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À voir à la télévision le lundi 20 juillet - Derrière le brouillard, l'abîme

François Lévesque   18 juillet 2009  Médias
Venu à Versailles suivre une cure de désintoxication visant à le libérer de son alcoolisme, André Leroy a laissé à New York son épouse Dorothy, qui n'en pouvait plus de la vie de débauche de son mari. Remis sur pied et libéré de sa dépendance, André se retrouve pourtant complètement démuni à sa sortie de la clinique.

Habitué de traverser l'existence avec devant les yeux un voile éthylique rassurant, le voilà incapable de composer avec la vie telle qu'elle est. En retournant voir ses vieux amis de beuverie, il prend conscience du vide qui le sépare d'eux, un trou béant que venait combler l'alcool et vers lequel il se retrouve irrésistiblement attiré.

Le Feu follet est l'adaptation par Louis Malle d'un roman de Pierre Drieu La Rochelle, lequel est de son côté basé sur la courte vie du dadaïste Jacques Rigaut. En l'occurrence, actualisation et appropriation seraient sans doute des termes plus adéquats pour désigner le travail du cinéaste, qui signait là un authentique chef-d'oeuvre.

Malle a eu la main heureuse en offrant le rôle principal à Maurice Ronet, qu'il avait d'ailleurs contribué à établir comme star avec Ascenseur pour l'échafaud. Loin de son image d'irrésistible play-boy de Plein soleil, ce dernier montre ici une fatigue, une usure qui empreignent toutes ses actions, tous ses regards.

Son jeu traduit sans faillir l'immense désarroi du personnage et, ultimement, son incapacité de conti-nuer d'avancer sans béquilles. Lui donnant la réplique, deux habituées du cinéaste, Alexandra Stewart et surtout Jeanne Moreau, de retour après un froid de quatre ans. Malle la dirigera encore dans Viva Maria!.

Le Feu follet met particulièrement bien en évidence les multiples talents de ce cinéaste qui refusait toute forme de redite: grande qualité d'écriture, mise en scène précise et raffinée, direction d'acteurs sans faille et attention maniaque au détail, surtout en ce qui concerne les éléments de décor et leur disposition dans le cadre. Ici, tout s'emboîte, tout fonctionne, mais on oublie la mécanique parfaite parce que, réussite ultime, l'oeuvre émeut.

Cinéma / Le Feu follet - TFO, 21h
 
 
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