Médias - Écrans multiples
La façon de regarder la télévision est en pleine transformation. Certains téléspectateurs choisissent de regarder des séries en DVD, sur leur téléviseur, leur ordinateur ou sur les petits lecteurs portables que l'on peut emporter partout.
J'en connais qui sont abonnés à Illico pour regarder en direct du sport ou des spectacles et, le reste du temps, ils regardent toutes les émissions de télévision d'ici et d'ailleurs en téléchargement légal... ou illégal sur leur ordinateur.
Aux États-Unis, la popularité des enregistreurs numériques personnels fait des ravages. On peut également acheter plusieurs émissions sur iTunes, une pratique qui n'est pas encore adoptée par les émissions québécoises.
Bref, la télévision se consomme de plus en plus à la carte. Ce qui représente un véritable défi pour les grandes chaînes généralistes, habituées depuis des décennies à rassembler de vastes publics à heure fixe.
L'infidélité du public
Remarquez que les grands rendez-vous fixes n'ont pas totalement disparu au Québec. Le succès l'hiver dernier de Star Académie en témoigne. Tout comme le public fidèle de Tout le monde en parle, ou les parties du Canadien au printemps!
Mais les réseaux doivent composer comme jamais avec des auditoires infidèles, particulièrement chez les plus jeunes qui sont nés dans un univers de chaînes multiples, et qui ont vu arriver l'explosion Internet.
Cet automne, Radio-Canada fait un effort sans précédent pour tenter d'atteindre ce public éparpillé. Il y a deux ans, la télévision publique proposait deux émissions en rediffusion quelques jours sur son site Internet. Cet automne, elle en proposera 28, dans la seule catégorie des dramatiques et variétés. Sans parler des bulletins de nouvelles diffusés en direct et des reportages archivés (TVA fait la même chose en information).
Il n'existe aucune formule unique. Et Dieu créa Laflaque est disponible en rediffusion sur le site Web pendant une semaine, mais La Fosse aux lionnes le sera toute la saison. La nouvelle série dramatique Aveux sera disponible pendant quatre mois. Cet hiver, C.A. le sera 17 semaines, la nouvelle série Mirador 14 semaines. La stratégie de Radio-Canada consiste maintenant à négocier des droits pour le Web dès le début d'un projet, le résultat de la négociation variant beaucoup d'une production à l'autre.
Sur le site Internet de Télé-Québec, on trouvait également la semaine dernière l'épisode de la semaine des Francs-Tireurs, de La Vie en vert, de Voir, et plusieurs émissions de l'année dernière de Bazzo.tv.
Chez Quebecor, on sait que la stratégie consiste à offrir d'abord certains produits de TVA en vidéo sur demande, avant la diffusion télévisuelle.
Ce qui est populaire sur le Web, c'est ce qui est populaire à la télévision, fait-on valoir à Radio-Canada. À titre d'exemple, les contenus les plus consultés sur Internet ces derniers mois étaient Les Invincibles et l'entrevue reprise de Tout le monde en parle.
Des projets pour le Web
Après avoir lancé les Chroniques d'une mère indigne ce printemps (plus de 500 000 branchements au total de mars à août pour ces webépisodes exclusifs, et l'on en ajoute de nouveaux en octobre), Radio-Canada lance le 18 septembre un nouveau projet destiné aux 18-25 ans, RemYx, qui raconte les histoires d'amour et de sexe de trois couples.
Pendant 12 semaines, chaque nouvel épisode de quatre minutes sera mis en ligne le vendredi soir, et les internautes auront jusqu'au lundi midi pour choisir, par vote, entre deux développements possibles de l'histoire. Selon les votes, les auteurs écriront le nouvel épisode le mardi, le tourneront le mercredi, le monteront le jeudi. C'est vraiment du travail sous pression. Et c'est un territoire plutôt vierge: les auteurs ont pris conseil auprès de scénaristes de fiction interactive qui travaillent dans l'industrie du jeu vidéo.
Réseaux sociaux
Radio-Canada organise aussi des projections publiques des épisodes le vendredi soir partout au Québec, et compte sur les incontournables réseaux sociaux comme Facebook et Twitter pour susciter un engouement auprès du public visé.
«Nous en sommes à la troisième étape, explique Geneviève Rossier, directrice des services Internet et Services numériques à Radio-Canada. Les réseaux ont d'abord expérimenté sur
Internet la simple rediffusion d'émissions. Puis, ils ont créé de la valeur ajoutée, des vidéos exclusives, par exemple. On passe maintenant à la fiction interactive.»
Est-ce que l'on s'en va vers une télévision à deux vitesses, la télévision en pantoufles d'un bord, pour public vieillissant bien installé devant son téléviseur, et les émissions inventives de l'autre bord, que l'on peut regarder n'importe où sur de plus en plus d'écrans différents? Je l'ignore. Mais il est certain que la pression est forte pour échapper à la tyrannie de la grille horaire fixe.
Et vous, comment regardez-vous votre télévision?
***
pcauchon@ledevoir.com
J'en connais qui sont abonnés à Illico pour regarder en direct du sport ou des spectacles et, le reste du temps, ils regardent toutes les émissions de télévision d'ici et d'ailleurs en téléchargement légal... ou illégal sur leur ordinateur.
Aux États-Unis, la popularité des enregistreurs numériques personnels fait des ravages. On peut également acheter plusieurs émissions sur iTunes, une pratique qui n'est pas encore adoptée par les émissions québécoises.
Bref, la télévision se consomme de plus en plus à la carte. Ce qui représente un véritable défi pour les grandes chaînes généralistes, habituées depuis des décennies à rassembler de vastes publics à heure fixe.
L'infidélité du public
Remarquez que les grands rendez-vous fixes n'ont pas totalement disparu au Québec. Le succès l'hiver dernier de Star Académie en témoigne. Tout comme le public fidèle de Tout le monde en parle, ou les parties du Canadien au printemps!
Mais les réseaux doivent composer comme jamais avec des auditoires infidèles, particulièrement chez les plus jeunes qui sont nés dans un univers de chaînes multiples, et qui ont vu arriver l'explosion Internet.
Cet automne, Radio-Canada fait un effort sans précédent pour tenter d'atteindre ce public éparpillé. Il y a deux ans, la télévision publique proposait deux émissions en rediffusion quelques jours sur son site Internet. Cet automne, elle en proposera 28, dans la seule catégorie des dramatiques et variétés. Sans parler des bulletins de nouvelles diffusés en direct et des reportages archivés (TVA fait la même chose en information).
Il n'existe aucune formule unique. Et Dieu créa Laflaque est disponible en rediffusion sur le site Web pendant une semaine, mais La Fosse aux lionnes le sera toute la saison. La nouvelle série dramatique Aveux sera disponible pendant quatre mois. Cet hiver, C.A. le sera 17 semaines, la nouvelle série Mirador 14 semaines. La stratégie de Radio-Canada consiste maintenant à négocier des droits pour le Web dès le début d'un projet, le résultat de la négociation variant beaucoup d'une production à l'autre.
Sur le site Internet de Télé-Québec, on trouvait également la semaine dernière l'épisode de la semaine des Francs-Tireurs, de La Vie en vert, de Voir, et plusieurs émissions de l'année dernière de Bazzo.tv.
Chez Quebecor, on sait que la stratégie consiste à offrir d'abord certains produits de TVA en vidéo sur demande, avant la diffusion télévisuelle.
Ce qui est populaire sur le Web, c'est ce qui est populaire à la télévision, fait-on valoir à Radio-Canada. À titre d'exemple, les contenus les plus consultés sur Internet ces derniers mois étaient Les Invincibles et l'entrevue reprise de Tout le monde en parle.
Des projets pour le Web
Après avoir lancé les Chroniques d'une mère indigne ce printemps (plus de 500 000 branchements au total de mars à août pour ces webépisodes exclusifs, et l'on en ajoute de nouveaux en octobre), Radio-Canada lance le 18 septembre un nouveau projet destiné aux 18-25 ans, RemYx, qui raconte les histoires d'amour et de sexe de trois couples.
Pendant 12 semaines, chaque nouvel épisode de quatre minutes sera mis en ligne le vendredi soir, et les internautes auront jusqu'au lundi midi pour choisir, par vote, entre deux développements possibles de l'histoire. Selon les votes, les auteurs écriront le nouvel épisode le mardi, le tourneront le mercredi, le monteront le jeudi. C'est vraiment du travail sous pression. Et c'est un territoire plutôt vierge: les auteurs ont pris conseil auprès de scénaristes de fiction interactive qui travaillent dans l'industrie du jeu vidéo.
Réseaux sociaux
Radio-Canada organise aussi des projections publiques des épisodes le vendredi soir partout au Québec, et compte sur les incontournables réseaux sociaux comme Facebook et Twitter pour susciter un engouement auprès du public visé.
«Nous en sommes à la troisième étape, explique Geneviève Rossier, directrice des services Internet et Services numériques à Radio-Canada. Les réseaux ont d'abord expérimenté sur
Internet la simple rediffusion d'émissions. Puis, ils ont créé de la valeur ajoutée, des vidéos exclusives, par exemple. On passe maintenant à la fiction interactive.»
Est-ce que l'on s'en va vers une télévision à deux vitesses, la télévision en pantoufles d'un bord, pour public vieillissant bien installé devant son téléviseur, et les émissions inventives de l'autre bord, que l'on peut regarder n'importe où sur de plus en plus d'écrans différents? Je l'ignore. Mais il est certain que la pression est forte pour échapper à la tyrannie de la grille horaire fixe.
Et vous, comment regardez-vous votre télévision?
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pcauchon@ledevoir.com
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