Canwest se place sous la protection des tribunaux
Le plus grand groupe de presse au Canada croule sous une dette de près de 4 milliards $US
Accablé de dettes, le plus grand groupe de presse au Canada, Canwest Global Communication, a placé hier une partie de son empire sous la protection de la loi sur les faillites.
Propriétaire de la chaîne de télévision Global, d'une douzaine de quotidiens ainsi que de plusieurs autres publications, chaînes de télévision spécialisées et sites Internet, l'entreprise de Winnipeg a dit espérer pouvoir se passer de la protection accordée par la Cour supérieure de l'Ontario d'ici de quatre à six mois.
« Durant tout le processus, toutes nos opérations se poursuivront de manière ininterrompue », a assuré hier son président et chef de la direction, Leonard Asper, à ses 1700 employés touchés sur un total de 7400. « Nous avons fermement l'intention d'aller rapidement dans le processus de restructuration de la compagnie [pour qu'elle] en ressorte financièrement plus forte et plus concurrentielle. » Des réserves de 65 millions en argent comptant et un prêt-relais de 100 millions consenti par des créanciers assureront les liquidités nécessaires pour fonctionner comme si de rien n'était, a-t-on expliqué.
Canwest se débattait depuis au moins deux ans avec le poids écrasant d'une dette frôlant les 4 milliards $US et des revenus de publicité suivant la même trajectoire que l'économie en crise. La vente de plusieurs actifs au cours des dernières semaines n'a pas suffi pour lui éviter d'avoir recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).
Les divisions touchées par ce recours sont notamment la chaîne de télévision Global, le quotidien National Post, ainsi que certaines chaînes de télévision spécialisées telles que Movie Time, DejaView et Fox Sports World. Parmi ceux qui
voir page B 4: canwest
ne sont pas concernés, on retrouve le quotidien montréalais The Gazette, The Ottawa Citizen, le Calgary Herald, le Vancouver Sun ainsi qu'une demi-douzaine d'autres quotidiens. Le distributeur de films et propriétaire de chaînes de télévision spécialisées Alliance Atlantis Communication est aussi en dehors du coup.
L'effritement d'un rêve
Comme c'est presque toujours le cas lorsqu'une entreprise a recours à la LACC, les actionnaires seront les premiers à écoper. En plus de voir les transactions sur l'action de Canwest suspendues hier en Bourse, alors que sa valeur n'était plus que de 24 ¢, ils ont appris que la compagnie et ses créanciers avaient convenu que leur part dans les entités qui émergeront de la restructuration sera ramenée à presque rien (2,3 %). On s'attend également à ce que la famille Asper voie son propre poids dans l'actionnariat passer sous la barre des 10 % et qu'elle perde le contrôle qu'elle exerçait jusque-là grâce à des actions à droits de vote multiples.
L'effritement du rêve de l'ancien président de Canwest et père de Leonard Asper, Izzy Asper, de faire de son entreprise l'un des plus grands groupes médiatiques au monde ne risque pas de s'arrêter là. La division Canwest L.P. à la tête de sa chaîne de quotidiens est, elle aussi, en négociations avec un autre groupe de créanciers dans l'espoir de trouver une façon de se recapitaliser. Des rumeurs de vente de journaux courraient la semaine dernière. Des sources, citées hier par la presse, parlaient d'un autre recours à la LACC d'ici deux mois.
Quelle que soit la solution retenue, elle devra obtenir l'aval de la Cour et de la Bourse de Toronto. Elle devrait également faire l'objet de l'examen attentif du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), chargé de préserver la propriété canadienne des médias au pays.
Trop gros, trop vite
Conçue à l'époque où le modèle d'affaires en vogue était celui de la convergence, la fulgurante ascension de l'empire Canwest renfermait depuis le début les ferments de sa perte. En juillet 2000, Izzy Asper, flanqué de son fils Leonard, achetait à Conrad Black, d'Hollinger, 13 quotidiens et 126 journaux locaux et la moitié du National Post pour 3,5 milliards. Comme si ce n'était pas déjà assez, Canwest récidivait en 2007 en se portant acquéreur d'Alliance Atlantis avec la banque d'affaires américaine Goldman Sachs pour la coquette somme de 2,3 milliards.
Plombée par sa dette et la baisse marquée de ses revenus publicitaires, Canwest a dû radier en avril pour 1,4 milliard d'actifs, juste après s'être trouvée dans la situation embarrassante de ne même pas être capable de payer les intérêts sur sa dette. L'entreprise a bien essayé de se délester d'une part de son fardeau. En plus de procéder à des compressions budgétaires, elle a notamment vendu au mois de mars sa revue américaine The New Republic et cédé pour 634 millions de ses parts dans le réseau de télévision Australian TV, mais ce ne fut pas suffisant.
Le Devoir
Avec La Presse canadienne
Propriétaire de la chaîne de télévision Global, d'une douzaine de quotidiens ainsi que de plusieurs autres publications, chaînes de télévision spécialisées et sites Internet, l'entreprise de Winnipeg a dit espérer pouvoir se passer de la protection accordée par la Cour supérieure de l'Ontario d'ici de quatre à six mois.
« Durant tout le processus, toutes nos opérations se poursuivront de manière ininterrompue », a assuré hier son président et chef de la direction, Leonard Asper, à ses 1700 employés touchés sur un total de 7400. « Nous avons fermement l'intention d'aller rapidement dans le processus de restructuration de la compagnie [pour qu'elle] en ressorte financièrement plus forte et plus concurrentielle. » Des réserves de 65 millions en argent comptant et un prêt-relais de 100 millions consenti par des créanciers assureront les liquidités nécessaires pour fonctionner comme si de rien n'était, a-t-on expliqué.
Canwest se débattait depuis au moins deux ans avec le poids écrasant d'une dette frôlant les 4 milliards $US et des revenus de publicité suivant la même trajectoire que l'économie en crise. La vente de plusieurs actifs au cours des dernières semaines n'a pas suffi pour lui éviter d'avoir recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).
Les divisions touchées par ce recours sont notamment la chaîne de télévision Global, le quotidien National Post, ainsi que certaines chaînes de télévision spécialisées telles que Movie Time, DejaView et Fox Sports World. Parmi ceux qui
voir page B 4: canwest
ne sont pas concernés, on retrouve le quotidien montréalais The Gazette, The Ottawa Citizen, le Calgary Herald, le Vancouver Sun ainsi qu'une demi-douzaine d'autres quotidiens. Le distributeur de films et propriétaire de chaînes de télévision spécialisées Alliance Atlantis Communication est aussi en dehors du coup.
L'effritement d'un rêve
Comme c'est presque toujours le cas lorsqu'une entreprise a recours à la LACC, les actionnaires seront les premiers à écoper. En plus de voir les transactions sur l'action de Canwest suspendues hier en Bourse, alors que sa valeur n'était plus que de 24 ¢, ils ont appris que la compagnie et ses créanciers avaient convenu que leur part dans les entités qui émergeront de la restructuration sera ramenée à presque rien (2,3 %). On s'attend également à ce que la famille Asper voie son propre poids dans l'actionnariat passer sous la barre des 10 % et qu'elle perde le contrôle qu'elle exerçait jusque-là grâce à des actions à droits de vote multiples.
L'effritement du rêve de l'ancien président de Canwest et père de Leonard Asper, Izzy Asper, de faire de son entreprise l'un des plus grands groupes médiatiques au monde ne risque pas de s'arrêter là. La division Canwest L.P. à la tête de sa chaîne de quotidiens est, elle aussi, en négociations avec un autre groupe de créanciers dans l'espoir de trouver une façon de se recapitaliser. Des rumeurs de vente de journaux courraient la semaine dernière. Des sources, citées hier par la presse, parlaient d'un autre recours à la LACC d'ici deux mois.
Quelle que soit la solution retenue, elle devra obtenir l'aval de la Cour et de la Bourse de Toronto. Elle devrait également faire l'objet de l'examen attentif du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), chargé de préserver la propriété canadienne des médias au pays.
Trop gros, trop vite
Conçue à l'époque où le modèle d'affaires en vogue était celui de la convergence, la fulgurante ascension de l'empire Canwest renfermait depuis le début les ferments de sa perte. En juillet 2000, Izzy Asper, flanqué de son fils Leonard, achetait à Conrad Black, d'Hollinger, 13 quotidiens et 126 journaux locaux et la moitié du National Post pour 3,5 milliards. Comme si ce n'était pas déjà assez, Canwest récidivait en 2007 en se portant acquéreur d'Alliance Atlantis avec la banque d'affaires américaine Goldman Sachs pour la coquette somme de 2,3 milliards.
Plombée par sa dette et la baisse marquée de ses revenus publicitaires, Canwest a dû radier en avril pour 1,4 milliard d'actifs, juste après s'être trouvée dans la situation embarrassante de ne même pas être capable de payer les intérêts sur sa dette. L'entreprise a bien essayé de se délester d'une part de son fardeau. En plus de procéder à des compressions budgétaires, elle a notamment vendu au mois de mars sa revue américaine The New Republic et cédé pour 634 millions de ses parts dans le réseau de télévision Australian TV, mais ce ne fut pas suffisant.
Le Devoir
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