La télévision comme champ de bataille
Une lutte est engagée au sujet des redevances que pourraient toucher les télévisions généralistes au pays. La campagne pour convaincre le public se transpose maintenant au Québec. Des centaines de millions sont en jeu.
La mère de toutes les batailles de la télévision est maintenant bien engagée au Québec. Un des deux belligérants, le groupe des distributeurs, y a transporté les hostilités, au cours des derniers jours, en lançant une campagne de publicité à la radio et dans les journaux. La télévision suivra. L'autre groupe, celui des réseaux généralistes, devrait s'engager sur cette voie propagandiste prochainement.
Jusqu'ici, la lutte des titans n'avait occupé les espaces publicitaires que dans le reste du Canada. Les versions imprimées des deux « frères ennemis » se croisaient encore hier dans le Globe & Mail.
L'enjeu porte sur les redevances que veulent toucher les télévisions généralistes et que refusent de verser les fournisseurs de services par câble et par satellite. Le butin totalise des centaines de millions de dollars. Dans un autre domaine, on parlerait de déséquilibre fiscal...
La stratégie des deux camps mise d'abord sur la mise sous pression du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) par l'entremise des téléspectateurs à qui pourrait être renvoyée la facture. Les diffuseurs invitent le public à se manifester de toutes les manières par courriel, sur Facebook ou par le réseau Twitter.
L'organisme fédéral tiendra cet automne des audiences sur la pertinence de mettre en oeuvre un régime d'indemnisation pour la valeur des signaux de la télévision dite locale. Les audiences publiques débuteront le 7 décembre à Gatineau. Les deux sites ennemis proposent un décompte en ligne afin d'encourager le public à signer des pétitions et à déposer des mémoires.
Les diffuseurs Bell, Bell Aliant, Cogeco, Eastlink, Rogers et Telus, des concurrents directs, font exceptionnellement front commun sous le cri de ralliement « Non à la taxe TV ». La publicité diffusée hier dans les journaux canadiens dit que « les grands réseaux de télé reçoivent déjà 100 millions de dollars pour soutenir la programmation locale » et que maintenant « ces mêmes réseaux souhaitent que le CRTC impose aux consommateurs une taxe supplémentaire pouvant aller jusqu'à 10 $ par mois ».
Dix dollars de plus, évidemment. « Il n'y a pas un client qui ne comprend pas ça », dit Marie Carrier, directrice des communications de Cogeco pour expliquer le choix d'interpeller directement l'abonné. « La coalition a jugé bon d'éclaircir les faits auprès de ses clients. Au bout de la ligne, c'est tout le monde qui a le câble ou le satellite, c'est-à-dire la très grande majorité des Canadiens, qui va payer ça. »
Les principaux télédiffuseurs ont lancé leur offensive à la mi-septembre sur le site localtvmatters.ca et dans les médias traditionnels. La campagne en français suivra. « On a commencé avec le marché anglais, mais ça va être partout au Canada, dit Steve Guiton, porte-parole de la société d'État. Les câblos distribuent des lettres avec les factures, directement aux consommateurs. Ils sont mélangés. »
La coalition des télédiffuseurs dénonce la vente de leur programmation aux consommateurs par les distributeurs de signaux par câble et par satellite, alors que ces mêmes distributeurs ne versent rien aux télévisions locales. Les réseaux déplorent également que les câblodistributeurs versent plus de 300 millions de dollars par année aux télévisions par câble américaines.
Le président-directeur général de CBC-Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, a réitéré hier sa volonté de voir les chaînes de télévision généralistes, privées et publiques, toucher des redevances d'abonnement tout comme les chaînes spécialisées. « Au lieu de simplement ajouter à leur offre, il s'agit de préciser l'offre de services en fonction de ce que vous voudrez bien acheter, a-t-il dit à Montréal. C'est vous qui allez choisir les signaux de télévision que vous voulez bien acheter. » Il fait d'ailleurs le pari que la facture de l'abonné n'augmentera pas nécessairement.
Avec son diffuseur Videotron et son réseau TVA, Quebecor semble coincé entre deux feux. Ni l'une ni l'autre des filiales de l'empire ne fait partie de sa coalition naturelle: Videotron n'est pas chez nonalataxetv.ca et TVA n'appuie pas officiellement localtvmatters.ca.
« Nous avons poussé la réflexion encore plus loin, explique Isabelle Dessureault, vice-présidente affaires publiques chez Quebecor. Nous disons oui aux redevances, mais à condition qu'il y ait un rééquilibrage de ces redevances. Le système tel qu'on le connaît favorise beaucoup les chaînes spécialisées. C'est le temps de le rééquilibrer. Et nous sommes contre l'idée de refiler la facture au client. »
La mère de toutes les batailles de la télévision est maintenant bien engagée au Québec. Un des deux belligérants, le groupe des distributeurs, y a transporté les hostilités, au cours des derniers jours, en lançant une campagne de publicité à la radio et dans les journaux. La télévision suivra. L'autre groupe, celui des réseaux généralistes, devrait s'engager sur cette voie propagandiste prochainement.
Jusqu'ici, la lutte des titans n'avait occupé les espaces publicitaires que dans le reste du Canada. Les versions imprimées des deux « frères ennemis » se croisaient encore hier dans le Globe & Mail.
L'enjeu porte sur les redevances que veulent toucher les télévisions généralistes et que refusent de verser les fournisseurs de services par câble et par satellite. Le butin totalise des centaines de millions de dollars. Dans un autre domaine, on parlerait de déséquilibre fiscal...
La stratégie des deux camps mise d'abord sur la mise sous pression du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) par l'entremise des téléspectateurs à qui pourrait être renvoyée la facture. Les diffuseurs invitent le public à se manifester de toutes les manières par courriel, sur Facebook ou par le réseau Twitter.
L'organisme fédéral tiendra cet automne des audiences sur la pertinence de mettre en oeuvre un régime d'indemnisation pour la valeur des signaux de la télévision dite locale. Les audiences publiques débuteront le 7 décembre à Gatineau. Les deux sites ennemis proposent un décompte en ligne afin d'encourager le public à signer des pétitions et à déposer des mémoires.
Les diffuseurs Bell, Bell Aliant, Cogeco, Eastlink, Rogers et Telus, des concurrents directs, font exceptionnellement front commun sous le cri de ralliement « Non à la taxe TV ». La publicité diffusée hier dans les journaux canadiens dit que « les grands réseaux de télé reçoivent déjà 100 millions de dollars pour soutenir la programmation locale » et que maintenant « ces mêmes réseaux souhaitent que le CRTC impose aux consommateurs une taxe supplémentaire pouvant aller jusqu'à 10 $ par mois ».
Dix dollars de plus, évidemment. « Il n'y a pas un client qui ne comprend pas ça », dit Marie Carrier, directrice des communications de Cogeco pour expliquer le choix d'interpeller directement l'abonné. « La coalition a jugé bon d'éclaircir les faits auprès de ses clients. Au bout de la ligne, c'est tout le monde qui a le câble ou le satellite, c'est-à-dire la très grande majorité des Canadiens, qui va payer ça. »
Les principaux télédiffuseurs ont lancé leur offensive à la mi-septembre sur le site localtvmatters.ca et dans les médias traditionnels. La campagne en français suivra. « On a commencé avec le marché anglais, mais ça va être partout au Canada, dit Steve Guiton, porte-parole de la société d'État. Les câblos distribuent des lettres avec les factures, directement aux consommateurs. Ils sont mélangés. »
La coalition des télédiffuseurs dénonce la vente de leur programmation aux consommateurs par les distributeurs de signaux par câble et par satellite, alors que ces mêmes distributeurs ne versent rien aux télévisions locales. Les réseaux déplorent également que les câblodistributeurs versent plus de 300 millions de dollars par année aux télévisions par câble américaines.
Le président-directeur général de CBC-Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, a réitéré hier sa volonté de voir les chaînes de télévision généralistes, privées et publiques, toucher des redevances d'abonnement tout comme les chaînes spécialisées. « Au lieu de simplement ajouter à leur offre, il s'agit de préciser l'offre de services en fonction de ce que vous voudrez bien acheter, a-t-il dit à Montréal. C'est vous qui allez choisir les signaux de télévision que vous voulez bien acheter. » Il fait d'ailleurs le pari que la facture de l'abonné n'augmentera pas nécessairement.
Avec son diffuseur Videotron et son réseau TVA, Quebecor semble coincé entre deux feux. Ni l'une ni l'autre des filiales de l'empire ne fait partie de sa coalition naturelle: Videotron n'est pas chez nonalataxetv.ca et TVA n'appuie pas officiellement localtvmatters.ca.
« Nous avons poussé la réflexion encore plus loin, explique Isabelle Dessureault, vice-présidente affaires publiques chez Quebecor. Nous disons oui aux redevances, mais à condition qu'il y ait un rééquilibrage de ces redevances. Le système tel qu'on le connaît favorise beaucoup les chaînes spécialisées. C'est le temps de le rééquilibrer. Et nous sommes contre l'idée de refiler la facture au client. »
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