Questions d'image - Images de guerre
Soyons sérieux. Et surtout, que mon titre n'aille pas prêter à équivoque. Je n'ai pas troqué ma chère chronique bimensuelle pour une correspondance de guerre. Mais à l'écoute de tous ces canons, clairons, tambours et autres bruits de bottes qui résonnent à l'unisson sur tous les fronts actifs de notre démocratie, je me suis trouvé une bonne raison d'aller me promener sur tous ces lieux de conflit avec ma boîte à images. Une façon d'apprécier quelques faits d'armes, mais aussi les couacs et les dégâts collatéraux qu'ils ne manquent jamais de provoquer.
Il y a de l'élection dans l'air. De la chefferie aussi. Des sièges à prendre. De l'hommerie à son summum. De quoi nous amuser à défaut de nous séduire, quand ce n'est pas parfois de nous écoeurer.
Sur le front fédéral
Ouf, on y a échappé... pas pour bien longtemps. L'élection fédérale ne se jouera donc pas à l'automne. Par un stratagème quelque peu lourdingue, pour ne pas dire tout à fait démago du NPD. Stephen Harper et Jack Layton en duo. Afin de faire glisser la carpette sous les pieds de Michael Ignatieff, en prétextant sauver la peau d'un gouvernement minoritaire que ce dernier jugeait pourtant être le seul à pouvoir faire vaciller. De la politicaillerie de grand niveau. Le NPD et Jack Layton n'ont pas grand-chose à gagner dans tout ça. ?ã voir et à lire les réactions, ça n'a pas trop plu dans les chaumières « socialistes ».
Et pendant ce temps, un Coderre en grande forme s'employait à la réélection d'un adversaire déclaré, Thomas Mulcair, dans Outremont, en voulant barrer la route à un homme talentueux de son parti (qui n'est pas cependant son ami déclaré). Un lieutenant est un lieutenant. De quoi y perdre son latin. Et un siège aussi. Devant le brouhaha suscité, le chef a alors proposé une autre circonscription au candidat « barré ». Mais la pression a dû venir d'encore plus haut que le chef puisqu'il a été décidé finalement que le barré deviendrait barreur dans Outremont. Image bien claire de la vraie politique.
Sur le front provincial
Les péquistes ont retrouvé le sourire pour un soir. Lundi dernier. Ils avaient une bonne raison. Ils ont fait élire une vraie compétence en la personne de Nicolas Marceau dans la circonscription de Rousseau, une victoire franche, à la régulière, comme on les aime. Mais on peut se demander cependant si, dans ce sourire éclatant, ne se cachait pas l'ombre d'un léger rictus, témoin jouissif d'une gigantesque hilarité intérieure provoquée par la déroute du candidat adéquiste. La revanche est un plat qui se mange froid... et qui se délecte discrètement. Une image en cache souvent une autre.
Sur le front municipal
Pas jojo, la joute. Un maire benêt au bord de la noyade dans les eaux souillées de flots sans compteurs et des scandales à répétition. L'image est parabolique, mais hélas destructrice. En face de lui, une candidate mairesse ambitieuse, politique et unilingue qui prétend faire rayonner Montréal, ville internationale, sans parler anglais. Je n'ai rien contre, mais comme disait Piton: « Y'en aura pas de facile ». Je ne sais pas si les vrais Anglo-Montréalais (ceux qui ne sont pas partis lors des référendums) goberont tout ça aussi facilement. Quoi qu'il en soit, un récent sondage montre que la principale préoccupation des Montréalais est ailleurs. Non ce ne sont ni les déficits ni l'élection municipale qui les tracassent, mais bien « les nids-de-poules »!. On n'a pas vraiment besoin de mairesse ou de maire. La mafia veille sur nous. On a les images que l'on mérite.
Sur le front adéquiste
Le pitoyable à son paroxysme. On se demande si l'actuel visage de l'ADQ ne s'est pas enfin révélé dans les minables échanges et coup bas auxquels les prétendants-chefs se sont livrés. Les candidats font preuve d'une grande finesse et d'une grande discrétion pour montrer à la population leurs réelles capacités de leader politique. Personne n'est plus dupe, et l'on est de plus en plus certain que l'ADQ se résumait à la seule performance de Mario Dumont. Éric Caire, Christian Lévesque et Gilles Taillon auront fort à faire pour changer cette impression nette. Arrêt sur image.
La plus belle image de la semaine sera, sans contredit celle que vont nous laisser la visite et le discours d'Ingrid Betancourt à l'Assemblée nationale. Plus grande que la réalité, elle est désormais bien plus une image, elle est un symbole.
***
Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d'images.
Il y a de l'élection dans l'air. De la chefferie aussi. Des sièges à prendre. De l'hommerie à son summum. De quoi nous amuser à défaut de nous séduire, quand ce n'est pas parfois de nous écoeurer.
Sur le front fédéral
Ouf, on y a échappé... pas pour bien longtemps. L'élection fédérale ne se jouera donc pas à l'automne. Par un stratagème quelque peu lourdingue, pour ne pas dire tout à fait démago du NPD. Stephen Harper et Jack Layton en duo. Afin de faire glisser la carpette sous les pieds de Michael Ignatieff, en prétextant sauver la peau d'un gouvernement minoritaire que ce dernier jugeait pourtant être le seul à pouvoir faire vaciller. De la politicaillerie de grand niveau. Le NPD et Jack Layton n'ont pas grand-chose à gagner dans tout ça. ?ã voir et à lire les réactions, ça n'a pas trop plu dans les chaumières « socialistes ».
Et pendant ce temps, un Coderre en grande forme s'employait à la réélection d'un adversaire déclaré, Thomas Mulcair, dans Outremont, en voulant barrer la route à un homme talentueux de son parti (qui n'est pas cependant son ami déclaré). Un lieutenant est un lieutenant. De quoi y perdre son latin. Et un siège aussi. Devant le brouhaha suscité, le chef a alors proposé une autre circonscription au candidat « barré ». Mais la pression a dû venir d'encore plus haut que le chef puisqu'il a été décidé finalement que le barré deviendrait barreur dans Outremont. Image bien claire de la vraie politique.
Sur le front provincial
Les péquistes ont retrouvé le sourire pour un soir. Lundi dernier. Ils avaient une bonne raison. Ils ont fait élire une vraie compétence en la personne de Nicolas Marceau dans la circonscription de Rousseau, une victoire franche, à la régulière, comme on les aime. Mais on peut se demander cependant si, dans ce sourire éclatant, ne se cachait pas l'ombre d'un léger rictus, témoin jouissif d'une gigantesque hilarité intérieure provoquée par la déroute du candidat adéquiste. La revanche est un plat qui se mange froid... et qui se délecte discrètement. Une image en cache souvent une autre.
Sur le front municipal
Pas jojo, la joute. Un maire benêt au bord de la noyade dans les eaux souillées de flots sans compteurs et des scandales à répétition. L'image est parabolique, mais hélas destructrice. En face de lui, une candidate mairesse ambitieuse, politique et unilingue qui prétend faire rayonner Montréal, ville internationale, sans parler anglais. Je n'ai rien contre, mais comme disait Piton: « Y'en aura pas de facile ». Je ne sais pas si les vrais Anglo-Montréalais (ceux qui ne sont pas partis lors des référendums) goberont tout ça aussi facilement. Quoi qu'il en soit, un récent sondage montre que la principale préoccupation des Montréalais est ailleurs. Non ce ne sont ni les déficits ni l'élection municipale qui les tracassent, mais bien « les nids-de-poules »!. On n'a pas vraiment besoin de mairesse ou de maire. La mafia veille sur nous. On a les images que l'on mérite.
Sur le front adéquiste
Le pitoyable à son paroxysme. On se demande si l'actuel visage de l'ADQ ne s'est pas enfin révélé dans les minables échanges et coup bas auxquels les prétendants-chefs se sont livrés. Les candidats font preuve d'une grande finesse et d'une grande discrétion pour montrer à la population leurs réelles capacités de leader politique. Personne n'est plus dupe, et l'on est de plus en plus certain que l'ADQ se résumait à la seule performance de Mario Dumont. Éric Caire, Christian Lévesque et Gilles Taillon auront fort à faire pour changer cette impression nette. Arrêt sur image.
La plus belle image de la semaine sera, sans contredit celle que vont nous laisser la visite et le discours d'Ingrid Betancourt à l'Assemblée nationale. Plus grande que la réalité, elle est désormais bien plus une image, elle est un symbole.
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Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d'images.
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