Médias - Une course s'engage pour la direction de la FPJQ
Les médias traversent la pire crise de leur histoire. Quel rôle joue la direction de l'organisme professionnel des journalistes dans ce contexte? Des membres jugent l'équipe sortante trop molle et veulent la remplacer.
Un vent de fronde souffle sur la direction de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Le Devoir a appris que le président actuel, François Bourque, du Soleil, n'allait pas solliciter un nouveau mandat et qu'une équipe dissidente se prépare à briguer les postes du comité de direction.
Ce parti pour une FPJQ plus interventionniste s'organise autour du journaliste Martin Bisaillon, du Journal de Montréal, qui tentera de se faire élire comme président pour le mandat habituel de deux ans non rémunéré. Il fera équipe avec les reporters André Noël de La Presse et Brian Myles du Devoir.
Le projet avoué est de recentrer l'organisme autour de sa mission fondamentale et de muscler les interventions relatives au droit du public à « une information honnête, complète, diversifiée et de qualité », comme le dit une des « fins » de la Fédération.
M. Bisaillon, qui est dans la trentaine, a travaillé à Radio-Canada et à CKAC. Il est au Journal de Montréal, à la section économie, depuis 2005. Si le conflit dans ce quotidien se poursuit et s'il est élu, la FPJQ serait présidée pour la première fois par un journaliste en lockout.
Une quatrième candidature frondeuse est attendue. Elle proviendra idéalement d'un média électronique de l'extérieur de Montréal. L'élection du nouveau comité de direction et de certains membres du conseil d'administration se fera à la fin du prochain congrès annuel de la Fédération, le 7 décembre, à Québec.
L'actuelle direction a suscité de la grogne dans certains milieux journalistiques. Des membres ont trouvé faibles et rares les prises de position sur la concentration de la presse ou la détérioration de la qualité de l'information au Québec. À l'automne 2008, François Bourque ne voyait aucun problème à ce que le député André Arthur anime une émission d'information à TQS. En janvier dernier, le président a soulevé la colère en critiquant la décision du Parti québécois de bouder Le Journal de Montréal en lockout.
« Je sais que c'est dur en situation de conflit, alors que les attentes des syndiqués et des employeurs sont les plus élevées à l'endroit de la FPJQ, dit François Bourque au Devoir. Malheureusement, notre rôle n'est pas d'arbitrer les différends entre les syndicats et les patrons. C'est plutôt de rester fidèles le plus possible aux valeurs de la Fédération. Je n'ai pas pris de positions patronales, comme je n'ai pas pris de positions syndicales. Et en cours de route, il est probable que ces positions aient pu déplaire à un ou à l'autre. »
Chroniqueur municipal au Soleil, M. Bourque a succédé au reporter-animateur Alain Gravel, de Radio-Canada, il y a deux ans. Il est le premier président de la Fédération lié à un média de l'extérieur de Montréal. Dans un courriel comme en entrevue téléphonique, M. Bourque a répété que sa décision de retrait est motivée par la lourdeur de la tâche. « Il n'y a ni conflits ni divergences de vues derrière cette décision », a-t-il écrit.
François Bourque ajoute qu'il tente lui-même de susciter une candidature de remplacement à la présidence. Dans ce cas, une véritable course électorale s'engagerait contre M. Bisaillon et son équipe, ce qui constituerait une exception dans l'histoire de l'organisme, habitué à désigner des présidents consensuels par acclamation.
La FPJQ a été fondée il y a quatre décennies, en 1969. Association sans but lucratif, elle rassemble sur une base volontaire environ 2100 professionnels (reporters, réalisateurs, photographes, etc.) travaillant dans plus de 250 médias écrits ou électroniques. La Fédération intervient devant les organismes publics, publie le magazine Le Trente et organise un congrès annuel.
Le Devoir
Un vent de fronde souffle sur la direction de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Le Devoir a appris que le président actuel, François Bourque, du Soleil, n'allait pas solliciter un nouveau mandat et qu'une équipe dissidente se prépare à briguer les postes du comité de direction.
Ce parti pour une FPJQ plus interventionniste s'organise autour du journaliste Martin Bisaillon, du Journal de Montréal, qui tentera de se faire élire comme président pour le mandat habituel de deux ans non rémunéré. Il fera équipe avec les reporters André Noël de La Presse et Brian Myles du Devoir.
Le projet avoué est de recentrer l'organisme autour de sa mission fondamentale et de muscler les interventions relatives au droit du public à « une information honnête, complète, diversifiée et de qualité », comme le dit une des « fins » de la Fédération.
M. Bisaillon, qui est dans la trentaine, a travaillé à Radio-Canada et à CKAC. Il est au Journal de Montréal, à la section économie, depuis 2005. Si le conflit dans ce quotidien se poursuit et s'il est élu, la FPJQ serait présidée pour la première fois par un journaliste en lockout.
Une quatrième candidature frondeuse est attendue. Elle proviendra idéalement d'un média électronique de l'extérieur de Montréal. L'élection du nouveau comité de direction et de certains membres du conseil d'administration se fera à la fin du prochain congrès annuel de la Fédération, le 7 décembre, à Québec.
L'actuelle direction a suscité de la grogne dans certains milieux journalistiques. Des membres ont trouvé faibles et rares les prises de position sur la concentration de la presse ou la détérioration de la qualité de l'information au Québec. À l'automne 2008, François Bourque ne voyait aucun problème à ce que le député André Arthur anime une émission d'information à TQS. En janvier dernier, le président a soulevé la colère en critiquant la décision du Parti québécois de bouder Le Journal de Montréal en lockout.
« Je sais que c'est dur en situation de conflit, alors que les attentes des syndiqués et des employeurs sont les plus élevées à l'endroit de la FPJQ, dit François Bourque au Devoir. Malheureusement, notre rôle n'est pas d'arbitrer les différends entre les syndicats et les patrons. C'est plutôt de rester fidèles le plus possible aux valeurs de la Fédération. Je n'ai pas pris de positions patronales, comme je n'ai pas pris de positions syndicales. Et en cours de route, il est probable que ces positions aient pu déplaire à un ou à l'autre. »
Chroniqueur municipal au Soleil, M. Bourque a succédé au reporter-animateur Alain Gravel, de Radio-Canada, il y a deux ans. Il est le premier président de la Fédération lié à un média de l'extérieur de Montréal. Dans un courriel comme en entrevue téléphonique, M. Bourque a répété que sa décision de retrait est motivée par la lourdeur de la tâche. « Il n'y a ni conflits ni divergences de vues derrière cette décision », a-t-il écrit.
François Bourque ajoute qu'il tente lui-même de susciter une candidature de remplacement à la présidence. Dans ce cas, une véritable course électorale s'engagerait contre M. Bisaillon et son équipe, ce qui constituerait une exception dans l'histoire de l'organisme, habitué à désigner des présidents consensuels par acclamation.
La FPJQ a été fondée il y a quatre décennies, en 1969. Association sans but lucratif, elle rassemble sur une base volontaire environ 2100 professionnels (reporters, réalisateurs, photographes, etc.) travaillant dans plus de 250 médias écrits ou électroniques. La Fédération intervient devant les organismes publics, publie le magazine Le Trente et organise un congrès annuel.
Le Devoir
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

