en occasion de photos pour le Parti conservateur relève d'un bas opportunisme, aux dépens des Canadiens en difficulté. » Le Globe souligne aussi la manie du gouvernement de tapisser de photos de Stephen Harper le site Internet du plan d'action. « Même le gouvernement à parti unique de la Chine serait impressionné par le nombre de photos du premier ministre et de ses loyaux ministres dans un site censé être un lieu neutre où les Canadiens peuvent s'informer sur un programme fédéral. » Mais la vérité, au bout du compte, dit le Globe, c'est que conservateurs et libéraux ont eu maintes fois l'occasion de mettre fin à cette partisanerie mal placée et qu'aucun ne l'a fait.
Le patronage, le favoritisme et la promotion de ses intérêts choquent toujours les partis d'opposition, et les conservateurs ne faisaient pas exception, note Barbara Yaffe, du Vancouver Sun. Mais, comme les libéraux, cela ne les a pas empêchés, une fois au pouvoir, d'« adopter avec enthousiasme » ses pratiques, dit-elle. Et elle croit que le chef libéral Michael Ignatieff n'agirait pas différemment, en particulier au chapitre des nominations. « Stephen Harper peut se tenir la tête haute aux côtés de Jean Chrétien et consorts quand vient le temps d'offrir des emplois aux amis du parti », écrit-elle. Harper avait promis de faire le ménage, mais quand est venu le temps, en 2006, de créer sa commission des nominations, il a tenté d'en confier la direction à un collecteur de fonds du Parti conservateur, Gwyn Morgan. Quand l'opposition s'y est opposé, il a mis la clé dans la commission sans cesser les nominations. Et il n'a pas oublié les amis du régime, puisque ceux-ci représentaient la majorité des dernières nominations au Sénat. Malgré tout, dit-elle, Harper n'est pas pire que la plupart des autres premiers ministres, et elle note que les libéraux n'ont encore rien suggéré pour changer les choses.
John Ivison, du National Post, avertit toutefois les conservateurs. « Ils doivent savoir que rien n'enrage plus les électeurs que de se faire acheter avec leur propre argent. » Ivison rappelle le coût payé par les libéraux pour avoir pris les fonds publics pour les leurs, dans le scandale des commandites. « Mais les conservateurs ont été élus pour mettre fin à cela », dit-il. Stephen Harper avait promis de remplacer la culture du « tout m'est dû » par celle de la responsabilité et de la reddition de comptes. Il semble l'avoir oublié, ajoute-t-il, en faisant référence à ces chèques en carton portant le sigle du Parti conservateur, le nom du député ou simplement sa signature, comme si tout cet argent était le leur. Selon Ivison, cela contrevient aux règles du Conseil du trésor selon lesquelles le gouvernement doit informer les citoyens au sujet de ses programmes et politiques d'une « manière non partisane et conforme aux principes de la démocratie parlementaire canadienne et de la responsabilité ministérielle ». De l'avis du journaliste, les conservateurs ont testé les limites de ces règles et cela pourrait leur faire du tort, au moment où les sondages leur sont favorables.
Colère
Don Martin, lui aussi du National Post, estime que les erreurs passées des libéraux ne justifient pas les écarts actuels des conservateurs. Offrir cela comme raison, comme certains l'ont fait cette semaine, ne fait qu'alimenter le cynisme à l'endroit d'Ottawa. « Le changement de gouvernement n'est rien de plus que l'arrivée de nouveaux chiens qui apprennent de vieux trucs. » Si une signature devait se trouver sur ces chèques géants, ce devrait être « celle de nos enfants qui porteront le fardeau de toutes ces dépenses à crédit ». Le chroniqueur convient que les libéraux savaient profiter de leurs annonces pour se mettre en valeur, mais, à son avis, les conservateurs ont poussé la tactique à sa limite. Martin est choqué par la concentration des dépenses dans les circonscriptions conservatrices, par le fait que le gouvernement a dépensé six fois plus pour la publicité de son plan de relance que pour sa campagne de sensibilisation sur la grippe H1N1. Et il y a les nominations et tout le reste. Martin trouve ironique que l'étalon de mesure des conservateurs pour juger un comportement acceptable soit celui qu'ont établi les libéraux par le passé.
Désabusement
Le Globe and Mail, lui, estime qu'on nage en pleine hypocrisie. Le quotidien dénonce le détournement des cérémonies publiques au profit du Parti conservateur, mais, quand il entend les libéraux demander au commissaire à l'éthique d'enquêter, il ne s'illusionne pas. Les libéraux, dit-il, ne cherchent que des munitions fraîches pour leurs attaques partisanes. « Cela ne veut pas dire que leur indignation ne soit pas bienvenue. Le gouvernement fédéral s'est embarqué, avec son plan d'action économique, dans des dépenses de milliards de dollars destinées à réduire l'impact de la récession. Transformer le programme de stimulation économique en occasion de photos pour le Parti conservateur relève d'un bas opportunisme, aux dépens des Canadiens en difficulté. » Le Globe souligne aussi la manie du gouvernement de tapisser de photos de Stephen Harper le site Internet du plan d'action. « Même le gouvernement à parti unique de la Chine serait impressionné par le nombre de photos du premier ministre et de ses loyaux ministres dans un site censé être un lieu neutre où les Canadiens peuvent s'informer sur un programme fédéral. » Mais la vérité, au bout du compte, dit le Globe, c'est que conservateurs et libéraux ont eu maintes fois l'occasion de mettre fin à cette partisanerie mal placée et qu'aucun ne l'a fait.
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