En conflit depuis janvier 2009 - Les syndiqués du Journal de Montréal entrent de force dans la salle de rédaction
Une légère bousculade a eu lieu hier lorsque les syndiqués en lock-out ont pénétré dans la salle de rédaction du Journal de Montréal, comme en témoigne cette photo prise par Rogerio Barbosa.
Visite-surprise au Journal de Montréal, hier après-midi. Les syndiqués en lock-out ont investi la salle de rédaction pendant quelques minutes, exaspérés par la stagnation du conflit de travail, qui en est à son sixième mois. Les négociations sont rompues depuis janvier.
Excédés, les lock-outés du Journal de Montréal se sont invités dans la salle de rédaction de la rue Frontenac, hier après-midi. Prenant d'assaut le Journal pendant un point de presse qui se tenait en face, quelques dizaines de journalistes se sont retrouvés, pendant quelques minutes, face à face avec les cadres qui produisent le quotidien depuis maintenant six mois. Malgré quelques échauffourées, la manifestation s'est terminée pacifiquement.
Bravant une injonction qui leur interdit de se rendre sur le terrain du Journal de Montréal, ils ont bousculé les quelques gardiens de sécurité présents pour entrer dans le lobby, puis dans la salle de rédaction.
Pendant l'occupation pacifique, de moins de dix minutes, des syndiqués ont invectivé quelques cadres qui se trouvaient dans la pièce. «On veut retourner travailler.»
Le président du syndicat, Raynald Leblanc, assure que la manifestation était spontanée. «C'était un retour à la maison, a-t-il dit au Devoir. Nous sommes juste allés dire bonjour aux patrons.» Toutefois, la rumeur était suffisamment forte pour qu'un réseau de télévision ait dépêché à l'avance une équipe munie de caméras sans fil afin de suivre les protestataires jusqu'à l'intérieur de l'édifice.
«J'étais content de rentrer, parce que c'est ce que les gens veulent, retourner travailler», a commenté Mario Fortier, chroniqueur politique au Journal. Plusieurs syndiqués semblaient visiblement émus.
«Oui, c'est une réaction d'exaspération, dit Raynald Leblanc. Les gens sont tannés. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'on est découragés. On savait que ce serait long, mais il y a long pis long.» Il a une fois de plus appelé l'employeur à s'asseoir à la table des négociations, au point mort depuis plusieurs mois. «L'idée, c'est de convaincre le patron de s'asseoir avec nous, c'est lui qui a la clé.»
Une demande à laquelle Quebecor Media, propriétaire du Journal, ne se plie pas. «Nous sommes très loin de part et d'autre, il n'y a pas lieu de retourner à la table des négociations», a fait savoir la porte-parole de l'entreprise, Isabelle Dessureault, à Radio-Canada. Elle explique que l'employeur attend que les syndiqués consentent à faire des concessions, sur la semaine de quatre jours notamment.
La Commission des normes du travail a rejeté les plaintes du syndicat portant sur le recours à des travailleurs de remplacement («scabs») il y a deux semaines. L'organisme a toutefois interdit au Journal de faire appel à des collaborateurs externes ou spécialisés pour mener des entrevues, ce que le quotidien avait fait à quelques reprises. Le syndicat n'a pas encore décidé s'il en appellera de la décision.
«Le rapport de force, a dit M. Leblanc à La Presse canadienne, il n'y en a plus. Eux [la direction], ils en ont un et ils sont assis dessus. Ils vont le tenir tant qu'ils peuvent et tant qu'il n'est pas cassé, on n'y peut rien.»
***
Avec La Presse canadienne
Excédés, les lock-outés du Journal de Montréal se sont invités dans la salle de rédaction de la rue Frontenac, hier après-midi. Prenant d'assaut le Journal pendant un point de presse qui se tenait en face, quelques dizaines de journalistes se sont retrouvés, pendant quelques minutes, face à face avec les cadres qui produisent le quotidien depuis maintenant six mois. Malgré quelques échauffourées, la manifestation s'est terminée pacifiquement.
Bravant une injonction qui leur interdit de se rendre sur le terrain du Journal de Montréal, ils ont bousculé les quelques gardiens de sécurité présents pour entrer dans le lobby, puis dans la salle de rédaction.
Pendant l'occupation pacifique, de moins de dix minutes, des syndiqués ont invectivé quelques cadres qui se trouvaient dans la pièce. «On veut retourner travailler.»
Le président du syndicat, Raynald Leblanc, assure que la manifestation était spontanée. «C'était un retour à la maison, a-t-il dit au Devoir. Nous sommes juste allés dire bonjour aux patrons.» Toutefois, la rumeur était suffisamment forte pour qu'un réseau de télévision ait dépêché à l'avance une équipe munie de caméras sans fil afin de suivre les protestataires jusqu'à l'intérieur de l'édifice.
«J'étais content de rentrer, parce que c'est ce que les gens veulent, retourner travailler», a commenté Mario Fortier, chroniqueur politique au Journal. Plusieurs syndiqués semblaient visiblement émus.
«Oui, c'est une réaction d'exaspération, dit Raynald Leblanc. Les gens sont tannés. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'on est découragés. On savait que ce serait long, mais il y a long pis long.» Il a une fois de plus appelé l'employeur à s'asseoir à la table des négociations, au point mort depuis plusieurs mois. «L'idée, c'est de convaincre le patron de s'asseoir avec nous, c'est lui qui a la clé.»
Une demande à laquelle Quebecor Media, propriétaire du Journal, ne se plie pas. «Nous sommes très loin de part et d'autre, il n'y a pas lieu de retourner à la table des négociations», a fait savoir la porte-parole de l'entreprise, Isabelle Dessureault, à Radio-Canada. Elle explique que l'employeur attend que les syndiqués consentent à faire des concessions, sur la semaine de quatre jours notamment.
La Commission des normes du travail a rejeté les plaintes du syndicat portant sur le recours à des travailleurs de remplacement («scabs») il y a deux semaines. L'organisme a toutefois interdit au Journal de faire appel à des collaborateurs externes ou spécialisés pour mener des entrevues, ce que le quotidien avait fait à quelques reprises. Le syndicat n'a pas encore décidé s'il en appellera de la décision.
«Le rapport de force, a dit M. Leblanc à La Presse canadienne, il n'y en a plus. Eux [la direction], ils en ont un et ils sont assis dessus. Ils vont le tenir tant qu'ils peuvent et tant qu'il n'est pas cassé, on n'y peut rien.»
***
Avec La Presse canadienne
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

