À la télévision le dimanche, 11 octobre - Sur un fil perché
À retenir
- Docu-D / Le Funambule
- Canal D, 19h
Ce matin-là, la brume s'est dissipée, plus haut. Journée grise. Une jeune femme a crié en pointant le ciel. Quelques badauds ont levé les yeux, imités par d'autres. Bientôt, le hurlement des sirènes est venu arracher les passants à leur contem-plation ébahie. Le théâtre de tant d'émoi? Les tours du World Trade Center, à l'aube du 7 août 1974. Oui, la date est correcte.
Connaissez-vous Philippe Petit?
Man on Wire appartient à cette catégorie rare de documentaires prenant le parti risqué de divertir pour mieux instruire. Mais attention, intelligent, le divertissement, et d'une redoutable efficacité sur le plan narratif. Car c'est une authentique aventure que nous narre le roublard James Marsh (The King, 2005), celle du funambule français Philippe Petit qui, à la date susmentionnée, commit ce qu'on appela, pince-sans-rire, le « crime artistique du siècle ».
Or le documentariste, dans un choix inspiré, s'est justement concentré sur les différentes déclinaisons de cet aspect « criminel » de l'anecdote historique qui a vu un homme marcher sur un fil de fer reliant les deux célèbres tours. Ainsi, dès les premières images, Marsh nous plonge de plain-pied dans les préparatifs de ce qui s'annonce être un attentat. La tension s'installe, sourde. Le noir et blanc de l'authenticité, le cadre fébrile, le débit précipité de voix étouffées: tout est urgence, tout est risque d'être pris.
En usant des mécanismes du suspense, l'auteur agrippe fermement le spectateur pour ne plus le lâcher. Agençant brillamment les abondants films personnels de Petit avec une reconstitution percutante de son cru où fleure parfois l'onirisme, Marsh propose une oeuvre homogène construite en un long flash-back qui se conclut par le « crime » lui-même, un pur instant de grâce.
On écarquille les yeux, on fixe l'écran. Car si Man on Wire est un vrai documentaire, c'est aussi un thriller haletant pimenté de quelques touches d'humour, de furtifs moments d'émotion, de passages grisants. Hollywood ne fait pas mieux.
Connaissez-vous Philippe Petit?
Man on Wire appartient à cette catégorie rare de documentaires prenant le parti risqué de divertir pour mieux instruire. Mais attention, intelligent, le divertissement, et d'une redoutable efficacité sur le plan narratif. Car c'est une authentique aventure que nous narre le roublard James Marsh (The King, 2005), celle du funambule français Philippe Petit qui, à la date susmentionnée, commit ce qu'on appela, pince-sans-rire, le « crime artistique du siècle ».
Or le documentariste, dans un choix inspiré, s'est justement concentré sur les différentes déclinaisons de cet aspect « criminel » de l'anecdote historique qui a vu un homme marcher sur un fil de fer reliant les deux célèbres tours. Ainsi, dès les premières images, Marsh nous plonge de plain-pied dans les préparatifs de ce qui s'annonce être un attentat. La tension s'installe, sourde. Le noir et blanc de l'authenticité, le cadre fébrile, le débit précipité de voix étouffées: tout est urgence, tout est risque d'être pris.
En usant des mécanismes du suspense, l'auteur agrippe fermement le spectateur pour ne plus le lâcher. Agençant brillamment les abondants films personnels de Petit avec une reconstitution percutante de son cru où fleure parfois l'onirisme, Marsh propose une oeuvre homogène construite en un long flash-back qui se conclut par le « crime » lui-même, un pur instant de grâce.
On écarquille les yeux, on fixe l'écran. Car si Man on Wire est un vrai documentaire, c'est aussi un thriller haletant pimenté de quelques touches d'humour, de furtifs moments d'émotion, de passages grisants. Hollywood ne fait pas mieux.
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